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Mai 1996
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Conseil Municipal
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87 - 1996, D. 549- Autorisation à M. le Maire de Paris de déposer un permis de démolir visant un ensemble de bâtiments situé 81, rue Pixérécourt (20e).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1996




M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Nous passons au projet de délibération D. 549 autorisant M. le Maire de Paris à déposer un permis de démolir visant un ensemble de bâtiments situé 81, rue Pixérécourt.
La parole est à Mme SCHNEITER.

Mme Laure SCHNEITER.- Monsieur le Maire, non loin de ce qu'est devenue la place des Fêtes, un endroit sinistre, symbole d'un urbanisme raté et que l'on essaie d'humaniser à grands frais, la destruction de l'immeuble 81, rue Pixérécourt est la poursuite d'une politique que l'on espérait révolue.
De l'autre côté de la rue, les bulldozers ont laissé place à un paysage dur, à des constructions hautes, brisant le parcellaire ancien.
Est-il nécessaire de poursuivre cette politique, plutôt que de valoriser le bâti existant avec un urbanisme moins violent, plus harmonieux, plus humain ?
Ce permis de démolir n'est que le début d'une opération plus vaste visant à la destruction des immeubles situés de part et d'autre de ce bâtiment vétuste, abandonné et muré.
L'élargissement projeté de cette petite rue à 20 mètres est hors de proportion par rapport à la largeur existante. Est-ce encore une fois pour accroître la place de l'automobile avec son cortège de nuisances, ou pour permettre de construire toujours plus haut ?
Dans ce secteur qui connaît déjà des problèmes sociaux, entasser encore plus de gens dans des logements sociaux ne fera qu'aggraver la situation.
Monsieur le Maire, je vous propose de créer un précédent en retirant ce projet et en n'accordant de permis de démolir qu'après avoir examiné le projet de construction.
Pour la rue Pixérécourt comme pour bien d'autres endroits, il conviendrait de mettre à l'étude un plan d'ensemble respectueux du paysage urbain, avec le souci d'offrir aux habitants un cadre de vie agréable.
Dans ce quartier saccagé et déshumanisé du 20e, il est indispensable de retrouver un équilibre et de refuser cette fuite en avant du béton et du bitume.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- La parole est à M. BORDET.

M. Xavier-Marie BORDET.- Je voudrais faire un rappel au règlement.
Depuis près de 3 heures les élus non-inscrits obstruent le débat en lisant des passages de projets de délibération, en faisant des remarques et en posant des questions relevant des commissions et non du débat en séance. Il n'est pas possible d'enliser les séances sous des monceaux de détails relevant tout au plus des débats en commission.

Mme Arlette BRAQUY.- A la commission, ils ne sont pas là !

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- La parole est à Mme BILLARD.

Mme Martine BILLARD.- Je pense qu'en tant que membre du Conseil du 20e arrondissement, il est aussi possible de s'exprimer sur la question !

(Protestations sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- S'il vous plaît, la parole est à Mme BILLARD.

M. Xavier-Marie BORDET.- Vous n'êtes jamais en commission !

Mme Martine BILLARD.- En tant qu'élue du 20e, j'ai le droit d'intervenir sur cette question. Il ne s'agit pas de faire du catastrophisme, vous ne savez pas ce que je vais dire. Ecoutez avant !

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- La parole est à Mme BILLARD, et à elle seule !

Mme Martine BILLARD.- Je voudrais dire que je vais voter ce permis de démolir.

M. Xavier-Marie BORDET.- On vote alors !

Mme Martine BILLARD.- Effectivement, je pense que cet immeuble n'est pas réhabilitable, donc je suis pour la construction de logements P.L.A. à la place.
Ceci étant dit, je voudrais dire qu'autant je vais voter ce projet, autant s'il y en avait d'autres proposés tel que, c'est dit dans l'exposé des motifs, sur le reste de la rue Pixérécourt, là je m'y opposerai, et je pense que le Conseil du 20e s'y opposera également. Il y a actuellement une pratique qui consiste à élargir toutes les rues . Cela a été le cas sur la rue de la Duée, la rue des Pavillons et maintenant on essaye de faire la même chose sur la rue Pixérécourt. Pour des raisons historiques, le 20e n'a pas de grands axes routiers. Je pense que ce n'est pas l'époque pour essayer d'en créer.
Effectivement, il faut construire des logements sociaux sur cette parcelle, mais cela ne justifie pas de détruire tout le reste de cette partie de la rue Pixérécourt. Il faut donc construire des logements sur cette parcelle, mais maintenir le reste de la rue telle qu'elle est, parce que les autres immeubles n'ont aucun problème.
Je peux vous indiquer, mes chers collègues, que vous devriez fréquenter le restaurant qui est inclus à terme dans la destruction qui est un très bon restaurant !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).

M. Jean-François LEGARET, adjoint président.- Madame SCHNEITER, souhaitez-vous réintervenir avant que je ne donne la parole à M. BULTÉ ?

Mme Laure SCHNEITER.- Je voudrais juste dire un mot en ce qui concerne la commission. Il se trouve que pour des raisons qui me sont propres, je ne peux pas à l'heure actuelle assister à la 6e Commission le jeudi après-midi. J'estime avoir une certaine assiduité- et les gens qui me connaissent le savent bien- dans le travail que j'accomplis et quand je vois combien il y a d'absentéisme dans cette Assemblée, je crois que je n'ai de leçon à recevoir de personne !
Deuxièmement, en ce qui concerne les Commissions, le fait que certaines personnes y assistent et fassent des propositions ne change pas grand-chose aux projets de délibération qui nous sont proposés au sein de ce Conseil !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Cette discussion étant close, la parole est à M. BULTÉ.

M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission.- Monsieur le Maire, très rapidement, dans ce débat passionné pour cette opération modeste, je rappellerai tout simplement que l'immeuble dont il est question a été acquis par la Ville de Paris par contrat notarié du 24 octobre 1995, libre de toute occupation pour permettre l'élargissement que vous avez évoqué, mes chers collègues, du tronçon supérieur de la rue Pixérécourt entre son débouché rue de Belleville et son embranchement avec la rue des Pavillons.
Pour terminer, je rappellerai que nous allons sur ce petit programme procéder à la réalisation de logements sociaux P.L.A. ou P.L.A. pour les artistes.
Je remercie bien entendu le conseil d'arrondissement d'avoir voté favorablement sur ce projet de délibération et je remercie Mme BILLARD de son vote positif, et j'irai bien volontiers avec elle déjeuner dans le restaurant qu'elle nous a indiqué !

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 549.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mme SCHNEITER, MM. DUMAIT et MESMIN s'étant abstenus. (1996, D. 549).