Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mars 2010
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2010, DVD 112 - Signature du marché de maîtrise d'oeuvre pour l'aménagement de la place de la République à Paris (3e, 10e et 11e) avec le groupement Treveloet Viger-Kohler (mandataire), Martha Schwartz Partners, AREAL, ATEC AIK YannKersalé. Vœu déposé par le groupe "Les Verts". Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2010


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous pouvons passer au projet de délibération DVD 112 relatif à l'aménagement de la place de la République.

Alors, je donne d'abord la parole à M. Pierre AIDENBAUM.

M. Pierre AIDENBAUM, maire du 3e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, chacun s'est accordé à souligner l'image dégradée, déshumanisée de la place de la République. On ne la voit plus, on ne la regarde plus, on se contente de la traverser quand on peut la traverser de manière impersonnelle et automatique, elle est réduite à l'heure actuelle à une banale convergence circulatoire.

La très large participation à la concertation a témoigné en réaction de cet injuste sentiment d'indifférence, et je souhaite avant tout remercier toutes celles et tous ceux qui ont participé à l'élaboration du cahier des charges, les habitants, les associations, les conseils de quartier, les différents conseils, qui ont participé à ce formidable moment de démocratie locale participative.

La place de la République a le droit d?être belle, admirée et aimée à la hauteur d'une incarnation urbaine digne de notre République.

Je remercie le Maire de Paris, Bertrand DELANOË et Mme Annick LEPETIT d'avoir souhaité pour tous le Parisiens, riverains, visiteurs, un tel projet d'aménagement au c?ur de Paris.

Le projet de l'équipe lauréate, TVK, modifie clairement la composition actuelle de la place en favorisant la convivialité et la polyvalence d?usage. Il réconcilie les différentes échelles locales, métropolitaines et nationales de ce site emblématique de notre identité.

Je parle naturellement de notre identité républicaine. Ce parti-pris d?aménagement rompt avec la configuration en anneau circulaire tant décriée. Le rééquilibrage spatial n'a été rendu possible qu'à travers la réorganisation des flux de circulation. L?attention particulière portée à cet enjeu a justement conduit à privilégier ce projet, celui même de concilier vision architecturale, exigence de fluidité du trafic et partage de l?espace public. A ce titre, le jury a préconisé une extension du périmètre d?étude de la circulation sur un rayon très large. Cela vient compléter les multiples comptages et simulations dynamiques réalisés lors du lancement du concours.

Pour satisfaire aux prévisions de baisse de 15 % de la circulation, le projet retenu donne toute sa place à l?intermodalité Vélib', Autolib', etc.

Par ailleurs, je me réjouis que mes recommandations aient été retenues. Celles-ci portent essentiellement sur un élargissement conséquent du trottoir sud, quasiment doublé puisque porté de 8 à 15 mètres, et qui recevra une seconde rangée d?arbres, offrant un espace de détente.

Cette seconde esplanade, j'ose l'appeler esplanade, de promenade répondra pleinement à l?esplanade centrale, l'une desservant l'autre par des traversées sécurisées plus confortables qu'aujourd'hui, l'une répondant à l'autre dans un dialogue minéral et végétal qui donne sens et dimension au projet global d'aménagement.

Je suis donc satisfait de la prise en compte des attentes des riverains du 3e arrondissement, notamment tous ceux qui résident sur le trottoir sud qui, je vous le rappelle, correspond à la fois à la partie la plus habitée et la plus commerciale de la place.

Il est donc cohérent que cette partie intégrante de la place participe à la logique générale de cet élan d?aménagement. Avec plus de 50 % d?espace reconquis pour le piéton, c'est une véritable réappropriation urbaine et populaire de la place qui se profile pour le printemps 2013, augurant l'organisation de manifestations culturelles et citoyennes qui marqueront ce renouveau.

Je tiens à souligner également la contribution essentielle du conseil local du handicap qui a permis d'enrichir cette reconquête en termes d'accessibilité pour tous.

Conçu pour répondre notamment aux enjeux du développement durable, cet projet crée un îlot de verdure, en accroissant de 30 % la végétalisation, en intégrant la direction des vents, la trajectoire du soleil et l?intensité de la lumière afin de magnifier et de rendre à ce lieu symbolique son éclat et son unicité.

Demain, c'est une place du XXIe siècle populaire, conviviale, ouverte et accessible à tous que nous partagerons.

Un grand quotidien du matin, découvrant le projet, a titré : "La République fait sa révolution", alors je termine en disant : "Vive la nouvelle République".

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Pas mal.

En donnant la parole au Maire du 11e arrondissement, je salue une partie de la jeunesse de son arrondissement qui est venue s'intéresser à l'avenir de la République. C'est bien la preuve que, M. AIDENBAUM, c'est la place du XXIe siècle.

La parole est à M. Patrick BLOCHE.

M. Patrick BLOCHE, maire du 11e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Rendre la place de la République au public, tel est résumée en une formule la portée de cette opération d?aménagement qui créera en 2013 un nouvel espace de confluence entre trois arrondissements parisiens et plus largement entre trois secteurs de la Capitale : le Centre, l?Est mais aussi le Nord.

Cet aménagement, en tant que Maire du 11e arrondissement, tout comme Pierre AIDENBAUM et Rémi FÉRAUD, je ne peux que l?accueillir avec une très grande satisfaction et, disons-le, une profonde joie.

En premier lieu et avant toute chose, il répond à un engagement que vous aviez mis, Monsieur le Maire, il y a deux ans au c?ur de notre projet municipal, celui, je cite : "d'apporter plus de sécurité pour les piétons, plus de convivialité, une circulation cycliste plus facile tout en mettant en valeur le paysage".

Dès les premiers mois de la mandature, une concertation large, associant notamment les habitants, les associations, les conseils de quartier, a commencé, permettant à ce projet d'envergure de prendre aujourd'hui et sans retard un tournant décisif, qui doit tant à Annick LEPETIT, à sa détermination et à son efficacité.

Je me réjouis également, car cet aménagement mettra un terme à un paradoxe regrettable.

En effet, la place de la République est un carrefour vers lequel convergent de nombreuses personnes. Elles y convergent pour ne pas y rester.

Lorsque l?on arrive place de la République, rapidement surgit l'envie d'en partir car, disons-le, cette place n'est guère accueillante.

Avec ses 37.000 mètres carrés, la place de la République figure parmi les plus grandes places européennes. Difficile de dire pour autant qu'elle ait la convivialité des places italiennes ou encore l'effervescence populaire des places londoniennes.

Avec ce chantier ambitieux, c'est donc le visage de Paris qui, en se transformant, devient plus séduisant. De la Ville, les poètes, au rythme des époques, ont beaucoup parlé pour y avoir puisé une part de leur inspiration.

Au fil des strophes, la Ville y apparaît certes comme la cause de tourments mais tout autant comme le lieu par excellence de la ferveur, de l'échange des rencontres et de l'amour aussi.

Or, changer la Ville, c'est également, permettez-moi la formule du poète, changer la vie. Par les changements de la place de la République et notamment la transformation du rond-point autour de la statue en espace piétonnier, le quotidien des personnes se trouvera changé.

Elles seront invitées à davantage se rencontrer et se promener. Des initiatives culturelles vont également pouvoir naître et des rassemblements qui font partie de l'expression démocratique et de la vie de la cité mieux s?y dérouler.

On peut déjà imaginer les fêtes de la musique à venir ou bien encore les 14 juillet mais également ces petits bonheurs d?un instant qui peuplent nos quotidiens.

Au c?ur d'un espace urbain, marqué par la densité du bâti, cette place viendra offrir une respiration.

Revenant sur ce mouvement qui a marqué le XXe siècle et qui a voulu rationaliser les centres urbains, notamment pour y favoriser la circulation automobile, ces aménagements installeront une nouvelle vision de la Ville pour le siècle à venir, qui redonne une plus grande place à l?individu.

A ce titre, je veux souligner combien ce projet considère avec réalisme et équilibre la place de la voiture en Ville. Il y avait un projet plus ambitieux encore en matière de réduction de la circulation automobile, un projet soutenu d'ailleurs et de manière surprenante par ceux-là mêmes qui se disent les défenseurs des automobilistes à Paris.

Pour autant, ce projet ne prenait pas en compte ce qu?a notamment souligné la Préfecture de police, la réalité de la situation, une baisse tendancielle de la fréquentation automobile à Paris, qui rend seulement possible aujourd'hui une réduction des flux de voitures de 15 %, ce qui est déjà énorme.

