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Mai 2004
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27 - VI - Question d'actualité déposée par le groupe U.M.P. à M. le Maire de Paris concernant Paris et l'Europe

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2004


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons maintenant à la question d'actualité du groupe U.M.P.
La parole est à Mme DOUVIN.
Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.
Le 1er mai dernier, ce sont 10 nouveaux pays qui ont intégré l'Union européenne. Dans la plupart des capitales européennes, c'est un événement qui a donné lieu à des célébrations et à des festivités. A Paris, rien ! Cette entrée tant souhaitée et tant symbolique est restée lettre morte. Les Parisiens n'ont pas été appelés à célébrer l'événement ni à fêter l'arrivée de 75 millions de nouveaux Européens.
Monsieur le Maire, je vous avais déjà fait remarquer, il y a deux ans, que la façade de l'Hôtel-de-Ville reste d'ordinaire vide de drapeau européen à l'exception des jours qui entourent le 9 mai, fête de l'Europe, mais la semaine suivante c'est déjà terminé.
Au lieu de cela, vous recevez le 1er mai dernier, et pendant 3 jours, un coûteux sommet de prestige des maires mondiaux avec, bien sûr, une communication adaptée à ce niveau international. Cette manifestation, ce n'était vraiment pas ce que demandaient les Parisiens pour montrer leur solidarité avec les citoyens de Riga, de Budapest ou de Prague, pour ne citer que ces villes. C'était une manifestation populaire qui était attendue, pas un colloque de personnalités mondiales.
Paris a pourtant une vocation européenne éminente qui ne demande qu'à se renforcer avec l'arrivée de ces nouveaux pays. Des initiatives d'échange avec leurs capitales demanderaient évidemment à être conduites. Sont-elles prévues ?
Pour notre part, nous ne voyons aucun programme, aucune initiative qui se mette en place et aucune relation qui soit prévue pour être développée de ville à ville avec les nouvelles capitales.
Les Parisiens, qui comprennent les enjeux et la signification d'un tel événement, sont déçus de ce silence. Que pouvez-vous leur répondre ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je ne vais pas manquer, s'il le faut, de rajouter quelques commentaires à ce que va dire l'excellent adjoint aux relations internationales que je veux féliciter du travail remarquable, ainsi que ses collaborateurs, qui s'est déroulé pendant quatre jours à Paris. Cela ne devait pas être si minable puisque le Président de la République a demandé à venir inaugurer ces travaux.
La parole est à Pierre SCHAPIRA. Et je remercie les élus qui sont venus de manière assidue participer à ce travail.
Monsieur SCHAPIRA, vous avez la parole.
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
Chers collègues, peut-on reprocher finalement à la Mairie de Paris de n'avoir rien fait le 1er mai ? Très honnêtement, je crois qu'on ne peut pas dire cela. On peut polémiquer ensemble si vous voulez, mais pas là. Je crois que nous avons fait ce que nous devions faire. Je reviendrai dans une minute sur le congrès.
Mais sur ce qui a été fait, nous avons suivi effectivement les recommandations que vous donniez concernant les drapeaux européens dans Paris. C'est une première chose.
Nous avons aussi inauguré une exposition de 50 photos sur le bas de l'avenue des Champs-Elysées, présentant les capitales européennes. De plus, le Maire de Paris a réuni tous les maires des capitales européennes le 1er mai, c'était quand même très symbolique.
D'autre part, sachez, Madame, que nous n'avons pas attendu le 1er mai pour entrer en contact avec ces pays et ces capitales. Tous les maires des capitales européennes entrantes sont déjà venus à Paris. Vous citiez Riga, Vilnius et tous les autres, ils sont, en effet, venus à Paris. Le Maire de Paris s'est rendu à Varsovie, à Prague et à Budapest parce que nous avons (et nos collègues de la 9e Commission le savent très bien) des liens avec ces capitales.
Pour ne citer qu'un exemple, concernant Prague nous avons mis en place des échanges de savoir-faire techniques en matière de prévention des inondations par exemple. Nous n'avons pas attendu le 1er mai pour faire tout cela.
J'ajoute, et ce sera le seul point polémique, que le Gouvernement en l'occurrence, n'a pas fait grand chose : aucune festivité, la Ville n'a pas été associée à quoi que ce soit concernant l'entrée de ces pays dans l'Europe.
Concernant le congrès, il y avait 3.000 participants venus du monde entier. Savez-vous, Madame, que les Européens étaient extrêmement nombreux ? Par le biais des associations européennes, et notamment le Comité des communes et des régions d'Europe, qui représentent les associations des pays d'Europe dont ceux qui sont rentrés récemment, à peu près 100.000 collectivités territoriales étaient aussi représentées par ces associations au congrès.
Je pense que nous avons fait ce que nous devions faire concernant Paris. J'ajoute qu'avec les autres villes, que ce soit Bratislava, Rome, Budapest, Vienne ou Berlin, nous avons effectivement des projets culturels en commun et de nombreuses coopérations techniques.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Souhaitez-vous ajouter un mot, Madame ?
Mme Laurence DOUVIN. - Je voulais simplement dire que nous ne polémiquons pas. Vous avez répondu à côté. Je ne parle pas d'un colloque qui aurait pu se tenir à n'importe quel moment. Je parle de l'élargissement. Il n'y a pas eu de fête pour l'élargissement.
Monsieur le Maire, vous aimez la fête, vous nous l'avez montré. Pourquoi n'en avez-vous pas organisé ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous ne voulez pas voir les choses. D'autres de vos collègues, de la majorité comme de l'opposition le voient. Tous ces maires dont vous avez parlé étaient à Paris le 2 mai, avant le Congrès des maires du monde. Ils étaient à Paris le 2 mai, ce n'est pas dans une autre capitale européenne qu'ils sont allés.
Mme Laurence DOUVIN. - On parle des Parisiens !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Si jamais on avait fait une fête, on se serait fait "engueuler" comme d'habitude, comme pour le reste. D'autant, Madame DOUVIN, je suis désolé de vous dire que dans le Congrès des maires du monde que vous avez traité avec dérision dans votre première intervention, vous l'avez même traité avec condescendance, contrairement au Président de la République et au Ministre de la Coopération, M. DARCOS, qui est venu au contraire féliciter les participants.
Dans ce congrès, les collectivités locales présentes étaient en fait représentatives d'à peu près la moitié des habitants de la planète. Il y a déjà comme adhérents 100.000 communes européennes. Et vous croyez que ces 100.000 communes européennes n'ont rien fait ? Et vous croyez que le réseau "Eurocité", qui est en partie d'ailleurs, à travers certains groupes de travail, animé par Pierre SCHAPIRA...
Je suis allé à Varsovie avec le Maire de Berlin quelques jours avant le 1er mai, car figurez-vous que c'est là-bas aussi qu'il faut aller souhaiter la bienvenue à nos partenaires. C'est quand même mieux que de les traiter avec condescendance et de leur dire qu'il faut apprendre la politesse. Vous voyez ce que je veux dire ? Moi en tout cas je n'ai pas dit à nos nouveaux partenaires qu'il fallait qu'ils apprennent la politesse.
Vous ne voyez pas ? Bon !
Mme Laurence DOUVIN. - Qu'est-ce que c'est que cette polémique ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je note pour en prendre acte, et je demande qu'on l'entende, que Mme DOUVIN a dit qu'il avait manqué une fête. La prochaine fois on fera une fête populaire de l'Europe pour faire plaisir à Mme DOUVIN.
Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - La séance est suspendue.