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Avril 2008
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Conseil Municipal
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2008, Vœu déposé par le groupe “Les Verts” demandant la nomination d’Hu Jia comme Citoyen d’Honneur de la Ville de Paris. Vœu déposé par l’Exécutif relatif à l’attribution au Dalaï Lama de la citoyenneté d’Honneur de la Ville de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2008


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à l?examen des v?ux référencés nos 29 et 30 dans le fascicule, déposé par le groupe ?Les Verts? et l?Exécutif.

Je donne la parole à M. SCHAPIRA. Je n?ai pas d?inscrits. S?il y en a, je les prendrai brièvement. Ils auraient dû être inscrits.

Et je vous donnerai mon sentiment.

Un peu d?ordre ! S?il y a des élus qui veulent s?exprimer sur ce sujet, j?aimerais le savoir. Je vois Jean-François LAMOUR, Monsieur POZZO di BORGO? Pardon ? Ian BROSSAT, Sylvain GAREL, Jean-Pierre CAFFET. Je n?ai oublié personne ? Et puis, je dirai quelques mots.

Je donne donc la parole à Pierre SCHAPIRA.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Un v?u de l?Exécutif, comme vous le disiez, demande la nomination du Dalaï Lama comme citoyen d?honneur de la Ville de Paris.

En effet, le Dalaï Lama que nous connaissons, puisqu?il est venu ici à l?Hôtel de Ville déjà en 2003 et avec lequel nous avons eu un certain nombre de discussions, notamment sur le problème des droits de l?homme, sur les interventions que le Maire de Paris avait faites auprès des autorités chinoises à l?époque en faveur de la libération de prisonniers politiques, d?ailleurs il y avait eu un v?u ici voté en faveur du Panchen Lama.

Nous avons souhaité aujourd?hui, dans la mesure où le Dalaï Lama est une personnalité incontestée, reconnue dans le monde entier, qui a eu le prix Nobel de la paix, qui est un homme pacifique, qui a toujours voulu simplement faire en sorte que l?identité culturelle du Tibet soit préservée, il n?a jamais demandé l?indépendance mais simplement une autonomie pour que le peuple tibétain puisse s?exprimer. Je vous le dis anecdotique-ment, en tant qu?alpiniste, je peux vous dire que j?ai beaucoup de liens avec les alpinistes tibétains et je connais leur problème.

(Brouhaha dans l?hémicycle).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Poursuivez sur les arguments de fond, M. SCHAPIRA. Mais c?est bien d?atteindre les cimes tous ensemble !

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Je voulais rajouter cela parce que beaucoup de gens le savent et beaucoup de gens ont soutenu le peuple tibétain, je sais de quoi de je parle et à qui je parle.

Simplement, nous avons souhaité, le Maire de Paris a souhaité que pour honorer le peuple tibétain, pour que ce ne soit pas un combat oublié, profitant évidemment des jeux olympiques, faire en sorte que le Dalaï Lama soit proclamé Citoyen d?Honneur de la Ville de Paris.

Voilà les raisons toutes simples qui font que je vous demande d?approuver cette décision.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur SCHAPIRA.

Monsieur LAMOUR ?

M. Jean-François LAMOUR. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais évoquer ce sujet d?importance, si vous me laissez un peu de temps. Il est vrai que Pierre SCHAPIRA est un himalayiste et connaît bien cette contrée. Il sait aussi que j?avais aidé à l?installation d?une école de sherpas à côté de Lhassa, financée aussi par les Chinois, et qui permettait de former des sherpas tibétains. Vous voyez, malgré tout ce que l?on peut bien dire en Europe, qu?il existe un travail entre les Chinois et les Tibétains. Certainement faut-il le développer, certainement aussi en matière des Droits de l?Homme faut-il développer ce dialogue entre le Tibet et la Chine. Néanmoins, vous en conviendrez, c?est au-delà qu?il faut évoquer cette citoyenneté d?honneur proposée pour le Dalaï Lama.

Monsieur le Maire, vous avez dit ce matin, répondant je crois à des interviews, que le sujet était d?une très grande complexité et vous en conviendrez, cette complexité grandit de jour en jour.

Vous avez dit également qu?il fallait aider au dialogue entre le gouvernement chinois et le Dalaï Lama, nous dirons les Tibétains au sens large du terme.

