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Decembre 2004
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Déliberation

Vœu concernant la mise en place d’un dispositif d’accueil des usagers de drogues.

Déliberation/ Conseil municipal/ Décembre 2004 [2004 V. 292]


 

Délibération affichée à l?Hôtel-de-Ville
et transmise au représentant de l?Etat le 6 janvier 2005.
Reçue par le représentant de l?Etat le 6 janvier 2005.

Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal,

Le 16 novembre dernier, des usagers de drogues ont été expulsés d?un bâtiment appartenant à RFF dans le 18e arrondissement de Paris. Ce site, dangereux et insalubre, avait été investi le 8 septembre dernier, au lendemain de l?évacuation d?un précédent squat distant de quelques centaines de mètres. Les associations et les professionnels avaient alors dénoncé l?inanité d?une telle expulsion dénuée de perspectives pour cette population en errance rejetée de toute part. A l?entrée de l?hiver tous s?inquiètent du sort de ces femmes, de ces hommes, usagers de drogues, dont certaines sont atteintes de pathologies graves (sida, hépatites, tuberculose). Cette population laissée pour compte n?a, dès lors, pas d?autre choix que de retourner dans la rue avant d?investir de nouveaux lieux, aussi sordides et isolés, ou de trouver refuge dans les caves des immeubles les plus dégradés. Ce qui ne manquera pas de dégrader encore un peu plus les conditions de vie des habitants de cette partie du Nord-Est parisien.

Pourtant, lors d?une réunion à La MILTD le 18 octobre dernier, le constat public de la dangerosité de cette situation a été fait et la recherche de solutions humainement acceptables esquissée. Parmi celles-ci, l?installation temporaire d?un dispositif d?accueil d?urgence a été envisagée par la grande majorité des intervenants comme susceptible de répondre aux besoins de première nécessité de ce groupe particulier d?usagerEs de drogues tout en permettant de mieux appréhender sa réalité et de recréer un lien avec lui.

Ce projet n?a pas abouti parce qu?il n?a pas été possible de trouver un terrain pour installer ce dispositif et que l?Etat qui a principalement en charge de dossier a, une fois de plus, refusé toute politique innovante en la matière. Pourtant, lors du récent Symposium international de Paris ?Politiques publiques de drogues : innovations locales et défis internationaux? (25 et 26 novembre) organisé par The Senlis Council, institut international de réflexion sur les drogues, a été évoqué la marginalisation croissante des usagers de crack du nord-est parisien et la nécessité d?ouvrir de toute urgence àParis des salles d?injection contrôlées. Et de nous rappeler que ces dispositifs, plus de 60 pour 36 villes européennes, ?ont prouvé leur efficacité pour résorber les problèmes sanitaires et de sécurité?. Dans toutes les métropoles où ces expériences sont nées, elles se sont inscrites dans le cadre d?une politique gouvernementale largement expliquée.

Ainsi, au-delà de ce constat largement partagé et afin d?enrayer l?exclusion sanitaire et sociale des usagers de drogues et de ne pas pénaliser les habitants des quartiers où se concentrent les usagers de drogues, le Conseil de Paris,

Sur proposition de M. Alain LHOSTIS, au nom de l?Exécutif et de Mme Véronique DUBARRY et de M. Sylvain GAREL, au nom du groupe ?Les Verts?,

Emet le v?u :

que la ville demande à l?Etat de prendre la décision de s?engager à son tour dans l?expérimentation d?un tel dispositif en l?accompagnant d?une information auprès des citoyens ;

que la collectivité parisienne accompagne cette démarche en étant le relais dans le débat nécessaire avec la population et les acteurs de terrain. Cette expérimentation ne devant pas se limiter à la simple gestion d?un lieu de libre consommation mais constituer un point d?appui pour une prise en charge sanitaire et sociale.