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Mai 2004
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24 - III - Question d'actualité du groupe socialiste et radical de gauche à M. le Maire de Paris sur la situation des kiosquiers à Paris

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2004


M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. BLOCHE pour la question suivante.
M. Patrick BLOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.
C'est donc une question du groupe socialiste et radical de gauche sur la situation des kiosquiers à Paris.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, la situation des kiosquiers à Paris est de plus en plus préoccupante. Acteurs majeurs de la diffusion de la presse d'opinion, animateurs de l'espace public, les kiosquiers sont confrontés depuis de nombreuses années à des difficultés économiques qui compromettent leur pérennisation.
Consciente de cette fragilité, la Ville de Paris s'est saisie de ce dossier complexe et a engagé dès 2002 une action d'urgence pour favoriser la diffusion de la presse et venir en aide à une profession dont les conditions de travail quotidiennes sont de plus en plus difficiles. Le protocole d'accord signé le 16 juillet 2002 par l'ensemble de la profession apportait des réponses concrètes concernant le maillage du réseau des kiosques, le nombre de titres distribués, la modernisation des kiosques, etc.
La mise en ?uvre de ces dispositifs provisoires s'est traduite par des engagements financiers importants. Les professionnels ont apporté une contribution exceptionnelle de 600.000 euros pour six mois, et la Ville de Paris une aide de plus de 150.000 euros, principalement destinée à ceux dont les revenus sont les plus modestes sous la forme d'une réduction du montant de la redevance d'occupation du domaine public.
Vous nous avez ainsi indiqués ici même, Monsieur le Maire, que ces mesures avaient été bénéfiques puisqu'elles ont non seulement contribué à enrayer les fermetures de kiosques, mais qu'elles avaient également favorisé la réouverture de 7 points de vente.
Ce plan d'urgence n'était que provisoire, et depuis l'échec du protocole du mois d'avril 2003, faute d'un accord au sein de la profession, seule la Ville de Paris continue à soutenir les kiosquiers en maintenant la réduction de la redevance. Cet effort représente plus de 300.000 euros par an, soit la moitié du total des redevances perçues.
Aujourd'hui, les kiosquiers parisiens rencontrent donc toujours autant de difficultés et annoncent d'ailleurs pour demain un mouvement de grève. C'est également demain que se tiendra une réunion sur la distribution de la presse en France au Conseil supérieur des messageries de la presse.
Qu'en est-il à Paris ? Peut-on espérer, Monsieur le Maire, une issue prochaine qui permette le maintien et le développement des kiosquiers dans notre Capitale ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.
M. SAUTTER a la parole.
M. Christian SAUTTER, adjoint. - Monsieur le Maire, Monsieur le Président, vous l'avez rappelé, dès 2001, le Maire de Paris, personnellement, a attaché la plus grande importance au maintien et au dynamisme des kiosquiers parisiens parce que, vous l'avez rappelé, ils sont indispensables à la diffusion de la presse d'opinion et donc à la vie démocratique parisienne, ils contribuent à l'animation de l'espace public, et j'ajouterai un argument, c'est qu'entre 1996 et 2000, 24 kiosques ont été fermés.
Nous avons donc hérité d'une situation difficile.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Et 100 depuis !
M. Christian SAUTTER, adjoint. - Je passe très rapidement sur le protocole provisoire signé le 16 juillet 2002 avec les éditeurs, avec les diffuseurs de presse, avec le concessionnaire en charge de la publicité à la société "AAP", et les représentants des kiosquiers. Vous avez rappelé que la Ville de Paris s'est engagée de façon pérenne à hauteur de 300.000 euros par an en faisant baisser de moitié les redevances qu'elle perçoit sur l'utilisation du domaine public.
Par contre, les professionnels qui avaient apporté une aide importante ont retiré leur aide, vous l'avez rappelé, lorsqu'au mois d'avril 2003 il n'a pas été possible d'aller plus loin.
Je voudrais insister d'abord sur le fait que la Ville n'est pas la seule compétente pour régler les problèmes des kiosquiers, même si elle est propriétaire des kiosques, et même si elle intervient dans la gestion de la carrière des kiosquiers par le biais de la Commission professionnelle des kiosquiers que préside notre collègue Olivier PAGÈS.
Les kiosquiers qui seront en grève demain rappellent trois problèmes : la réduction de la diffusion de la presse quotidienne et l'essor des gratuits, leurs difficiles conditions de travail car ils sont surchargés par un trop grand nombre de titres qui leur sont livrés dans des locaux tout à fait exigus, et il y a la question des rémunérations, des commissions qui mettent en péril la survie de certains kiosquiers et donc de certains kiosques.
Face à ce mouvement de grève demain, je crois pouvoir dire que le Maire manifeste son soutien entier à ce mouvement. Nous sommes évidemment prêts à recevoir une délégation et nous sommes surtout prêts à pousser à ce que nous trouvions tous ensemble une solution.
Dans cet esprit, j'ai rencontré M. de CHAISEMARTIN, le président du Conseil supérieur des messageries de presse, ainsi que M. LELEU, le directeur général des Nouvelles Messageries de la presse parisienne.
Nous souhaitons très fortement, et nous y poussons peut-être trop discrètement, que l'on trouve une solution pour préserver ce réseau indispensable à la diffusion de la presse à Paris, et faire en sorte que la situation professionnelle et sociale des kiosquiers, au premier rang des kiosquiers les plus fragiles, soit nettement améliorée.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Et pas un mot sur la taxe professionnelle, bien sûr ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous avons baissé la redevance, vous ne l'aviez pas fait, c'est M. SAUTTER qui l'a fait à ma demande et pas l'Adjoint aux Finances précédent. Effectivement, je discute beaucoup avec les kiosquiers, je suis très préoccupé par cela. Tout le monde reconnaît que la Ville a fait tous les efforts qu'elle pouvait, y compris financiers. Il s'agit maintenant pour les autres partenaires de faire un petit effort, même un grand.