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Avril 2008
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Conseil Municipal
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2008, II - Question d’actualité posée par le groupe communiste à M. le Maire de Paris relative aux budgets et aux moyens humains de l’hôpital Saint-Antoine et de la maternité des Bluets.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2008


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je rappelle à tous les adjoints, aux nouveaux comme aux anciens, - en effet ce n?est pas parce que l?on change de fonction que l?on oublie le Règlement intérieur, - que vous disposez de 2 minutes 30 pour répondre, les conseillers de Paris disposent de 2 minutes 30 et le respectent pour interroger.

Tout cela pouvait se dire en 2 minutes 30.

La parole est maintenant à Hélène BIDARD.

Mme Hélène BIDARD. - Depuis la mise en place de la tarification à l?activité, des plans Hôpital 2007 et 2012, l?hôpital public est mis à la diète. L?activité des soignants est malmenée jusqu?à mettre en danger les patients.

Les établissements de santé se voient confrontés au chantage de l?Agence Régionale de l?Hospitalisation d?Île-de-France, alors même que leurs budgets sont sans cesse rognés.

Aujourd?hui l?hôpital public parisien est bien malade, malade d?une logique comptable qui n?en finit plus, restriction après restriction, de l?asphyxier. Après la pénurie organisée des hommes par la diminution drastique des formations, et après la pénurie des lits, la tarification à l?activité, la T.2.A. a mis l?hôpital en quasi état de faillite.

Tout cela rend impossible d?y travailler correctement aujourd?hui. Les mouvements des personnels de l?hôpital Saint-Antoine et de la maternité des Bluets sont une des expressions de ce mécontentement croissant.

C?est dans ce contexte de libéralisation qu?à l?hôpital Saint-Antoine le personnel est en grève depuis le 18 mars pour obtenir les moyens de remplir convenablement ses missions de service public, pour que les postes vacants soient pourvus mais aussi pour que le personnel puisse travailler dans de meilleures conditions et qu?il puisse faire le choix de rester travailler dans cet hôpital.

Il y a la même inquiétude chez les aides-soignantes de la maternité des Bluets. Cet établissement est emblématique de la lutte des femmes pour leur droit à la santé et à la maternité choisie. Les personnels revendiquent le maintien des emplois dans cet établissement, la réglementation des naissances, le respect du rythme de la naissance, du temps d?accueil des bébés mais aussi du maintien d?une préparation à la naissance dans la maternité et la poursuite de projets liés aux droits des femmes, par exemple, un centre I.V.G. et un planning familial, autant de pratiques non rentables aux yeux de la T.2.A.

Parce que ces deux établissements sont victimes de restrictions budgétaires et de plans d?économies drastiques, depuis des années, en matière de santé publique, un tel cadre budgétaire va imposer aux Parisiens et Parisiennes des conditions d?accès aux soins fortement dégradées.

Le Conseil de Paris doit soutenir sans réserve les luttes actuelles des personnels aux côtés des médecins et des usagers de ces hôpitaux.

C?est pourquoi nous voulons connaître les dispositions que vous comptez prendre pour marquer l?opposition de la Ville de Paris à de nouvelles coupes sombres dans les budgets sociaux et réaffirmer ainsi l?attachement de la Municipalité au maintien d?un service public de santé de qualité répondant aux besoins des Parisiennes et des Parisiens.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, Mouvement Républicain et Citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Jean-Marie LE GUEN.

M. Jean-Marie LE GUEN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

La question qui est présentée reprend un voeu qui sera en débat plus tard. Vous posez deux questions d?une part sur la situation de la maternité les Bluets, maternité bien connue à Paris mais aussi plus largement, puisque c?est le lieu où a été mis en oeuvre dans les années 1950 l?accouchement sans douleur. C?est un des lieux où s?est affirmée une vision très évoluée des relations entre les femmes et des problèmes de la naissance. Cette clinique a une très grande habitude, une très grande réputation sur ces questions en matière de qualité des accouchements.

Un accompagnement personnalisé des mères de famille est une chose à laquelle nous sommes très attachés.

D?ailleurs, la collectivité parisienne, d?ores et déjà, remplit un certain nombre de missions autour de cette maternité avec des missions de protection maternelle. Elle finance un guichet psychosocial destiné à évaluer et prendre en charge les femmes et les aider à préparer la sortie de la maternité.

Nous soutenons également l?activité de planification et d?éducation familiale.

Au-delà de cela, est né un conflit très sensible, notamment avec une certaine forme d?application de la T.2.A. une nouvelle forme de tarification qui donne beaucoup plus de valeur aux actes techniques qu?aux actes médicaux ou paramédicaux qui entourent cette technique et qui favorisent une prise en charge globale des accouchements.

Ce qui a pour conséquence de pénaliser financièrement cette maternité et de la pousser, c?était le plan de l?A.R.H., à avoir une productivité et une production supplémentaires sans doute incompatibles avec les normes de qualité qui étaient traditionnellement celles de cette maternité.

C?est pourquoi nous appuyons totalement la démarche des personnels qui ont saisi le ministère. De ce point de vue, je m?associe à cette démarche qui vise à étudier une demande de financement supplémentaire adaptée aux pratiques de cette clinique.

Le second sujet sur lequel vous m?interpellez est la situation à l?hôpital Saint-Antoine autour de la problématique des urgences.

On connaît la situation particulièrement tendue des urgences de Saint-Antoine, liée notamment à un manque de lits d?aval, problème récurrent dans beaucoup d?hôpitaux parisiens, puisque nous avons un problème de réadaptation de l?offre sanitaire et sociale.

Il y a aussi des problèmes liés aux difficultés de recrutement du personnel soignant. Nous sommes à l?écoute des demandes des personnels. Nous souhaitons qu?une issue positive soit trouvée. Il y a eu plusieurs rencontres avec l?Assistance publique.

Ceci a à voir avec le sous financement des hôpitaux publics que j?ai eu l?occasion de dénoncer par ailleurs. Je voudrais souligner également l?effort important de la Ville de Paris en direction du logement des personnels de l?A.P.-H.P., ce qui facilite aussi ce recrutement.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, Mouvement Républicain et Citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.