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Avril 2008
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2008, Dépôt des questions d’actualité.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2008


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Mes chers collègues, je vous informe que 6 questions d?actualité ont été déposées.

La première émane du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés. Elle est adresée à M.le Maire de Paris, en ces termes :

?Depuis plusieurs semaines, la communauté scolaire parisienne dans son ensemble (élèves, parents d?élèves et professeurs) est en émoi. Et comment ne pas comprendre les craintes et le mécontentement qui ont pu naître suite aux suppressions de postes annoncées par le Ministre de l?Education nationale dans le cadre de la Dotation Horaire Globale arrêtée pour la rentrée prochaine ?

Au niveau national, ce sont 11.200 emplois qui seront supprimés. Paris ne sera pas épargné puisque 206 emplois disparaîtront dans les collèges et lycées ; ce qui se traduira inévitablement par la fermeture de classes et par une charge d?enseignements supplémentaires (disons simplement une surcharge pour les professeurs.

Ces décisions de suppressions de postes viennent par conséquent aggraver des conditions d?enseignement déjà difficiles et particulièrement dans les arrondissements de l?Est parisien, là où justement les moyens devraient être les plus soutenus.

C?est bien la question du maintien à Paris d?un enseignement de qualité, garant d?une égalité des chances, qui est ici posée de manière criante.

La mobilisation des élèves, des parents d?élèves et des professeurs est à la hauteur de l?enjeu. Le cas du Lycée Voltaire dans le 11e arrondissement est emblématique. À partir de la fin mars, et pendant près de trois semaines, le lycée a été bloqué et plus aucun cours n?a eu lieu. Les cours ont finalement pu reprendre partiellement le 7 avril dernier. Le lycée a de nouveau été occupé la semaine dernière, et la situation est très instable.

Jeudi dernier s?est déroulée la septième journée de manifestation à Paris et la mobilisation ne faiblit pas. Sur les 106 lycées parisiens, le Rectorat a fait état de 12 établissements fermés, de 17 bloqués et de 7 ayant connu des tentatives de blocage. Il y a deux semaines, l?on comptait 10.000 lycéens de Paris et sa région dans les rues ; ils étaient plus de 40.000 (13.000 selon la police) jeudi 17 avril. Et ce ne sont pas les appels au calme plutôt déroutants du Ministre de l?Education nationale, mais bien les vacances scolaires qui vont, pour un temps, calmer cet élan parisien.

Pour un temps seulement car aucune avancée notable n?a été obtenue ; loin de là. Et la situation pourrait rapidement devenir critique alors que les examens de fin d?année approchent.

Aussi, M. le Maire, pouvez-vous nous dire comment comptez-vous intervenir auprès du Rectorat afin qu?il revienne sur les décisions de suppressions de postes et de classes à Paris à la rentrée prochaine, permettant ainsi aux jeunes parisiennes et parisiens de bénéficier de l?enseignement secondaire qu?ils méritent ??

La deuxième question d?actualité, déposée par le groupe communiste, est adressée à M. le Maire de Paris, et est rédigée ainsi :

?Depuis la mise en place de la tarification à l?activité, des plans hôpitaux 2007 et 2012, l?hôpital public est mis à la diète, l?activité des soignants est malmenée, jusqu?à mettre en danger les patients. Les établissements de santé se voient confrontés au chantage de l?Agence Régionale d?Hospitalisation d?Ile de France, alors même que leurs budgets sont sans cesse rognés.

Pourtant l?hôpital public parisien est aujourd?hui bien malade. Malade d?une logique comptable qui n?en finit plus, restrictions après restrictions, de l?asphyxier.

Après la pénurie organisée des hommes par la diminution drastique des formations et la pénurie des lits, la tarification à l?activité (T2A) a mis l?hôpital en quasi état de faillite.

Tout cela rend à peu près impossible d?y travailler correctement aujourd?hui. Les mouvements des personnels de l?hôpital Saint Antoine et de la maternité des Bleuets sont une des expressions de ce mécontentement croissant.

C?est dans ce contexte de libéralisation qu?à l?hôpital Saint Antoine, le personnel est en grève depuis le 18 mars pour obtenir les moyens de remplir convenablement ses missions de service public, pour que les postes vacants soient pourvus, mais aussi pour que le personnel travaille dans de meilleurs conditions et qu?il puisse faire le choix de rester travailler dans cet hôpital.

