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Mai 2004
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7 - 2004, SG 54 - Subvention à l'association "Maison des Femmes" pour son action contre les violences faites aux femmes (12e). - Montant : 15.000 euros

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2004


M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme LE STRAT.
Mme Anne LE STRAT. - Merci, Monsieur le Maire.
Oui, mes interventions étaient relatives aux projets de délibération concernant la prostitution et là, je voulais m'exprimer en effet sur l'association "Maison des femmes".
Nous ne pouvons bien évidemment que nous féliciter d'accorder une subvention à cette maison pour l'action qu'elle mène contre les violences faites aux femmes par le biais de permanences et de groupes de parole. Cela s'inscrit dans la politique menée par la Ville en faveur de l'égalité femmes-hommes et de la lutte contre les violences.
Nous savons tous que la "Maison des femmes" est un lieu important, ouvert à toutes les femmes qui, parce qu'elles se retrouvent isolées, en situation précaire, victimes de danger ou de violence, ont besoin d'échanger, d'être accueillies, informées et, pour certaines d'entre elles, ce sont des cas d'urgence.
Via des groupes de parole et des permanences collectives, les femmes en grande difficulté trouvent dans ce lieu une écoute et une aide pour améliorer leur situation. Malheureusement, la violence faite aux femmes est toujours un thème d'actualité. Aujourd'hui de plus en plus de femmes cherchent à briser le silence et à sortir de l'isolement, et cela notamment grâce à des structures comme la "Maison des femmes".
Ces actions qu'elle mène ont d'ailleurs une portée très large. Elles peuvent ainsi constituer un outil de prévention de la prostitution, et nous en revenons au débat que nous avons eu précédemment.
Au Conseil de Paris de mars dernier, lors d'un v?u que le groupe des élus "Les Verts" avait déposé, nous avons déjà débattu de la "Maison des femmes" et de la manière dont nous pourrions l'aider financièrement. Nous demandions alors que la "Maison des femmes" puisse bénéficier d'une subvention compensatrice de loyer. Cette demande n'a pas été entendue par l'Exécutif au motif que la responsabilité des difficultés financières de l'association incombait à l'Etat et que la Ville n'avait pas à lui verser de soutien financier au titre du loyer.
Certes, il est indéniable que nous subissons dans ce cas comme dans d'autres le désengagement de l'Etat, dans des pans entiers de la vie sociale et associative, et cela en contradiction avec les discours entendus, mais ce Gouvernement n'est pas à une contradiction près.
Pour autant, si l'on souhaite une pérennisation du travail et des actions mis en place par la "Maison des femmes", deux éléments sont nécessaires : un enracinement dans le territoire qui passe par l'assurance de disposer de locaux et une consolidation des ressources humaines, seul gage d'une continuité dans le travail.
Concernant le premier point, le loyer, je tiens à rappeler que certaines associations bénéficient déjà de subventions compensatrices de loyer. Citons à titre d'exemple la "Maison de l'Europe" qui bénéficie d'une subvention de loyer de 78.752 euros.
Egalement, à ce Conseil de Paris, nous sommes sollicités par un v?u demandant que l'association "Immanence", dans le 15e arrondissement, puisse bénéficier de ce type de subvention.
Et je citerai enfin l'exemple de la "Maison des femmes" de Nantes pour laquelle la Municipalité assure un soutien au titre des locaux et des ressources humaines.
En conclusion, nous ne pouvons qu'approuver cette subvention, mais si la pérennité de ce lieu n'est pas assurée, si cette association est constamment en situation difficile, tant au niveau des locaux que du personnel, alors ces actions que nous reconnaissons être fort utiles risquent bien d'être mises en péril.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à Mme HIDALGO.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au nom de la 1ère Commission. - Anne LE STRAT a, bien sûr, bien fait de rappeler l'attachement que nous avons tous pour cette structure qui joue un rôle très important dans le service qu'elle rend, notamment sur la question des violences, cet accueil qu'elle fait vis-à-vis de femmes précaires. Elle a fort justement rappelé que l'Etat avait réduit de 41 % sa subvention en 2004 et que l'origine des difficultés de la "Maison des Femmes" se trouve à ce niveau-là. Mais, comme nous nous y étions engagés lors du dernier Conseil de Paris, vous vous souvenez que nous avions dit qu'un certain nombre de subventions étaient dans les tuyaux, pour parler rapidement, dont celle que nous présentons aujourd'hui, une subvention de 15.000 euros, mais nous nous étions engagés aussi à aller au-delà puisque, bien évidemment, compte tenu de la difficulté financière que rencontre aujourd'hui la "Maison des Femmes" et de l'envie que nous avons de pérenniser ce lieu, nous avons travaillé sur des pistes complémentaires. Ainsi, chers collègues, au mois de juin prochain, une nouvelle demande de subvention sera présentée à ce Conseil, instruite notamment par Christian SAUTTER et moi-même, pour une action dédiée aux femmes en recherche d'emploi. Et sur la question du loyer, nous sommes en train de travailler, et je pense que nous pourrons conclure aussi d'ici le prochain Conseil du mois de juin, non pas à une subvention compensatrice de loyer, mais clairement à un apurement de la dette de loyer. Ce plan est en train d'être travaillé avec la D.L.H. et l'O.P.A.C.
Nous voulons, comme je l'ai fait auprès des responsables de cette "Maison des Femmes", assurer l'ensemble des Conseillers de Paris et la "Maison des Femmes" elle-même de notre volonté de les maintenir en vie, en activité, parce que nous avons besoin de ce lieu et donc, nous ferons tout, comme nous nous y étions engagés, pour que ce lieu puisse vivre, et vivre bien, même si la responsabilité de ses difficultés de fonctionnement revient aujourd'hui pour l'essentiel à l'Etat, ce qu'il ne faut pas omettre - et vous ne l'avez pas fait - de rappeler parce que c'est quand même un problème pour l'ensemble des associations de Paris.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 54.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, SG 54).