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Mai 2001
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40 - QOC 2001-63 Question de MM. Gérard LEBAN, Daniel-Georges COURTOIS, Mmes Laurence DREYFUSS, Danièle GIAZZI, Laëtitia LOUIS et des membres du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés" à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police à propos de la "Rave party" qui a eu lieu le week-end de Pâques à la piscine Molitor (16e)

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2001


M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. - La question suivante, de M. LEBAN, M. COURTOIS, Mme DREYFUSS, Mme GIAZZI et Mme LOUIS et des membres du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés" à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police est à propos de la "Rave party" qui a eu lieu le week-end de Pâques à la piscine Molitor, dans le 16e.
Je vous en donne lecture :
"Les habitants du 16e arrondissement ont été choqués par la "Rave Party" qui s'est déroulée le week-end de Pâques à la piscine Molitor.
Des centaines de jeunes gens se sont retrouvés dans cet endroit au mépris de toutes les règles de sécurité, sans que la Préfecture de police n'intervienne. Fort heureusement, aucun incident grave n'a été déploré.
MM. Gérard LEBAN, Daniel-Georges COURTOIS, Mmes Laurence DREYFUSS, Danièle GIAZZI, Laëtitia LOUIS et les membres du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés" souhaitent savoir quelles sont les mesures prises par M. le Préfet de police à la suite de cet incident pour sanctionner les organisateurs et quelles dispositions ont été prises pour empêcher ce phénomène de se reproduire."
La parole est à M. CHERKI.
M. Pascal CHERKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
Je voudrais rappeler à nos éminents collègues qui ont posé la question que la concession d'occupation du domaine public consentie par la Ville de Paris à la Société des piscines de France pour l'exploitation de la piscine Molitor, a pris fin le 1er octobre 1989.
L'ensemble composé de la piscine et des boutiques adjacentes est libre d'occupation depuis janvier 2000. Les locaux et l'accès à la piscine ont été neutralisés et mis sous surveillance.
A la suite du rassemblement qui a eu lieu le week-end de Pâques, les locaux ont fait l'objet d'une nouvelle mise en sécurité afin d'éviter au maximum les intrusions : blindages et neutralisations complémentaires à ceux existants et rehaussement de certains murs. La surveillance des bâtiments par les services de la Direction de la Prévention et de la Protection a été renforcée. Je remercie mon collègue Christophe CARESCHE de la promptitude des mesures prises en cette matière. En outre, la nouvelle municipalité a l'intention, et c'est le plus important à mon avis, d'accélérer la mise au point d'un projet de réhabilitation de la piscine comme le Maire l'a récemment rappelé pour mener à bien cet ambitieux projet un crédit de 5 millions de francs a été inscrit à cet effet dans le budget primitif 2001 et je remercie notre éminent collègue aux Finances, Christian SAUTTER, d'avoir accepté cette revendication prioritaire.
Je terminerai en disant, sur la question de la piscine Molitor, qu'il faut que dans le cadre de cette mandature nous arrivions à réhabiliter cette piscine et à la rendre accessible aux Parisiens. Ce sera la meilleure manière d'éviter la réitération des événements qui ont eu lieu.
(Applaudissements).
M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. - Merci.
Monsieur le Préfet de police a la parole.
M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - En complément de ce qui vient d'être dit, je voulais vous indiquer que de l'enquête qui a été diligentée par les services de la Préfecture de police, il ressort que les premiers participants se sont introduits subrepticement dans les lieux en escaladant les murs d'enceinte. Ce n'est qu'ultérieurement que les fonctionnaires du commissariat central du 16e arrondissement, chargés de ce secteur, ont constaté vers 1 heure 25 la présence de plusieurs centaines de jeunes rassemblés sur la voie publique, aux abords de la piscine et découvert qu'une rave-party y était organisée.
Immédiatement, un dispositif de surveillance a été mis en place ; celui-ci permettait d'évaluer à environ 2.000 personnes le public présent à l'intérieur et aux abords des lieux.
