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Mai 2004
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143 - 2004, DVD 181 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec l'association "Comité de promotion du vélo" une convention pour l'attribution d'une subvention de 25.000 euros

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2004


Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DVD 181 autorisant M. le Maire de Paris à signer avec l'association "Comité de promotion du vélo" une convention pour l'attribution d'une subvention de 25.000 euros.
Je donne la parole à Mme Liliane CAPELLE.
Mme Liliane CAPELLE. - Merci, Madame la Maire.
L'attribution de cette subvention pour le "Comité de promotion du vélo" est l'occasion pour moi d'aborder très rapidement, je vous rassure, la question de la politique de la Municipalité en faveur du vélo.
Il y a en effet un an le schéma directeur du réseau cyclable parisien a été présenté aux Parisiens. Il vise à donner une cohérence à ce réseau et à éviter la création d'aménagements cyclables au coup par coup.
Le principe de ce réseau est une bonne chose, nous l'avions défendu au cours des précédentes mandatures. Des bouts de piste cyclables décousus émergeaient alors, ici ou là, sans que l'on sache très bien pourquoi et sans s'inscrire dans un véritable plan d'ensemble destiné à donner physiquement une véritable continuité nécessaire au développement de la pratique du vélo en ville. Il y a de ce point de vue une avancée certaine.
J'observe également qu'à la différence de la période antérieure la concertation est devenue systématique : un comité de pilotage se réunit en effet tous les deux mois et permet des échanges utiles entre la Ville, les mairies d'arrondissement, les conseils de quartier et les associations sur les projets. Les échanges ne se limitent d'ailleurs plus à Paris intra muros puisque la politique municipale s'inscrit désormais dans une stratégie plus large, la Ville de Paris étant membre du Club des villes cyclables et participant donc au "Comité de promotion du vélo".
Concrètement parlant, cette politique semble porter ses fruits petit à petit puisque le nombre de vélos en circulation a progressé de 36 % en un an, entre octobre 2002 et octobre 2003.
Au cours de l'année 2003, 26,9 kilomètres supplémentaires de réseaux cyclables ont été crées, 74,8 kilomètres depuis avril 2001. Mais cela reste modeste au regard du linéaire de voirie parisienne qui compte plus de 2.000 kilomètres.
Il faut poursuivre et amplifier l'effort car le bilan global au regard de la circulation automobile est faible, les déplacements en vélos représentant seulement 1 % du total des déplacements à Paris.
A ce rythme, l'objectif, annoncé par le schéma directeur, de 300 kilomètres de pistes cyclables nouvelles d'ici 2010 destinées à créer ce réseau structurant pourra-t-il vraiment être atteint, et le réaménagement des points noirs recensés réalisés ?
En fait, je me demande si le développement de l'usage du vélo ne passerait pas surtout par d'autres initiatives comme des parcs de stationnement pour vélos et deux-roues dans tous les arrondissements, près des équipements publics, des écoles, des places, des quartiers verts, des stations de métro, R.E.R., etc.
Je voudrais terminer par une suggestion : que la Ville se penche davantage sur les services associés à la pratique du vélo. Je pense à la location, l'entretien, la réparation des vélos.
Le développement de ce moyen de transport implique divers services qui peuvent aussi constituer un gisement d'emplois ou favoriser l'insertion sociale ou celle des handicapés en mobilisant à ce sujet les élus concernés. A titre d'exemple, mes collègues du 11e ont attiré mon attention sur le centre d'aide par le travail Maurice Pilod dans le 11e arrondissement qui a adressé un projet dans ce sens à la Ville, visant à faire gérer une "boutique vélos" qui permettrait notamment de faire entretenir le parc municipal des vélos par des travailleurs handicapés. Ce projet, soutenu par la mairie du 11e arrondissement, et adressé récemment à Mme KOMITÈS et M. BAUPIN, mériterait une attention particulière.
Je vous remercie.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - M. Pierre CHARON a la parole.
M. Pierre CHARON. - Y a-t-il encore un vélo dans Paris ? En effet, après trois ans d'installation de l'actuelle équipe municipale et d'annonces tonitruantes sur le "tout vélo" déclaré dans la Capitale, les Parisiens ne pédalent plus ou presque. Décidément, dans le domaine cyclable, les comparaisons demeurent éloquentes avec la mandature précédente. Combien de pistes cyclables, Monsieur BAUPIN, avez-vous réellement mises en place et financées depuis que vous êtes adjoint ? Quant aux rares pistes cyclables que vous programmez, je regrette, en tant qu'élu du 15e, que les tracés se fassent sans retenir les suggestions des élus, des riverains et des commerçants.
Pendant que je vous parle, ceci se déroule aujourd'hui même, boulevards de Grenelle et Garibaldi, comme vous l'avez évoqué tout à l'heure, ainsi que M. ALAYRAC, alors que les élus vous proposaient de faire passer cette piste avenue de Suffren. Voilà pour la concertation.
