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Mai 2001
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46 - QOC 2001-82 Question de Melle Roxane DECORTE et des membres du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés" à M. le Maire de Paris sur le mécontentement des riverains du site "Pajol" et de la cour du Maroc (18e)

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2001


M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. - Nous passons à la question de Melle DECORTE et des membres du groupe "R.P.R.", relative au mécontentement des riverains du site "Pajol" et de la cour du Maroc.
Je vous en donne lecture :
"Melle Roxane DECORTE et les membres du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés" souhaitent relayer l'inquiétude et le mécontentement des riverains du site "Pajol" et de la cour du Maroc (18e).
Ce dossier délicat est celui de l'extension envisagée de 12.000 mètres carrés en sus des 17.000 mètres carrés existants de l'entreprise "Tafanel" pour laquelle la S.N.C.F., propriétaire des terrains, a déposé, en août dernier, un permis de construire à la Préfecture de Paris. Il est utile de préciser que l'entreprise "Tafanel" reçoit par rail environ 55.000 tonnes de boissons par an (bières, eaux minérales, jus de fruits et sodas) qu'elle stocke, puis livre par camions environ 3.000 clients (cafés, restaurants, hôtels, collectivités) dont 85 % dans Paris intra-muros. L'entreprise souhaite s'étendre pour augmenter sa capacité de stockage. La S.N.C.F. y trouve son intérêt : en effet, l'accroissement de l'activité de "Tafanel" entraînera un développement du fret ferroviaire.
M. Daniel VAILLANT, maire du 18e arrondissement, avait donné un avis favorable à ce permis de construire, sous réserve d'un engagement sur l'aménagement d'un espace vert de 3,5 hectares et de la rue d'Aubervilliers, la poursuite du plan de dépollution du dépôt S.N.C.F. "Pajol-Villette" et l'engagement par l'entreprise requérante de réduire les nuisances. Les riverains subissent dès 6 heures du matin le bruit du chargement des camions. L'entreprise "Tafanel", qui représente 350 emplois, occuperait donc, en plein c?ur de Paris, près de 30.000 mètres carrés à des fins d'entreposage et aggraverait encore d'autant la pollution atmosphérique, sonore et visuelle, sans compter les encombrements routiers par la rotation de centaines de camions.
La recherche d'une solution alternative permettant le développement sur un site de tout ou partie de l'activité de l'entreprise concernée est possible. La cour du Maroc représente une formidable opportunité pour un grand projet qui contribuerait à réhabiliter ces quartiers défavorisés et à répondre aux besoins des habitants.
Il s'agit là d'un véritable enjeu de qualité de ville. Aussi, dans ces conditions, serait-il possible à M. le Maire de Paris de préciser de manière claire sa position par rapport à l'extension envisagée de l'entreprise "Tafanel"."
M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. - La parole est à M. CAFFET, pour la réponse.
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
Je voudrais répondre à Melle DECORTE à la fois sur le fond et sur l'intégralité de la question parce qu'il ne m'a pas échappé que Melle DECORTE se faisait le relais de ce qu'elle appelle l'inquiétude et le mécontentement des riverains du site "Pajol" mais aussi de la cour du Maroc.
Je voudrais rappeler tout d'abord, ne serait-ce que brièvement, que si inquiétude et mécontentement des riverains il y a sur ces deux sites, il me semble que c'est quand même en grande partie en raison de l'inertie et de l'inaction de la municipalité précédente.
Donc, je rappelle que ce site "Pajol" a fait l'objet d'une Z.A.C. contre la volonté des riverains et contre la volonté du Conseil du 18e arrondissement au début de 1996. Cette Z.A.C., qui comprenait 600 logements, a été piteusement abandonnée par l'ancienne municipalité qui a en outre refusé de prendre en considération les propositions de la municipalité du 18e, à savoir un IUT, des logements étudiants et un jardin de 5.000 à 10.000 mètres carrés.