Ce nombre élevé de participants et la nature particulière des festivités en cours ne permettaient pas de procéder à l'arrêt brutal de la soirée ainsi qu'à l'évacuation des locaux en raison des risques graves de troubles à l'ordre public et notamment de débordements violents susceptibles de découler d'une telle mesure.
Néanmoins, et bien qu'aucun incident n'ait été signalé le dispositif mis en place permettait l'interpellation de 10 individus pour usage de stupéfiants et dégradations volontaires de biens publics à la sortie des lieux.
Les premiers départs des participants ont débuté vers 6 heures 30 pour s'achever à 14 heures sous le contrôle des services de police qui veillèrent à prévenir tout incident.
A ce jour, deux plaintes ont été déposées auprès du commissariat central du 16e arrondissement, l'une pour tapage nocturne et l'autre pour dégradation.
Afin d'éviter toute nouvelle intrusion dans ces locaux, comme cela vient d'être indiqué, l'ensemble des issues dégradées a été obturé et renforcé, interdisant l'accès du bâtiment par le rez-de-chaussée et les toits.
J'ajoute pour votre complète information que cette soirée a été organisée par un collectif qui souhaitait protester contre la politique immobilière de la Ville de Paris et réclamait la mise à disposition de lieux d'expression pour le développement culturel, artistique et social.
Je puis vous assurer que les services de la Préfecture demeurent vigilants et veillent à prévenir l'ensemble des rave-parties dans l'ensemble de la Capitale. Cette mission est rendue difficile par la volonté délibérée des organisateurs et participants de dissimuler toute information se rapportant aux lieux de déroulement de ces manifestations qui, de surcroît, ont souvent pour cadre des sites ou des locaux inhabituels pour ce type de rassemblement.
Les services s'efforcent par la consultation du réseau Internet, le recueil de tracts, de messages souvent codés ou recueil d'information auprès d'un public d'initiés, de mettre en échec la tenue de ces rave-parties.
Des mesures législatives en cours d'examen au Parlement qui visent à renforcer l'action des services de police et de gendarmerie en la matière devraient permettre d'accroître l'efficacité de la lutte menée depuis plusieurs années à l'encontre de ce phénomène.
M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Préfet.
La parole est à M. LEBAN.
M. Gérard LEBAN. - Merci, Monsieur le Maire, j'ajouterai deux mots.
Je dirai à M. CHERKI que si Mme la Ministre de la Culture actuelle n'était pas revenue sur ce qui avait été décidé par son prédécesseur, la piscine Molitor serait déjà rouverte aujourd'hui.
J'ai bien noté également que vous ne m'avez pas répondu sur la rave-party. Monsieur le Préfet, il se trouve - chacun le sait - que l'information était sur Internet une semaine avant l'événement. Chacun pouvait se rendre compte qu'il allait y avoir une rave-party à la piscine Molitor. Et personne n'a bougé.
Ce qui me gêne, c'est qu'à la suite de la rave-party, quand les habitants du 16e, les riverains, se sont plaints du vacarme épouvantable et des nuisances considérables, beaucoup de personnes ont téléphoné, Monsieur le Maire, à la Mairie de Paris. On leur a répondu que ce n'était pas le problème de la Mairie mais celui de la Préfecture.
Or, on ne peut pas répondre cela quand il y a un problème de cette gravité. Il faut être conscient qu'il faut tout faire pour qu'il n'y ait plus de rave-party sauvage, dont chacun connaît l'existence ou qui aurait pu être évitée, et tout au moins prévenir la population.
M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. - Merci, Monsieur LEBAN.
Je suis désolé, il n'y a pas de débat. C'est le règlement. C'est le moment des questions orales, ce n'est pas un débat.
M. Sylvain GAREL. - Nous sommes une chambre d'enregistrement, on se contente d'écouter. C'est un fonctionnement totalement bureaucratique.