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Mai 2001
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83 - QOC 2001-73 Question de Mme Sophie MEYNAUD, M. Jacques DAGUENET et des membres du groupe communiste, à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police au sujet du non respect de l'interdiction de stationnement des cars de tourisme sur les boulevards de Rochechouart et de Clichy (9e et 18e). QOC 2001-96 Question de M. Sylvain GAREL et des membres du groupe "Les Verts", à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police relative à l'augmentation du nombre d'autocars sur les boulevards de Rochechouart et de Clichy (9e et 18e)

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2001


M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. - Nous passons à la question de Mme MEYNAUD et de M. DAGUENET et des membres du groupe communiste à Monsieur le Maire de Paris au sujet du non-respect de l'interdiction de stationnement des cars de tourisme sur les boulevards de Clichy et Rochechouart. Nous allons y joindre une deuxième, avec l'accord des auteurs de la question, et de membres du groupe "Les Verts", à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police, relative à l'augmentation du nombre d'autocars sur les boulevards de Rochechouart et de Clichy (9e et 18e).
Je vous donne lecture de la première question :
"Après plusieurs années d'initiatives, les riverains et le Collectif des boulevards de Rochechouart et de Clichy (9e et 18e) ont obtenu l'interdiction totale du stationnement des cars de tourisme et le réaménagement de ces boulevards.
Force est de constater que cette réglementation n'est absolument pas respectée. Avec la saison touristique, la situation s'est aggravée, particulièrement le soir et à l'approche du week-end. C'est de nouveau une muraille de cars qui stationnent illégalement, ne respectant pas les couloirs de bus et les règles de la dépose à la hauteur du lycée Jacques-Decour. Cet endroit est redevenu comme avant, "un parking permanent", comme d'ailleurs tous les soirs au niveau de la place Blanche. Cette situation soulève une nouvelle fois la colère des riverains et ne peut perdurer. Des mesures drastiques s'imposent.
Depuis plus d'un mois, le Collectif des riverains a adressé un courrier auprès de la Préfecture de police et de la Ville de Paris afin qu'une réunion se tienne dans les plus brefs délais.
Mme Sophie MEYNAUD, M. Jacques DAGUENET et les membres du groupe communiste demandent à M. le Maire de Paris que la date de cette réunion soit fixée le plus rapidement possible. En outre, comme le demande le Collectif des riverains, il serait important que le processus engagé pour le réaménagement des 2 boulevards reprenne également. Une première réunion s'était tenue le 14 décembre 2000 à la Ville de Paris, avec toutes les parties concernées.
Mme Sophie MEYNAUD, M. Jacques DAGUENET et les membres du groupe communiste demandent également à M. le Maire de Paris de fixer très prochainement une date.
Des crédits ont été votés pour le réaménagement des boulevards parisiens lors de la réunion du dernier Conseil de Paris sur le budget de la Ville. Aussi, demandent-ils que le réaménagement des boulevards de Rochechouart et de Clichy en fasse partie."
Je vous donne lecture de la seconde question :
"Avec le retour de la haute saison touristique, les autocars reviennent en nombre sur les boulevards de Rochechouart et de Clichy (9e et 18e).
Malgré la décision prise l'été dernier - après un long combat des riverains et des défenseurs de l'environnement - d'interdire le stationnement des autocars de tourisme sur ces boulevards, ils sont de plus en plus nombreux à ne pas respecter cette interdiction. D'autres stationnent dans des rues adjacentes ou, pire, tournent en rond dans le quartier en attendant le retour de leurs clients, accroissant ainsi la pollution atmosphérique et sonore dans cette partie de la Capitale.
M. Sylvain GAREL demande, d'une part, à M. le Maire de Paris comment et quand il compte appliquer le point de son programme prévoyant la "mise en place de navettes touristiques électriques limitant le nombre d'autocars à Paris" et, d'autre part, à M. le Préfet de police les mesures qu'il compte prendre pour faire respecter par les autocaristes l'interdiction de stationner sur les boulevards de Rochechouart et de Clichy, ainsi que dans les rues adjacentes."
M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. - La parole est à M. BAUPIN, pour la réponse.
M. Denis BAUPIN, adjoint. - Ces deux questions posent un véritable problème aujourd'hui.
La situation qui est celle des cars de tourisme sur ces deux boulevards est absolument inacceptable. Il existe une réglementation qui interdit le stationnement des autocars sur les boulevards de Clichy et Rochechouart, qui, certes autorise la dépose et la reprise au droit du lycée Jacques-Decour mais n'autorise pas le stationnement des autocars sur ces boulevards.
Par contre, il existe deux parcs, un au Cardinet et l'autre à la Porte Maillot, le deuxième est gratuit, parcs qui sont destinés aux autocars.
La réponse que l'on peut apporter de toute façon, c'est que la réglementation doit être respectée. De ce point de vue, c'est du domaine de la responsabilité de la Préfecture de police.
Le Maire-adjoint au tourisme et moi-même, sommes intervenus auprès du Préfet de police pour réinsister sur le fait que cette réglementation doit être respectée. Nous avons pris la décision de nous rendre sur le terrain, à la demande des associations et des élus locaux, pour constater la situation et nous sommes prêts évidemment à participer à toute réunion sur le terrain.
