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2008, V - Question d’actualité du groupe Centre et Indépendants à M. le Maire de Paris relatif au développement de l’espace francilien.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2008


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question du groupe Nouveau Centre et Indépendants.

Madame BERTRAND, vous avez la parole.

Mme Geneviève BERTRAND. - Monsieur le Maire, en préalable à la question d?actualité du groupe Centre et Indépendants, permettez-moi de vous dire l?honneur et la joie que je ressens de la confiance qui m?est faite de me laisser présider aux travaux de la neuvième commission du Conseil de Paris. J?observe que vous tenez une nouvelle fois votre parole en pratiquant l?ouverture aux deux groupes de l?opposition et en confiant la présidence de deux commissions d?importance, la première à l?UMP, par M. LEGARET, la neuvième au Centre et Indépendants.

Avec ces deux commissions emblématiques, vous donnez du poids et de la crédibilité à votre démarche d?ouverture et cela est à l?honneur du Conseil de Paris dans son entier.

C?est ensuite une joie d?envisager le travail dans la belle neuvième commission et d?y traiter de la culture avec M. Christophe GIRARD, du patrimoine avec Mme Colombe BROSSEL, de la mémoire et du monde combattant avec Mme Catherine VIEU-CHARIER et, last but not least, des relations internationales, de la francophonie et des affaires européennes, je note l?innovation dans le portefeuille de M. Pierre SCHAPIRA. J?espère vivement que des actes concrets et d?envergure marqueront cette mandature sur ce terrain vital, je veux dire l?Europe.

Pour terminer, je souhaite que tous les élus inscrits dans la neuvième commission soient le plus participants possible aux travaux et déplacements de la neuvième commission, car je propose d?ores et déjà que cette commission puisse, chaque fois que possible, se tenir hors les murs, c?est-à-dire sur les lieux de culture, de patrimoine et d?Europe à Paris, par exemple au 104, rue d?Aubervilliers, à Saint-Sulpice, à la maison de l?Europe?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Pas de problème.

Mme Geneviève BERTRAND. - ? Au plus près du terrain et des habitants.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - S?agissait-il de votre question ?

(Rires).

Mme Geneviève BERTRAND. - Non.

M. LE MAIRE DE PARIS. - J?ai l?impression que ce début de mandature est un peu laxiste. Je vais revenir à des attitudes plus fermes.

Le temps commence maintenant, mais ne le répétez pas aux autres, il s?agit d?un secret.

Mme Geneviève BERTRAND. - Monsieur le Maire, Grand Paris, Paris Métropole, Région Capitale, certes, il y a plus que des nuances entre ces termes, mais toute cette concurrence verbale a un même objectif : revivifier l?espace francilien, desserrer l?étau du périphérique parisien, lever les obstacles historiques, psychologiques, urbanistiques, politiques et institutionnels qui entravent la croissance économique de l?Ile-de-France et, partant, l?égalité de traitement et de chance des populations et des territoires.

Depuis trois ans au moins, vous-même, Monsieur le Maire, avez entrepris de retisser des liens de confiance et de partenariat avec les communes et les départements riverains de Paris, du moins ceux qui le voulaient bien.

Le Président de la République, francilien lui-même, a hissé le sujet au premier rang de l?actualité le 26 juin 2007 en contestant la pertinence et la carrure du projet de S.D.R.I.F. élaboré par la Région.

Depuis cette date, la mobilisation est en marche, toute la presse s?en empare, des rapport sortent, celui de Jean-Paul PLANCHOU pour la Région Ile-de-France, celui du sénateur Philippe DALLIER pour l?Observatoire de la décentralisation, notamment. Les colloques se multiplient, comme celui du MEDEF Ile-de-France du 31 mars dernier. Un nouveau secrétaire d?Etat est nommé, en charge du développement de la Région capitale.

Christian BLANC aura pour tâche de coordonner une myriade d?acteurs : l?État, la Région, la Ville de Paris, les sept Conseils Généraux d?Île-de-France, les 1.300 communes. Chantier colossal où deux empreintes risquent de freiner la réflexion et l?action, tout d?abord le tabou de la décentralisation issue des lois de 1982 et 1983 et la religion de l?écologie qui peut aller jusqu?à bloquer de grands projets de développement.