Une place, c?est sa vocation première, est un lieu du lien. Aussi, convient-il de souligner combien ce projet est vecteur de rapprochements nombreux, notamment avec le Nord de Paris, au travers du rattachement piétonnier au canal Saint-Martin par la rue du Faubourg du Temple.

Le piéton aura donc toute sa place, place de la République, bien que je croie qui est important de travailler davantage encore à la sécurisation des passages piétonniers, ceci pour s?assurer que définitivement le piéton soit le bienvenu et ne coure plus le risque qu'il court aujourd'hui au milieu des voitures pour atteindre l'îlot central.

Dès lors, mieux rattachée aux trois arrondissements qui la bordent, la place de la République pourra être un grand lieu de la vie collective, aussi je me réjouis que, dans ce Paris si dense, l'on danse bientôt sur une place rendue au public, une place faite pour tous et par tous, donc plus que jamais une place de la République.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je suis séduit. Je m'attends à venir pour un bal du 14 juillet sur la nouvelle place de la République.

Après la nouvelle République, l'amour et la poésie, Monsieur le Maire du 10e, qu?allez-vous faire ?

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Je serais moins lyrique que Patrick BLOCHE.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, c'est une délibération très importante que nous allons voter car la transformation de la place de la République sera l'une des réalisations majeures de cette mandature.

D'abord, certains feignent parfois de l'oublier, Patrick BLOCHE vient de le rappeler, il s?agit d'un engagement que nous avons pris ensemble avec vous, Monsieur le Maire de Paris, lors des dernières élections municipales.

Cet engagement a été très entendu, car si la place de la République est en effet une belle et grande place parisienne, c'est aussi devenu un espace très dégradé, à l'îlot central délaissé, à la frontière de nos trois arrondissements, 3e, 11e et 10e.

Le projet de l?agence T.V.K., retenu par le jury présidé par Annick LEPETIT et confirmé par le Maire de Paris permettra donc de rendre sa beauté au lieu en respectant son histoire longue qui n'a pas commencé au XIXe siècle, contrairement à ce que nous entendons parfois, et qui doit pouvoir se poursuivre au XXIe siècle.

Le projet répond au cahier des charges élaboré avec de nombreux habitants, et je dois dire pour ce qui est de mon arrondissement que c?est certainement le projet qui a le plus mobilisé la démocratie locale ces dernières années, et également les usagers de la place.

Il crée une grande esplanade qui rompt avec l?organisation actuelle en double rond-point automobile. Il transforme l'échangeur routier en un lieu de vie. Il n'élimine pas la voiture mais permet de réduire la place aujourd'hui hégémonique qui lui est dévolue. Il facilite les traversées piétonnes, la circulation des vélos, les transports en commun et tient compte des personnes en situation de handicap.

Il accroît enfin la végétalisation de 30 % environ et modernise un mobilier urbain aujourd'hui en mauvais état.

Enfin, le projet frappe par sa simplicité et nous conduit à ne pas imposer un usage figé du lieu mais permet aussi bien le simple passage quotidien que la promenade, les loisirs, des spectacles, des actions de solidarité comme les distributions alimentaires, un marché, les manifestations traditionnelles place de la République, etc.

Je veux également souligner que la transformation de la place s'inscrira dans la continuité de l'action menée depuis 2001 pour réduire la circulation automobile sans l?empêcher complètement, pour rééquilibrer l'espace accordé à chaque mode de transport et aux piétons en s?appuyant sur une réduction de 15 % du nombre de voitures particulières. Je crois qu'il est à la fois volontaire et réaliste et je crois qu'il est inutile aujourd'hui de faire de la surenchère sur ce point comme, d'un autre côté, de dénoncer par avance les embouteillages imaginaires.

Soulignons en revanche que ce que projet est cohérent avec la mise à double sens si attendue des grands boulevards pour supprimer cette autoroute urbaine dangereuse et rendre aux grands boulevards leur attractivité.

Il répond aussi à l'ambition de réduire très fortement, en amont, la circulation de transit rue du Faubourg-du-Temple et de permettre aux promeneurs de rejoindre dans de bonnes conditions le canal Saint-Martin depuis la place.

Emblématique de notre action, le beau projet que nous allons adopter contribue donc à la transformation de la ville à l'endroit où se rejoignent les quartiers populaires de l'Est et du Nord de Paris avec son c?ur et ainsi, de créer un nouvel espace de vie pour les Parisiens.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. C'était très complémentaire, les trois maires d'arrondissement : vous aviez réfléchi ensemble avant. C'est bien.

Monsieur BAUPIN, vous avez la parole.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

J'espère être complémentaire des trois maires d'arrondissement, même si je suis moins lyrique qu?eux, et vous dire à quel point notre groupe se réjouit que le projet qui est proposé pour la place de la République soit un projet ambitieux.

Cela a été rappelé, c'était une volonté qui était portée par la liste que vous conduisiez au premier tour, mais aussi par l?autre liste, qui a fusionné avec la vôtre pour le second tour.

M. LE MAIRE DE PARIS. - On n'aurait pas fusionné si nous n?avions pas tant de points communs.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Tout à fait. Nous avons plein de points d?accord sur lesquels nous comptons bien continuer à ?uvrer ensemble. D'ailleurs ce projet sur la place de la République est complètement cohérent avec ceux que nous avions menés dans la mandature précédente, notamment aux abords de cette place sur l'axe Barbès-Magenta, qui a permis là aussi de réduire la circulation automobile, d'améliorer les transports collectifs et les circulations douces, et de réduire les nuisances.

Alors, simplement nous souhaitons, sans vouloir faire de la surenchère, plutôt essayer de voir comment améliorer encore le projet, car nous n?allons pas réaménager la place de la République tous les dix ans, et, puisque la concertation va se poursuivre, nous proposons de voir comment on peut encore progresser dans ce sens.

Je ne vous cacherai pas que l'une de nos préoccupations est que sur la partie sud de la place, on conserve 7 voies de circulation, ce qui nous paraît très important. J'ai bien entendu les arguments évoqués par les maires d'arrondissement, mais nous souhaitons malgré tout regarder si on peut, dans la réflexion qui va être menée, réduire encore ce nombre de voies de circulation.

J'ai bien noté la proposition d'élargir les trottoirs sur la partie sud par rapport au projet initial. Je pense que cela va dans le bon sens, mais nous souhaitons qu?on puisse regarder comment aller au-delà.

Je sais évidemment qui si on veut réduire le nombre de voies de circulation, cela veut dire qu?il faut réfléchir plus globalement à éviter l'engorgement de la place. C?est quelque chose que l?on a déjà fait lorsqu'on a réaménagé par exemple la place Léon-Blum : nous avions regardé comment, au niveau de la rue de la Roquette, faire en sorte que les flux automobiles se dirigeant vers cette place soient réduits.

Je me permets donc ici de faire deux suggestions, l'une déjà largement reprise, d'ores et déjà, c'est la mise à double sens des grands boulevards ; c'est un projet qui est sur la table depuis longtemps, sur lequel il y a eu des réflexions, des discussions, y compris avec la Préfecture de police qui a son mot à dire en la matière.

Il me paraît important, dans cette réflexion, qu'on ne néglige pas les lignes de bus et leur protection, notamment dans le sens Est-Ouest sur les grands boulevards.

Il y a une deuxième voie possible, qui là aussi a déjà fait l'objet de réflexions sans avoir pu être menée à bout, c'est la protection des lignes de bus qui vont de la place de la Bastille à la place de la République en passant par les boulevards Beaumarchais, Filles-du-Calvaire et Temple.

Si l?on protège ces lignes de bus, pour améliorer la fluidité des bus, cela permettra aussi de réduire la circulation automobile en direction de la place de la République et donc contribuer à réduire les difficultés qui peuvent être occasionnées sur la place de la République si on réduit les files de circulation.

Il y a un certain nombre d'autres aspects sur lesquels nous souhaiterions voir évoluer le projet et sur ces points, Véronique DUBARRY et Jacques BOUTAULT interviendront.

Je voudrais simplement ajouter un dernier point. Nous l'avons inscrit dans le P.A.D.D. de la Ville de Paris, nous l?avons inscrit dans le Plan de déplacement de Paris, nous l?avons aussi évoqué lors de la campagne des municipales, et notamment dans l'accord que nous avons passé entre les deux tours de ces élections, sur lequel nous nous sommes présentés au second tour, c'est l'idée qu'il puisse y avoir demain un tramway des gares qui permette de relier les gares parisiennes entre elles.