Ce qui nous pose problème aujourd?hui, ce n?est pas de conférer cette citoyenneté d?honneur au Dalaï Lama, Pierre SCHAPIRA le rappelait, prix Nobel, toujours tourné vers la paix, vers cette capacité de dialoguer dans la sérénité, sur le long terme. Néanmoins, vous en conviendrez, Monsieur le Maire, cette situation existe depuis plusieurs décennies. Alors, peut-être aurait-il fallu lui dédier cette citoyenneté d?honneur, par exemple en juillet 2001, alors que Pékin venait d?obtenir les Jeux Olympiques, peut-être aurait-ce été un signe fort envoyé au gouvernement chinois en leur disant : ?Justement, ouvrez-vous, parlez des Droits de l?Homme, et en particulier avec le Dalaï Lama?.

Vous auriez pu également le faire, Monsieur le Maire, quand vous l?avez reçu ici en 2003.

Faire cela aujourd?hui est beaucoup plus compliqué, vous l?avez dit. Cela est compliqué, car vous savez que la situation est de plus en plus crispée. Elle est aussi de plus en plus confuse et je dois dire que le parcours de la flamme que nous avons vécu tous les deux, car j?étais avec vous sous le porche de l?Hôtel de Ville en train d?attendre cette flamme, n?a rien arrangé. Cela n?a rien arrangé, parce que les sportifs, Monsieur BAUPIN, ont été très maltraités dans cette affaire, en particulier par un certain nombre de manifestants qui ne les ont pas respectés, je tiens à vous le dire.

Alors quand on voit cette jeune handicapée escrimeuse chinoise, Mlle Jin JING, qui protégeait la flamme, cela est une image assez terrible pour nous, qui a été diffusée partout dans le monde. Quand on voit Stéphane DIAGANA, qui a failli se faire arracher la flamme par un élu municipal, ce sont des gestes qui n?ont rien fait pour calmer cette crispation et cette confusion.

Aujourd?hui, Monsieur le Maire, nous sommes effectivement en train d?essayer de sortir par le haut de cette affaire et nous avons moins de quatre mois pour le faire. Le Président de la République et le Gouvernement viennent d?envoyer des émissaires. Le président du Sénat, un ancien Premier ministre, Jean-Pierre RAFFARIN, bientôt Jean-David LEVITTE, le sherpa du Président de la République, pour aller exprimer notre volonté de faire en sorte que ce dialogue rompu existe à nouveau entre le Dalaï Lama et le pouvoir chinois. Je ne sais pas, je ne pense pas, Monsieur le Maire, que le fait de désigner aujourd?hui comme Citoyen d?Honneur le Dalaï Lama apaise les relations qui peuvent exister actuellement entre la Chine et la France. C?est ajouter de la confusion à la confusion, de la crispation à la crispation.

Encore une fois, ce ne sont pas les qualités et la personnalité unique du Dalaï Lama que nous remettons en cause, mais je crois très sincèrement que d?autres moments, même plus tard, par exemple, le Dalaï Lama a prévu une visite en France en août prochain, auraient été plus favorables pour l?honorer de cette façon.

C?est pour cette raison, Monsieur le Maire, et cette décision s?adresse non seulement à ce voeu mais aussi à celui qui est également porté par ?Les Verts? que nous ne prendrons pas part au vote sur ce sujet.

(Applaudissements sur les bancs de l?opposition municipale).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à M. SAINT-ETIENNE.

M. Christian SAINT-ETIENNE. - Nous considérons au groupe Centre, que cette proposition vient à un moment extrêmement délicat dans les relations entre la France et la Chine. La France et les intérêts français sont actuellement l?objet d?attaques assez violentes en Chine. Par ailleurs, on peut savoir, connaissant les particularités du régime chinois et de l?histoire chinoise, que cette décision sera vécue en Chine comme une provocation.

Nous sommes donc dans un contexte qui est double. D?une part, il y a ces attaques antifrançaises, qui ne visent pas que la France, mais ce que les Chinois considèrent comme le maillon faible de l?Occident et à travers nous, l?Europe et les Etats-Unis sont visés. Ces attaques sont insupportables. Par ailleurs, il y a ces attaques contre les Droits de l?Homme au Tibet et nous souhaiterions que des négociations soient ouvertes ou en tout cas que des voies de conciliation soient trouvées entre Pékin et le Dalaï-Lama.

Nous avons, au groupe Centre, une proposition à vous faire, qui est de surseoir à cette décision d?au moins un mois et de soumettre ce sursis à deux conditions, la première étant que les attaques contre la France en Chine cessent immédiatement. Ces attaques ne sont pas acceptables alors que l?on sait que le gouvernement chinois a des capacités de contrôle considérables sur les personnes qui attaquent la France et ses plus hauts symboles.

Je vous rappelle les attaques contre le drapeau français qui ont été publiées dans la presse internationale et qui sont indignes de la Chine. Par ailleurs, nous souhaiterions que des négociations s?ouvrent.

