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Mai 1996
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11 - 1996 D. 483- Communication de M. le Maire de Paris relative à la politique culturelle de la Ville de Paris. (suite).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1996




M. Gérard LEBAN, adjoint, président.- Nous reprenons le débat sur la politique culturelle de la Ville de Paris.
La parole est à M. BLET.

M. Jean-François BLET.- Monsieur le Président, Paris, Capitale des arts se meurt.
Le marché de l'art s'est effondré après le krach spéculatif. Les galeries sont sinistrées. Par dizaines, elles font faillite.
Le marché de l'art s'est déplacé à Londres, à New York.
Christies, Sotheby font fortune en captant les oeuvres de nos collections. Drouot est exsangue et la fin des privilèges des commissaires-priseurs ne saurait suffire à y remédier.
Seules des mesures fiscales permettraient à Paris de retrouver son lustre. Il n'y a pas d'autre explication, pas d'autre solution.
Pressez, Monsieur le Maire, le Gouvernement d'agir.
Pour que les collectionneurs et les musées affluent de nouveau, pour que les galeries refleurissent, et cette synergie aidant, pour que les artistes revivent.
Il y a près de 20.000 artistes plasticiens en France. Sur ces 20.000, la moitié, 10.000, résident en région parisienne. C'est dire notre responsabilité. Or, la situation est cruelle. Ils n'ont pas d'atelier et ils n'ont pas de lieu pour exposer. Surtout les jeunes !
Chassés de Paris par la vague spéculative des années 1980, la jeune création, contrainte et forcée, a quitté la Capitale.
Le parc public des ateliers parisiens est actuellement inférieur à 2.000, incluant les 265 ateliers de la Cité internationale, alors même que les services de la Ville et ceux de la D.A.P du Ministère de la Culture recensent à eux deux un millier de demandes.
Au rythme actuel des constructions envisagées, plusieurs décennies ne suffiront pas à résorber ses listes d'attente.
Nombre d'immeubles de bureaux difficiles à modifier en logement pourraient plus aisément se transformer en surfaces d'ateliers et permettre le retour des artistes au centre de Paris.
Mais seuls les artistes inscrits à la Maison des artistes, ayant déjà exposé, vendu et cotisé peuvent bénéficier de ces éventuels ateliers.
Les jeunes artistes sortis des Beaux-Arts, n'ayant pas cette expérience, ne peuvent y prétendre. Il y a là un réel problème.
Ne pourrait-on prévoir avec l'aide de juristes ingénieux des conventions d'occupation précaire de bâtiments inoccupés mis à la disposition d'associations d'artistes. La Ville désignant un ou des médiateurs, chargés d'intercéder auprès des propriétaires, les jeunes artistes n'étant guère rompus à ce type de négociations.
Nous ne contestons pas les sommes considérables allouées à des équipements lourds : Petit-Palais, musée Cernuschi, théâtre du Châtelet. Il en va du rayonnement de Paris, mais un véritable plan d'envergure sur la durée de la mandature doit être décidé avec les investissements adéquats, si nous voulons que Paris redevienne la Capitale des Arts.
Les artistes sont inquiets. La fermeture du Grand-Palais s'est traduite par les réductions des salons. La solution de rechange offerte par l'espace Branly n'est qu'un palliatif fort onéreux... De 17 Salons au Grand-Palais, il n'en reste plus que 7 ou 8 quai Branly. Peintres et Sculpteurs attendent de la Ville des locaux pour exposer.
Les organismes représentatifs des artistes, le Syndicat des sculpteurs, le Syndicat des graphistes, l'Union nationale des peintres et illustrateurs et le Syndicat des designers n'ont pas de locaux. La Ville de Paris s'honorerait à réaliser leur voeu. Ils ne sont guère exigeants et prêts à cohabiter : une salle de réunion, un bureau par organisation, quelques dizaines de mètres carrés, sur une même surface.
Monsieur le Maire, il existe un projet pour le Couvent des Récollets, qui pourrait marquer cette volonté de reconquête artistique.
Ouvert sur le quartier et ses habitants, dédié à la jeune création contemporaine, ouvert aux jeunes artistes européens, gares de l'Est et du Nord oblige, ce serait un signal fort.
Notre patrimoine artistique, enfin, en dépit de musées prestigieux présente des lacunes graves.
Le Musée de l'affiche a vécu, un Musée des arts graphiques s'impose ouvert à la gravure.
Les trésors des verriers français : Gallé, Daum, Lalique, partent par charters entiers au Japon, comme naguère les Impressionnistes aux Etats-Unis. Là aussi un musée au succès d'affluence garanti est à créer.
Enfin, et sans vouloir céder à un patriotisme artistique déplacé, force est de constater que l'Ecole de Paris, fruit de multiples apports nationaux, est invisible à Paris.
Les grands créateurs de l'art moderne, les grands maîtres de l'art abstrait, Manessier, Singier, Soulages, Esteve, Hartung, Lanskoy, Degottex, sont invisibles à Paris. Cane, Viallat, Devade, bref support surface, n'est visible qu'à Saint-Etienne.
Un musée permanent de la peinture française contemporaine, celle-là même qui inspirait lors de leurs séjours à Paris les maîtres américains : Franz Kline, Pollock, Sam Francis devrait être l'oeuvre de cette mandature. Les magasins généraux du bassin de la Villette pourraient en être l'écrin.
Sur le patrimoine enfin, juste un mot, Monsieur le Maire, mes chers collègues, méditons tous les chiffres que vient de révéler le Ministre de l'Environnement.
Sur les 50 à 60 milliards de francs que coûte la pollution atmosphérique à la France, la dégradation des monuments parisiens se chiffre à 4 milliards de francs par an, soit 24 milliards de francs sur la durée de la mandature.
Le préjudice est immense.
Entendez-vous poursuivre les responsables de ce gâchis, les adorateurs du diesel cancérigène ?

