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Mai 2001
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9 - II - Question d'actualité de Mme Anne LE STRAT et des membres du groupe "Les Verts" à M. le Maire de Paris concernant le problème des logements insalubres

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2001


M. François DAGNAUD, adjoint, président. - La seconde question d'actualité, présentée par le groupe "Les Verts" est relative au problème des logements insalubres.
Mme Anne LE STRAT a la parole.
Mme Anne LE STRAT. - Je vais essayer de respecter mon temps de parole.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, la question dont je vous saisis est d'une triste actualité. Elle touche au c?ur du pacte pour le changement que la majorité que vous conduisez a passé avec les Parisiennes et les Parisiens, puisqu'elle concerne l'égalité d'accès au logement.
Les élus "Verts" souhaitent, en effet, attirer l'attention du Conseil de Paris sur le grave problème des logements insalubres et de la grande précarité rencontrée par les familles locataires de ces immeubles.
Ainsi, dimanche 6 mai, au matin, un nouveau plafond s'est effondré dans le logement de la famille DRAMÉ, au 16 de la rue Pierre-Budin, dans le 18e arrondissement. Ce n'est malheureusement pas la première fois. Depuis trois ans, des écroulements successifs, dus à l'état d'insalubrité avancé de l'immeuble, occasionnant des évacuations régulières des locataires, ont rendu cet immeuble particulièrement dangereux pour ses résidents.
La Ville de Paris, propriétaire à 90 % de l'immeuble, qu'elle rachète lot par lot depuis 1993, s'était pourtant engagée, suite à un précédent effondrement en novembre 2000, à lancer un processus de relogement en urgence sur l'ensemble des habitations. Cet engagement, pris par l'ancienne municipalité, est demeuré lettre morte. Fidèle à sa politique, la majorité sortante de droite a laissé l'inaction succéder aux promesses. Depuis lors, les familles sont restées sans nouvelles.
Trois nouveaux effondrements ont fini par pousser une partie des habitants de l'immeuble à camper dans la rue, en face de l'immeuble de peur d'un accident, chaque jour plus probable.
Quatre propositions orales de relogement ont été émises. A ce jour, seules deux familles locataires se sont vues confirmer ces propositions par écrit. Pour les autres, rien.
Il faut signaler que ces familles sont pourtant locataires depuis de nombreuses années, pour la famille DRAMÉ depuis 1985, et ont régulièrement payé leur loyer. Familles de deux à trois enfants, dont les deux parents travaillent, elles ont régulièrement, depuis des années, déposé leur demande de logement social, sans succès jusqu'à maintenant.
La gravité de ces faits m'amène à vous poser la question suivante. Les élu-e-s du groupe "Les Verts" souhaitent savoir quelles mesures vont être mises en ?uvre pour assurer le relogement des familles du 16, rue Pierre-Budin qui n'ont que trop souffert des promesses non tenues de l'ancienne majorité municipale, et, de manière plus générale, considérant que la question du relogement est l'une des priorités politiques de la mandature en cours et qu'il y a urgence à traiter le problème de l'habitat insalubre, quelles mesures comptez-vous prendre pour prévenir des situations similaires et répondre à l'urgence de la situation des personnes qui vivent dans ces conditions inacceptables ?
Merci.
M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Je vous remercie.
M. MANO a la parole.
M. Jean-Yves MANO, adjoint. - Merci, Madame, de votre intervention. Je regrette comme vous l'état du patrimoine de certains immeubles parisiens notamment l'état du patrimoine, qui concerne 95 immeubles, dont la Ville est en partie propriétaire. Dans le cas précis, au-delà de la réponse que je pourrais vous apporter sur le traitement de l'habitat insalubre, cet immeuble a subi régulièrement des incidents graves notamment un dernièrement. Et vous noterez une intervention rapide des services qui le soir même étaient sur place, étudiaient la situation et faisaient des propositions concrètes aux familles concernées. Certes, l'inquiétude demeurait puisqu'un campement bref a été organisé en face de l'immeuble. Pour autant, je peux vous affirmer qu'il est prévu que la Ville relogera les huit familles. Aujourd'hui, deux familles sont relogées, deux autres sont à un jour près de la réception de leurs propositions et les quatre autres dans les jours à venir.
Il faut que vous soyez consciente que si nous disons aujourd'hui à des familles qu'elles seront relogées, nous tenons nos promesses et nos engagements. C'est un principe de fonctionnement que nous adoptons de façon générale. Certes, les choses ne sont pas toujours simples à appliquer dans l'immédiat mais nos engagements seront tenus dans des délais raisonnables pour que ces familles trouvent un toit décent.
De façon plus générale, je voudrais vous préciser qu'il est bien évident que le relogement des personnes sera fait à effectifs constants sur la base d'un inventaire précis qui à été fait à une certaine époque, c'est bien ces familles que nous nous engageons à reloger.
En ce qui concerne la politique de l'habitat insalubre. Sachez qu'aujourd'hui nous réfléchissons à la structure la mieux adaptée pour des questions d'efficacité. En matière de résorption de l'habitat, nous serons amenés à vous faire une proposition concrète. Bien évidemment, dans cette attente, nous traiterons les dossiers et nous ne freinerons en rien les procédures en cours, notamment la loi "Vivien".
(M. le Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.