Nous vous demandons donc de surseoir, sous réserve qu?il y ait des progrès à la fois sur l?arrêt des attaques contre la France et sur l?ouverture de négociations.

Merci.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Monsieur BROSSAT, vous avez la parole.

M. Ian BROSSAT. - Monsieur le Maire, chers collègues, la Ville de Paris s?est toujours honorée en associant notre capitale à la défense des libertés dans quelque pays et quelque régime que ce soit. Pour les élus communistes, la lutte pour les Droits de l?Homme est une question de principe et elle vaut pour la Chine comme pour la Palestine, pour les pays du Sud comme pour nos propres démocraties, qui ont bien du chemin à parcourir.

Dans la situation actuelle au Tibet et en Chine, deux principes nous guident.

Premièrement, nous condamnons la répression qui frappe les dissidents chinois et nous considérons que les intérêts économiques de notre pays ne doivent nous conduire à aucune forme de mansuétude vis-à-vis d?un régime qui emprisonne ses opposants.

Deuxièmement, nous condamnons le sort fait au peuple tibétain et nous nous élevons avec vigueur contre la répression et la torture dont ce peuple est en ce moment victime.

Reste la proposition faite par le Maire de Paris de faire du Dalaï-Lama un Citoyen d?Honneur de la Ville de Paris. Je veux le dire : nous comprenons la démarche qui conduit le Maire de Paris à faire cette proposition ; je veux le dire aussi : nous la respectons. Nous ne l?approuvons pas pour autant, car notre attachement à la laïcité nous conduit à nous méfier de toute forme de confusion entre le religieux et la politique. Les propos exprimés par le Dalaï-Lama sur certaines questions de société ne nous semblent pas aller dans le sens du progrès et de l?émancipation humaine. Enfin, nous considérons que c?est au peuple tibétain lui-même de choisir ses représentants.

Vous comprendrez par conséquent que dans le respect de la proposition faite par le Maire de Paris, les élus communistes choisissent de ne pas prendre part au vote.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à M. GAREL.

M. Sylvain GAREL. - Merci, Monsieur le Maire.

Tout d?abord pour vous dire que nous nous réjouissons de ces deux propositions de Citoyens d?Honneur de la Ville de Paris pour Hu Jia et le Dalaï-Lama.

Je suis un peu étonné par les interventions des deux groupes de droite. J?avais cru comprendre que le président Sarkozy avait mis les Droits de l?Homme au c?ur de sa politique internationale lors de sa campagne.

J?ai vraiment l?impression?

(Mouvements de protestation sur les bancs de l?opposition municipale).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Tout le monde s?écoute, même quand on ne s?approuve pas.

M. Sylvain GAREL. - ? que lorsque l?on a quelques intérêts français...

(Mouvements de protestation sur les bancs de l?opposition municipale).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous avons écouté M. LAMOUR. Attendez, Monsieur GAREL. S?il vous plaît ! Ecoutez-moi; Monsieur GOASGUEN et Monsieur GOUJON, je vous parle aimablement. Essayons, lors de cette mandature, de nous écouter. Nous n?avons pas besoin d?être d?accord pour nous écouter.

Vous voyez que vous continuez. Vous croyez que je ne vous écoute pas tout le temps ? Le silence cela ne vaut pas approbation. Faites pareil.

Je préfère quand vous plaisantez M. GOUJON.

Je vous suggère d?écouter Sylvain GAREL, il va parler pendant six ans, vous ne serez pas toujours d?accord avec Sylvain GAREL.

M. Sylvain GAREL. - Je l?espère bien.

Je disais donc que Nicolas SARKOZY avait placé au coeur de sa campagne électorale...

(Mouvements de protestation sur les bancs de l?opposition municipale).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Il a le droit de parler de cela, enfin, ce n?est pas une grossièreté.

Vous êtes d?une susceptibilité.

M. Sylvain GAREL. - SARKOZY n?est pas encore un gros mot.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je ne vous comprends pas.

Compte tenu du sujet, j?aurais préféré un peu plus de silence. Tout à l?heure j?ai entendu des interventions qui étaient assez agressives et je pense que si vous n?acceptez pas que l?on exprime des choses liées, cela est dommage, à des débats démocratiques, d?ailleurs, vous en avez évoqué tout à l?heure, les uns et les autres.

Ce n?est pas un pêché ni une grossièreté de parler d?une campagne qui a eu lieu il y a un an. Allons. Je vous demande d?écouter tranquillement M. GAREL.