M. Gérard LEBAN, adjoint, président.- Merci.
Monsieur BOULENGER de HAUTECLOCQUE, vous avez la parole.

M. Jean-Marc BOULENGER de HAUTECLOCQUE.- Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, j'applaudis à votre volonté de donner la priorité à la jeunesse en matière d'action culturelle.
C'est un devoir impératif quand on est en charge des affaires de la cité que de tout faire pour favoriser l'accès des jeunes à la culture.
Montaigne le disait : "L'enjeu n'est pas de remplir des bases mais d'allumer des feux".
Eveiller à la sensibilité, apprendre le langage de l'art, donner les clés de sa compréhension, mais aussi faciliter la pratique des disciplines artistiques, sont les moyens privilégiés par la collectivité pour aider la jeunesse à devenir citoyenne.
Permettez-moi, Monsieur le Maire, de rendre hommage à votre adjoint, Mme MACÉ de LÉPINAY, mère de 5 enfants, et par conséquent particulièrement sensibilisée à la soif culturelle de la Jeunesse.
Vous le disiez dans votre communication : qu'il s'agisse d'enseignements artistiques, de loisirs culturels ou d'actions éducatives, beaucoup a été fait.

(M. le Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).
Les six minutes qui me sont imparties sont bien insuffisantes pour en brosser un tableau complet. J'ai donc choisi de ne retenir que les actions les plus significatives.
Tout d'abord, les professeurs de la Ville de Paris, qui sont aujourd'hui 473.
En 1995, les animations qui ont été assurées en arts plastiques, en lecture, en éducation musicale pendant et hors le temps scolaire, ont permis de toucher plus de 200.000 enfants.
Les 236 millions de francs que la Ville leur consacre représentent un effort considérable.
Merci, Monsieur le Maire, d'avoir décidé de le poursuivre en dépit des contraintes budgétaires.
Toujours en direction des écoliers, je trouve positive l'expérience "Je découvre mon quartier" menée dans 3 classes de CM1-CM2 du 10e arrondissement. Connaître le patrimoine de son quartier et comprendre son histoire ne peut qu'inciter à le respecter.
Dans le même esprit, je m'autoriserai une suggestion : peut-être pourrait-on réaliser à l'intention de ces écoliers une "Histoire de Paris" en bande dessinée ?
J'en viens aux 39 centres d'animation dans lesquels fonctionnent 372 ateliers en majorité culturels.
Faute de pouvoir les explorer avec vous, je me contenterai d'applaudir à l'implantation de studios de répétition pour nos futures stars du rock dans six d'entre eux. Entièrement équipés, ils sont accessibles pour un coût modique, modulé en faveur des jeunes les moins favorisés, comme à Curial dans le 19e, avec l'association "Art et Solidarité". La logique est d'ailleurs poussée à fond : l'installation de systèmes d'enregistrement quasi-professionnels permet aux jeunes groupes d'y réaliser une maquette de qualité, première étape pour l'entrée dans le milieu professionnel.
Un mot aussi pour la Fête de la Jeunesse, organisée cette année sur deux jours, les 1er et 2 juin, au cours de laquelle les jeunes talents vont nous offrir mille spectacles "décoiffants" dans tous les quartiers de la Capitale.
Autre institution "top", pour employer une expression de cette génération, l'A.D.A.C. L'A.D.A.C., cette association unique au monde née à Paris à l'initiative de la Mairie de Paris et de Francis BALAGNA, son directeur, en 1978, permet aux jeunes Parisiens de se former au moindre coût à 175 disciplines. Pionnière des nouvelles technologies, de la musique de film assistée par ordinateur à l'holographie en passant par les images de synthèse animées, elle a aussi plus apporté à la renaissance des métiers d'art que toute autre institution. Je me félicite donc tout particulièrement de l'ouverture prochaine de son grand centre multimédia, rue Nationale dans le 13e, sachant la dynamique économique et sociale de l'A.D.A.C. et son rôle pour l'emploi. Oui, Monsieur BLOCHE, ne vous en déplaise, l'A.D.A.C. crée des emplois et je vous invite à visiter ses ateliers, vous verrez effectivement ceux qui y exercent et ceux qui en sortent avec une formation.
Témoin également de l'avance prise par notre Ville en matière de haute technologie mise au service de la culture : la Vidéothèque de Paris.
Cette dernière mène un travail pédagogique considérable en direction des milieux éducatifs. Chaque année, plus de 40.000 étudiants, scolaires, enseignants et universitaires, la fréquentent. Merci, Monsieur le Maire, d'avoir pour cette raison décidé d'augmenter son budget de 12 %.