Ce projet, je le sais bien, est un projet d?avenir, mais comme la place de la République ne sera pas refaite à toute occasion, je pense qu'il est important, dans la façon dont nous allons concevoir cette place, de penser la possibilité qu?un jour, un tramway des gares puisse s'y insérer. S?il doit y avoir un tramway des gares, a priori, c'est forcément par la place de la République qu?il devrait passer. Nous souhaitons que cet élément soit aussi pris en compte dans la réflexion.

Je pense d?ailleurs que c'est tout à fait compatible avec le projet tel qu'il existe ici. Il s'agit simplement de vérifier que l'on ne va pas mettre un arbre à tel endroit ou telle ou telle installation qui rendrait cela compliqué à l'avenir. À regarder le projet tel qu'il est aujourd'hui conçu, notamment pour les lignes de bus, cela paraît tout à fait compatible.

Voilà les suggestions que nous voulons porter aux débats, Monsieur le Maire, en disant que nous nous réjouissons de l'importance qui est accordée aujourd'hui à l'aménagement de cette place. Il est très symbolique, comme cela a été souligné, que ce soit la place de la République et pas, par exemple la place de la Concorde qui soit réaménagée : cela marque un état d'esprit, une volonté de réaménagement, de qualité de vie, y compris dans l?Est parisien. Cela avait déjà été le cas dans pas mal de nos projets, et je pense que cela doit poursuivre un vrai réaménagement de la qualité de vie pour l'Est de Paris.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Madame DUBARRY. C?est votre problème : vous faites ce que vous voulez, d'autant qu'il faudrait aussi que l'on vous applaudisse tout à l'heure quand vous aurez terminé. Eh oui ! Il faut que je pense à tout ici !

Mme Véronique DUBARRY, adjointe. - C?était effectivement l?idée. Merci, Monsieur le Maire.

Beaucoup de belles choses ont été dites à propos de cette place. On est tous d'accord sur le constat d?une place extrêmement dégradée, d'un lieu qui n'est pas à vivre, bordé de tranchées automobiles qui coupent les quartiers les uns des autres, avec des traversées piétonnes - cela a déjà été dit à deux reprises - très "insécures" et très désagréables.

Les cyclistes vivent les mêmes conditions d?insécurité sur cette place.

Pas de convivialité, et c'est vrai que le mot a été utilisée par le maire du 11e, c'est un paradoxe. Cette place du peuple, par le peuple, pour le peuple, qui reste un lieu que chacun a dans sa mémoire, dans son vécu, n'est pas une vraie place.

C'est pour cela que ce projet est extrêmement positif, qu?il ne se contente pas de passer un petit coup de peinture avant de passer à autre chose. Il a été réfléchi en profondeur à ce que pourrait devenir cette place : un véritable lieu de convivialité, de vie, un lieu de création de lien social.

Mais comme toujours, comme aucun projet n'est parfait, il y a possibilité de faire mieux.

Denis BAUPIN vient de le dire et de l'évoquer et Jacques BOUTAULT y reviendra : l'élargissement des trottoirs, l'ouverture des quartiers centraux, le prolongement de la continuité piétonne de la rue du Faubourg-du-temple jusqu'au canal, tout cela contribuerait à améliorer grandement ce projet.

Par ailleurs, il nous paraît important de porter une attention très particulière à l'animation de la place. Autant les bals me paraissent être une excellente idée, autant nous devons être attentifs à nous préserver de la tentation des quinzaines commerciales, à préserver les animations culturelles, sportives ou citoyennes.

De la même façon, et dans ce même ordre d'idées, privilégier les commerces de proximité, et la création d'un marché va totalement dans ce sens, comme bien évidemment, si je ne le disais pas, on m'en voudrait presque, privilégier le bio.

Peut-être faut-il envisager à moyen terme une action de la S.E.M.A.E.S.T., qui viendra aider des commerces de proximité à s'installer plutôt que d?énièmes grandes enseignes.

Sur la place du végétal, un point important également que vous avez souligné à de nombreuses reprises, Monsieur le Maire, c'est aussi un gage de convivialité mais c'est aussi un point important pour préparer l?adaptation de Paris au réchauffement climatique et renforcer la biodiversité en milieu urbain, chose sur laquelle Fabienne GIBOUDEAUX travaille à vos côtés d'arrache-pied.

Par ailleurs, cette place sera extrêmement belle, telle que définie dans le projet. Il nous faut donc être également attentifs à l?inflation qui risque de suivre des coûts de l'immobilier dans ce quartier et aux abords. Il nous faut donc anticiper - de la même façon que pour le tramway des gares, il faut anticiper car ce ne sera pas refait tous les quatre matins - l'éviction des catégories populaires qui restent malgré tout, et envisager de préempter des logements alentours. Et, pourquoi pas, commencer à réfléchir aussi, même s?il s?agit là du très long terme, sur le devenir de la caserne Vérines.

Il est important dans cet ordre d?idée de ne reléguer personne, de n?oublier personne. Les marches exploratoires, qui ont été menées principalement par le 3e arrondissement avec des associations de personnes en situation de handicap, vont dans ce sens. L'accessibilité est un point important de cette nouvelle place. Il faut aussi - cela a été rappelé par le maire du 10e, le mobilier urbain présent à l?heure actuelle sur la place est totalement inadapté, dégradé - dans la réflexion que nous devons avoir sur ces nouveaux mobiliers à implanter, prendre en compte ces aspects. Mais cela ne doit pas être une façon de chasser les S.D.F. ou les personnes qui se trouvent sur cette place, parce qu?elles n?ont pas d'autres alternatives.

Voilà un magnifique projet, qui n'est pas juste un coup de peinture, qui entrevoit et qui entreprend de refaire une place, parce que c'est bien le cas, mais avec des améliorations encore possibles à apporter. Nous espérons que les v?ux qui sont présentés permettront justement de faire avancer ce projet et que la concertation, qui doit continuer, permettra aussi de faire jaillir de nouvelles bonnes idées.

Je vous remercie, Monsieur le Maire.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste, radical de gauche et apparentés et Communiste et élus du Parti de Gauche).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vais me permettre une petite remarque, parce que je suis d'accord avec les idées que vous exprimez, notamment sur notre grande vigilance en matière de sociologie du 10e et du 11e arrondissement - du 3e et 2e arrondissement évidemment aussi, pour n?oublier personne - dans l?aménagement urbain, mais ce sont des arrondissements difficiles.

Je suis aussi d'accord sur l?atout que représentent 30 % d?arbres en plus. Mais justement, et j'ai fait des arbitrages moi-même, si on met 30 % d'arbres en plus, ne me dites pas que tel arbre risque de déranger dans quinze ans si on fait le tramway des gares.

Pour le moment, on fait le tramway boulevard des Maréchaux. Je suis tout à fait d'accord pour étudier le tramway des gares, mais honnêtement, je ne serai plus Maire de Paris, je vous le dis tout de suite, quand il se fera ici. Il faut que je mette moins d?arbres place de la République, car il faudra dans dix ou quinze ans en supprimer deux pour un tramway, franchement !

Il y a une petite contradiction. Au début, j?ai cru que c?était une contradiction entre Véronique et Denis, mais non. Je ne peux même pas être taquin, c'était dans votre propre intervention, et voilà : si on met des arbres en plus et qu?on en enlève trois ou dix dans quinze ans, laissez du boulot pour nos successeurs ! Je ne parle pas que pour moi d?ailleurs.

Je donne la parole à M. Jacques BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Oui, Monsieur le Maire, intervention qui va essayer d?être complémentaire par rapport aux précédentes.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Complémentaire à toutes ?

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Complémentaire à toutes, ce sera un peu difficile. Je vais toutes un peu les répéter peut-être même, hélas.

Le projet d?aménagement de la place de la République est un projet ambitieux, avec un parti pris original. Maintenir ce lieu historique et lieu de rassemblement populaire en conservant ses fonctionnalités, tout en donnant au site une touche résolument moderne, grâce à son asymétrie, était un pari risqué.

C'est un pari gagné, ou presque gagné. Il ose le vide, l'espace de respiration urbaine qu?il crée au centre dense de la Capitale est une originalité à laquelle nous souscrivons.

Le projet peut cependant encore être amélioré, et notamment pour mieux s?intégrer dans son environnement immédiat. Le plan des quartiers centraux voté par notre collectivité en 2006 prévoyait toute une série d?aménagements destinés à réduire la circulation automobile dans le Centre de Paris.