M. Sylvain GAREL. - Je disais que Nicolas SARKOZY avait placé au coeur de sa campagne électorale la question des droits de l?Homme comme étant au c?ur de la politique étrangère française qu?il devait mener.

On voit au bout d?un an ce qu?il en est quand certains intérêts français comme ceux de Carrefour, d?AREVA ou d?autres grands bienfaiteurs de l?humanité sont menacés en Chine, on s?aperçoit que l?on est prêt à se coucher et accepter toutes les violations des droits de l?Homme y compris quand deux peuples sont asservis car le peuple chinois et le peuple tibétain sont tous deux asservis par les mêmes dirigeants.

Sur la question de la laïcité maintenant, vous le savez nous n?avons pas l?habitude de transiger sur cette question. Nous avons, je crois, fortement exprimé notre opposition à la création d?une place Jean-Paul II et au financement par la Ville de crèches communautaires.

Je crois que nous n?avons pas de leçon à recevoir dans ce domaine. Nous avons depuis très longtemps, car ?Les Verts? sont engagés auprès du peuple tibétain depuis des années, rencontré les représentants en France des différents mouvements tibétains. Certains sont bouddhistes, d?autres ne le sont pas, certains sont croyants et d?autres pas.

Tous nous disent encore aujourd?hui : ?Le Dalaï Lama représente notre combat?, quoi qu?ils en pensent, et même si certains aimeraient que ce soit d?autres personnes, mais c?est lui qui incarne le combat pour l?autodétermination du Tibet, comme Nelson MANDELA en Afrique du Sud, comme Aung San Suu Kyi en Birmanie ou comme dans un autre domaine, quelqu?un que l?on a fait ici citoyen d?honneur, Mumia ABU-JAMAL dont on n?est pas sûr qu?il soit innocent mais qui symbolise la lutte contre la peine de mort aux Etats-Unis.

C?est entres autres pour lui que je le dis mais c?est un message pour tout le monde.

(Clameur sur les bancs de l?opposition municipale : ?Battisti aussi?).

(Applaudissements et rires dans l?hémicycle).

Je ne vais pas renoncer. Effectivement, la parole donnée aux gens qui sont réfugiés en France doit être respectée aussi mais c?est un autre sujet.

Nous demandons la démocratie en Chine et au Tibet. Nous pensons que les Jeux Olympiques sont un moment très fort pour faire passer cette idée et que c?est pour cela que nous avons déposé un v?u pour Hu Jia et que nous soutenons le fait que le Dalaï Lama soit lui aussi citoyen d?honneur de la Ville de Paris.

(Applaudissements sur les bancs de la majorité municipale).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie.

La parole est à M. Jean-Pierre CAFFET.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce que j?ai envie de dire tout de suite c?est que mon groupe votera ce v?u. Il le fera après réflexion, il le fera en conscience, et après s?être posé la seule question qui vaille.

Est-ce que l?acte que nous nous apprêtons à poser est de nature à favoriser le progrès des libertés et des droits de l?Homme au Tibet comme en Chine comme partout dans le monde ?

C?est la seule question qui vaille. La seule.

Et nous nous sommes dit, après réflexion c?est vrai, pourquoi le cacher, que cet enjeu qui en plus est une tradition de Paris, tradition de Paris que celui du combat pour la liberté et des droits de l?Homme, que cet enjeu-là méritait bien un vote positif.

D?autant plus que la personnalité du Dalaï Lama n?est nullement en cause.

Comment pourrait-on imaginer par exemple qu?un jury de prix Nobel se soit trompé à ce point sur la personnalité du Dalaï Lama pour lui accorder cette distinction ?

J?ai entendu un certain nombre de reproches sur des propos qu?aurait tenu le Dalaï Lama. Comment un jury aurait pu se tromper à ce point ?

Ce que disait Sylvain GAREL est exact : c?est le seul représentant aujourd?hui de la cause tibétaine et de l?aspiration du combat de ce peuple pour sa liberté et du combat contre son oppression.

De ce seul point de vue mes chers collègues, je crois que quelles que soient les circonstances, j?en dirai peut-être un mot, ce v?u mérite d?être adopté par notre Conseil.

Alors les circonstances sont les Jeux Olympiques. M. LAMOUR nous disait que la situation est extrêmement compliquée. Je ne veux pas répondre à M. SAINT-ETIENNE qui apparemment est obnubilé par un certain nombre d?intérêts économiques.

Il n?y a pas que les intérêts économiques qui comptent et je ne parle pas simplement de la tradition de Paris. Il y a la liberté des peuples.

