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Juillet 2003
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Conseil Municipal
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15 - III - Question d'actualité du groupe du Mouvement républicain et citoyen à M. le Préfet de police relative à la mise en œuvre du plan "Ville-Vie-Vacances"

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2003


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question d'actualité du groupe du Mouvement républicain et citoyen.
La parole est à Mme CAPELLE.
Mme Liliane CAPELLE. - Merci, Monsieur le Maire.
Ma question s'adresse à M. le Préfet de police.
Monsieur le Préfet, ce matin vous nous présentiez une version idyllique de la Préfecture de police et de ses actions, et si je ne peux que féliciter les policiers qui au quotidien remplissent leur difficile mission, force est de constater que les mesures préconisées par le Ministre de l'Intérieur sont appliquées à la lettre, non pas pour une présence plus importante sur l'espace public, mais dans le domaine de la prévention.
Vos policiers ne jouent plus au foot (vous me direz que ce n'est pas leur vocation), simplement, dans le cadre de "Ville-Vie-Vacances", les animations ont débuté et à deux reprises je vous avais fait part de mes craintes, et je dois constater, hélas, que celles-ci étaient fondées.
Depuis juillet 1995, le maire du 11e arrondissement accorde une très haute importance à ces activités qui ont pour but de faire de la prévention active en faveur des enfants qui sont socialement défavorisés. D'année en année, la présence des policiers n'a jamais diminué. Or, cette année, ce n'est plus le cas puisque, je vous donne un exemple : 8 enfants attendaient rue de l'Orillon, en plein c?ur du quartier "politique de la ville", le car qui devait les emmener vers une base de loisirs. Ils avaient toutes les autorisations requises et, pourtant, on les a laissés sur le trottoir, le motif étant qu'il n'y avait pas d'encadrement de la D.J.S.
Mais je vous pose la question : où étaient les policiers chargés de les encadrer ? Jamais à ma connaissance dans le cadre de "Ville-Vie-Vacances" il n'y a eu d'encadrement de la D.J.S. sur des actions menées par la Préfecture de police.
Je vous passe les rocambolesques aventures qui me sont arrivées, quand je me suis retrouvée avec les passeports des enfants. Je ne savais pas du tout quoi en faire ! Et on prend le mal de m'appeler à votre Cabinet pour me dire : "Mais Mme CAPELLE, tout cela a été vu, revu et archi-vu !"
Je vous pose donc la question, Monsieur le Préfet de police : pourquoi ce désengagement de la police dans le cadre de "Ville-Vie-Vacances" ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Monsieur le Préfet, vous avez la parole.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Madame la conseillère, je voudrais vous rassurer, il n'y a en rien désengagement de la Préfecture de police de "Ville-Vie-Vacances" et elle consacre cette année des moyens largement aussi importants, voire un peu plus, que l'année dernière à cette opération qu'elle conduit depuis neuf ans.
J'ai donc toujours autant de policiers à jouer au football ou à entraîner les "vététistes" ou autres jeunes pour leurs loisirs pendant l'été.
En effet, je rappelle qu'en 2002, le dispositif a été mis en place en pleine intelligence avec la Ville de Paris, puisque c'est une opération en coproduction, Monsieur le Maire...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je ne m'en lasse pas... mais M. GOUJON n'est pas là, j'en suis vraiment désolé.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - ... qui se déroule entre le 1er juillet et le 3 septembre et on s'efforce de diversifier l'offre de loisirs aussi bien en termes sportifs qu'en termes culturels.
Il y a eu d'ailleurs des éléments nouveaux cette année. Deux centres de loisirs ont été créées au stade Paul-Valéry et au parc de Choisy-le-Roi, ce qui a permis de mettre en ?uvre des projets pédagogiques, tels que des ateliers de danse, de théâtre et de voix.
Comme vous pouvez le constater, grâce au partenariat engagé, la Préfecture de police a pu développer un certain nombre d'animations supplémentaires.
En 2003, 90 fonctionnaires de la Préfecture de police animeront - et en fait beaucoup plus, ce sont 90 en même temps, mais sur 2 mois ce sont beaucoup plus de fonctionnaires qui participent - des animations dans 21 sites répartis sur 11 arrondissements au profit des jeunes de 10 à 18 ans ; 3 sites seront ouverts même jusqu'à 21 heures, dans les 17e et 18e arrondissements, ce qui est une nouveauté, et la Préfecture de police assurera l'animation de nouveaux sites réputés difficiles à Paris, en particulier dans le 15e et le 19e arrondissement, notamment sur le terrain d'éducation physique Bessin, près de la porte de Vanves, et celui de Jandelle, dans le quartier de Belleville.
Sur un plan plus général, je puis vous assurer qu'il n'est aucunement envisagé que les services de police se désengagent de cette action de prévention qui a montré en 10 ans toute son efficacité.
Je suis désolé, et je regarderai ce qui s'est passé dans votre arrondissement sur ces jeunes qui n'ont pas reçu de réponse à l'attente de "Ville-Vie-Vacances", mais je puis vous assurer que la Préfecture de police consacre largement autant de moyens, même un peu plus, que les années précédentes pour cette action qui est conduite avec la Ville de Paris.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Préfet.
Est-ce que M. CARESCHE veut ajouter quelque chose ? Non, mais Mme CAPELLE, oui.
Mme Liliane CAPELLE. - Oui, Monsieur le Maire. Monsieur le Préfet, je vous dis, les faits sont têtus. Ce qui s'est passé, c'est que la Préfecture de police demandait un encadrant de la D.J.S. pour emmener les enfants. Je vous le dis. C'est très clair. Cela m'a été dit personnellement donc je vous répète, il n'y a jamais eu d'encadrant de la D.J.S. dans le cadre "Ville-Vie-Vacances" où les policiers étaient acteurs.
Je vous répète qu'il y a un problème. Effectivement il y a plus d'offre, et c'est ce que j'avais dit, il y a plus d'offre, et c'est tant mieux, mais à tout le moins le nombre reste égal, il n'a pas augmenté, donc fatalement, je suis nulle en mathématiques, mais s'il y a plus de demandes et que l'on reste au même nombre, il y a moins d'offre, quelque part, c'est la quadrature du cercle.
Ceci étant, moi j'ai entendu aussi M. BORLOO tout à l'heure à la radio dire tout ce qu'il fallait faire sur "Ville-Vie-Vacances", et je constate que sur le terrain cela ne passe pas.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Il faudra regarder ce cas en particulier, en tout cas les échos que j'en ai sont que la coopération à propos de "Ville-Vie-Vacances" pour l'été 2002 s'est bien passée. Je suggère, à nous tous d'ailleurs, la plus grande vigilance, mais pour le moment, sous réserve de ce cas que vous signalez, cela reste une co-production réussie avec la Préfecture de police.
Mme Liliane CAPELLE. - J'y tiens beaucoup.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je m'en réjouis, et je suis heureux que vous y teniez autant que nous tous, M. le Préfet de Police compris, semble-t-il.