Un coup de chapeau à la Maison du geste et de l'image, autre institution d'exception qui, en associant aux enseignants des artistes professionnels, permet à près de 2.000 élèves des collèges et lycées de s'engager dans des parcours de création alliant pratique et théorie.
Bravo pour la politique d'échanges culturels entre les jeunes Parisiens et leurs homologues des grandes capitales. Après Moscou pour les lycéens du 13e, ce sera bientôt le tour de Rome, puis celui de Berlin.
Autre point fort, l'action éducative dans les musées de la Ville. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 137.000 jeunes accueillis en un an. Parmi eux, 102.000 ont suivi une animation et près de 24.000 un atelier organisé par "Paris-Musées".
Un mot aussi du jeu de la confrontation avec les artistes pour les 8-13 ans, des jeux conçus par des plasticiens pour éveiller les jeunes regards ou des éditions destinées aux enfants et aux enseignants.
Mais l'art, c'est aussi le refus de l'exclusion. En témoignent la conception par le service culturel du musée Carnavalet d'un jeu de société à l'intention des enfants hospitalisés, ainsi que la politique d'accueil prioritaire des élèves des établissements scolaires situés en Zone d'éducation prioritaire.
Et toujours à propos de musées, je veux saluer votre décision, Monsieur le Maire, de lancer la réhabilitation des locaux du musée en Herbe, au Jardin d'Acclimatation, pour un coût de 6 millions de francs. L'action éducative de cet équipement, spécifiquement destiné aux jeunes, qui en est à sa 58e exposition avec celle consacrée à Chagall, justifie pleinement cet effort.
Bravo encore pour votre projet de carte "jeunes-musées". L'harmonisation des politiques tarifaires de nos musées est un moyen simple et sûr de favoriser leur fréquentation par les jeunes à titre individuel.
Je suis heureux que vous ayez décidé d'explorer la piste d'un chèque-culture à la contre-valeur significativement supérieure à son prix d'achat. Le succès de l'opération "18 heures 18 francs" a bien montré en effet la réalité de l'obstacle économique pour les jeunes.
On a beaucoup fait pour l'offre ces dernières années. Il faut maintenant se préoccuper de la demande et mettre en place un système incitatif durable à l'intention des jeunes pour la fréquentation des équipements culturels. Les rendez-vous que sont les invitations de Paris (j'évoquais à l'instant "18 heures 18 francs", "la Mairie de Paris vous invite au concert, prenez une place à deux", "la Mairie de Paris vous invite à la lecture", "la Mairie de Paris vous invite au théâtre, venez à deux") ont démontré leur impact auprès des jeunes. Les moins de 30 ans constituent 67 % du public pour le cinéma, 42 % pour les concerts, 46 % pour le théâtre.
Je me félicite donc que vous souhaitiez, Monsieur le Maire, relancer une manifestation de ce type pour le cinéma et les moins de 26 ans en été.
Il faut certes évoluer et je trouve également particulièrement intéressante l'idée de lancer une opération de ce type autour de la chanson francophone.
Je tiens aussi à applaudir aux actions de l'association "Art et Education" grâce à laquelle 20.000 lycéens et collégiens ont pu assister aux meilleurs spectacles des scènes parisiennes ces deux dernières saisons en bénéficiant d'un tarif de 30 F et 7.000 autres participer à des opérations thématiques d'une journée à travers le patrimoine historique et culturel de Paris.
Bravo encore pour le jeu-concours d'une incitation à la lecture.
Ces actions s'inscrivent bien dans le pacte de relance pour la Ville pour lequel je sais que "Art et Education" a concocté quelques projets, notamment en direction des 19 collèges et lycées des zones urbaines sensibles.
Je ne reviendrai pas sur les conservatoires évoqués en détail par Jean-François LEGARET, si ce n'est pour me réjouir du succès de l'échange artistique mené avec Berlin et Moscou, annonce d'une coopération entre les conservatoires des trois villes.
Enfin, un mot des bibliothèques. Je suis fier de savoir que Paris disposera bientôt de la plus grande bibliothèque multisites au monde et je me félicite de votre volonté, Monsieur le Maire, d'agir pour encourager leur fréquentation par les jeunes notamment à travers le milieu associatif local.
Aussi, vous me pardonnerez de prêcher un instant pour ma paroisse en souhaitant très vivement que le projet d'une nouvelle bibliothèque dans le 15e arrondissement, ô combien nécessaire dans celui qui est le plus grand arrondissement de Paris, voie le jour rapidement.
Pour rappeler l'enjeu, je conclurai par les mots d'Alfred de Vigny : "Qu'est-ce qu'une grande vie sinon une pensée de la jeunesse exécutée par l'âge mûr ?"