Ce que nous demandons aujourd?hui n?est pas l?indépendance du Tibet. Nous n?intervenons pas dans les affaires intérieures de la Chine, nous demandons simplement que le peuple tibétain soit respecté dans ses libertés individuelles, collectives et spirituelles. Tout le monde a droit à une certaine forme de spiritualité et à son exercice.

C?est tout ce que nous disons aujourd?hui.

S?agissant du contexte, excusez-moi de vous le dire M. LAMOUR, dans les semaines récentes il n?y a pas que les sportifs qui n?ont pas été respectés. Je le regrette autant que vous bien sûr mais il y a aussi le peuple tibétain qui n?a pas été respecté.

L?occulter en se focalisant sur les incidents qu?il y a pu avoir sur le parcours de la flamme olympique me semble d?une vision un peu limitée.

J?entends bien que la situation internationale est compliquée et, d?une certaine manière, je me demande si en posant cet acte, le Conseil de Paris n?aide pas le Président de la République.

J?ai bien entendu que le Président de la République réservait sa participation à la cérémonie d?ouverture des Jeux Olympiques.

Je le dis sans naïveté, peut-être que ce v?u pourrait être de nature, sans naïveté ni grande illusion, que cet acte qui sera posé aujourd?hui par le Conseil de Paris pourrait contribuer peut-être à apaiser la situation au Tibet. Je n?en sais rien, j?en fais le souhait.

C?est sous cet angle là que je dis que ce que nous faisons aujourd?hui peut éventuellement aider le Président de la République.

Excusez-moi au-delà du Président de la République peut-être le pays.

J?entends bien les critiques sur le caractère religieux du Dalaï Lama.

Ne pouvons-nous pas un jour honorer une personnalité spirituelle ou religieuse ?

Au nom de quoi ? Au nom d?un principe de laïcité, qui à mon avis correspond historiquement à la formule : le cléricalisme, voilà l?ennemi !

Si un jour une proposition venait au Conseil de Paris d?honorer l?Abbé Pierre, dirait-on que ce n?est pas possible car c?est un religieux ?

M. LE MAIRE DE PARIS. - On va l?honorer, on va donner son nom à un lieu à Paris et tout le monde va être d?accord vous allez voir.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Je veux bien qu?on ne sépare pas le politique et le religieux mais reconnaissons que des personnalités religieuses, spirituelles ont largement contribué aux libertés et aux droits de l?Homme, y compris dans leur exercice les plus élémentaire comme l?abbé Pierre.

Quand nous honorons une personnalité de la Résistance, nous ne faisons pas le tri ! Qu?est-ce que cela a été, la Résistance ? Un rassemblement d?hommes et de femmes, d?origines extrêmement diverses, de convictions parfois très différentes et que, parfois, tout opposait : l?ouvrier, le bourgeois, l?athée et le croyant !

Que dire encore?

L?instituteur et le curé ! Tiens, voilà ! L?instituteur et le curé !

Et quand nous honorons une personnalité de la Résistance, faisons-nous le tri, en disant ?L?instituteur a le droit d?être honoré et pas le curé !? ? Excusez-moi, cela me semble être une conception un peu passéiste, si vous voulez, de ce qu?est la laïcité.

Voilà, Monsieur le Maire, ce que je voulais dire.

Encore une fois, la seule question qui vaille, c?est : est-ce que notre acte peut être utile au progrès des droits de l?Homme, notamment dans les circonstances que nous connaissons aujourd?hui ? Pour nous, la réponse est ?oui? et c?est la raison pour laquelle nous voterons ce v?u.

(Applaudissements sur les bancs de la majorité municipale).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je donne la parole à Mme BACHE.

Mme Marinette BACHE. - Ce n?est pas très long, Monsieur le Maire, mais je voulais exprimer ici la position du groupe Mouvement Républicain et Citoyen.

A travers cette proposition de v?u, vous voulez, nous le comprenons, manifester l?attachement de notre Ville à la défense des droits de l?Homme partout dans le monde, comme l?affirme l?affiche qui a été placardée au fronton de l?Hôtel de Ville.

Partout dans le monde, même s?il n?a échappé à personne que la tenue cet été des Jeux Olympiques à Pékin a focalisé notre attention sur la Chine.

Le choix du Dalaï Lama ici proposé nous pose problème. Au-delà des questions que nous pose la personnalité complexe de ce haut responsable du bouddhisme tibétain, opposé à l?indépendance du Tibet mais se présentant comme l?interlocuteur de celui-ci pour Pékin, il ne nous a jamais semblé pertinent qu?un dignitaire religieux puisse être adoubé comme le porte-parole de la puissance publique.