On sait, en effet, que plus d?une voiture sur deux traversent le Centre, ses axes hyper saturés et ses petites rues étroites sans s?y arrêter. Or, en reportant vers le Sud l'ensemble de la circulation qui jusqu'à présent se déroulait autour de la place, par le maintien de sept voies de circulation contre aucune sur la partie nord, le projet de réaménagement prend le risque de ramener plus de voitures, là même où il conviendrait d?en réduire le nombre.

De plus, les habitants et les commerces nombreux sur la place au Sud peuvent légitimement se sentir frustrés de ne pas plus bénéficier de cet aménagement, voire lésés par le surcroît de circulation sous leurs fenêtres.

C?est la raison pour laquelle le groupe "Les Verts" pense que, pour éviter les reports de circulation, la mise en ?uvre du plan quartiers centraux resté dans les cartons et pourtant voté par le Conseil de Paris, est nécessaire.

Par ailleurs, nous nous réjouissons du maintien de la rangée d'arbres renforçant la végétalisation de la place.

La mise à double sens des grands boulevards également, qui va découler de cet aménagement va permettre enfin de redonner à cette artère historique son caractère de boulevard urbain où il fait bon flâner, et non pas une autoroute urbaine comme c'est le cas aujourd'hui.

Nous aurions cependant souhaité la mise en place d?un comité permanent de concertation, afin que l'ensemble des parties concernées soit mieux associé aux décisions concernant le jury. Par exemple, depuis les documents transmis lors du jury de concours, le projet a évolué sans que les élus ni les conseils de quartier n?en soient informés et qu?ils connaissent les éléments d'évolution de façon suffisamment précise.

La démocratie participative n'est pas une contrainte, c'est une nécessité et même une source d'enrichissement intellectuel dont il est dommage de se priver. C?est l?objet du v?u que nous avons déposé.

Au final, la place de la République, lieu de rassemblement populaire, était devenue un lieu interdit aux piétons, tant atteindre l'îlot central depuis les trottoirs alentour était périlleux et dangereux pour les vélos perdus dans le flot de circulation des automobilistes pressés. Il va rester un lieu populaire, non pas uniquement les jours de rassemblement et de manifestation mais au quotidien, donc en cela mieux intégré au c?ur de la vie parisienne.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste, radical de gauche et apparentés et Communiste et élus du Parti de Gauche).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Madame CUIGNACHE-GALLOIS, vous avez la parole.

Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous sommes bien entendu d'accord sur le principe d'améliorer l'aménagement de la place de la République. Aujourd'hui, effectivement, elle manquait considérablement d?attrait et méritait qu?on s?y intéresse, ce que vous avez fait.

Une étude circonstanciée a été menée. Une place de 34.000 mètres carrés et depuis longtemps un point névralgique de la circulation dans Paris. Il faut bien reconnaître que celle-ci est devenue totalement anarchique, en particulier en raison d'une mauvaise signalisation, et comme cela vient d'être précisé autant pour les automobilistes que pour les scooters, les cyclistes et aussi les piétons. Des aménagements sont donc bienvenus et tout à fait souhaitables.

Cependant, on ne peut pas occulter le fait, en plein c?ur de Paris, qu?elle représente aussi un élément essentiel pour traverser la Capitale. C?est là que l?on peut avoir quelques inquiétudes. Il semble que le projet de l?Exécutif n'apporte pas toutes les garanties sur l?impact des travaux envisagés, en particulier concernant le report de circulation qui est lié à la piétonisation de toute la partie nord.

En tout cas, il est indispensable que des études prévues, entre avril 2010 et 2011, fournissent des données précises sur le sujet. Qu'elles nous soient communiquées et qu?elles soient intégrées dans la concertation.

Le plus inquiétant pour nous, c?est la divergence de vue entre les "Verts" et l?Exécutif. Le v?u des "Verts" le montre clairement. On vient de parler de tramway des gares. Alors que la majorité entend mettre le piéton au c?ur de la place, "Les Verts" veulent ni plus ni moins la supprimer. L'idée d'un possible passage du tramway sur la place, la piétonisation de la rue du Faubourg du Temple jusqu?au canal Saint-Martin confirment définitivement ces intentions que nous craignons.

Paris n?est pas un petit village, qu?on le sache, c?est une capitale et on ne peut pas agir ainsi en raisonnant quartier par quartier, dans une sorte d'entre soi. Il faut savoir se montrer réaliste et comprendre que Paris est donc une grande capitale, et que les Parisiens et les habitants qui viennent de banlieue doivent aussi pouvoir y circuler. Ce qui est inquiétant, c'est donc la façon dont peuvent cohabiter ces deux visions.

Alors, si nous reconnaissons qu'une étude est circonstanciée, qu?elle prend en compte le partage de l?espace public, les différents modes de transport, nous souhaitons donc que l'étude sur l?impact de report de circulation soit menée à bien et nous soit communiquée avant qu?une décision définitive ne soit prise.

Merci, Monsieur le Maire.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Centre et Indépendants et U.M.P.P.A.).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.

Je laisse le temps des applaudissements.

La parole est à M. Alain LHOSTIS.

M. Alain LHOSTIS. - Merci, Monsieur le Maire.

Comme le souligne l'exposé des motifs du projet de délibération, la place de la République est un endroit exceptionnel de par sa grandeur en plein c?ur d?une grande capitale et de par son histoire au travers de la symbolique de milliers de rassemblements, de départs, de manifestations - je dis bien "de départs" : on part toujours de la République pour les revendications sociales et pour la liberté - qu'elle a accueillies.

Pour les habitants du 10e, c'est aussi celle qui est en partie bordée par la caserne qui porte le nom du Colonel Vérines, héros de la Résistance, décapité par les Allemands, caserne qui fut l'objet de combats violents dans le cadre de l?insurrection parisienne entre les troupes nazies et Paris insurgé.

Mais c'est aussi un lieu improbable, cela a été rappelé, autour duquel sont implantées des activités commerciales attractives, grandes enseignes et restaurants, entraînant des flux de circulation automobile ou piétonne. C?est également un endroit de croisement de nombreuses lignes de transport en commun, bus ou métro, et aussi un giratoire des flux de transit Nord-sud et Est-ouest de la Capitale.

C'est un lieu, comme cela a été dit, sans lisibilité, sans cohérence et qui trace une tranchée quasiment infranchissable pour les piétons, au Centre de Paris. Comment rejoindre la bonne station de bus, la bonne entrée de métro, à part pour les vieux initiés ? Et encore, cela relève du labyrinthe !

L'an dernier, après plusieurs mois de consultation avec notamment des méthodes originales, comme les marches exploratoires commentées, notre Conseil a approuvé les objectifs d?aménagement pour l'organisation d'un concours sur la maîtrise d'?uvre pour l'aménagement de la place.

Je voudrais rappeler quand même que le cahier des charges proposé aux candidats reposait sur un consensus autour du diagnostic qui avait fixé les enjeux partagés, comme le "place Symbole de la République", lieu de convivialité et d'échange, la nécessité de privilégier et sécuriser les circulations douces, notamment piétonnes, clarifier les accès métro, renforcer la liaison avec les quartiers environnants, garantir et valoriser l?esthétique et le patrimoine.

Nous sommes aujourd'hui amenés à voter sur la signature d'un marché de maîtrise d'?uvre qui a intégré de très belle manière ces objectifs. Le parti pris de ce projet, qui crée un grand parvis au Nord réservé aux circulations douces et qui aura un prolongement vers le Faubourg du Temple, convient évidemment à l'élu du 10e que je suis en ce qu?il amorce une liaison piétonne vers le canal Saint-Martin. Mais ce n?est pas un point de vue égoïste, c?est un choix de cohérence de l'organisation de l'espace public parisien qui privilégie le piéton et essaie d'effacer le côté "tâches de léopard" des espaces piétonniers séparés par des flux de circulation automobile.

Ceci étant, le choix qui nous est proposé en réorganisant les flux de circulation des voitures préserve les nécessaires circulations indispensables, notamment pour la desserte des riverains et l?activité économique.

On a rappelé le débat sur les plantations d'arbres. Le Maire a rappelé qu'il y aura plus d?arbres sur cet immense espace.

Les élus Communistes et du Parti de Gauche sont donc favorables à ce projet de délibération. Toutefois, l'importance des travaux et leur durée va nécessairement générer des impacts négatifs sur la vie des riverains notamment en créant des embouteillages. Il sera donc nécessaire que les services de la Ville concernés veillent étroitement au quotidien à la bonne tenue de ces travaux, notamment au niveau du bruit et de leur phasage.

