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Mai 1996
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Conseil Municipal
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44 - QOC 96-179 Question de Mme Martine DURLACH, MM. Michel VION, Michel TUROMAN et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris à propos des Ateliers du Chaudron (12e).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1996




M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Nous passons à la question orale posée par Mme Martine DURLACH, MM. Michel VION et Michel TUROMAN à M. le Maire de Paris relative aux Ateliers du Chaudron.
En voici le texte :
"Les Ateliers du Chaudron se trouvent, depuis bientôt deux ans, dans une situation précaire. En effet, suite à une nouvelle répartition par la Ville de Paris, propriétaire de la Cartoucherie de Vincennes (12e), de la surface du bâtiment 50 qu'ils occupaient et au non-renouvellement de leur bail, les Ateliers du Chaudron vont être privés des lieux qu'ils ont contribué à ranimer depuis plus de vingt ans.
Malgré ces conditions d'existence précaires, leurs activités se sont poursuivies et des perspectives existent pour leur développement autour de nouveaux projets avec des artistes, des chômeurs, des femmes ainsi que de très jeunes enfants et des adolescents.
Alors que l'autorisation de maintien dans les lieux va prendre fin, une solution adaptée aux activités et au public des Ateliers doit être trouvée.
En décembre 1994, la Ville de Paris, par la voix de son directeur des Affaires culturelles, s'y était engagée.
Aussi, Mme Martine DURLACH, MM. Michel VION, Michel TUROMAN et les membres du groupe communiste demandent-ils à M. le Maire de Paris les mesures qu'il compte prendre pour examiner toutes les possibilités pouvant aboutir au maintien des Ateliers du Chaudron dans la Cartoucherie, ou à leur relogement dans des conditions acceptables dans un arrondissement de l'Est parisien."
Mme MACÉ de LÉPINAY a la parole.

Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint.- En 1972, sous l'impulsion de Mme Tanith NOBLE, l'"Atelier du Chaudron", association de jeunes marionnettistes, acteurs, musiciens, danseurs, plasticiens, s'est installée à la Cartoucherie de Vincennes (12e), dans le Théâtre du Chaudron, comme les autres compagnies théâtrales. La première convention d'occupation des locaux entre la Ville et l'association a été signée le 1er juillet 1985 avec Mme Tanith NOBLE.
L'activité de l'association était, à cette époque, double : une compagnie théâtrale créant et présentant des spectacles mis en scène par Mme Tanith NOBLE, et des ateliers de recherche et de création. Elle était subventionnée par le Ministère de la Culture au titre de son activité de compagnie théâtrale.
Au fil des années, Mme Tanith NOBLE a développé ses activités d'ateliers, qui se rattachent plus au domaine social qu'au domaine culturel. En effet, elle organise des stages d'expression corporelle à destination de diverses catégories défavorisées de la population (handicapés, "R.M.istes", prisonniers). La salle de théâtre étant de plus en plus souvent louée, l'aide du Ministère de la Culture qui ne soutient, comme la Ville de Paris, que les théâtres qui accueillent les compagnies en coproduction ou en coréalisation, a progressivement diminué.
Cette situation a conduit, en 1992, l'association "Atelier du Chaudron" à se scinder en deux associations ayant chacune un objet spécifique.
Le Théâtre du Chaudron qui gère le théâtre. Il reçoit l'aide du Ministère de la Culture et est dirigé par Mme Anne-Marie CHOISNE. La convention d'occupation du théâtre est signée entre la Ville et cette association qui lui verse en contrepartie une redevance.
Les Ateliers du Chaudron qui sont dirigés par Mme Tanith NOBLE. Ils poursuivent leur travail socioculturel, mais leur activité s'est progressivement réduite.
Les conventions entre la Ville de Paris et les différents occupants des théâtres de la Cartoucherie de Vincennes ont expiré le 30 juin 1994.
A cette occasion, la Ville de Paris et l'ensemble des théâtres ont souhaité conserver la vocation exclusivement culturelle de la Cartoucherie. Les différents directeurs des théâtres avaient alors annoncé qu'ils se chargeraient du relogement de Mme Tanith NOBLE.
Ces recherches n'ayant pu aboutir, Mme Tanith NOBLE s'est retournée vers la Ville de Paris, lui demandant de lui trouver un local. La Municipalité lui a proposé deux lieux qui ne lui ont pas convenu.
La Ville de Paris souhaite en effet installer Carolyn CARLSON dans la partie du Théâtre du Chaudron qui devrait être libérée. Ce projet s'inscrit dans une politique plus générale visant à créer les lieux de travail et de répétitions pour les compagnies de danse. Pour l'heure, Carolyn CARLSON réalise ses Masters Classes à la Maison des conservatoires et au Théâtre contemporain de la danse.
Dans l'immédiat, les ateliers de Mme Tanith NOBLE continuent de fonctionner à la Cartoucherie. Il faut souligner que les activités proposées par les Ateliers du Chaudron reposent sur l'éducation et l'expression musicale sous toutes ses formes et sont perçues par le voisinage comme bruyantes. Quel que soit le lieu, une isolation phonique de grande qualité est donc indispensable. Par ailleurs, l'association ne peut supporter qu'un loyer modeste.
C'est la prise en compte de ces contraintes qui rend difficile la recherche de locaux. Elle sera toutefois poursuivie avec détermination puisque la Municipalité souhaite que les activités des Ateliers du Chaudron puissent continuer, et s'est engagée à offrir le plus rapidement possible à Carolyn CARLSON des locaux conformes à ses besoins.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Je remercie Mme MACÉ de LÉPINAY.
Monsieur TUROMAN, brièvement, vous avez la parole.

M. Michel TUROMAN.- Je vous remercie de cette réponse. Ceci étant dit, le maintien dans les lieux se termine fin juin. J'ai bien noté ce que vous avez dit, mais fin juin, que deviennent les Ateliers du Chaudron ?
Deuxième élément : je sais qu'il y a effectivement un projet pour la venue de la troupe de Carolyn CARLSON, très bien, mais je sais également qu'il y a un projet qui peut permettre le relogement des Ateliers du Chaudron dans la Cartoucherie. En avez-vous eu connaissance et l'avez-vous examiné ?
Troisième élément : si jamais cette réimplantation ne peut pas se faire, n'y a-t-il pas à réfléchir à une autre implantation ? Je pense notamment à l'utilisation du Pavillon Weber dans le 19ème arrondissement. Avec le conseil d'arrondissement nous avions envisagé une vocation pour ce pavillon qui pourrait, si le Conseil en était d'accord, accueillir les Ateliers du Chaudron. En tout cas, je crois qu'il y a une réponse urgente à faire pour que, comme ils le disent, les Ateliers fassent bouillir leur chaudron !

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).