Nous sommes attachés à la laïcité, foncièrement. Nous refusons les dogmes imposés.

Si le Dalaï Lama apparaît comme un homme de paix, il n?est pas évident qu?il soit indemne de toute déclaration rétrograde. Or, le Dalaï Lama se présente de fait comme le chef d?un Etat théocratique, fût-ce par l?intermédiaire d?un gouvernement en exil. Jamais un Etat théocratique n?a été et ne pourra être le garant d?une société progressiste, où règnent la liberté de penser, le libre examen, la liberté d?expression d?une société démocratique.

Se battre pour la défense des droits de l?Homme et du Citoyen, en Chine comme ailleurs, ne peut se faire, à notre avis, derrière un symbole religieux.

Honorer une personnalité religieuse est possible ; la laïcité est de faire qu?on ne le fasse pas essentiellement parce qu?il est religieux.

On peut honorer l?instituteur parce qu?il est résistant, pas parce qu?il est instituteur, ou le curé parce qu?il est résistant, non parce qu?il est curé.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Justement, voilà !

Mme Marinette BACHE. - C?est cela, la laïcité.

En conscience, il ne nous sera pas possible de voter ce v?u faisant du Dalaï Lama le citoyen d?honneur de notre Ville.

Mais, comme nous comprenons l?intention du Maire de Paris, de prolonger par ce geste, ce que nous avons déjà dit ensemble, que notre Ville défende partout les droits de l?Homme, nous ne voterons pas contre. Simplement, nous ne participerons pas au vote.

En revanche, je veux le dire tout de suite, nous voterons le voeu suivant proposant de faire de Hu Jia un citoyen d?honneur de la Ville de Paris, car nous condamnons sans ambiguïté tout régime qui ne respecte pas les droits des Citoyens, ici comme ailleurs, et là comme en Chine.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Bien.

Je vous ai écoutés tous avec beaucoup de respect parce que, a priori, je pose que toutes les interventions qui viennent d?être faites sont de bonne foi et donc doivent être respectées comme telles.

Je voudrais vous dire, comme Maire de Paris, quelques points qui me paraissent importants.

La Ville de Paris a-t-elle manifesté son amitié, sa fraternité ces dernières années pour le peuple chinois ? Plus que jamais ! A travers la célébration de la culture chinoise, de l?identité chinoise, des rites chinois, des moments de la vie chinoise, aucune ville au monde n?a donné à ce point des messages fraternels au peuple chinois que Paris.

Souvenez-vous du défilé sur les Champs-Élysées !

Souvenez-vous de la tour Eiffel, éclairée comme un signe amical vis-à-vis du peuple chinois. D?ailleurs, cela a été diffusé à des milliards d?exemplaires, si j?ose dire, et les Chinois savent ce que Paris éprouve pour l?identité et pour le peuple chinois.

Je voudrais vous dire que je me suis rendu deux fois en Chine. Après avoir reçu le Dalaï Lama ici, j?ai discuté avec les autorités chinoises. Nous coopérons avec la Ville de Pékin.

Après avoir reçu ici le Dalaï Lama, avec la Ville de Rome, nous rénovons un quartier ancien de la Ville de Pékin.

Donc je vous le dis, il est possible d?être fraternel, attentif, actif, et de défendre toujours ses convictions avec respect pour ses interlocuteurs.

Attendez la suite !

Il se trouve que les Jeux Olympiques vont se tenir au mois d?août en Chine. Ai-je dit une seule fois que je le regrettais ? Ai-je dit une seule fois que c?était une mauvaise chose ? Au contraire ! Et pourtant, c?était pour la candidature précédente ; Pékin nous avait battus. Je portais la candidature qui avait été préparée par l?équipe précédente, et je me souviens de la manière avec laquelle j?ai salué chaleureusement les Chinois à l?occasion de cette victoire sur Paris.

Et donc je veux que vous sachiez tous ici que j?entretiens des relations nourries avec les autorités chinoises, avec les associations, avec les Chinois de Paris.

Et rien de ce que nous faisons ne doit être considéré par les citoyens de bonne foi? Mais pardonnez que je distingue un peu entre les citoyens de bonne foi et des autorités qui défendent à un moment donné ce qu?elles pensent être l?intérêt de leur Etat.

Ensuite, oui, il va y avoir le plus grand rassemblement de l?humanité à Pékin au mois d?août autour du sport et des valeurs du sport.

Mes chers amis, si une actualité brûlante, hélas brûlante, nous a amenés, les uns et les autres, pas que les élus de Paris, à dire des choses avec une certaine vigueur, c?est qu?il s?est déroulé une répression considérable en Chine même et au Tibet.

