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Mai 1996
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Conseil Municipal
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13 - Examen des questions d'actualité. I- Question d'actualité de M. Xavier-Marie BORDET, au nom du groupe "Rassemblement pour Paris", à M. le Maire de Paris relative à l'avenir de la recherche à Paris et en région parisienne.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1996




Mme Nicole CATALA, adjoint, président.- Nous abordons à présent l'examen des questions d'actualité, et tout d'abord celle de M. Xavier-Marie BORDET, au nom du groupe "Rassemblement pour Paris", à M. le Maire de Paris. Elle concerne l'avenir de la recherche à Paris et en région parisienne.
Je lui donne la parole.

M. Xavier-Marie BORDET.- Je vous remercie.
La première élaboration du Schéma régional de l'enseignement supérieur et de la recherche en Ile-de-France a été communiquée, entre autres, au Comité inter-académique de l'Education nationale. Ce Schéma est donc un élément de réflexion sur l'état et l'avenir de la recherche et de l'enseignement supérieur à Paris et en région parisienne.
Dans le même temps, le Ministère de l'Education nationale a lancé les Etats généraux de l'enseignement supérieur, procédure d'analyse, de réflexion et de consultation de la communauté universitaire.
Il nous a semblé primordial que soit réaffirmé en ce moment l'attachement bien connu de Paris, de son Conseil et de son Maire, à cette composante multiséculaire, primordiale et vivante de notre Ville : la recherche et ses liens tant avec l'université qu'avec la vie économique de notre cité.
Cet attachement est d'autant plus important à réaffirmer, Monsieur le Maire, que le Schéma régional dresse un tableau assez catastrophique pour l'avenir proche de la recherche à Paris.
L'effet cumulé, d'une part, du vieillissement des équipements des laboratoires et des structures, d'autre part, d'une répartition de la pyramide des âges des chercheurs conduisant à un départ massif de ceux-ci en retraite dans les années à venir et, enfin, de la loi d'aménagement du territoire ne remplaçant qu'un de ces chercheurs partant en retraite sur trois au mieux en région parisienne, cet effet cumulé conduit à mettre en péril la recherche à Paris, et donc à briser son rayonnement auprès des universités, des grandes écoles, des grands organismes de recherche (C.E.A., C.N.R.S., etc.), mais aussi des entreprises industrielles et commerciales qui traditionnellement travaillent avec la recherche et relayent ses activités.
L'état des bâtiments de certaines universités conduit à réexaminer rapidement leur restructuration, de même que l'évolution des techniques nécessite la création et la mise en commun des moyens technologiques, particulièrement dans le domaine de l'information.
Monsieur le Maire, vous le savez mieux que quiconque dans cette Assemblée qui comprend de nombreux universitaires, médecins, chercheurs, la force d'attraction, le rayonnement de la recherche sont capitaux pour Paris et sa région.
Pouvez-vous faire connaître vos réflexions sur ce constat et les initiatives que vous comptez prendre pour alerter l'opinion et les pouvoirs publics dans ce domaine ?
Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

Mme Nicole CATALA, adjoint, président.- La parole est à M. LEBAN.

M. Gérard LEBAN, adjoint.- Le Schéma régional de l'enseignement supérieur et de la recherche pour l'Ile-de-France relève de la responsabilité du Préfet de la Région d'Ile-de-France et s'inscrit dans le cadre de la loi d'orientation du 4 février 1995 pour le développement et l'aménagement du territoire.
Le document auquel M. Xavier-Marie BORDET fait référence n'est qu'un projet issu d'une première concertation et réflexion qui doivent se poursuivre au niveau régional jusqu'à l'été 1996.
Vous me donnez l'occasion de rappeler l'importance que la Municipalité de Paris attache à l'enseignement supérieur et au dynamisme du potentiel parisien de recherche public ou privé.
Le potentiel universitaire et de recherche de Paris et de la Région d'Ile-de-France est un atout qu'il convient de valoriser au service du rayonnement et du développement économique de la France. Il est une richesse pour notre pays tout entier et les comparaisons internationales montrent que l'intensité de la recherche en région parisienne est du même ordre que celle d'autres régions économiquement avancées dans le monde, comme la Californie.
Il faut être au coeur des réseaux internationaux et, pour acquérir une position d'excellence, il faut permettre aux différentes disciplines scientifiques, médicales, littéraires et juridiques de se côtoyer et d'échanger entre elles.
Au regard de l'importance des enjeux pour Paris et la France, quatre objectifs majeurs me paraissent devoir être poursuivis :
- maintenir la compétitivité du système parisien d'enseignement supérieur et de recherche ;
- mieux utiliser le potentiel d'enseignement supérieur et de recherche au service du développement économique, et notamment des P.M.E.-P.M.I. ;
- affirmer la place de Paris comme grande métropole universitaire et scientifique, Capitale du savoir et de l'innovation ;
- développer une logique de complémentarité avec les universités du grand bassin parisien.
Beaucoup d'universités parisiennes occupent des locaux historiques et des sites classés qu'il n'est pas possible d'agrandir. Des opérations récentes, telles que l'acquisition d'un immeuble boulevard Malesherbes pour Paris-IV, permettent d'améliorer certaines situations. Je souhaite que la réalisation de locaux universitaires dans le cadre de l'opération "Paris-Seine-Rive gauche" permette d'attribuer à l'enseignement supérieur parisien des surfaces qui lui font défaut et de redistribuer de façon rationnelle les surfaces entre universités.
La Ville de Paris, quant à elle, a choisi naturellement de donner la priorité aux établissements relevant du patrimoine municipal. Elle poursuivra en ce sens.
De même, elle aidera à la mise en place de structures communes aux universités parisiennes et d'accueil de chercheurs ou universitaires étrangers contribuant à la renommée internationale de la Capitale.
Elle souhaite également aider à la valorisation de la recherche, améliorer son impact sur la création d'entreprises de haute technologie et ouvrir l'enseignement supérieur et la recherche aux P.M.E.-P.M.I. Elle met en place pour cela des instruments en relation étroite avec la communauté scientifique et universitaire.
Un désinvestissement matériel et humain mettrait en cause la compétitivité de la recherche et de l'enseignement supérieur à Paris et en Ile-de-France en affaiblissant un potentiel nécessaire au pays tout entier.
Le Maire de Paris souhaite que l'ensemble de la communauté universitaire, scientifique et médicale de Paris se mobilise au service du développement économique de la Capitale. Il prendra, dans le cadre de la concertation engagée, des initiatives en ce sens.

Mme Nicole CATALA, adjoint, président.- Merci, Monsieur LEBAN.

(M. Jean-François LEGARET, adjoint, remplace Mme Nicole CATALA, adjoint, au fauteuil de la présidence).