Par ailleurs, et c'est évoqué dans la question de Mme MEYNAUD, la commission "Montmartre" doit être réactivée. C'est un projet qu'a Jean-Pierre CAFFET. C'est de son domaine de responsabilité. La question de l'aménagement du Boulevard et des autocars devra être au c?ur de la réunion de cette commission.
Plus globalement, en réponse à la question de M. GAREL, il faut aborder de façon plus globale la question des cars de tourisme dans Paris.
Aujourd'hui il y a environ 1.400 cars qui viennent sur Paris dans les jours de grande affluence. Ce problème n'a jamais été pris en compte dans son ampleur jusque-là.
Le nombre de places de stationnement, pour les cars de tourisme, sur la Capitale, est largement insuffisant pour faire face à cette demande.
Il faut une politique globale. Nous allons mettre en place une commission extra-municipale avec les professionnels du tourisme pour mettre en ?uvre le contrat de mandature, qui régit notre action, c'est-à-dire examiner avec ces professionnels des solutions globales sur l'organisation du transport de tourisme qui concilient à la fois évidemment le maintien et le développement du tourisme dans Paris, la qualité de vie ainsi que l'environnement et le respect des riverains, choses qui ne sont pas assurées aujourd'hui, ni les unes, ni les autres.
M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - En complément de ce que vient de dire M. BAUPIN, depuis l'entrée en vigueur de cette interdiction, les services de police organisent en moyenne toutes les semaines des actions ciblées de répression sur site. Celles-ci ont donné lieu à la rédaction de 341 P.V. à l'encontre d'autocars pour non-respect de l'interdiction de stationner ; les montants des consignations relevés s'élevant à plus de 120.000 F.
Les fonctionnaires de police des 9e et 18e arrondissements procèdent également à l'éviction de nombreux autocars en les dirigeant vers le parc de stationnement Cardinet. Ils assurent régulièrement la diffusion, à l'intention des chauffeurs, d'une plaquette d'information sur les possibilités de stationnement sur voirie et hors voirie dans la Capitale.
Cependant, en dépit des nombreux efforts entrepris par les services de police, et de la perception de sommes importantes au titre des consignations, les difficultés de stationnement subsistent en raison, il faut le dire, de l'indiscipline d'un certain nombre de chauffeurs d'autocars qui ne respectent pas la nouvelle réglementation. Il y a un effort à faire vis-à-vis des sociétés d'autocars de façon à modifier le comportement de leurs chauffeurs. Il y a aussi, comme vous l'avez dit, un problème de disponibilités de places dans les parcs de stationnement. Le projet de réaménagement de la pré-fourrière Europe qui n'est pas bien situé par rapport à ce site devrait permettre d'améliorer sensiblement la situation.
M. Jacques DAGUENET. - Dans notre question, il y avait deux aspects et Denis BAUPIN les a énumérés.
1 - il s'agit de faire respecter la réglementation qui a été décidée ;
2 - de relancer le processus de réaménagement des boulevards.
Il y a eu une première réunion en décembre 2000 et depuis il n'y a eu aucune réunion, d'autant que les deux points sont liés.
J'entends bien, Monsieur le Préfet, mais la réalité c'est qu'aujourd'hui à nouveau on parle d'une muraille de cars le long de ces boulevards de ces deux arrondissements.
Ces cars ne respectent pas du tout la réglementation. Ils stationnent illégalement notamment dans les couloirs de bus sans parler de la place Blanche où vous avez le Moulin-Rouge le soir.
Je crois que j'ai bien entendu ce que vous venez de dire mais je crois qu'il y a besoin de mesures plus drastiques. Je ne pense pas que ce soit simplement en s'adressant aux propriétaires des cars de tourisme qu'on résoudra le problème mais en prenant des mesures sur place.
Autant les riverains et leur collectif étaient satisfaits des mesures qui avaient été prises l'année passée, autant à nouveau, sur ces boulevards, il y a beaucoup de colère et de la déception du fait que les mesures ne sont pas du tout respectées. Le collectif des riverains demande qu'une réunion se tienne avec les riverains, la Ville et la Préfecture de police dans les plus brefs délais.
C'est notre souhait.
On souhaiterait avoir une réponse affirmative quant au principe d'une réunion dans les plus brefs délais d'autant plus que lorsque les riverains téléphonent au commissariat, on renvoie la question à la fin de la saison touristique, ce qui n'est pas acceptable.
M. Sylvain GAREL. - Je ne vais pas redire ce que vient de dire M. DAGUENET, que je partage complètement. Il faut effectivement que des mesures soient prises rapidement.
Par rapport à la réponse du Préfet de police qui tout à l'heure disait qu'il intervenait dans les raves pour interpeller les usagers de drogue, je voudrais signaler qu'il y a des circulaires qui disent que les usagers de drogue ne doivent plus être poursuivis, mais seulement les trafiquants... il vaudrait mieux mettre les forces de police sur les boulevards pour empêcher le stationnement et pour faire respecter la réglementation.
On espère que la réglementation va être respectée dans les jours et les semaines qui viennent car l'Association des riverains des boulevards ne comprendrait pas que la situation empire après le changement de majorité.