De ce point de vue, on pourrait imaginer pendant les 2 ou 3 ans de travaux qu?un lieu d?information mais aussi de recueil de réclamations soit ouvert sur place et par Internet sur "paris.fr". Il ne serait sans doute pas non plus inutile de rendre compte de l?avancement du chantier tous les semestres dans le cadre d?une réunion publique permettant l?expression du ressenti, de l'avancée et des conséquences des travaux sur l'environnement.

Pour terminer, je veux confirmer le vote positif du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche et je dirais que nous, élus Communiste et du Parti de Gauche, nous avons hâte de fouler le nouveau revêtement de la place de la République dans les manifestations qui ne manqueront pas de s'y dérouler.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Communiste et élus du Parti de Gauche, socialiste, radical de gauche et apparentés et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. Je pense qu?il faut bien entendre, aussi bien les élus que l'administration, ce que dit Alain LHOSTIS et sur l'information des riverains et sur la durée des travaux.

Chaque fois que l'on réaménage en grand, il y a des nuisances. On l?a vu avec le tramway du boulevard des Maréchaux, mais plus on explique et plus on réduit les délais, et mieux c'est.

Moi aussi, je suis un peu impatient ! Mais ce n'est pas une information pour l'administration parisienne !

La parole est à Mme TISSOT.

Mme Claude-Annick TISSOT. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, je rappellerai d'abord que c'est avec assiduité et sans aucune arrière-pensée que j'ai partagé les travaux du jury que vous avez présidé, Madame LEPETIT, respectant ainsi l'adhésion totale, je tiens à le répéter, des élus U.M.P.P.A. au réaménagement de la place de la République.

Oui, Monsieur BLOCHE, Monsieur AIDENBAUM et vous tous, vous aimez la place de la République, mais nous aussi !

C'est donc, Monsieur le Maire, en connaissance de cause que je redirai ici pourquoi je n'ai pas voté pour le projet que vous avez retenu. D'ailleurs, je me suis exprimée lors du jury avant tous les autres membres du jury. Je ne l'ai pas fait, encore une fois, pour me démarquer politiquement, je tiens bien à le dire, mais, en ayant marqué mon choix, comme je l'ai dit, devant les membres du jury, pour le projet B qui, malheureusement, n'est arrivé qu?en deuxième position.

Pourquoi n'ai-je pas voté ce projet ?

Tout simplement parce que j'émettrais deux critiques majeures.

La première porte essentiellement sur ce que j'ai appelé la création d'une véritable autoroute urbaine. Je trouve que c'est quand même assez surprenant que, contrairement à la volonté affichée et maintes fois rappelée par votre majorité municipale de réduire le trafic automobile sur cette place, le projet que vous avez retenu crée justement un axe routier de 7 voies côté sud, avec, si je puis le dire, les conséquences qui vont avec, à savoir des difficultés aggravées pour la traversée des piétons, ainsi que des problèmes de stationnement pour les commerçants, puisqu'il s'agit là du secteur le plus commerçant.

Et je ne fais que répéter ici les remarques de certains membres du jury.

J'ajoute, et là, je parle en tant qu'élue du 11e, qu'il est à craindre que le rattachement de l'espace piétonnier côté Nord de cette place, qui suppose la fermeture de la rue du Faubourg du Temple et la déviation des flux de circulation en provenance de l'avenue de la République et du boulevard Voltaire, qui sont, je le rappelle, les flux les plus importants qui alimentent la place de la République, il est à craindre donc que ce rattachement puisse engendrer des problèmes considérables d'embouteillage, de stationnement et de pollution dans les quartiers du 11e qui jouxtent la place.

Je pense réellement que, dans son lyrisme tout à l'heure, le Maire du 11e a oublié cet aspect un peu concret de la vie quotidienne pour les habitants du 11e !

De plus, j'ajoute que la traversée de l'espace piétonnier, et cela n'a pas été évoqué jusqu'à présent, par des voies de bus, taxis et vélos, me paraît également poser des problèmes non résolus, ce qui me fait dire qu'une expérimentation, telle que nous l'avions préconisée au préalable, de ce projet s'impose.

Enfin, la deuxième grande critique que j'émets par rapport à ce projet, c'est qu'il n'apporte, à mon avis, aucun supplément d'âme à cette place qui, bien qu'elle soit un espace reconnu de rassemblement, reste très déshumanisée. Je prendrai deux exemples.

Le premier, c'est le choix des matériaux et du revêtement des sols, qui ne met pas en valeur son patrimoine architectural, contrairement au projet B, celui que j'avais choisi, qui prévoyait un jeu de couleurs des différents granits au sol s'harmonisant avec le ton des façades des immeubles environnants.

Également, la partie végétalisée : cette partie végétalisée, je regrette qu'elle se cantonne au Nord, ce qui suppose quand même - ce qui n'a pas été dit non plus jusqu'ici - la coupe de très nombreux arbres centenaires qui sont actuellement sur le terre-plein...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, vous n'avez pas bien regardé : on ne coupe aucun arbre ! Vous n?avez pas regardé.

Mme Claude-Annick TISSOT. - Monsieur le Maire, ce n'est pas possible !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Si.

Mme Claude-Annick TISSOT. - Monsieur le Maire, vous m'interrompez !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je veux vous informer.

Mme Claude-Annick TISSOT. - J?ai suivi les travaux.

Ecoutez, là, Monsieur le Maire, ce n'est pas possible, vous allez me mettre en colère !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui, mais à partir de ce qui a été proposé?

Ne vous énervez pas !

(Mouvements divers sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Mme Claude-Annick TISSOT. - Non, Monsieur le Maire, ce n'est pas possible !

Monsieur le Maire, alors là, écoutez, ce n'est pas possible.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous le dirai après.

Mme Claude-Annick TISSOT. - Je vais vous montrer la carte, vous en parlerez après, Monsieur le Maire.

D?abord, je trouve que c'est incroyable que vous me coupiez comme cela la parole.

M. LE MAIRE DE PARIS. - C'était pour vous aider, Madame.

(Mouvements divers sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Mme Claude-Annick TISSOT. - Monsieur le Maire, je vous assure?

M. Jean-François LAMOUR. - Elle n'a pas besoin d'être aidée.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - C'est parce que c?est une femme qu'on lui coupe la parole.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur BOURNAZEL, vous avez été brillant une fois de plus !

(Mouvements divers).

Mme Claude-Annick TISSOT. - Je suis capable de me défendre toute seule ! Je suis capable de me défendre.

Simplement, Monsieur le Maire, non, il faut dire les choses comme elles sont. Nous l?avons même dit devant le jury. Comme je vous l?ai dit, j?ai suivi les travaux. J'ai bien regardé les projets, je me suis expliquée sur le projet que j'avais choisi et je n'étais pas la seule à le choisir, ce projet-là, puisque d'autres membres du jury l'ont choisi, puisqu?il est arrivé en deuxième position, je le rappelle quand même.

Non, Monsieur le Maire, je suis désolée : à partir du moment où la statue sort complètement de l'espace végétalisé, comme c'est sur l'image et comme c'est prévu sur le projet, à moins que vous ayez changé le projet en cours de route...

M. LE MAIRE DE PARIS. - C'est ce que je tentais de vous dire.

Mme Claude-Annick TISSOT. - Alors ce n'est pas ce que vous soumettez.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Si, c'était ce que je tentais de dire. Poursuivez.

Mme Claude-Annick TISSOT. - On choisit un projet et celui sur lequel on vote est différent. Avouez tout de même que, quelque part, il y a un certain nombre de problèmes.

Un projet, juridiquement retenu par un jury, n?est pas modifiable, sauf en cas d?amendements apportés. Or, j'ai voté des amendements avec les autres membres du jury et il ne me semblait pas que la coupe des arbres centenaires, puisque l'intérêt du projet est de dégager la statue de sa partie végétalisée, c'était cela l'idée du projet sur le plan esthétique, Madame LEPETIT, je suis désolée d'être obligé de rappeler ce que nous avons vécu en jury.

Mme Annick LEPETIT, adjointe. - Ne vous inquiétez pas, je vais vous répondre.

Mme Claude-Annick TISSOT. - Je regrette aussi que cette partie végétalisée ne comporte pas un certain nombre de fontaines, comme le prévoyait le projet B, qui donnaient un petit côté romantique au réaménagement urbain de cette place.

Je confirme personnellement à regret que votre projet oublie à la fois l?aspect écologique et l?aspect artistique auxquels ce réaménagement très emblématique aurait pu prétendre, et c'est dommage.