Alors faut-il continuer à poser des actes de solidarité avec les peuples ? Ou faut-il, parce que cela tangue un peu, cesser d?exprimer ce qui est notre conviction ?

Je vous le dis franchement, je pense que, plus que jamais, il faut exprimer notre conviction. Plus que jamais ! Car ce rendez-vous du mois d?août est, au contraire, la bonne occasion pour continuer à défendre le peuple chinois et le peuple tibétain et, croyez-moi, c?est beaucoup plus utile maintenant que fin juillet, c?est beaucoup plus utile maintenant qu?au mois d?octobre ! Croyez-moi !

Et c?est pour cela que je le fais maintenant, que je le propose maintenant, que je l?assume et que je rencontrerai bientôt l?ambassadeur de Chine pour parler,  pour dialoguer avec lui.

Alors, pourquoi le Dalaï Lama ? Je répondrai tout à l?heure sur ce que je trouve vraiment décalé à propos de la laïcité et de ces prises de position sur les questions de société.

Mes chers amis, sur ce point, je vais vous renvoyer à beaucoup de personnages et à beaucoup de moments de l?Histoire. Tout est à dimension humaine.

Le Dalaï Lama est un homme de dialogue, un homme de paix, d?ailleurs il a le prix Nobel de la paix. Et lorsque que quelqu?un est un chef spirituel mais intervient dans la vie de l?humanité, non pas en tant que chef spirituel mais en tant que force de paix, en tant que force de dialogue, en tant que force morale, alors devons-nous ignorer le rôle positif qu?il joue parce qu?il est aussi un chef spirituel ? C?est cela la question de la laïcité! Croyez-moi, je suis laïc et je l?ai prouvé.

Mais je sais bien que chaque fois que nous nous engageons à un moment donné pour une personnalité, dans le cadre d?un rôle historique, bien sûr qu?il y a des points sur lesquels on n?est pas d?accord avec lui - je ne suis pas devenu bouddhiste... Je trouve un petit peu et involontairement spécieux votre argument. Parce que sinon, si on approuve quelqu?un en raison de son rôle moral, historique, politique, - oui, au meilleur sens du terme - alors il faudrait approuver tout de ses convictions.

Chers amis, je vous invite à réviser ce que vous avez voté depuis sept ans, enfin ceux qui étaient là depuis sept ans. Et vous croyez que tous les personnages que vous avez honorés étaient exemplaires en tout, y compris du point de vue des droits de l?homme et y compris du point de vue des questions de société ?

Sur les questions de société, arrêtons ! J?ai lu - on m?a déjà fait le coup, remarquez pour un autre personnage - que le Dalaï Lama serait homophobe. Alors, bien sûr, même à une époque où on avait dit : DELANÖE est complice de l?homophobie comme quoi il y en a qui n?ont pas le sens du ridicule.

Je vais dire que le Dalaï Lama - je suis allé chercher ses déclarations, une déclaration dans une interview - comme tant et tant de chefs religieux, il ne suggère à  personne, homosexuel ou hétérosexuel, quelque acte sexuel que ce soit. D?aucune manière. Comme souvent les chefs religieux suggèrent que l?acte sexuel ne sert qu?à procréer, et seulement à procréer. Voilà pourquoi nous devrions amoindrir notre soutien au rôle du Dalaï Lama dans le dialogue avec la Chine au service de la paix.

Alors chers amis, je sais que la période est difficile, Jean-François LAMOUR. Je pense simplement que nous aidons tous ceux qui de bonne foi veulent influencer positivement le cours des choses. Je vais vous dire quelque chose : j?ai beaucoup de respect pour la Chine, le peuple chinois, et je dialogue avec les autorités chinoises mais c?est difficile quand même de ne prendre de la liberté que le capitalisme. Il faudrait peut-être penser à prendre aussi quelques autres éléments de la liberté. Et de ce point de vue-là, je ne vois pas la menace que fait peser le Dalaï Lama, au contraire.

Donc, je respecte les non-participations au vote, je respecte tout cela. Je vous le dis, entre l?angélisme et le cynisme, il y a l?affirmation de convictions. On peut les affirmer avec humilité, avec résolution et avec la volonté de faire avancer les choses. Vous savez, lorsque j?avais un peu plus de vingt ans, je manifestais régulièrement devant l?ambassade d?Afrique du Sud et à l?époque, on nous envoyait les policiers et il n?y avait aucune expression de solidarité des autorités officielles du pays par rapport à Mandela, qui a été après tant considéré par toutes les autorités françaises et je m?en réjouis.

