Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Novembre 1996
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Général
> Type de document (Débat / Délibération)  

10- 1996, GM. 386 - Subventions à l'association "Emmaüs" (10e) et à l'association "Les haltes des amis de la rue" (13e) dans le cadre du dispositif des "Espaces-Solidarité-Insertion".

Débat/ Conseil général/ Novembre 1996



M. Philippe LAFAY, président. - Nous passons au dernier projet de délibération ayant donné lieu à inscription et référencé GM. 386 : subvention à l'association " EMMAUS " et à l'association " Les haltes des amis de la rue " dans le cadre du dispositif des " Espaces solidarité insertion ".
Je donne la parole à Mme STIEVENARD.
Mme Gisèle STIEVENARD. - Monsieur le Président, le mois dernier le Maire de Paris a présenté en séance et à la presse une communication sur la politique sociale en faveur des Parisiens.
Au chapitre de la lutte contre l'exclusion était mentionnée la volonté conjointe de la Ville, de l'Etat et de la R.A.T.P. d'augmenter le nombre des lieux d'accueil de jour pour les personnes sans abri. Il était mentionné qu'aux sept espaces solidarité-insertion existants viendraient prochainement s'ajouter trois nouveaux centres.
Or, si la délibération présente complète le financement de deux espaces santé-insertion existants, il n'y a rien concernant les nouveaux centres.
Nous savons que l'Etat dispose de crédits à cet effet dont nous souhaitons la mobilisation rapide, ce qui suppose une décision urgente de la part de l'exécutif départemental sur les dossiers déjà instruits par les services quant à leur localisation et à leur gestionnaire.
Le 16 octobre dernier, veille de la Journée internationale de lutte contre la misère, le Président de notre groupe, Bertrand DELANOË, entouré des élus socialistes et apparentés de la 5e commission, a rendu publique notre contribution à la lutte contre l'exclusion à Paris. L'une des 25 propositions faites à cette occasion soulignait justement la nécessité de porter rapidement le nombre de centres d'accueil de jour de sept à douze, avec le souci d'une juste répartition géographique. C'est un aspect de la nouvelle dynamique que nous appelons de nos voeux pour faire vivre la solidarité à Paris.
C'est pourquoi nous vous demandons de presser le pas dans ce domaine, à l'entrée de l'hiver particulièrement. Nous voulons éviter ce qui s'est passé avec le projet d'ouverture de l'espace insertion-santé pour les femmes, dont l'implantation rue Saint-Dominique dans le 7e avait été annoncée par M. CHIRAC lorsqu'il était encore Maire de Paris et qui est passé aux oubliettes sans aucune explication !
Mme Marie-Thérèse HERMANGE. - Mais ce n'est pas vrai !
Mme Gisèle STIEVENARD. - Je terminerai en évoquant la boutique solidarité Emmaüs rue Bichat, dont la subvention dans le mémoire est fixée à 615.000 F sur un budget total de 1,8 million de francs.
Compte tenu des obligations fixées dans la convention évoquée en juin dernier, qui imposent un accueil six jours sur sept, voire une permanence le dimanche en service minimum sur des plages horaires les plus larges possibles, il est heureux que les bénévoles soient nombreux pour renforcer l'équipe des salariés. Je crois néanmoins qu'il serait judicieux de prévoir une réévaluation des crédits pour l'an prochain pour les différentes structures, car il n'est pas aisé de tenir dans les enveloppes budgétaires actuelles.
Bien évidemment, nous voterons les subventions présentées.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).

M. Philippe LAFAY, président, au nom de la 5e Commission. - Madame STIEVENARD, je vais vous répondre.
Comme vous le savez, par délibération du 24 juin 1996, le Département, l'Etat et la R.A.T.P. ont signé une convention relative aux modalités de création et de financement des espaces solidarité-insertion. Le montant arrêté en 1996 par le Département en matière de financement est de 5.465.000 F.
Trois structures, comme vous l'avez vu dans le projet, ont d'ores et déjà été financées à hauteur de 4.250.000 F.
Le présent projet de délibération concerne le financement de deux autres structures, Ezy-Emmaüs, rue Bichat dans le 18e, et les Haltes-Amis de la rue, rue de Rambouillet dans le 12e. Son montant total est de 1.215.000 F, complétant ainsi à 5.465.000 F l'enveloppe 1996 de ces espaces solidarité-insertion.
Comme indiqué par le Maire de Paris lors de sa dernière communication sur la politique sociale, trois nouvelles structures devraient être financées dans les tout prochains mois : accueil de la Pitié-Salpêtrière dans le 13e, accueil de l'hospice Saint-Michel dans le 12e, accueil de la station Saint-Martin.
Il convient de dire que la convention signée et le programme prévu vont au-delà de la reconduite du dispositif existant pour les raisons suivantes :
- augmentation du nombre de structures existantes à dix dès 1997, voire douze ultérieurement (deux de plus) ;
- financement de travaux d'investissement par la R.A.T.P. pour améliorer les conditions d'accueil des publics en difficulté ;
- enfin, mise en réseau informatique des S.E.I. de façon à mieux connaître les populations accueillies et donc leur rendre un meilleur service ;
- constitution en plus d'un socle de prestations communes (vestiaires, douches, accueil convivial) et développement de prestations sociales via un travailleur social à temps partiel chargé d'orienter le bénéficiaire vers les structures de droit commun de la collectivité parisienne et paramédicale (soins infirmiers, vacations médicales ou psychiatriques).
C'est donc tout un ensemble de prestations nouvelles, coordonnées, complémentaires, qui se mettront progressivement en place dans les espaces solidarité-insertion au cours des prochains mois.
Peut-être Mme HERMANGE veut-elle dire un mot ?
Mme Marie-Thérèse HERMANGE. - Oui, sur la rue Saint-Dominique, pour dire que nous travaillons avec Martine AURILLAC et les élus du 7e sur ce dossier, que la rue Saint-Dominique va bientôt ouvrir, que c'est un nouveau concept que nous mettons en place et qu'une fois de plus l'opposition pense la politique sociale en termes de structures. Je ne sais pas, Madame STIEVENARD, pourquoi il faut douze espaces solidarité-insertion et pas vingt ? Nous, on ne pense pas la politique sociale comme cela, on pense la politique sociale comme étant absolument nécessaire pour tout individu pour avoir un suivi et un accompagnement individuel, parce que nous sommes convaincus qu'aucune structure ni aucune prestation ne peut réinsérer l'individu.
Alors, c'est bien d'avoir des structures, mais il faut avoir des hommes pour les faire fonctionner. Cela coûte cher et la meilleure solution, c'est de trouver les hommes et les femmes qui peuvent accompagner dans leur parcours celles et ceux qui souffrent.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

M. Philippe LAFAY, président. - Nous allons mettre aux voix, à main levée, ce projet de délibération GM. 386.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, M. DUMAIT ayant voté contre, M. REVEAU s'étant abstenu. (1996, GM. 386).