Je m'étonne pour terminer, Monsieur le Maire, qu'au-delà des propos lyriques de M. BLOCHE et M. AIDENBAUM, l?Exécutif se voie aujourd'hui obligé de façon hâtive, puisque je n'avais pas eu connaissance du v?u hier, mais qu'il a été déposé sur notre table ce matin, de présenter un v?u qui préconise notamment le relancement de nouvelles études, à commencer, si je le lis, par une étude particulière pour optimiser le plan de circulation des voies qui débouchent sur la place, une étude particulière quant à la végétalisation, une étude particulière quant aux usages qui seront permis sur la place, une étude particulière sur l'agrandissement des trottoirs côté sud, une étude sur la sécurisation des cheminements des cyclistes de la portion basse de la rue du Faubourg du Temple, autant d'études supplémentaires qui prouvent et qui viennent confirmer mes critiques envers le projet que vous présentez et contre lequel je voterai.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Cher Madame, je voulais juste clarifier quelque chose. D'abord, juridiquement, un jury propose au Maire de Paris une option.

Le Maire de Paris la propose au Conseil de Paris, il pouvait même proposer l'option B s'il le voulait, juridiquement.

J'ai donc pris personnellement le projet retenu par le jury et j'ai dit ce qui, à mon avis, ne convenait pas, dont l'abattage des arbres. J?ai donc soumis au Conseil de Paris, ce sur quoi vous délibérez, ce que je vous ai envoyé, Madame TISSOT, à savoir un projet où tous les arbres sont maintenus, plus 30 %.

Je l'ai même présenté à l'extérieur, toute la presse en a parlé, la semaine dernière. Je suis désolé de vous interrompre. Simplement, vous partiez sur une proposition que je fais au Conseil de Paris, qui est soumise à délibération, que j'ai envoyée, qui n'est pas celle que vous avez décrite.

Je voulais vous faciliter les choses. Faites comme vous voulez.

La parole est à Mme DOUVIN.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire. Après le lyrisme... Comme je suis triste que vous partiez.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Au vu de la manière dont vous appréciez ma présence?

(Mouvements divers sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Mme Laurence DOUVIN. - Déclaration gratuite.

Après le lyrisme des Maires riverains de la place, l'amour, le rêve et la poésie, je voudrais pour ma part parler des échanges, de la vie qui coule, qui roule à deux ou à quatre roues et du formidable noeud de rencontre et de passage que représente notre place de la République, à la fois au niveau de la Ville, mais aussi au niveau de l'Ile-de-France.

Si vous le voulez bien, nous allons rentrer un petit peu dans le projet puisqu?il vise à la création d?un grand parvis piétonnier de 8.000 mètres carrés et qu'il ferme le passage Nord-Sud qui existe aujourd'hui.

Nous avions, rappelez-vous, mes chers collègues, précédemment dénoncé les conséquences graves de cette fermeture, en demandant une expérimentation, expérimentation qui aurait rapidement prouvé les effets qu'elle peut avoir. Cette expérimentation nous a été refusée.

Avec le projet retenu, la circulation en anneau est arrêtée au profit d'une circulation à double sens qui divise par deux le nombre de voies et qui supprime les voies au Nord pour les reporter au Sud.

Cette division par deux va provoquer une congestion considérable dans ce qui est le noeud principal de circulation entre le Nord et l'Est de Paris.

En effet, la totalité de la place supporte aujourd'hui aux heures de pointe 6.000 véhicules par heure. Ce n'est pas rien. La partie Nord reçoit 2.500 véhicules et la partie Sud 1.200 à 1.500. Il doit donc y avoir report sur le Sud.

Selon la Mairie, la future place verra de 15 à 17 % de circulation en moins à terme, mais sur quoi repose cet objectif ? Quels en sont les moyens ? Que signifie : "à terme" ? Nous n'avons aucune réponse à ces questions.

Comme les chiffres sont têtus, je me suis référée au trafic sur le boulevard Magenta. Ce trafic a baissé selon les chiffres de la Mairie de Paris de 60 % entre 2002 et 2007. Mais, car il y a un mais, à sa sortie au Nord, il a augmenté de 30 %.

C?est bien la preuve que les aménagements de ce type ne résolvent pas les problèmes, ils les déplacent. Jusqu'où ? C?est là que je voudrais souligner l?un des aspects les plus malsains de cette politique, c'est son côté méthode des clochers.

En effet, on met en exergue tous les bienfaits des aménagements locaux, bienfaits tout à faits évidents, mais on passe sous silence les conséquences directes mais plus générales pour l'ensemble des Parisiens et des Franciliens.

Je rappelle que ces conséquences concernent tous les modes motorisés, qu?il s?agisse des transports de marchandises, des livraisons, de déplacement d'artisans, de commerciaux, des deux-roues motorisés et des voitures particulières.

Il était nécessaire de proposer un projet qui soit une véritable transformation de la place de la République et de tenir compte des besoins d'aménagement par exemple pour les cyclistes, les piétons et en faveur de la végétalisation.

Il était possible de pratiquer un meilleur équilibre entre ces souhaits et le volume de la circulation et donc de ne pas transformer les abords de la place tels qu'ils vont devenir bel et bien, c?est-à-dire un lieu d?engorgement permanent avec les nuisances et la pollution qui, malheureusement, se développeront.

Nous souhaitons un meilleur équilibre entre la circulation automobile, les transports collectifs et les modes doux, au profit de ces derniers, bien sûr.

Mais le problème, Monsieur le Maire, est que l'on ne décrète pas autoritairement la baisse de la circulation automobile comme vous le faites. On la favorise et c'est quand elle a baissé, grâce au renforcement des transports collectifs parisiens et franciliens, que l'on réalise un tel aménagement.

Vouloir s?obstiner à vouloir faire les choses en sens inverse est un non sens et une mauvaise manière pour ceux qui vont avoir à en supporter les conséquences. Plus grave, cela compromet les chances d'un projet vraiment réussi. Nous ne voterons donc pas ce projet.

Quant au v?u de l'Exécutif, que nous venons d'avoir 20 minutes avant l'examen de la délibération, je trouve que c'est se moquer de nous, de dire notamment que : "nous allons rouvrir la concertation aux arrondissements voisins et même à tous les Parisiens". Il est bien temps, une fois que le projet est décidé, une fois que les décisions sont prises et qu'il est ficelé.

Si c'est cela la concertation à la mode du Maire de Paris, ce n'est pas la nôtre et nous nous opposerons au projet tel qu'il est conçu.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

La parole et à Mme Marie-Laure HAREL.

Mme Marie-Laure HAREL. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais commencer par relever une de vos imprécisions, car vous avez soi-disant relevé l'une de celles de Claude-Annick TISSOT.

Vous dites dans le dossier de presse que le projet de la place de la République a été voté à l?unanimité du jury, ce qui est faux, puisque Claude-Annick TISSOT ne l'a pas voté et c'est bien dommage que les Parisiens croient que tout le monde est d'accord avec vous.

Monsieur le Maire, le réaménagement de la place de la République est présenté par la Mairie comme l?un des projets phares de la mandature et doit devenir, je cite : "un espace convivial, confortable et disponible".

M. AIDENBAUM a même dit que la place devait être belle, admirée et aimée. Je suis tout à fait d?accord avec lui mais je pense qu?il a oublié de dire qu?elle devait aussi avoir un caractère pratique et fonctionnel.

D?abord, je relève que ce projet a été dévoilé sur le site de la Mairie plusieurs mois après avoir été voté, avec quelques modifications, par rapport à la version initiale.

Certaines modifications sont appréciables, la première est qu?il y aura finalement moins ou pas de platanes arrachés, c'est vrai que pour un projet vert, décimer la moitié des arbres de la place, c'était un peu gênant. Ce qui est d'appréciable, c'est que le projet n'est pas définitivement arrêté visiblement.

La deuxième modification est regrettable, puisque je ne vois plus les fontaines qui sont aujourd'hui sur la place et devaient être conservées. J'aimerais bien savoir où sont passés ces fontaines, d?autant que les Parisiens ont tout de même dû financer leur restauration il y a deux ou trois ans.

Vous parlez donc d?un projet phare, pour un projet phare je trouve dommage que la concertation ait été de qualité médiocre, et je trouve regrettable que les orientations de ce chantier majeur qui va impacter quotidiennement des dizaines de milliers de Parisiens soient décidées par une petite poignée d?élus seulement.

Je crois que la démocratie participative est une notion à laquelle le PS est assez attaché.