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci.
Le débat est terminé.
Mme MACÉ de LÉPINAY va répondre, mais avant M. BLOCHE veut dire un mot...

M. Patrick BLOCHE.- Merci, Monsieur le Maire, de me donner la parole. Je n'abuserai pas de votre amabilité.
Je souhaiterais simplement revenir sur le Châtelet, compte tenu des propos qui ont été tenus et du fait que l'on n'a peut-être pas perçu exactement la position du groupe socialiste.
Aussi, je me permets de la rappeler car elle est simple. Cela dit, il y a eu deux mises en cause qui ne sont pas de même portée...
D'une part, notre collègue Alain RIOU s'est contenté dans son intervention de citer Hugues GALL. D'autre part, la façon dont Jean-François LEGARET a présenté la position des élus socialistes au Conseil du 1er arrondissement et notamment celle de notre collègue Alain LE GARREC, ne me paraît pas juste. Mais Alain LE GARREC rectifiera de lui-même lorsque le projet de délibération dont il est question viendra en discussion.
De fait, je souhaiterais faire trois constats.
Tout d'abord, quand on soutient les activités d'une institution, la meilleure façon de le prouver, c'est de voter les subventions qui lui sont attribuées. Que fait le groupe socialiste ? Il vote toutes les subventions pour le Châtelet, qu'il s'agisse de fonctionnement ou d'investissement.

M. LE MAIRE DE PARIS.- La subvention du Châtelet est dans le budget et vous n'avez pas voté le budget !

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

M. Patrick BLOCHE.- Je me permets de vous rappeler mon intervention dans le cadre de la discussion budgétaire. Lors de ce débat, nous avons réaffirmé notre soutien aux grandes institutions parisiennes culturelles ou sportives pour lesquelles nous votons tout de même nombre de subventions d'investissement.
En second lieu, nous avons constaté que la subvention...

(Mouvements divers sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
Je ne comprends vraiment pas vos manifestations. A partir du moment où j'essaie d'exprimer le fait que le groupe socialiste soutient le Châtelet, qui est une des institutions culturelles phares de la Ville, je pense que vous devriez vous réjouir, voire m'applaudir, plutôt que de manifester je ne sais quelles réactions !
En second lieu, donc, nous avons constaté que la subvention au Châtelet est passée, de 1995 à 1996, de 100 à 102 millions, qu'il y a donc eu de la part de la Ville un renforcement de son soutien au Châtelet. Notre regret est qu'un certain nombre de projets culturels et notamment ceux ayant pour objet une animation de proximité, ne bénéficient pas du même intérêt et d'un renforcement de moyens identique.
Enfin,- et sur ce point, je vous renvoie à une question que j'ai déposée pour cette séance - à partir du moment où vous souhaitez que l'opposition apporte concrètement son soutien à une institution comme le Châtelet, vous avez une excellente opportunité à saisir puisque dans les statuts de l'association "Théâtre musical de Paris", il n'est fait, à ce jour, aucune place à l'opposition municipale au sein du Conseil d'administration, alors qu'elle est représentée dans d'autres institutions comme le Théâtre de la Ville.
Vous avez donc la possibilité d'offrir une représentation à l'opposition dans l'association "Théâtre musical de Paris", ce qui nous permettra régulièrement, et notamment lors des séances du Conseil d'administration, de nous impliquer et de soutenir les activités du Châtelet.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).

M. LE MAIRE DE PARIS.- Sur ce point, bien que vous ne votiez pas le budget du Châtelet, ce que je regrette...

(Exclamations sur les bancs du groupe socialiste).
... Eh bien si ! Vous ne votez pas la subvention, je suis désolé ! C'est un constat.
Vous voulez l'augmenter, alors ? Il faut augmenter les impôts aussi.

M. Bertrand BRET.- Cela, vous en avez l'habitude !

M. LE MAIRE DE PARIS.- Attendez, ne criez pas !
Vous voulez plus de dépenses et moins d'impôts : c'est une contradiction qui vous est propre.
Monsieur BRET, laissez-moi parler !
Vous résoudrez cette contradiction autrement.
En ce qui concerne la représentation de l'opposition, bien que vous ne votiez pas le budget, encore une fois, je ne suis pas défavorable à cette présence de l'opposition au Châtelet.
Je donne la parole à Mme MACÉ de LÉPINAY.

Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, au nom de la 4e Commission.- Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, vous nous avez exposé les orientations politiques que vous entendez mener durant les prochaines années.
Je voudrais d'abord rendre hommage au dévouement, et parfois à la passion des fonctionnaires qui appliquent quotidiennement cette politique, en particulier bien sûr à ceux de la Direction des Affaires culturelles, placée depuis peu sous l'autorité de Jean GAUTIER, mais aussi à ceux de la Direction des Affaires scolaires, de la Direction de la Jeunesse et des Sports, des Parcs et Jardins, de l'Architecture ou du Centre d'action sociale. Chacun à sa place participe à la diffusion de la culture.
Je voudrais aussi rendre hommage aux associations nombreuses et dynamiques et à leurs responsables qui enrichissent le tissu culturel de notre Ville.
En effet, la culture à Paris, ce n'est pas seulement la Ville, c'est bien sûr l'Etat qui y possède ses plus grandes institutions. Ce sont aussi beaucoup d'initiatives privées.
L'action de la Ville doit trouver son chemin entre les deux, soutenir ses propres institutions qui ont tout à fait leur place aux côtés de celles de l'Etat, encourager l'initiative privée qui est l'humus de la vie culturelle.
Après nous avoir annoncé, Monsieur le Maire, le lancement pendant la mandature de trois opérations d'envergure, vous avez abordé les deux axes principaux de votre politique : la mise en valeur du patrimoine historique et le développement de l'accès à la culture pour tous les Parisiens.
C'est en parlant d'abord du budget de la culture, puis en regroupant les remarques des intervenants sous ces deux rubriques, que je veux leur répondre.
Je souhaite tout d'abord cependant saluer l'intervention de M. Michel ROUSSIN, adjoint à la Francophonie, qui nous a rappelé s'il en était besoin que Paris était la capitale de la francophonie, et que nous avions donc des devoirs vis-à-vis de tous ceux qui dans le monde parlent notre langue.
Je souhaite ensuite remercier tous les orateurs de la majorité du soutien qu'ils nous ont apporté.
Je veux tout d'abord rappeler que le budget culturel de la Ville de Paris est le deuxième budget culturel de France, après celui de l'Etat.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
Il faut savoir toutefois que le budget de la Direction des Affaires culturelles, qui s'élève à 1 milliard 261 millions de francs en 1996, ne recouvre pas la totalité de l'effort de la Ville de Paris en faveur de la culture. Si l'on prend en compte les dépenses imputées sur le budget des autres directions, Jeunesse et Sports, Architecture, Parcs et Jardins, on arrive en effet à un chiffre voisin de 2 milliards de francs.
MM. DELANOË, SARRE, TUROMAN et RIOU ont fait des comparaisons avec certaines villes de province qui seraient au détriment de Paris. C'est méconnaître le caractère spécifique de la collectivité parisienne, à la fois Ville et Département, dont le budget est sans équivalent en masse avec aucune autre ville de France.
Dans ces conditions, il est inévitable que le budget culturel parisien représente une part moindre du budget global que dans les autres grandes villes françaises dont beaucoup, en outre, Strasbourg, Lille, Lyon ou Bordeaux, n'exercent pas elles-mêmes la totalité des compétences municipales, mais les délèguent à des communautés urbaines, ce qui fait baisser d'autant leur budget global et augmente en conséquence la part de leur budget culturel.
Je rappelle que le budget parisien consolidé est de 33,5 milliards de francs. Le budget de Marseille, seconde ville de France, arrive loin derrière avec 11 milliards de francs, Lyon étant à 7 milliards de francs.
De la même façon l'objectif de 1 % pour la culture dans le budget de l'Etat annoncé en 1981 a fait l'objet d'un consensus.
Enfin, Paris, contrairement aux autres villes, ne reçoit aucune subvention de l'Etat pour le fonctionnement de ses musées ou de ses théâtres.
Il convient de rappeler que l'effort de la Municipalité parisienne est constant, le budget de la culture ayant été multiplié par 6 depuis 1977. En 1996, malgré un ralentissement de l'effort d'investissement en raison de la fin d'opérations très lourdes comme le Conservatoire supérieur de Paris, la Maison européenne de la Photographie, le théâtre des Abbesses ou la Maison de la Poésie, M. le Maire a tenu à ce que les crédits de fonctionnement et de subvention augmentent de 2,3 %.
M. TUROMAN, après un vaste panorama de la politique nationale et municipale, a souhaité que le budget d'investissement de la Ville augmente dans des proportions considérables. Le groupe communiste est-il prêt à augmenter en conséquence les impôts des Parisiens ? Je pose la question.

