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Mai 2001
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49 - III - Questions du groupe "Démocratie libérale et indépendants". QOC 2001-104 Question de M. Claude GOASGUEN et des membres du groupe "Démocratie libérale et indépendants" à M. le Préfet de police à propos de la soirée "Rave" organisée le 15 avril 2001 à la piscine Molitor (16e)

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2001


Libellé de la question :
"M. Claude GOASGUEN et les membres du groupe "Démocratie libérale et indépendants" souhaitent attirer l'attention de M. le Préfet de police sur la tenue d'une soirée dite "rave", le dimanche 15 avril dernier, dans l'enceinte de la piscine Molitor (16e).
Cette soirée, qui aurait rassemblé plus de 2.000 personnes, a été notamment l'occasion de nuisances sonores pour les riverains, mais a également donné lieu à la consommation et au trafic de drogues.
M. Claude GOASGUEN et les membres du groupe "Démocratie libérale et indépendants" rappellent que la piscine Molitor est actuellement fermée au public, qu'elle constitue un site classé et que cette "rave" n'est pas la première à être organisée à Paris sans qu'aucune autorisation du Préfet de police, du Maire de Paris ou des maires d'arrondissement n'ait été demandée et reçue.
M. Claude GOASGUEN et les membres du groupe "Démocratie libérale et indépendants" demandent à M. le Préfet de police comment une fête rassemblant autant de personnes et demandant nombre de moyens techniques a pu être organisée sans que la police n'en soit avertie. Ils lui demandent également de bien vouloir leur faire part des poursuites prévues à l'encontre des organisateurs et des participants à cette soirée, notamment ceux qui se sont livrés au commerce de drogues, et enfin ce qu'il compte faire pour que ces "raves", totalement illégales, ne se renouvellent pas."
Réponse (M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE) :
"La piscine Molitor, bâtiment municipal fermé au public et laissé à l'abandon depuis 1989, a fait l'objet, depuis son inoccupation, de multiples dégradations facilitant l'intrusion dans les lieux, des participants à la rave-party, organisée le 15 avril dernier.
Ces dégradations, pour certaines antérieures aux faits signalés, auraient été commises par des personnes sans domicile fixe et de nombreux tagueurs. Les services de police locaux n'ont, toutefois, enregistré que très peu de plaintes à ce sujet. Des études seraient, par ailleurs, actuellement engagées par la Mairie de Paris en vue d'une éventuelle rénovation des lieux.
Il ressort de l'enquête diligentée par mes services que les premiers participants à cette rave-party se sont introduits subrepticement dans les lieux en escaladant les murs d'enceinte. Ce n'est qu'ultérieurement que les fonctionnaires du commissariat central du 16e arrondissement chargés de ce secteur ont constaté vers 1 h 25 la présence de plusieurs centaines de jeunes gens rassemblés sur la voie publique aux abords de la piscine Molitor et découvert qu'une rave-party y était organisée.
Immédiatement un dispositif de surveillance a été mis en place. Celui-ci permettait d'évaluer à environ 2.000 personnes, le public présent à l'intérieur et aux abords des lieux.
Ce nombre élevé de participants et la nature particulière des festivités en cours, ne permettaient pas de procéder à l'arrêt brutal de la soirée ainsi qu'à l'évacuation immédiate des locaux, en raison des risques graves de troubles à l'ordre public et notamment de débordements violents, susceptibles de découler d'une telle mesure.
Néanmoins et bien qu'aucun incident n'ait été signalé, le dispositif mis en place permettait l'interpellation de dix individus pour usage de stupéfiants et dégradations volontaires de biens publics, à leur sortie des lieux.
Les premiers départs des participants ont débuté vers 6 h 30 pour s'achever à 14 h 00, sous le contrôle des services de police qui veillèrent à prévenir tout incident.
A ce jour, deux plaintes ont été déposées auprès du commissariat central du 16e arrondissement, l'une pour tapage nocturne, l'autre pour dégradation.
Toutefois, afin d'éviter toute nouvelle intrusion dans ces locaux, l'ensemble des issues dégradées a été obturé et renforcé, interdisant l'accès du bâtiment par le rez-de-chaussée et par les toits.
J'ajoute, pour votre complète information, que cette soirée a été organisée par un collectif qui souhaitait protester contre la politique immobilière de la Ville de Paris et réclamer la mise à disposition de lieux d'expression pour le développement d'activités culturelles, artistiques et sociales.
Je puis vous assurer que mes services demeurent vigilants et veillent à prévenir la survenance des rave-party dans l'ensemble de la Capitale. Je tiens, toutefois, à souligner que cette mission est rendue particulièrement difficile par la volonté délibérée des organisateurs et participants, de dissimuler toutes les informations se rapportant aux lieux de déroulement de ces rave-party, qui, de surcroît, ont souvent pour cadre des sites ou des locaux inhabituels pour ce type de rassemblements.
Mes services s'efforcent, par la consultation du réseau Internet, le recueil de tracts au message souvent codé, ou par le recueil d'informations auprès d'un public d'initiés, de mettre en échec la tenue de ces rave-party.
Les mesures législatives en cours d'examen au Parlement, qui visent à renforcer l'action des services de police et de gendarmerie en la matière, devraient permettre d'accroître l'efficacité de la lutte menée depuis plusieurs années à l'encontre de ce phénomène."