II y a la même inquiétude chez les usagers de la maternité des Bluets, cet établissement emblématique de la lutte des femmes pour leurs droits à la santé et à la maternité choisie. Les personnels revendiquent le maintien des emplois dans leur établissement, l?arrêt de l?augmentation des naissances, le respect du rythme de la naissance et du temps d?accueil des bébés, le maintien d?une préparation à la naissance dans la maternité et aussi la poursuite des projets liés aux droits des femmes (par exemple centre IVG et planning familial), autant de pratiques non rentables aux yeux de la T2A.

Parce que ces deux établissements sont victimes de restrictions budgétaires et de plans d?économie drastiques depuis des années en matière de santé publique, un tel cadre budgétaire, va imposer aux Parisiens des conditions d?accès aux soins fortement dégradées.

Le Conseil de Paris doit soutenir sans réserve les luttes actuelles des personnels aux côtés des médecins et des usagers de ces hôpitaux.

Monsieur le Maire, nous voulons connaître les dispositions que vous comptez prendre pour marquer l?opposition de la Ville de Paris à de nouvelles coupes sombres dans les budgets sociaux et réaffirmer ainsi l?attachement de la Municipalité au maintien d?un service public de santé de qualité, répondant aux besoins des Parisiens?.

La troisième question d?actualité, présentée par le groupe Mouvement Républicain et Citoyen, est adressée à M. le Maire de Paris. Elle est relative à l?exposition ?les Parisiens sous l?Occupation?.

La quatrième question d?actualité, déposée par le groupe ?Les Verts?, est adressée à M. le Préfet de police, et concerne ?le respect de l?Etat de droit sur le territoire parisien, le 7 avril dernier?.

La cinquième question d?actualité, est présentée par le groupe Centre et Indépendants. Elle est adressée à M. le Maire de Paris et est ainsi rédigée :

?Grand Paris, Paris Métropole. Région Capitale, certes il y a plus que des nuances, mais toute cette concurrence verbale a un même objectif : revivifier l?espace francilien, desserrer l?étau du périphérique parisien, lever les obstacles historiques, psychologiques, urbanistiques, politiques, institutionnels qui entravent la croissance économique de l?Ile de France et, partant, l?égalité de traitement et de chances des populations et des territoires.

Depuis trois ans au moins, vous-même, Monsieur le Maire, avez entrepris de retisser des liens de confiance et de partenariat avec les communes et les départements riverains de Paris. Du moins, ceux qui le voulaient bien.

Le Président de la République, francilien lui-même, a hissé le sujet au premier rang de l?actualité le 26 juin 2007 en contestant la pertinence et la carrure du projet de SDRIF élaboré par la Région.

Depuis cette date, la mobilisation est en marche. Toute la presse s?en empare. Des rapports sortent, celui de Jean-Paul Planchou pour la Région Ile de France, celui du Sénateur Philippe Dallier pour l?Observatoire de la Décentralisation, par exemple. Les colloques se multiplient, comme celui du MEDEF Ile de France du 31 mars dernier.

Un nouveau Secrétaire d?Etat est nommé, en charge du développement de la Région Capitale. Christian Blanc aura pour tâche de coordonner une myriade d?acteurs : l?Etat, la Région, la Ville de Paris, les 7 Conseils Généraux d?lle de France, les 1.300 communes.

Chantier colossal où deux empreintes risquent de freiner la réflexion et l?action : le tabou de la décentralisation, issu des lois de 1982 et 1983 et la religion de l?écologie qui peut aller jusqu?à bloquer les grands projets de développement.

Or, à l?heure de l?économie mondialisée, tout pays qui veut compter sur la planète doit s?identifier à une métropole de défi.

Le journal le Monde du 12 avril 2008 va, quant à lui, droit à la synthèse : je cite : ?en expliquant qu?il était prêt à dialoguer avec Christian Blanc, Bertrand Delanoë apparaît du coup comme l?homme de la situation?.

Voulez-vous bien, Monsieur le Maire, livrer aux élus de Paris vos réponses aux questions suivantes : Quand ? Comment ? Sur quoi ?

Je vous remercie?.

Enfin, la dernière question d?actualité, posée par le groupe U.M.P. est adressée à M. le Maire de Paris, est relative ?aux personnels des crèches?.

La séance est suspendue.