M. Henri MALBERG.- Cela dépend lesquels !

Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, rapporteur.- Je remercie les différents orateurs qui approuvent l'action menée par la Ville en faveur du patrimoine, notamment M. VIVIEN qui a souligné la relance du plan "églises" et les actions destinées à faire connaître les richesses de notre Ville.
C'est d'ailleurs une réponse à la remarque de M. SARRE qui trouvait qu'on ne développait pas assez la connaissance du patrimoine.
M. RIOU, qui nous donne toujours des leçons, considère que la politique du patrimoine s'est faite dans certains quartiers au détriment de la vie économique et des habitants les plus modestes. Si l'on prend l'exemple du Marais, je constate qu'au contraire certains bâtiments ont retrouvé vie et dignité, alors qu'ils étaient en déshérence, comme les hôtels d'Albret, Hénaut de Cantobre, de Saint-Aignan, etc.
Dans d'autres quartiers, toujours selon M. RIOU, le patrimoine parisien aurait été massacré. Je ne vois pas à quels quartiers M. RIOU fait référence, dans la mesure où les démolitions se font, comme il le sait très bien, dans le cadre du droit commun, c'est-à-dire sous la surveillance de l'Etat.
Il a évoqué précisément le sort des bâtiments situés 104, rue d'Aubervilliers. Je rappelle que ces bâtiments sont encore occupés par des services municipaux. Ils ne seront libérés que d'ici deux ans au mieux, et effectivement une mesure de protection a été demandée. Elle est en cours d'instruction, et il apparaît prématuré, je pense, de se prononcer pour l'instant sur la réaffectation de ce site.
Pour ce qui concerne les magasins généraux, une étude est actuellement en cours pour évaluer le coût de l'aménagement de lieux de travail et de création pour des plasticiens et des compagnies de théâtre ou de danse.
M. SARRE a évoqué le musée de l'Homme, je rappelle qu'il n'appartient pas à la Ville.
Il souhaite par ailleurs que les musées soient gratuits le dimanche. Je lui rappelle que la politique tarifaire pratiquée par la Ville de Paris dans ses musées vise plutôt à favoriser les titulaires de bas revenus (gratuité pour les "R.M.istes" et les chômeurs).
Il a déposé un voeu par ailleurs. Je vais vous le lire, c'est donc un voeu de M. SARRE et du Mouvement des citoyens qui souhaitent que l'accès de l'ensemble des musées municipaux de la Ville de Paris soit gratuit pour tous les enfants des écoles de la Capitale.
Je rappelle d'abord à M. SARRE que les communications ne donnent pas lieu à émission, si je puis dire, de voeux et ne donnent pas lieu à délibération.
D'autre part, la Ville de Paris a déjà une politique tarifaire cohérente et incitative vis-à-vis des jeunes : gratuité totale jusqu'à 7 ans, gratuité jusqu'à 18 ans pour la visite des collections permanentes, réduction de 30 % pour la visite des expositions temporaires, gratuité dans le cadre de l'accueil des visites pédagogiques. En 1995 les musées ont accueilli 100.000 jeunes dans le cadre de ces visites pédagogiques avec des conférenciers.
Enfin, un système de carte "jeunes-musées" (M. BOULENGER de HAUTECLOCQUE y a fait allusion) est actuellement à l'étude pour rendre les visites des musées encore plus incitatives. Il ne me paraît donc pas nécessaire de donner une suite à la proposition de M. SARRE qui me semble porter la marque de l'improvisation dans un domaine où une politique cohérente et réfléchie est déjà menée depuis plusieurs années.
M. RIOU a évoqué à propos des musées la faiblesse des crédits d'acquisition. J'ai en effet déploré qu'ils aient été réduits en 1996. Et je réitère mon souhait de les voir augmenter dès 1997.
M. KUBICZ a, à cet égard, rappelé que nos grands musées se sont largement constitués à partir de dons et legs. Certains d'ailleurs continuent à en vivre. Je pense en particulier au musée Galliéra, musée de la mode et du costume. Il me semble qu'il est de notre responsabilité à tous, mes chers collègues, de susciter ces dons et je compte sur vous tous afin de promouvoir les musées de la Ville de Paris et d'encourager nos concitoyens à les enrichir !

