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Mai 1996
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Conseil Municipal
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64 - QOC 96-165 Question de Mme Laure SCHNEITER, élue du Mouvement écologiste indépendant, à M. le Maire de Paris relative à un article paru dans le journal "Paris-Mairie" concernant la pollution.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1996




M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Nous abordons à présent les questions orales des élus non-inscrits.
Je vous donne lecture de la question de Mme SCHNEITER relative à l'article paru dans le journal "Paris-Mairie" concernant la pollution.
""Paris-Mairie" est le journal d'information des personnels de la Ville de Paris, édité par la Direction de l'Administration générale de la Ville de Paris. Dans son numéro de mars 1996, le journal consacre ses pages 5 et 6 à un article intitulé "Halte à la pollution".
Cet article fait état des déclarations du tout nouveau service technique des pollutions atmosphériques "Air et Silence" : "En 5 ans, Paris n'a connu que trois alertes alors que les médias dénoncent systématiquement des catastrophes en faisant état de liens de cause à effet non démontrés, tels que l'impact de la pollution sur certains problèmes de santé... La pollution automobile est indépendante du flux de circulation. Supprimer les voitures dans la Capitale ne supprimerait pas la pollution mais pourrait, au contraire, l'accroître."
Mme Laure SCHNEITER rappelle que ce journal est diffusé à tout le personnel de la Ville de Paris et est un moyen, théoriquement, d'information objective. Dès lors, elle demande à M. le Maire de Paris :
1°) Comment ce service peut-il expliquer que la suppression des voitures pourrait accroître la pollution ?
2°) Quelle crédibilité, suite à toutes ces déclarations contestables contredites par des rapports scientifiques et par les déclarations de M. le Maire de Paris lui-même, pourra-t-on accorder à ce nouveau service, qui se veut être le conseiller scientifique et technique de tous les services de la Ville sur le plan de la pollution et du bruit ?"
M. TRÉMÈGE a la parole.

M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint.- Monsieur le Maire, la question concerne l'article consacré par le numéro de mars dernier de "Paris-Mairie" au service des pollutions atmosphériques, air et silence de la Direction de la Protection de l'Environnement.
Comme c'est souvent le cas des informations destinées à faire connaître aux personnels de la Ville les diverses actions menées dans les directions, cet article voulait représenter la synthèse de plusieurs heures de discussion entre le rédacteur de "Paris-Mairie" et le directeur de la D.P.E. sur des sujets allant de la prévision de la pollution à la mesure du bruit, en passant par les véhicules électriques et la ventilation des parkings.
Dans ce cadre, une explication- paradoxale à première vue- du responsable du service sur un point fondamental a fait l'objet d'un raccourci dont je dois reconnaître qu'il est beaucoup trop abrupt et qu'il revient à lui faire tenir (c'est la lecture que vous en avez faite et sur laquelle, Madame SCHNEITER, je vous rejoins) un discours irrationnel.
Aussi, une note d'explication devra paraître dans le prochain numéro de "Paris-Mairie" en vue de répondre à l'interrogation soulevée, dont plusieurs lecteurs se sont effectivement fait l'écho.
Cette note précisera que lorsqu'un niveau de pollution atmosphérique correspondant à l'alerte est atteint, notamment dans le cadre de l'ozone, les observations et simulations faites montrent que la masse de polluants déjà présents au-dessus de l'agglomération peut suffire à prolonger, voire accentuer les dépassements de seuils. C'était, j'imagine que vous l'avez compris, le sens de l'intervention.
Ainsi, paradoxalement, on pourrait voir augmenter certaines composantes de la pollution, par exemple l'ozone, alors même qu'un arrêt de la circulation aurait été déclenché. C'est un phénomène chimique que vous connaissez. L'efficacité d'un éventuel arrêt de la circulation nécessite donc l'anticipation des pics de pollution.
Ce fait confirme l'importance de la prévision de ces pointes, qui est un des principaux axes mis en évidence par la Commission scientifique de la qualité de l'air.
Dans cette logique et indépendamment des autres actions dont il a pris l'initiative et qui ont pu être largement débattues lors du Conseil de Paris du 24 juillet dernier, le Maire de Paris a proposé qu'une subvention nettement supérieure, de 1 million de francs, soit affectée aux études menées par "AIRPARIF" en vue de la mise au point d'outils scientifiques de prévision fiable.
Il faut rappeler que le service des pollutions atmosphériques, air et silence, partenaire permanent d'"AIRPARIF", constitue pour la Ville le pivot des procédures d'alerte et d'information et remplit le rôle essentiel de conseiller technique et scientifique des différents services. Cet organisme, composé de quatre personnes seulement, remplit avec la plus grande disponibilité et la plus grande rigueur les missions de veille, d'étude et d'information dans des conditions de difficulté, dont vous avez ici un exemple, et mérite le témoignage de notre considération et non celui de la défiance. Mais j'imagine que ce n'est pas le cas, Madame SCHNEITER, de votre question.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Merci, Monsieur TRÉMÈGE.
Madame SCHNEITER, vous avez la parole.

Mme Laure SCHNEITER.- Monsieur TRÉMÈGE, je suis heureuse de voir que vous-même avez été surpris par le contenu de cet article.
Je rappellerai à mes collègues qui sont là que, dans cet article, il était dit notamment que la "pollution automobile est indépendante du flux de circulation ! Supprimer les voitures dans la Capitale ne supprimerait pas la pollution mais pourrait au contraire l'accroître !"
Alors moi, je veux bien que ce soit un saisissant raccourci de la pensée de l'auteur de l'article, mais je trouve cela quand même un petit peu inquiétant, parce que le journal "Paris-Mairie" est diffusé à tout le personnel de la Ville de Paris et devrait fournir une information objective, et non pas fantaisiste.
Par ailleurs, après des déclarations aussi contestables et contredites par des rapports scientifiques, je me demande, même s'il y a une mise au point sur l'article en question, quelle crédibilité on pourra accorder à d'autres articles émanant du même journal ?

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Monsieur TRÉMÈGE, vous avez la parole.

M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint.- Madame SCHNEITER, ne soyez pas, s'il vous plaît, cruelle vis-à-vis du journaliste qui a commis cette bêtise. Je viens de vous dire, en termes élégants, que nous le regrettions. Chacun, dans sa vie professionnelle, peut faire des erreurs, le journaliste en question en a fait une, il l'a reconnu, il y aura un erratum dans le prochain journal, je crois que l'incident mérite d'être clos.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Merci, Monsieur TRÉMÈGE.