Or, à l?heure de l?économie mondialisée, tout pays qui veut compter sur la planète doit s?identifier à une métropole de défi.

Le journal Le Monde du 12 avril 2008 va, quant à lui, droit à la synthèse puisque, je le cite : ?En expliquant qu?il était prêt à dialoguer avec Christian BLANC, Bertrand DELANOE apparaît du coup comme l?homme de la situation.?

Voulez-vous bien, Monsieur le Maire, livrer aux élus de Paris vos réponses aux questions suivantes : quand, comment et sur quoi ?

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Pierre MANSAT.

M. Pierre MANSAT, adjoint. - Merci Monsieur le Maire.

J?essaierai de répondre en inversant les réponses, c?est-àdire sur ?quoi? et ?comment?. Le ?quand? sera abordé par la suite à l?issue d?un processus que l?on devrait entamer.

Je voudrais remercier le groupe Centre et Indépendants de poser cette question puisque cela nous donne l?occasion de clarifier, après cette période d?excitation intense et d?annonces successives des uns et des autres, le moment où on est et peut-être ce qui va se dérouler.

Je rappellerai, mais vous l?avez fait, Madame BERTRAND dans votre question, que ce débat est possible et a surgit grâce à l?attitude de Bertrand DELANOE et de la municipalité parisienne qui a posé le sujet dès le 5 décembre 2001 devant l?ensemble des élus du c?ur de la métropole et, par la politique de dialogue et de travail concerté avec les collectivités : les communes, les départements et également la Région. Nous avons établi une nouvelle façon de penser la place de la capitale et l?avenir du c?ur de la métropole dans cet ensemble.

Puis, cela a été également possible parce que l?initiative parisienne a rencontré une volonté forte de beaucoup d?élus de banlieue, de tous les courants politiques, qui considéraient que la situation ancienne ne pouvait plus durer et qu?il y avait là des obstacles à une bonne cohérence des politiques publiques pour surmonter ce qui est l?essentiel dans cette affaire, c?est-à-dire les très profondes inégalités qui prévalent dans notre grande métropole en matière de transport, d?accès au logement, de développement, d?accès à l?emploi et dans tous les domaines.

C?est ce mouvement là, cette rencontre, qui a permis de créer un lieu tout à fait inédit, une scène politique inédite, la Conférence Métropolitaine où, pour la première fois depuis 1967, fin du département de la Seine et création des autres départements, des élus parisiens et de banlieue se concertent, travaillent, discutent, essaient d?élaborer un diagnostic sur ces grands enjeux et c?est une nouveauté extrêmement importante.

Ceci étant rappelé, le débat commence à s?engager très sérieusement. On avait dit dès 2001 qu?il n?y avait pas d?issue, de possibilité d?avancer si on engageait le débat par la solution institutionnelle. On est devant un sujet complexe sur lequel s?affrontent toutes les métropoles du monde, qui essaient de trouver des réponses à ces problèmes liés à la métropolisation, certaines plus que d?autres.

Personne n?a réussi à inventer la solution miracle, la bonne institution à la bonne échelle qui serait censée répondre à l?ensemble des problèmes.

On met en garde contre ces solutions miracles et c?est ce qui est en train de se passer. On arrive maintenant au débat sur le fond. Notre position est qu?il faut maintenant conforter ce débat sur le fond à travers un processus de travail avec les collectivités, les Maires, les Présidents d?intercommunalité, les Présidents de Conseil Généraux, en partenariat étroit avec la Région, pour se mettre d?accord sur : pourquoi faire ? Comment ? Dans quel délai ?

C?est à l?issue de ce processus que nous verrons s?il y a nécessité d?ouvrir un débat sur des modifications institutionnelles, de nouvelles formes de coordination.

L?échéance fixée pour nous est très rapprochée, il s?agira, le 25 juin, à travers les assises du c?ur métropolitain, de faire avancer le dossier qui a été accéléré par la contribution extrêmement importante réalisée par la commission dite Planchou du Conseil Régional, qui, même si elle défend des points de vue que nous ne partageons pas, notamment le fameux scénario dit ?de la Marguerite?, est une avancée importante pour rapprocher le point de vue de tous les acteurs de cette métropole.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Excellent mais un peu long.