L'aménagement de ces pistes n'est plus opérationnel et vous êtes en total décalage avec les aspirations des familles parisiennes qui n'utilisent plus leurs vélos face à l'aggravation de la qualité de l'air à Paris, alors que les couloirs de bus étaient censés donner à nos poumons une forme olympique. Il y a donc là une constante dans l'incohérence de la politique que vous menez et qui se déroule dans le projet de délibération en question, en vue de la signature d'une convention avec l'association "Comité de promotion du vélo", d'un montant de 25.000 euros. 25.000 euros pourquoi faire, Monsieur BAUPIN ? Dois-je comprendre, à travers cette prébende financée par le contribuable parisien que vous vous taillez un outil de communications sur mesure afin de rendre acceptable cette subvention. Vous citez même, dans l'exposé des motifs, M. RAFFARIN, qui vous vient opportunément en renfort sur ce dossier.
En revanche, vous êtes nettement moins prolixe sur une autre association pour laquelle vous ne présentez pas de demande de subvention. Il s'agit de l'association parisienne "Vélorution" qui vous a décerné le titre de Pinocchio, au regard des chiffres hallucinants que vous annoncez sur les kilomètres d'aménagements cyclables créés depuis trois ans.
Autre sujet d'interrogation : Monsieur BAUPIN, vous avez été élu président du Club des villes cyclables qui a notamment pour objet d'intervenir auprès des Ministres concernés par la mise en place d'une délégation interministérielle "vélo". Ne serait-il pas souhaitable d'envisager enfin une réelle politique de déplacements à Paris, incluant certes le vélo dans la Capitale, mais respectant la sécurité des piétons de Paris, en y améliorant enfin la circulation automobile et donc la pollution ?
Enfin, Monsieur le Maire, comptez-vous sur les quelques fonctionnaires de la Ville de Paris dotés d'un vélo de fonction pour faire ainsi remonter le taux de fréquentation des pistes cyclables ? Fonctionnaires qui, habitant la banlieue, sont obligés de faire, comme certains élus "Verts" : cacher la voiture à proximité de la Mairie pour arriver ainsi fièrement à l'Hôtel de Ville à vélo !
Melle Sandrine MAZETIER, adjoint, présidente. - Madame Brigitte KUSTER, vous retirez votre inscription ? Bien ! Alors, M. BAUPIN a la parole.
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Je remercie M. CHARON d'illustrer à quel point la surenchère de certains discours ultra minoritaires de nos amis cyclistes peuvent parfois servir les ennemis du vélo ; il faut donc en la matière que chacun se rende compte où sont les véritables amis du vélo et ses adversaires.
Je crois qu'il n'y a pas grand-chose à rajouter au discours de M. CHARON qui illustre clairement que, pour la mairie du 15e, oui à une piste cyclable, mais à condition qu'elle soit dans le 7e arrondissement, et non à l'intérieur de l'arrondissement. Que vous vous trouviez aujourd'hui à essayer de faire croire que vous voulez défendre les cyclistes est plutôt comique lorsque vous essayez de bloquer les chantiers. Heureusement, en plus, dans les personnes qui ont été comptabilisées hier sur le rassemblement du 15e, il y avait des cyclistes, et je les remercie de s'être déplacés, pour essayer de contrer le discours sectaire et opposé au développement des circulations douces des élus du 15e arrondissement. Les aménagements cyclables sont réalisés dans la ville, que vous le vouliez ou non, les couloirs de bus seront élargis à 4,50 mètres pour permettre aux cyclistes de se déplacer, comme nous l'avons fait. Et ce n'est peut-être pas par hasard si la circulation des cyclistes a augmenté de 31 % l'année passée.
Je voudrais remercier Mme CAPELLE de son intervention en soutien au réseau cyclable et à la politique que nous menons. Elle a montré que pour qu'une telle politique soit efficace, il faut qu'elle propose un système cyclable global, qu'il s'agisse d'aménagements cyclables, de traitement des points noirs, du stationnement et des services apportés aux cyclistes.
J'ai bien entendu votre proposition ; elle fait partie des choses que nous examinons. Je précise, malgré tout, que l'on a un petit peu trop tendance à considérer que les services que l'on apporte aux cyclistes doivent être forcément faits par les entreprises d'insertion. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose que de lier les deux questions, mais après, certains opposants que l'on entend ici dans cet hémicycle diront que ces services ne sont pas rentables. Evidemment, il est plus difficile de rendre rentables les services, si on veut en même temps qu'ils aient un rôle d'insertion.
Je ne me suis pas trompé sur votre intervention, Madame CAPELLE. Nous organisions d'ailleurs, au niveau du Club des villes cyclables, la semaine passée, une journée de travail à l'Hôtel de Ville de Paris, qui nous a permis d'examiner l'ensemble de ces questions économiques liées au vélo. Nous avons d'ailleurs eu la chance d'avoir un représentant des commerçants qui était présent, avec lequel nous avons pu avoir un dialogue très intéressant sur la compatibilité entre les déplacements à vélo, notamment dans le c?ur de Paris, et l'activité commerciale.
Dernier élément : cela désole M. CHARON que le Premier Ministre RAFFARIN ait confié à Mme LEBRETON une mission sur le vélo. Il se trouve qu'elle a rendu son rapport, auquel le Club des villes cyclables a contribué et nous sommes heureux d'un certain nombre de ses conclusions. Reste bien évidemment à ce que le Premier Ministre en sursis veuille bien mettre en place les politiques qui sont préconisées dans ce rapport.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Nous passons au vote.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 181.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DVD 181).