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
Mme SCHNEITER a parlé des Tuileries, je lui rappelle que les Tuileries relèvent du domaine de l'Etat. Il en est de même du couvent des Récollets évoqué par M. BLET et Melle SILHOUETTE.
Enfin, Mme JUNOT a évoqué avec beaucoup de talent le patrimoine vert de notre Ville et je l'en remercie. Elle nous a fait part des activités menées en relation avec la Direction des Affaires culturelles dans les parcs et jardins. Je considère que toute la promotion des parcs et jardins sur le plan culturel est remarquablement menée.
Merci, Madame JUNOT, de l'avoir rappelé ici ce matin.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. SARRE a fait appel à la nostalgie en évoquant les années où les créateurs du monde entier affluaient à Paris. Une époque d'ailleurs où il me semble que la culture devait être bien élitiste ! Non, Monsieur SARRE, Paris n'est pas devenue une ville musée et la créativité ne semble pas s'y être tarie, bien au contraire.
M. SARRE s'imagine probablement que notre politique serait irréfléchie et que nous serions complètement coupés de la France et du monde.
M. SARRE et M. DELANOË ont par ailleurs évoqué une décentralisation culturelle accrue et la création d'offices culturels dans les arrondissements. Rien sur ce point n'est prévu par la loi "P.M.L." et en tout état de cause je tiens à rappeler que la Ville de Paris est une et que l'offre et la consommation culturelle à Paris ne sont pas délimitées par les arrondissements.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
Cette proposition risquerait d'aboutir à une balkanisation de la Ville de Paris qui serait préjudiciable aux Parisiens. Je n'imagine pas enfin les frais de fonctionnement que de tels offices de la culture engendreraient.
Pour parler du réseau des équipements de proximité qui a été évoqué par plusieurs orateurs, je rappelle qu'il est extrêmement dense à Paris. Il compte 63 bibliothèques, 17 conservatoires, 64 sites où se tiennent 400 ateliers de l'A.D.A.C., 39 centres d'animation et 20 centres Beaux-Arts.
Je remercie M. LEGARET et M. BOULENGER de HAUTECLOCQUE d'avoir rappelé ces données.
Je remercie aussi M. LEGARET d'avoir parlé des bibliothèques et à Mme BILLARD je rappellerai que notre réseau de bibliothèques informatisées fait de Paris la plus grande bibliothèque multisite du monde, qui comporte plus de 4 millions de volumes, livres, périodiques, vidéogrammes, ou phonogrammes. Le prêt par habitant à Paris de documents de bibliothèque est de 4,31 volumes alors que dans la France entière il n'est en moyenne que de 4 volumes.
Je veux ensuite rendre hommage au personnel des bibliothèques qui, contrairement à ce qu'affirme Mme BILLARD, est tout à fait qualifié et motivé.
Je lui dirai enfin qu'il n'est pas actuellement prévu de fermeture d'équipements.
M. SARRE, à propos des bibliothèques, a suggéré que la Ville n'oublie pas les personnes âgées ou handicapées. Je peux lui dire que la Ville soutient déjà des associations qui vont au domicile des personnes âgées ou handicapées et que nous réfléchissons à la possibilité de mettre sur pied dans les bibliothèques municipales un service de prêts de livres à domicile.
M. BISE a rappelé l'existence des théâtres municipaux et des théâtres privés soutenus en particulier par le biais du Fonds de soutien aux théâtres privés. Je le remercie de tout ce qu'il a dit sur le théâtre.
L'idée de créer un théâtre dans chaque arrondissement qui a été évoquée ce matin, me semble relever de la pure utopie et d'un peu de bêtise et de méconnaissance d'ailleurs, parce que l'offre théâtrale à Paris est déjà extrêmement importante et je vous signale que la fréquentation moyenne des théâtres est d'environ 40 %. Alors créer des salles supplémentaires me paraît un peu du domaine du rêve.
Les théâtres municipaux ont vu d'ailleurs leurs moyens augmenter de 5 à 10 % cette année et la subvention au Fonds de soutien aux théâtres privés comme l'a rappelé le Maire s'est accrue de 900.000 F.
Je peux par ailleurs vous dire que 60 compagnies de théâtre ont été aidées à des titres divers.
Je rappelle enfin à M. BLOCHE que la Ville ne se contente pas d'aider le cinéma d'art et d'essai, mais accorde des subventions à des théâtres privés pour les aider à améliorer ou restaurer leurs salles, et avec les cinémas ceci représente globalement une enveloppe de 5 millions de francs.
Plusieurs représentants de l'opposition ont évoqué le théâtre de rue, je tiens à rappeler que la Ville n'abandonne pas ce genre de spectacles puisqu'elle soutient le festival "Paris quartiers d'été", qui monte de nombreuses opérations en plein air, comme Théâtres, Musique et Danse dans la Ville.
Mme SCHNEITER souhaiterait enfin que se développe le théâtre pour enfants. Plusieurs lieux sont soutenus par la Ville et ils remplissent déjà ce rôle.
Je souhaiterais d'autre part lui dire que l'association "Art et éducation" mène une opération absolument remarquable tournée vers les lycées, qui s'appelle "Allumez les feux" qui permet à de nombreux lycéens d'aller pour 30 F voir des spectacles qui ne sont pas particulièrement réservés aux jeunes, mais qui leur donnent accès à la culture classique et contemporaine la plus riche.