Donc, il ne faut pas se poser trop de questions tactiques. Il faut être réaliste. Il ne faut jamais poser ses actes pour nous. Il faut les poser pour les peuples qui sont victimes...

M. Jean-François LAMOUR. - Pas de leçons...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, je ne fais la leçon à personne, je donne ma conviction, Jean-François. Je donne ma conviction.

Je vais vous dire, et je le dis parce que, vous savez, à une époque, on allait devant l?ambassade d?Argentine défiler pour les Folles de Mai. Et il y a quelques semaines, avec M. GOUJON, nous avons inauguré la place des Folles de Mai, des mères de la Place de Mai. A l?époque, on était une poignée. J?ai les photos encore. Il y en a qui n?y étaient pas.

Je vais vous dire une chose? Sérieusement, et avec beaucoup de simplicité et d?humilité.

Jamais quand Paris a exprimé sa solidarité au nom de la liberté des droits de l?homme avec des citoyens et des citoyennes dans le monde, jamais ceux-ci ne l?ont ignoré.

Il y a la raison qu?a évoquée Jean-Pierre CAFFET. Il y en a une autre. Je vous le dis, celles et ceux qui en Chine et au Tibet, luttent pour les droits de l?homme et pour la liberté, savent qu?aujourd?hui Paris va faire du Dalaï Lama son citoyen d?honneur et rien que pour la force que nous pouvons leur donner, rien que pour la solidarité qu?ils peuvent ressentir dans une lutte pour la liberté et pour les droits de l?homme, rien que pour cela, cela vaut la peine que Paris donne le titre de citoyen d?honneur au Dalaï Lama.

Voilà ce que je voulais vous dire en vous invitant à approuver cette décision que je vous propose.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés et ?Les Verts?).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de voeu déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Donc, le projet de voeu est adopté à l?unanimité mais avec beaucoup de non-participation au vote. (2008, V. 18).

Je vous en remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - J?ouvre maintenant l?échange sur le v?u référencé n°29 dans le fascicule, déposé par MM. Denis BAUPIN, Sylvain GAREL et les membres du groupe ?Les Verts?, relatif à la nomination d?HU JIA comme Citoyen d?Honneur de la Ville de Paris.

M. BAUPIN, vous vouliez dire un mot ? Non ? Sylvain GAREL.

M. Sylvain GAREL. - Merci, Monsieur le Maire.

On ne va pas refaire tout le débat que nous venons d?avoir, mais pour nous, il est vraiment important que les deux volets de notre action en faveur de la démocratie en Chine et au Tibet soient repris par notre Conseil. Et nous voulons faire en sorte?

Je vois vraiment qu?il y a des gens pour qui les droits de l?homme, c?est vraiment très secondaire...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Pas de provocation, laissez parler tranquillement.

Sans commentaire, Monsieur GAREL, exprimez-vous sereinement.

M. Sylvain GAREL. - C?est un peu dommage quand on voit les gens et les caméras repartir une fois que les événements les plus médiatiques ont été examinés.

Ah, pas tous ! Ce n?est pas que j?aime les caméras, c?est que je pense qu?il est important de parler d? HU JIA qui est moins connu que le Dalaï Lama et qui est en prison?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Au fait !

M. Sylvain GAREL. - Qui est moins connu que le Dalaï Lama et qui est en prison pour au moins trois ans et demi - il l?a déjà été - simplement pour délit d?opinion. C?est pour nous, comme le Dalaï Lama est le symbole de la résistance au Tibet, le symbole de la répression qui s?abat sur tous ceux qui en Chine veulent faire entendre une voix différente.

Je pense que nous avons là l?occasion d?honorer l?un de ces jeunes hommes qui osent, dans un pays aussi cadenassé que l?est la Chine aujourd?hui, s?élever contre le pouvoir du Parti communiste chinois. Nous voulons saluer cette détermination en faisant d? Hu JIA un autre citoyen d?honneur de la Ville de Paris.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci. Monsieur SCHAPIRA, rapidement pour donner l?avis de l?Exécutif.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Pour l?Exécutif, on connaît HU JIA, on sait l?action qu?il mène, on sait qu?il a été emprisonné et qu?il en a pour trois ans et demi, notamment par ses incitations, ses cyber-incursions qu?il a faites, notamment dans son dialogue avec le Parlement européen. Nous sommes d?accord, évidemment, pour donner à HU JIA le titre de citoyen d?honneur de la Ville de Paris.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de voeu déposée par le groupe ?Les Verts?.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

La proposition de voeu est adoptée. (2008, V. 17).