Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mars 2010
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2010, Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif au parvis de Notre-Dame.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2010


 

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 46 dans le fascicule, déposé par le groupe "Les Verts", relatif au parvis de Notre-Dame.

Je donne la parole à Mme Véronique DUBARRY, pour une minute.

Mme Véronique DUBARRY, adjointe. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

À plusieurs reprises, plus ou moins récemment, des organisateurs une fois du "Kiss-in", une autre fois de jeunes militants "Verts" ont été agressés et pris à partie sur le parvis de Notre-Dame.

La raison qui a été avancée par les groupes extrémistes pour justifier cet acte et les propos injurieux proférés à l'occasion, ils le justifiaient par le fait que "le parvis de Notre-Dame est un lieu expressément catholique", "sacré" et qu'il convient de le défendre. Ce qui ne laisse de nous laisser perplexes parce qu'au même titre, à notre sens, que n'importe quelle place, n?importe quelle rue de la Capitale, cet espace est un espace public, absolument pas réservé à tel ou tel et il n'y a aucune raison que des manifestations ne puissent avoir lieu, des manifestations autorisées par la Préfecture de police ne puissent avoir lieu sur ce parvis, dès lors que ces manifestations ont été déclarées.

Là où c?est carrément inquiétant, c?est que la Préfecture de police, alors qu?elle était interrogée et interpellée, a affirmé qu'elle n'était pas en mesure de garantir le déroulement paisible et la sécurité de l'une des manifestations qui était prévue expressément sur le parvis.

C'est pour ces raisons que nous souhaiterions que le Conseil de Paris adopte le v?u suivant : qu?à l?avenir, la Préfecture de police s'engage à délivrer l?autorisation aux associations de manifester sur le parvis de Notre-Dame, à condition bien évidemment qu?elles respectent le cadre législatif et que la sécurité des organisateurs, comme des manifestants, soit garantie.

Je rajouterais qu'à la dernière occasion de ces affrontements au mois de février dernier, l'Évêque VINGT-TROIS a condamné ces agressions et a même qualifié les manifestants de nervis et d'extrémistes.

Je crois que nous ne pouvons pas faire moins que l'Archevêque de Paris.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Pour vous répondre, je donne la parole à M. le Préfet de police.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - La Préfecture de police ne peut pas accepter la façon un peu partiale dont le déroulement des événements du 14 février est présenté dans votre v?u.

Tout d?abord, alors que les services de police encadrent la Marche des Fiertés depuis plus de 20 ans, il est un peu excessif voire ridicule de laisser entendre qu?ils failliraient à leurs missions de protection de liberté publique de l'ensemble des citoyens.

Ensuite, contrairement à ce que vous indiquez, la Préfecture de police n'a jamais envisagé d'interdire cette manifestation en l?espèce. Le risque de trouble à l?ordre public était avéré, suite à des précédents et la technique du Flash Mode rend très difficile de prévoir l?affluence et donc de calibrer le dispositif de sécurité.

C'est à la suite d'un dialogue constructif entre la D.O.P.C. et les organisateurs que ces derniers ont accepté de retenir un lieu très symbolique, la place Saint-Michel, situé à proximité immédiate de la cathédrale Notre-Dame.

Le jour de la manifestation, une fraction des participants qui n'approuvait pas le choix du lieu, fait par les organisateurs majoritaires, s'est déplacée, sans crier gare et sans déclaration, vers le parvis.

Ce jour-là, alors même que certains Maires d?arrondissement comme M. MADEC, Mme CALANDRA ou M. GOUJON souhaitaient des renforts, 164 agents de la force publique avaient été mobilisés pendant plusieurs heures pour sécuriser la manifestation, 84 policiers et 80 gendarmes mobiles.

Il est donc un peu inconvenant de prétendre que la Préfecture de police n?aurait pas pris les mesures nécessaires pour protéger les manifestants.

D'ailleurs, sitôt les premiers troubles détectés sur le parvis, quatre personnes ont été interpellées pour propos homophobes et violences volontaires.

Ne vous en déplaise, la liberté de manifester a été respectée et protégée ce jour-là par les autorités publiques.