Quant à la cour du Maroc, vous savez qu'il existait un vieux projet de Daniel VAILLANT qui date de 1992, celui des "jardins d'Eole". Je me souviens que M. CHINAUD, l'ancien maire du 18e arrondissement, avait cette formule qui consistait à dire "les jardins d'Eole, c'est du vent". Eh bien, je constate quand même que cette idée a fait son chemin et si elle a fait son chemin ce n'est pas grâce à l'ancienne municipalité mais grâce à l'Etat, qui en la personne du Préfet DUPORT à réussi à réunir tous les acteurs concernés, y compris ceux du Conseil régional d'Ile-de-France. Et c'est cette concertation qui a abouti au compromis actuel qui, d'une certaine manière, me semble-t-il, exprimait l'intérêt général.
Ce compromis quel était-il ? L'extension de Tafanel, car c'est là-dessus que porte la question de Melle DECORTE, était soumise à un certain nombre de conditions drastiques en matière de réduction des nuisances et de diminution de la pollution et de circulation des camions. Parallèlement, la Ville s'engageait à réaliser un jardin de 3,5 hectares. Cet engagement n'est jamais venu et nous l'attendons toujours.
Alors pour rassurer Melle DECORTE je peux lui dire deux choses : sur le site "Pajol", si elle veut rassurer les riverains dont il paraît qu'ils s'inquiètent et sont mécontents, elle peut dès cet après-midi leur indiquer que le Conseil de Paris, après le Conseil du 18e, sera prochainement saisi d'une délibération relançant cette Z.A.C., en commençant par une concertation avec les habitants.
Ensuite sur la cour du Maroc, la première chose que j'ai faite en arrivant, après avoir reçu ma délégation d'adjoint, c'est de demander - ce que n'avait pas fait la municipalité précédente - une estimation du coût foncier de ce terrain pour savoir si oui ou non la Ville avait la capacité financière de l'acheter en totalité.
Aujourd'hui la question reste ouverte, et toutes les hypothèses sont possibles : l'achat de l'intégralité du terrain ou simplement l'achat de la partie hors extension de Tafanel.
Il faudra avoir à l'esprit un certain nombre de critères tels que l'intérêt ou non de conserver une activité ferroviaire, l'intérêt ou non de conserver une activité économique et de l'emploi sur ce site, et il faudra également, j'en termine, Monsieur le Maire...
M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. - Je vous remercie.
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - ... prendre en considération le coût financier de ce terrain.
Voilà ce que je voulais dire, aujourd'hui sur la cour du Maroc : toutes les options sont ouvertes. En tous cas, je veux rassurer Melle DECORTE en lui disant que ce jardin, la municipalité fera tout son possible pour qu'il soit inauguré avant la prochaine mandature.
M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. - Merci pour votre réponse et votre action.
La parole est à Melle DECORTE.
Melle Roxane DECORTE. - Je suis un peu rassurée mais seulement un peu parce que je trouve que vous avez fait preuve d'une particulière mauvaise foi dans votre propos. Vous êtes un élu du 18e, de l'ancienne municipalité, et vous savez très bien que les riverains n'ont aucune envie de faire les frais d'un marchandage entre la mairie du 18e et la S.N.C.F.
Vous avez parlé des "jardins d'Eole", c'était une belle promesse de Daniel VAILLANT en 1992, on a même eu Ségolène ROYAL, je me souviens bien en 1993, Ministre de l'Environnement, qui était venue planter un arbre dans ce lieu symbolique.
Je crois que par moments s'engager en politique c'est aussi penser à l'intérêt général et l'intérêt général c'est l'intérêt des habitants, des riverains de cette cour du Maroc et de la rue d'Aubervilliers.
On nous parle de l'extension de Tafanel. Tafanel se présente comme une entreprise citoyenne, et moi ce que je crains c'est que l'on n'arrive jamais efficacement à bout de toutes ces nuisances. Les habitants disent qu'ils ont des nuisances dès 6 heures le matin donc je crois qu'il ne faut pas polémiquer sur le sujet, c'est un sujet d'intérêt général. J'espérais un peu moins de polémique de votre part.
M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. - Merci, Mademoiselle DECORTE.