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Mai 2001
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87 - QOC 2001-77 Question de Mme Catherine GÉGOUT et des membres du groupe communiste, à M. le Maire de Paris concernant l'occupation du foyer d'urgence de la Mie de Pain par 90 sans-abri (13e)

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2001


M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. La question suivante, de Mme Catherine GÉGOUT et des membres du groupe communiste concerne l'occupation du foyer d'urgence de "La Mie de Pain" par 90 sans abri dans le 13e.
Je vous en donne lecture :
"90 sans abri, soutenus par le Comité des sans logis, ont occupé le foyer d'hébergement d'urgence de "La Mie de Pain" (13e) depuis le 30 avril, date officielle de sa fermeture.
Ce mouvement dénonce le manque de places d'hébergement d'urgence à Paris, revendique la possibilité pour les sans-abri de sortir de l'urgence sociale par l'accès à des structures de réinsertion ou au logement social et demande la réquisition des logements vides.
Mme Catherine GÉGOUT et les membres du groupe communiste soulignent que les efforts des associations humanitaires et des institutions pour que les sans-abri sortent de l'urgence par une insertion dans un logement, un travail, sont gravement compromis parce que les personnes "sans papiers" n'ont aucun droit et viennent grossir le nombre des gens de la rue, sans possibilité d'en sortir. La solution de cette situation dramatique est entre les mains du Gouvernement.
Mme Catherine GÉGOUT et les membres du groupe communiste demandent quelles dispositions sont prises pour que le nombre de lits d'hébergement d'urgence à Paris ne baisse pas en été car les besoins sont là toute l'année. De plus, ils attirent l'attention sur la nécessité de prévoir dès maintenant des dispositifs complémentaires pour l'hiver prochain."
Madame KOMITES, vous avez la parole.
Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe. - En ce qui concerne l'hébergement d'urgence, 2.765 lits resteront ouverts cet été à Paris, dont 343 qui sont gérés par le CASVP et 515 lits installés dans des locaux mis à disposition soit par la Ville, soit par l'A.P.-H.P., dont la participation au titre d'une gestion directe ou des locaux constitue environ un tiers de la capacité d'accueil parisienne.
Je vous précise que nonobstant la répartition des compétences qui a laissé la responsabilité financière de la prise en charge de l'urgence à l'Etat, la Ville a accepté de prendre à sa charge le coût de fonctionnement des centres Fonck et Curial durant toute la période estivale.
Notre collectivité a par ailleurs programmé dès le budget 2001 la restructuration et l'humanisation du centre d'accueil Crimée à hauteur de 10 millions de francs.
Je souhaite également vous indiquer que la Ville est prête à s'associer à une réflexion rapide avec les services de l'Etat sur les modalités d'une amélioration des conditions d'accueil des personnes en grande difficulté et que cette action sera complétée notamment par un effort en faveur de la création de résidences sociales qui sont nécessaires à la sortie de l'urgence et la réinsertion des personnes en difficulté.
M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. - Merci, Madame KOMITÈS.
Madame GÉGOUT, très rapidement, vous avez la parole.
Mme Catherine GÉGOUT. - Oui, très rapidement, simplement concernant l'occupation de "La Mie de Pain", je pense qu'il serait très urgent que la table ronde dont le principe avait été accepté par la Préfecture, la Ville, pour essayer de trouver une solution pour ces gens-là, ait lieu. La Ville devrait peser de tout son poids pour que cette table ronde se tienne.
La condition qu'émettait la D.A.S.S. était que les personnes évacuent le foyer, ce n'est pas le cas, mais ces gens-là ne souhaitent pas rester là. Ils ne souhaitent pas que "La Mie de Pain" devienne un lieu d'occupation et ce n'est pas leur objectif. Il serait très important, vu que la situation est aujourd'hui bloquée, que cette table ronde se tienne pour discuter et trouver des solutions.
Sur l'hébergement d'urgence, d'autre part, le nombre de lits que vous indiquez est tout-à-fait exact. Il y a eu un effort important de la part de l'Etat sur le nombre de places d'urgence. Le problème c'est que cette population est en augmentation très importante et, d'autre part, l'arrivée de familles demandeuses d'asile a complètement bloqué le système, a occupé toutes les chambres d'hôtel, tous les nouveaux lits qui se créaient.
Sur le principe de moins de lits en été qu'en hiver, 600 places de moins, à mon avis, est un très mauvais principe. Il y a autant de gens sans abri en été qu'en hiver, c'est aussi cela qui a provoqué cette occupation.
Il faut se rendre compte qu'un certain nombre, un nombre croissant, de gens sont pris dans une nasse, dans le système d'hébergement d'urgence parce qu'il s'agit de personnes qui sont en situation irrégulière. Il y a des gens qui sont demandeurs d'asile territorial, ils n'ont aucun droit, ils sont Algériens, ils ne peuvent pas rentrer chez eux. Ils pourraient travailler mais ils sont coincés dans un système qui fait que n'ayant pas droit à l'insertion parce qu'ils n'ont pas de droit du tout, ils bloquent le système d'urgence. Je crois qu'en liaison avec les organisations humanitaires, il y aurait des solutions à trouver pour qu'un certain nombre de ces personnes là puissent arriver à trouver une solution d'insertion et qu'on puisse appuyer auprès de l'Etat avec des arguments qui permettraient de monter que ces gens-là sont utiles au développement de notre pays.
Sinon notre système d'hébergement d'urgence est voué à une croissance exponentielle.
(Applaudissements).
M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. - Merci, Madame GÉGOUT.