Mme Véronique DUBARRY, adjointe. - Je parlais du parvis de Notre-Dame.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à M. SARRE.

M. Georges SARRE, adjoint. - Monsieur le Maire, chers collègues, je tiens tout d?abord à rappeler aux dépositaires de ce v?u que les manifestations ne sont pas soumises à un régime d'autorisation mais à un régime de déclaration préalable.

La Préfecture de police ne délivre donc pas d'autorisation de manifestation.

Par ailleurs, lorsque la Préfecture de police est amenée à interdire une manifestation déclarée, ce qui est rarissime, ou à suggérer un autre itinéraire, comme ce fut le cas le 14 février dernier, c'est naturellement dans le but d'éviter des troubles à l'ordre public.

Bien sûr, la Préfecture de police doit protéger partout les manifestants, mais il est préférable de s'organiser en amont, de préférence intelligemment, pour que liberté de manifester ne signifie pas liberté de se faire casser la figure.

Je ne suis pas défavorable toutefois à l'objectif de ce v?u et je ne disqualifie pas la démarche de ses dépositaires.

Et puisqu'il s'agit de Notre-Dame, je dirais que même si nous ne sommes plus à Noël et pas encore à Pâques, il faut donner un avis miséricordieux que l?on peut donc présenter comme favorable.

Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Une explication de vote pour le groupe U.M.P.P.A., Monsieur Philippe GOUJON ?

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Nous sommes en désaccord avec l'Exécutif, M. SARRE s?étant exprimé en son nom, évidemment avec "Les Verts", parce que selon nous, je voudrais dire d'abord que la laïcité n?est pas l?anticléricalisme primaire qui est exprimé par ce v?u mais au contraire le respect des croyants, de toutes les religions d'ailleurs, ainsi que le respect de l'exercice de leur culte. Il est aussi important de permettre au culte de pouvoir s'exercer.

Selon nous, M. le Préfet de police était pleinement dans son rôle en refusant cette manifestation, au moment même d?ailleurs, je le précise, de la sortie de la messe. Il fallait absolument éviter des affrontements, c'est dans ce but que le Préfet de police est intervenu, qui ont déjà eu lieu dans le passé, provoquant des blessés.

C?est une mesure de police administrative, pour prévenir également les troubles à l'ordre du public, y compris d'ailleurs pour protéger les individus contre eux-mêmes.

Comme le démontre le premier paragraphe du v?u, la liberté de manifester a bien été sauvegardée puisque l'action a pu se dérouler à quelques centaines de mètres de là, place Saint-Michel.

Pour ma part, je regrette pour terminer que, dans ce Conseil, les attaques contre la religion catholique et son chef deviennent désormais récurrentes, soit directement soit insidieusement, et ce d'ailleurs pas seulement sur les bancs de l?extrême Gauche et du parti Communiste.

Pour conclure, je voudrais dire que la religion catholique, comme toutes les autres d?ailleurs, j'ai vu des déclarations de M. BROSSAT, mérite le respect de notre Assemblée et nous devons permettre, je crois que c'est notre rôle, que le culte puisse se dérouler en toute quiétude.

C'est ce qu'a fait M. le Préfet de police et il a eu raison de le faire.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Une explication de vote de M. BROSSAT, pour le groupe communiste.

M. Ian BROSSAT. - J'ai été sauvagement mis en cause par le représentant de l'U.M.P.P.A., donc je me permets de répondre.

D'abord, je n'ai eu jamais quelque agressivité que ce soit à l?égard de la religion catholique, au point où d'ailleurs j'ai pris la peine de rencontrer le nonce apostolique il y a peu. Je fais parfois des rencontres que vous ne pourriez pas prévoir.

Simplement, évidemment, nous voterons ce v?u et nous souhaitons qu?il soit adopté. Je m?étonne que vous ne le votiez pas puisqu?il s?agit en l?occurrence de garantir la sécurité d'hommes et de femmes qui se sont rassemblés. On a le droit, après tout, de se rassembler où l?on veut.

Nous le voterons avec enthousiasme. Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2010, V. 66).