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Mai 1996
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40 - QOC 96-209 Question de M. Georges SARRE et des membres du groupe du Mouvement des citoyens à M. le Maire de Paris concernant l'évolution des structures d'accueil, des centres de santé et de prévention depuis 1992 à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1996




M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Nous passons à la question de M. Georges SARRE à M. le Maire de Paris concernant l'évolution des structures d'accueil, des centres de santé et de prévention depuis 1992 à Paris.
En voici le texte :
"Dans le rapport annuel de 1995 de l'Assistance publique- Hôpitaux de Paris, M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement des citoyens ont pu mesurer l'importance des investissements pour améliorer les conditions des patients et des personnels. Mais ils restent très interrogatifs sur l'efficacité de ce réseau hospitalier, en termes de santé publique, si celui-ci n'a pas de relais suffisants au niveau de la population pour assurer la médecine de proximité, une continuité des soins et en amont des services de prévention.
La politique de santé publique doit à la fois offrir aux populations des moyens d'assurer un contrôle sur leur santé, afin de l'améliorer et aussi permettre l'accès de tous à l'offre de soins. Or, à ce jour, le bilan est assez sombre. M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement des citoyens constatent une recrudescence de la tuberculose, maladie liée à un moindre suivi médical des personnes et à des conditions de vie qui se sont détériorées. Dans les quartiers populaires, le saturnisme a refait son apparition du fait des appartements vétustes et d'un manque de logement social.
Face aux nouvelles épidémies que sont par exemple le S.I.D.A., du fait de la mise en place de politiques de soins tardives, de structures de soins de proximité insuffisantes, de centres d'information en trop petit nombre et d'absence de réelles mesures spécifiques ces dernières années pour les toxicomanes, Paris connaît en ce moment la plus forte progression de la maladie parmi les villes européennes. Actuellement, Paris compte 11.500 malades.
La convention que vient de signer la Ville de Paris avec le Ministère de la Santé pour développer la prévention, le dépistage et l'accompagnement social avec une enveloppe de 100 millions de francs, alors que jusqu'à maintenant des sommes ridicules étaient affectées au traitement de cette épidémie, atteste une nouvelle prise de conscience du problème au niveau de la Ville. Mais le nombre de lits dans les hôpitaux et les infrastructures sont encore insuffisants.
Face à ces exemples de dysfonctionnement en matière de politique de santé à Paris, avec l'aggravation des problèmes sociaux, la forte augmentation de la fréquentation des urgences qui pallient souvent l'absence de soins de proximité, M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement des citoyens souhaitent connaître l'évolution des structures d'accueil, des centres de santé et de prévention à Paris depuis 1992. Celles du C.A.S. feront l'objet d'une évaluation séparée."
Je vous donne la réponse au lieu et place de Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint.
En matière d'établissements d'accueil, de prévention ou de centres de santé, il convient de rappeler que la Capitale bénéficie d'un réseau d'une densité exceptionnelle couvrant l'ensemble des arrondissements. Ce réseau doit s'adapter en permanence pour correspondre à l'évolution des pathologies et des problèmes sociaux. Les centres de santé ont vu leur nombre passer de 120 en 1992 à 116 en 1994. Ils sont toujours aujourd'hui au nombre de 116 et proposent un large plateau technique médical et paramédical, assurant plus de 1.200 consultations réparties entre 34 spécialités différentes.
Comme en 1992, le Centre d'action sociale de la Ville de Paris gère, à l'heure actuelle, 11 centres de santé ouverts à tous sans condition d'âge ou de ressources. Toutefois, deux de ces établissements- le centre de vie René-Coty (13e) et le centre dentaire des Epinettes (17e)- accueillent plus particulièrement certains publics : les personnes en situation de grande précarité pour le premier et les bénéficiaires du R.M.I. pour le second.
Outre les centres de santé du Centre d'action sociale, la Ville de Paris gère le centre bucco-dentaire George-Eastman et le centre de la rue de l'Epée-de-Bois.
Le Département de Paris gère également 6 centres médico-sociaux (nouvelle dénomination des dispensaires) entièrement gratuits. En 1993, il a reconverti 3 dispensaires dont l'activité était extrêmement réduite, en centres d'adaptation psycho-pédagogique.
Au cours de ces dernières années, un effort tout particulier a été accompli tant par la Ville de Paris que par l'Etat pour étoffer le réseau de centres de dépistage gratuit du V.I.H. ainsi que celui des structures d'accueil des toxicomanes.
C'est ainsi que 18 centres parisiens (CIDAG, dispensaires anti-vénériens, consultations de P.M.I., centre de planification familiale) proposent un dépistage gratuit du S.I.D.A.
Le Département qui apporte déjà un soutien financier très important aux associations qui gèrent des structures d'accueil au bénéfice des personnes séropositives ou malades du S.I.D.A., accroîtra son effort dans le cadre de la convention passée avec l'Etat le 19 mars 1996.
Par ailleurs, de nombreuses structures de prise en charge des toxicomanes ont été créées depuis 1992. C'est ainsi que fonctionnent trois centres d'accueil ou d'écoute dans le cadre de la prévention du S.I.D.A. : Charonne (18e), Boréal (19e) et EGO (18e). Leur action est complétée par l'intervention de bus d'échanges de seringues et d'équipes de rue.
Le nombre de places offertes aux toxicomanes en centre de méthadone est passé de 50 en 1993 à plus de 500 à l'heure actuelle.
Enfin, le centre d'hébergement "SLEEP IN" a été mis en place rue Pajol dans le 18e arrondissement.
Une réflexion est entamée pour adapter l'ensemble des centres médico-sociaux dépendant de la D.A.S.E.S. et du C.A.S. en redéfinissant leurs missions, les organiser en réseau et les inscrire dans une complémentarité avec les centres hospitaliers et les professionnels libéraux de santé.