Je soulignerai que j'ai été étonnée de la réaction de M. RIOU sur le Châtelet. Mais je n'y reviendrai pas, puisque le Maire lui a parfaitement répondu. Il semblait contester les sommes qui lui avaient été allouées. Je n'ai pas compris les contradictions exprimées par les socialistes sur ce sujet.
Je pense seulement que nous pouvons être fiers du niveau excellent auquel est arrivé cette grande institution culturelle de la Ville.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
MM. SARRE, DELANOË, TUROMAN et BLOCHE ont l'air de dire que la Ville n'encourage pas la création artistique et que la situation de Paris ne serait pas brillante pour la diffusion de la culture.
Le Maire a rappelé que la Ville a été la seule à nommer des professeurs d'art plastique et de musique dans les écoles. Et que faites-vous, Messieurs, des 16.000 jeunes qui fréquentent nos conservatoires, des 10 millions de documents qui ont été prêtés par les bibliothèques, les 4.800 inscrits dans les ateliers beaux-arts, et des 100.000 enfants qui ont visité les musées sous la conduite d'un conférencier ?
Vous vous plaignez du peu de nombre d'ateliers d'artistes, mais la Ville en crée chaque année pour plasticiens ou pour musiciens, et le rythme de constructions est soutenu. M. DELANOË pense que nous devrions en créer plus. Libre à lui. Il faudra aussi qu'il nous trouve le budget.
Il faut rappeler, par ailleurs, qu'il n'y a pas que des ateliers-logements et que par exemple, en 1995, 25 ateliers sans logement ont été ouverts rue du Faubourg-Saint-Martin.
M. BLET souhaite que des ateliers ou des locaux précaires puissent être mis à la disposition des jeunes artistes. Je lui rappellerai que l'inscription à la Maison des artistes est la seule garantie du sérieux de la demande et de la bonne utilisation de l'atelier. D'autre part, la mise à disposition précaire de lieux n'est pas sans risques juridiques qu'il connaît fort bien.
La Cité des arts, évoquée par MM. BLET et SARRE, met à la disposition d'artistes français et étrangers des ateliers-logements pour un temps limité. Je souhaiterais simplement souligner que la Ville a augmenté en 1996 de 10 % sa subvention à la Cité des arts.
Enfin, je rappelle que la Ville soutient les opérations portes ouvertes des ateliers d'artistes, et qu'en 1995 elle a accordé 365.000 F aux associations pilotes de ces opérations.
Ces 365.000 F sont à comparer avec les 20.000 F qui avaient été accordés il y a 10 ans aux mêmes opérations.
Quant aux lieux de répétition réclamés par plusieurs conseillers, il n'y a pas que le campus Bastille. Comme l'a dit M. BOULENGER de HAUTECLOCQUE, il existe aussi dans 6 centres d'animation des lieux spécialisés pour la musique quel que soit son genre, et notamment le rock et le rap, sans compter bien entendu des lieux associatifs aidés par la Ville et des lieux privés.
Monsieur BLOCHE, je peux vous préciser que la Ville investit 40 millions de francs pour une salle qui comprendra 20 studios de répétition pour les interprètes de musiques de tous genres, principalement le rock. Cette salle devrait ouvrir dans les prochaines années à la Goutte-d'Or.
M. BOULENGER de HAUTECLOCQUE a rappelé tout ce que la Ville faisait en direction de la jeunesse, et je l'en remercie.
Pour terminer, MM. BLOCHE et LEGARET ont salué le rôle important joué par la Maison du geste et de l'image et par la Vidéothèque.
Quant aux invitations de Paris, Monsieur BLOCHE, je peux vous dire que les sondages menés lors de ces opérations ont montré que cela attirait beaucoup de jeunes et que cela touchait souvent un public nouveau.
En conclusion, Monsieur le Maire, la préservation du patrimoine architectural et muséal, le développement des institutions ne s'opposent pas à la créativité. Mettre les richesses du passé à la disposition du plus grand nombre, mais aussi inciter à la lecture, encourager la création artistique, la pratique amateur de tous les arts, la représentation du spectacle vivant ou du cinéma, voici des actions que la Mairie mène tout au long de l'année afin que chaque Parisien puisse disposer de toute la variété que lui offre notre Ville.
Paris doit rester la capitale culturelle que le monde entier nous envie. Et cela n'a rien d'antinomique avec le fait que dans chaque quartier la culture soit riche et vivante.
Paris est un tout, et chaque Parisien en particulier, chaque jeune Parisien doit pouvoir avoir accès à toutes les formes de notre culture. C'est dans ce sens, Monsieur le Maire, que je m'efforcerai d'agir avec vous au service de tous.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci, Madame MACÉ de LÉPINAY, de votre exposé très complet, très clair et très enthousiasmant, et de votre engagement pour la culture à Paris. Mes remerciements s'adressent aussi à la Direction des Affaires culturelles et à son nouveau Directeur.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
Le débat est clos. Nous suspendons la séance.