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Mai 2004
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17 - 2004, DAC 138 - Apposition d'une plaque commémorative en hommage à Henri Krasucki (20e)

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2004


M. LE MAIRE DE PARIS. - Maintenant nous passons à l'examen du projet de délibération DAC 138 qui concerne l'apposition d'une plaque commémorative en hommage à Henri Krasucki (20e).
M. Sylvain GAREL a la parole.
M. Sylvain GAREL. - Cela va être très court. C'est simplement pour nous réjouir qu'une plaque soit apposée pour cet homme qui a été un grand résistant et aussi un grand syndicaliste, mais pour regretter qu'un autre homme qui a aussi résisté d'une autre façon, qui avait des engagements similaires, Henri Curiel, n'ait toujours pas de plaque à Paris.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur SARRE, vous avez la parole.
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement républicain et citoyen, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues, le groupe des élus du Mouvement républicain et citoyen avait déposé en juillet 2003 un v?u proposant qu'une plaque soit apposée à la mémoire de Henri Krasucki sur la façade de l'immeuble situé 8, rue Stanislas-Meunier, dans le 20e arrondissement. Je suis heureux que la Municipalité parisienne ait accédé à cette proposition.
Comme je vous le disais le mois dernier, nombreux sont nos collègues, notamment dans les rangs du groupe communiste, M.R.C., socialiste et d'autres, qui ont eu le privilège de connaître Henri Krasucki dans le cadre de ses importantes responsabilités syndicales.
Henri Krasucki était Parisien de naissance, enfant de l'immigration juive d'Europe centrale, dont les parents avaient choisi - chassés de Pologne par l'antisémitisme - de s'installer dans la patrie des Droits de l'Homme et du Citoyen.
Le grand public savait peu que le dirigeant de la C.G.T., Secrétaire général de 1982 à 1992, avait aussi été un grand résistant au nazisme, au fascisme, et avait connu l'univers concentrationnaire des camps. Ce sont des sujets sur lesquels il était extrêmement discret, même s'il était de toutes les commémorations et veillait à ce que soit entretenu le souvenir de ses compagnons morts au combat.
Henri Krasucki était évidemment une grande figure du syndicalisme ouvrier. Comme nombre d'ouvriers qui avaient acquis une grande culture d'abord par l'école de la République et ensuite par leur militantisme et leur propre curiosité intellectuelle, Henri Krasucki était aussi un mélomane averti.
Une fois la France occupée par les Nazis, il s'engagea dans la résistance dès l'âge de 17 ans au sein de la section juive de la MOI. Il y exerça rapidement des responsabilités importantes, s'occupant des cadres et du recrutement en liaison avec Jacques Handelsman et Adam Rayski.
Il fut arrêté à son domicile le 23 mars 1943, précisément à l'endroit où la plaque sera apposée, en même temps que plusieurs dizaines de résistants communistes et, deux mois après, l'arrestation de son père Isaac Krasucki. Celui-ci, bien que torturé, ne livra aucun nom à la Gestapo.
Henri Krasucki fut déporté à Birkenau et à Auschwitz en juin 1943, après trois mois d'isolement total dans le quartier des condamnés à mort de la prison de Fresnes. Seuls 72 des 1.200 Juifs qui composaient son convoi devaient revenir vivants.
Transféré à la mine de charbon "Hermann Goëring" de Jawischowitz puis à Buchenwald, Henri Krasucki rejoignit l'organisation de résistance clandestine qui prit le contrôle du camp lors de son évacuation par les SS, qui fuyaient devant l'avance des troupes alliées.
Ayant survécu à l'internement, contrairement à son père gazé le jour même de son arrivée à Birkenau, il regagnera la France le 1er mai 1945 pour y retrouver les survivants de sa famille décimée par la déportation.
Mais c'est naturellement comme militant syndicaliste qu'il se fit connaître des Français, gravissant un à un tous les échelons de la C.G.T. pour en devenir le dirigeant national.
Dans les années 70 et 80 il fut lors des grandes négociations collectives et des mouvements sociaux un défenseur exigeant des droits des travailleurs permettant de nombreuses avancées.
Il était donc juste et légitime que la Ville de Paris rende hommage à son courage, à sa rectitude morale, à son patriotisme et à son combat pour une politique sociale.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement républicain et citoyen, socialiste et radical de gauche, communiste et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie.
Mme Odette CHRISTIENNE a la parole.
Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe, au nom de la 9e Commission. - Pour ma part, j'adhère parfaitement, vous le comprendrez bien, à ce que vient de dire Georges SARRE. Je pense qu'il faudrait maintenant activer un peu la mise en place de cet hommage.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Non seulement Odette gère ce dossier au nom de l'Exécutif, mais j'entends que cela soit fait dans des délais brefs car nous féterons en 2004 le soixantième anniversaire de la Libération de Paris. Je souhaite que ce soit l'année où nous rendrons le maximum d'hommages au maximum de résistants. Donc c'est bien dans les prochains mois que j'entends que cette plaque soit apposée.
M. Jean VUILLERMOZ. - Je demande la parole.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais vous n'étiez pas inscrit... Cela dit, si vous voulez bien le faire en une minute, réservez-vous pour l'hommage que nous rendrons publiquement à Henri Krasucki. Mais c'est bien normal que je donne la parole pour une minute au président du groupe communiste.
M. Jean VUILLERMOZ a la parole.
M. Jean VUILLERMOZ. - Je n'ai pas voulu m'inscrire à nouveau sur ces deux projets de délibération puisque, ensuite, il y aura la plaque pour Rol Tanguy, l'inauguration de la rue Rol-Tanguy. Donc je n'ai pas voulu me réinscrire une nouvelle fois sur ces deux projets de délibération pour redire tout ce que nous avons dit et tout ce que nous avons fait pour que la Ville de Paris rendu hommage à Henri Krasucki et Rol Tanguy.
Ceci dit, nous nous félicitons que cette Municipalité honore ces deux grands hommes. Nous souhaitons que lors de l'inauguration de la plaque et de la rue Rol-Tanguy, il nous soit donné l'opportunité d'intervenir.
Merci.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je précise, sans rallonger parce que je veux que l'on tienne l'horaire que nous nous sommes fixé.
Je précise qu'avec Odette CHRISTIENNE, nous serons amenés dans quelque temps à annoncer l'ensemble des hommages et des manifestations liés à la célébration du soixantième anniversaire de la Libération de Paris. Bien entendu ces sujets y seront présents et beaucoup d'autres.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 138.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DAC 138).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Conformément à ce que nous sommes convenus et à ce que j'ai rappelé tout à l'heure à M. GALLAND, il y a maintenant une interruption de séance à la demande du président du groupe "Les Verts". Nous reprendrons à 11 heures 15 avec le projet de délibération : "Financement de l'envoi du document et du questionnaire liés au P.L.U.".