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Mai 1996
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Conseil Municipal
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73 - QOC 96-213 Question de M. Jean-Pierre REVEAU, élu du Front national, à M. le Maire de Paris au sujet de l'exposition d'oeuvres d'art sur les Champs-Elysées (8e).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1996




M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Nous passons maintenant à la dernière question orale émanant de M. Jean-Pierre REVEAU au sujet de l'exposition d'oeuvres d'art sur les Champs-Elysées.
Je vous en donne lecture :
"M. le Maire de Paris a décidé d'agrémenter pendant deux mois les Champs-Elysées de ce que "Paris-Match" nomme "un incroyable panorama" de la création sculpturale européenne. Dans les années 70, poursuit cet hebdomadaire, "on aurait appelé ça un happening" qui ajoute "un tel déballage aurait été regardé alors d'un mauvais oeil".
Il ne s'agit en effet, ni plus, ni moins, que d'une manifestation du "tout culturel" cher à Jack LANG puisque l'on y trouve pêle-mêle tout et n'importe quoi. Le pire figure bien sûr en grande quantité et bonne place, tandis que le meilleur s'expose avec parcimonie.
Comme alibi sans doute, à moins qu'il ne s'agisse de faire gober aux passant que tout aujourd'hui se vaut sur ce qui fut une des plus belles avenues du monde et qu'ainsi, Paris accède enfin au rang de capitale de la culture planétaire.
Il fallait en effet un certain culot pour oser placer, par exemple, Rodin à côté, et à égalité en somme, de Nikki de Saint-Phalle ou Louise Bourgeois. Il est vrai que le patronyme de cette dernière résume assez bien l'esprit pédant de cette démarche. Devant le tas informe de sa production, il est presque inutile d'ajouter que son "inspiration aux multiples allusions sexuelles fait écho au lourd climat familial de son enfance".
M. Jean-Pierre REVEAU doute que Coysevox, dont les chevaux de Marly ornent l'ouverture de la perspective élyséenne, ait un jour besoin d'un tel charabia psychanalytique pour que l'on comprenne la grandeur et la beauté de son oeuvre.
Autre temps et surtout autres moeurs où l'on pensait et vivait selon l'expression de son génie propre. Mais telle n'est pas la logique de M. le Maire de Paris.
Aussi, peut-être un jour prochain, sera-t-il tenté de faire peindre en bleu "Klein" la statue du "Père la Victoire" ?
Afin de ne pas s'arrêter en si bon chemin, M. Jean-Pierre REVEAU lui indique que cette couleur est plus seyante du point de vue de "l'ingénierie et du merchandising culturel" que le "bleu horizon".
Ce sont là des préoccupations qui comptent lorsque l'on est, comme M. le Maire de Paris, à ce point respectueux de la création et "politiquement correct".
N'ayant pas, par malheur, de telles dispositions, M. Jean-Pierre REVEAU serait, pour sa part, heureux de connaître simplement le coût de cette exhibition et ceci, afin d'en informer les Parisiens qui, comme lui, dans une époque particulièrement pénible économiquement, sont contraints, malgré eux, de s'intéresser à d'autres choses plus terre à terre, leur porte-monnaie en particulier."
Je donne la parole à Mme MACÉ de LÉPINAY.

Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint.- Merci, Monsieur le Maire.
M. REVEAU émet dans sa question des jugements d'ordre esthétique qui lui sont personnels et sur lesquels je n'ai pas de commentaire à faire, si ce n'est celui-ci : nous arrivons à l'extrême fin du XXe siècle et cette exposition n'a d'autre ambition que d'offrir aux Parisiens un panorama des principaux sculpteurs qui ont marqué ce siècle de leur production, production reconnue par les principaux musées du monde et que l'histoire de l'art a définitivement enregistrée.
Il suffit de se promener actuellement sur les Champs-Elysées pour constater que l'exposition connaît un grand succès, et pour être frappé de l'attention et du respect manifestés par le public. Un public, je le rappelle, qui dépasse largement celui qui fréquente régulièrement les musées.
Je dois à M. REVEAU une réponse sur le point plus objectif de sa question, c'est-à-dire le budget de cette exposition.
Le budget global de l'exposition est de 7 millions de francs.
Il a été établi grâce à un mécénat de partenaires japonais, le groupe "NIKKEI" et la fondation "YOSHII", de l'ordre de 2,2 millions de francs. L'exposition sera d'ailleurs reprise au Musée d'art contemporain de Tokyo en octobre prochain.
Deuxièmement, un apport en nature de l'ordre de 2 millions de francs consenti par les fournisseurs de l'exposition : les sociétés "LAYHER", "PHILIPS", "SPIE TRINDEL" et "A.C.D.S.".
Troisièmement, une subvention de 1 million de francs de la Ville.
Enfin, grâce aux recettes propres (vente des différents produits liés à l'exposition dans les kiosques).
Le niveau de vente actuel permet d'estimer que ces recettes atteindront la somme de 1,8 million de francs.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Je remercie Mme MACÉ de LÉPINAY.
Monsieur REVEAU, souhaitez-vous intervenir ?

M. Jean-Pierre REVEAU.- Je voulais dire à Mme MACÉ de LÉPINAY que ce n'est pas en mon nom personnel que je me suis exprimé, mais au nom de mon groupe et des 5 millions d'électeurs que nous représentons ! Je ne parle jamais en mon nom personnel !
Je me suis promené pas mal de fois sur les Champs-Elysées et je n'ai pas entendu les mêmes réflexions que vous, j'ai entendu beaucoup de propos tels que "provocations" et tels que "c'est une mascarade". Je regrette d'avoir vu des horreurs pareilles !

(Protestations sur les bancs de l'Assemblée).