Vous avez manqué une belle occasion d?en donner un exemple, vous auriez pu aller jusqu'au bout de votre démarche d?écoute et permettre aux citoyens des arrondissements concernés de choisir eux-mêmes parmi les cinq projets proposés. Par exemple, j?imagine que les habitants du 3e n?auraient pas voté comme leur maire, M. Pierre AIDENBAUM, qui a rappelé que le trottoir de la partie Sud, donc sa partie à lui, allait doubler de largeur sans préciser que ce dont il hérite surtout dans la partie Sud, dans son arrondissement, c'est d'une future autoroute à 7 voies avec tous les méfaits économiques et environnementaux que cela implique.

Je ne comprends pas, Monsieur AIDENBAUM, comment vous pouvez vous réjouir d?accueillir dans votre arrondissement, le bruit, la pollution, et les bouchons à l'orée d'un secteur qui est réputé pour ses petites rues pittoresques et tranquilles.

J'insiste vraiment sur la piètre qualité de la concertation qui a eu lieu en 2009. J?ai eu l?occasion d'échanger avec quelques riverains, dont certains ont reçu dans leur boîte aux lettres des invitations d?instituts de sondage mandatés par vos services, pour participer à des tables rondes en échange d?un chèque de 50 euros.

Je ne crois pas que distribuer des chèques soit une garantie d?obtenir des interlocuteurs réellement intéressés et sincèrement concernés par le projet.

Vous avez aussi organisé quelques réunions publiques dans les théâtres, mais d?un avis général, elles ont plutôt servi à présenter des arbitrages que vous aviez déjà pris plutôt qu'à écouter les suggestions des Parisiens.

Honnêtement, si vous aviez écouté les suggestions des Parisiens, je ne suis pas sûr que l?actuel projet de réaménagement serait celui qui existerait aujourd'hui.

Comme je vous le disais, la Mairie de Paris annonce un espace convivial, confortable, et disponible, je suis désolée, sauf le respect que je vous dois, cela raisonne comme une blague. Un espace convivial, comme tout le monde le sait, la partie Nord de la place, celle qui devient piétonne, se situe le long d'une caserne militaire et c'est la partie la moins ensoleillée.

Au Nord, les Parisiens pourront se balader face à un immeuble qui appartient à la garde républicaine. En termes de convivialité on a tout de même connu mieux. Pendant qu?ils flâneront au Nord, ils pourront cependant apercevoir en face, de l?autre côté de la place, toutes...

(Mouvements divers sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Attendez, Madame, ne vous énervez pas.

Laissez intervenir votre collègue, Monsieur TRÉMÈGE.

M. Jean-François LAMOUR. - Dans le silence alors !

Mme Marie-Laure HAREL. - Pendant que les familles flâneront en bas de la caserne militaire, elles pourront tout de même voir en face, de l'autre côté de la place des boutiques, des cafés et les accès au quartier charmant qu'est le marais dans la partie Sud.

Pour y accéder, elles devront traverser une autoroute en ville avec tous les dangers que cela comporte. Une fois la rive Sud atteinte, les familles pourront enfin s?asseoir à des terrasses situées le long d?un trottoir bien élargi comme le disait M. Pierre AIDENBAUM, où elles pourront entendre de super concerts de klaxons et profiter des gaz d'échappement dont elles seront embaumées à chaque heure de la journée.

Mais ces joies sonores et atmosphériques profiteront surtout aux habitants de ce que l'on peut appeler la mauvaise partie de la place. J?espère, pour ceux qui habiteront dans la partie Sud, qu?ils n'auront pas besoin d'ouvrir leurs fenêtres aux heures de pointe, et qu'ils auront aussi le budget nécessaire pour s?offrir de bonnes isolations.

Donc si c?est cela votre vision d?une place de la République confortable, en tout cas, ce n?est pas la mienne.

Mais le pire, Monsieur le Maire, c'est quand vous parlez d'une place disponible. Vous osez souligner dans votre dossier de presse que, je vous cite :"la place de la République se situe au carrefour?".

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Vous concluez !

Mme Marie-Laure HAREL. - J'ai cinq minutes et trois pour présenter un v?u normalement. A moins qu'on ne me laisse pas le faire?

Je ne sais pas à quel moment je présente mon v?u du coup.

On va passer au v?u directement.

Vous ne voulez pas faire de la place de la République un simple rond-point, vous allez en faire un grand noeud d?embouteillages, supprimer les places de parking sur la place, je vous rappelle que le parking Alambra est continuellement saturé, mais vous allez supprimer encore des places. Il est temps que vous vous rendiez compte qu?un Paris sans voitures, c'est une utopie, les automobilistes n?ont pas toujours le choix de leur moyen de transport. La voiture, ce sont des centaines de milliers d?emploi dans l?industrie, on ne pourra jamais l?éradiquer de Paris.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Laissez conclure Madame.

M. Jean-François LAMOUR. - Comment voulez-vous conclure dans ce Brouhaha.

Mme Marie-Laure HAREL. - Mon v?u est très simple.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Madame s'il vous plaît.

Attendez, vous êtes à 5,56, l'interruption provoquée par M. TRÉMÈGE décomptée.

Mme Marie-Laure HAREL. - Il me reste donc deux minutes et quelques secondes pour présenter mon v?u.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Allez-y.

Mme Marie-Laure HAREL. - J'espère que l'on ne me compte pas tout ce temps.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Concluez.

Mme Marie-Laure HAREL. - Je passe à mon v?u.

Monsieur le Maire, je vous demande de communiquer avant le début des travaux, des données précises et objectives sur le trafic et les différentes pollutions qui vont découler de votre projet de réaménagement.

Le plus important, ce sont des prévisions de trafic très claires, il faut que l'on connaisse l'ampleur des embouteillages auxquels les habitants du quartier et les promeneurs seront exposés.

Les commerçants doivent savoir si leur activité va être affectée comme c'est le cas boulevard Magenta où les enseignes ne cessent de fermer, cet axe n?étant plus accessible.

Les riverains doivent savoir s'ils auront à subir des pollutions sonores et atmosphériques non stop parce qu?ils pourraient avoir envie de déménager.

A la lecture des éléments que vous donnez dans votre dossier de presse, je suis consternée. Je lis : "les études ont été conduites pour confirmer la pertinence?".

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Concluez !

Mme Marie-Laure HAREL. - Cessez de m'interrompre, je n'y arriverai jamais.

Vos études sont visiblement compatibles avec une soi-disant baisse des flux de circulation de 15 %, mais qui a dit qu?il y aurait une baisse de 15 % hormis vous ? Personne.

Personne ne l'a prouvé, donc nous voudrions savoir quel est le vrai flux sur la place et selon les tranches horaires, heures de pointe bien mises en évidence, nous voulons savoir si la place est pratiquable et vivable merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Voilà.

Vous avez parlé 7 minutes mais vous avez bénéficié de l'indulgence du nouveau président de séance.

C'est très bien, tout le monde vous a comprise, plusieurs fois.

La parole est à Mme Annick LEPETIT pour répondre.

Mme Annick LEPETIT, adjointe, au nom de la 3e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais bien évidemment répondre aux nombreux orateurs qui se sont inscrits sur ce projet de délibération. Je le comprends puisqu'ils montrent ainsi que c'est un projet phare.

Inscrite dans le programme du Maire de Paris, la nouvelle place de la République doit retrouver son caractère populaire et convivial et bien sûr incarner les valeurs républicaines, les valeurs de la République. Un des principaux enjeux de l'aménagement, cela d'ailleurs a été dit par un certain nombre d'intervenants, c'est bien évidemment de faire de cette place une grande place populaire du XXIe siècle. Je ne reviens pas, bien sûr, sur l'état des lieux. Nous partageons le constat de l'existant, mais je dirai un mot en répondant plus précisément au v?u déposé.

Nous avons choisi, et je veux revenir sur la méthode, elle est importante, cela me permettra de répondre à certaines interventions, une démarche à la fois exigeante, créative je crois, et démocratique.

Il s'agit d'un projet majeur pour Paris. Nous n'avons pas aménagé de place de cette importance, c'est la plus grande à Paris depuis environ deux décennies, je pense à la place de le Hôtel de Ville, début des années 1980, à la place de la Bastille à la fin des années 1980 avec un esprit encore très routier, enfin la place Vendôme début des années 90 qui a fait l'objet d'une vraie requalification.

Nous avons choisi à la fois une méthode de concertation, et cela a été bien évidemment salué par les trois maires d'arrondissement que, à mon tour je remercie de leur disponibilité et surtout de leur attachement à concerter bien évidemment leurs riverains, puisque beaucoup de réunions ont eu lieu après la première réunion publique qui date, je le rappelle, du mois de décembre 2008. Nous avons eu de très nombreuses réunions locales organisées par les mairies d'arrondissement, beaucoup de réunions de conseils de quartier, des réunions inter conseils de quartier, bref, un travail qui a été fourni, contrairement à ce qui a été dit, particulièrement dans la dernière intervention, celle de Marie-Laure HAREL, et cette concertation publique a donné lieu à ce qui a été fourni dans le cahier des charges.

Et d'ailleurs, lorsque nous avons décidé, à la fois de faire de la concertation, de lancer un site dédié pour que, non seulement les riverains mais bien au-delà, les Parisiens, puissent s'exprimer, c'était un peu un appel à idées. Nous avons souhaité faire aussi, et c'est pour cela que je parlais de méthode, le lancement d'un concours international d'architectes pour que nous puissions avoir à la fois cette concertation de proximité et celle des Parisiens, l'appel à idées, mais aussi l?avis et les propositions de professionnels tels que ceux qui ont été choisis par le jury.

Alors, le travail du jury, je vais peut-être l'évoquer pour répondre particulièrement à Claude-Annick TISSOT qui, c'est vrai, était présente. La sélection que nous avons faite, a nécessité plus de 4 heures et demi de débats, pour choisir des projets qui étaient d'ailleurs des projets anonymes : nous ne connaissions pas le nom des équipes d'architectes, d'urbanistes, de paysagistes qui se présentaient.

Nous avons débattu sur cinq projets, cinq esquisses.

Le choix qui a été fait de retenir l'équipe TVK s'est fait là aussi par notation des membres du jury, un jury, je le rappelle, composé certes d?élus qui s'expriment ce matin mais aussi de personnes qualifiées, à la fois de commissions et d'associations - je pense à la Commission du Vieux Paris ou à l'association des usagers des transports publics -, je pense bien sûr à la Préfecture de police.

Je crois que nous avions donc un jury divers, ce qui sans doute a engendré de nombreuses discussions, mais c'était tout à fait enrichissant.

Le projet sur lequel nous nous sommes prononcés, certes pas à l'unanimité mais majoritairement, a été très bien noté par rapport aux autres projets. Je ne vais pas parler en détail des autres projets mais juste répondre à Claude-Annick TISSOT qui mettait en avant le projet B, celui sur lequel elle s'est prononcée. Je rappelle qu'il y avait dans ce projet B sept voies pour la circulation principale, mais au lieu que le terre-plein soit rattaché au Nord, comme c'est le cas de ce projet-ci, il était rattaché au Sud.

Au bout du compte, les critiques, Madame TISSOT, ainsi que Madame DOUVIN, que vous nous apportez en parlant d'autoroute urbaine - je crois avoir entendu ce terme -, en disant que finalement les autres projets ne comportaient pas cet aspect, ne sont pas fondées. En tout cas, ce n'est sans doute pas l'argument qu'il faut avancer.

Deuxièmement, je relève dans vos propos assez peu de nuances comparé au v?u que vous nous proposez qui, lui, il faut le reconnaître, est plutôt nuancé au point que j'aurais presque envie de le voter.

Le problème est qu'il y a un considérant qui lui non plus n'est pas juste puisqu'il prétend que nous n'avons fait aucune étude d'impact concernant les pollutions atmosphériques et sonores. Ce n'est pas vrai, nous avons déjà fait des études, et cela a d'ailleurs été écrit ; nous avons pu donner une fourchette de réduction du flux automobile, entre 15 % et 17 %, et bien évidemment, nous devons, et vous ne pouvez pas nous le reprocher, poursuivre des études plus approfondies sur les flux.

D'ailleurs, pas seulement les flux automobiles. J'ai déjà eu l'occasion de le dire dans cette assemblée : il ne faut pas forcément prendre la circulation automobile comme l'alpha et l'oméga d'un aménagement ambitieux. Il faut que nous regardions l'ensemble des flux.

Nous souhaitons aujourd'hui, dans nos aménagements, prendre en considération tous les modes de déplacement, à la fois ceux que nous connaissons, ceux qui existent ; bien sûr, les transports en commun, les taxis, les vélos, les piétons, mais nous pouvons aussi anticiper et penser à l'avenir. En effet, comme cela a été dit, notamment par Denis BAUPIN, Jacques BOUTAULT et Véronique DUBARRY, cette place va être aménagée pour de nombreuses années ; c?est donc un aménagement durable et nous ne devons pas fermer la porte aux futurs modes de transport, quels qu'ils soient.

Donc, oui, nous devons laisser de la place pour envisager de nouveaux modes de transport, ceux qui n'existent pas encore, et je fais allusion, pourquoi pas, à un futur tramway des gares, même si nous savons que nous en sommes loin. Pas plus tard qu'hier matin, nous votions cette fois-ci à l'unanimité, le projet d'étude pour prolonger le tramway des Maréchaux, celui que nous sommes en train de réaliser et hier, nous lancions la possibilité de le poursuivre jusqu'à la porte d'Asnières.

Donc, nous avons, c?est vrai, de grandes ambitions.

Pour revenir précisément à l'aménagement de la place de la République, je rappelle pour éviter toute polémique inutile, même si j'ai relevé à travers les dernières interventions qu'il y avait une petite envie de polémique, que le choix du jury s'est opéré sur des esquisses, que l'esquisse que nous avons choisie - mais cela aurait été la même chose si nous en avions choisi une autre - représente 10 % du projet. Donc, dans le calendrier que nous avons proposé à la concertation, dès le début, il a toujours été considéré que l'équipe choisie allait devoir travailler avec les services, bien évidemment, sur des études approfondies mais aussi que la concertation allait se poursuivre parallèlement.

Donc, nous ne pouvons pas aujourd'hui tout figer, tout décider, et pourquoi pas aussi la couleur des candélabres !

Donc, on ne peut pas à la fois nous reprocher un manque de concertation et en même temps, vouloir tout inscrire dès aujourd'hui.

Laissons, et jusqu'à présent on s?en est plutôt bien porté, laissons agir aussi les idées, l?imagination et les débats avec nos concitoyens : je pense que c'est aussi une façon d'avancer.

Laissons aussi les services techniques travailler pour trouver des solutions à l'aménagement de cette place.

En tout cas, et je conclurai, Monsieur le Maire, par ce que j'ai pu entendre globalement, et il y a des phrases magnifiques qui ont été prononcées, c'est que ce projet tel qu?il est aujourd'hui, et nous allons continuer à travailler, est un projet qui réunit quand même un certain consensus, qui est un projet original, comme l?a souligné Jacques BOUTAULT, mais qui est un projet que nous allons accompagner.

Je veux répondre à Alain LHOSTIS, préoccupé à juste titre de l'information des riverains, principalement mais pas seulement, de tous ceux aussi qui empruntent la place de la République quasi quotidiennement, que nous allons soigner l'information et la communication pour qu?au moment des travaux, bien évidemment - on ne peut pas éviter les nuisances des travaux et ce serait mentir que de le dire -, en tout cas on puisse accompagner les personnes qui empruntent la place de la République pour se rendre d'un point à un autre pour qu'elles puissent l'éviter, et aussi bien évidemment, les riverains, nous y pensons. C'est pour cela que nous les associons à la suite de nos travaux.

Quant à l'aménagement, là aussi, beaucoup de propositions ont été faites. Nous allons bien sûr affiner car encore une fois, cet aménagement est un aménagement d'ensemble et il doit être porté dans sa globalité.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame la Maire. Nous allons passer au vote.

En réponse aux v?ux n° 29 du groupe "Les Verts" et n° 30 du groupe U.M.P.P.A., l'Exécutif a déposé le v?u n° 30 bis.

Le v?u n° 29 est-il maintenu, Monsieur le Maire ?

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Le v?u n° 29 comportait toute une série de demandes, dont le v?u n° 30 bis tient compte.

Il fait cependant l?omission sur le Comité permanent de concertation, ce que nous regrettons, mais nous avons bien noté les avancées de la Ville sur toute une série d'éléments que nous avions défendus, notamment la poursuite de la concertation, la végétalisation plus importante, l'agrandissement des trottoirs côté Sud et la sécurisation des cheminements piétons.

Nous considérons que cette avancée est importante et nous retirons notre v?u au profit de celui de l'Exécutif.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur BOUTAULT.

Je relève que le v?u n° 30 du groupe U.M.P.P.A. est maintenu.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 30, déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u référencé n° 30 bis déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2010, V. 53).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 112.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, DVD 112).

(Applaudissements).