Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mai 2004
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

138 - 2004, DVD 59 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres relatif aux aménagements paysagers dans le cadre du Tramway Maréchaux Sud (13e, 14e et 15e)

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2004


Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen de la délibération DVD 59 autorisant M. le Maire de Paris à signer un marché sur appel d'offres relatif aux aménagements paysagers dans le cadre du tramway Maréchaux sud.
Je donne la parole à M. DARGENT, pour le groupe socialiste.
M. Claude DARGENT. - Merci, Madame la Maire.
Chers collègues, nous avons eu l'occasion de constater il y a peu que désormais M. GOUJON et d'autres élus U.M.P. étaient devenus de fervents protecteurs de la nature, et tout particulièrement des défenseurs résolus des arbres de notre Capitale.
La majorité municipale parisienne ne peut que se réjouir de cette évolution. On nous permettra toutefois de rester un peu dubitatif quant à la consistance de cette nouvelle "fibre environnementale" qui caractériserait désormais l'U.M.P.
Il faut le rappeler en effet : quand elle dirigeait cette ville, la droite a abattu beaucoup d'arbres à Paris, elle en a aussi abattu ailleurs. Je prendrai juste un exemple. Dans le descriptif de Paris jusqu'à l'après-guerre les quais de Seine étaient classés comme espaces boisés, au même titre que les grands parcs de la Capitale. On sait ce qu'il en est aujourd'hui, ce qu'il en est advenu avec la réalisation des voies "express" sur les quais de la Seine, des voies que l'actuel Président de la République, quand il était Maire de Paris, considérait - je cite - : "dans la géographie même de la Capitale".
Je saisis l'occasion de ce projet de délibération, parce que je sais que M. GOUJON va le faire également, pour revenir sur la polémique qu'il a choisie de déclencher sur l'abattage des arbres sur l'itinéraire du tramway. Il se trouve, chers collègues, que je suis membre des conseils de quartier du 15e concerné par le tramway et je peux le préciser en connaissance de cause : les habitants regrettent bien sûr que l'on abatte des arbres, cela va de soi, mais ils ont pour la plupart parfaitement conscience que l'on est contraint d'en passer par là pour la réalisation d'une infrastructure qui correspond aux déplacements d'aujourd'hui et de demain.
C'est simplement ce que je souhaitais souligner aujourd'hui, en ajoutant quand même une dernière remarque : pour la réalisation de son tramway à Bordeaux, M. JUPPÉ a fait abattre 400 arbres, soit davantage que ne le fera la Municipalité parisienne sur l'itinéraire du tramway des Maréchaux sud. Or je ne sache pas que les élus de la majorité de son Conseil municipal, ni d'ailleurs M. GOUJON, aient beaucoup protesté. Ce qui me confirme dans l'idée que, décidément, il y a beaucoup d'arguments pour craindre que la conversion écologique de l'U.M.P. (et de M. GOUJON en particulier) soit un peu conjoncturelle.
Je vous remercie.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Monsieur GOUJON, vous vous étiez retiré de votre inscription, donc je n'engage pas de débat là-dessus.
M. BAUPIN a la parole pour répondre à M. DARGENT.
M. Philippe GOUJON. - Non, j'ai été mis en cause personnellement.
Je m'étais retiré effectivement parce que je ne m'attendais pas à une telle attaque. Si vous voulez bien me donner la parole.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Je ne vous donne pas la parole.
M. Philippe GOUJON. - Sinon nous suspendons la séance. Je m'étais retiré pour faire gagner du temps à notre Conseil, mais je ne m'attendais pas à ce que M. DARGENT me sollicite autant. Donc il est bien naturel que je lui réponde. Je n'ai jamais vu dans une assemblée que lorsqu'un élu est mis en cause on ne lui donne pas la parole pour se justifier !
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - On ne va pas faire une interruption de séance pour autant, Monsieur GOUJON.
M. Philippe GOUJON. - De toute façon ce sera plus court qu'une suspension de séance de deux heures ou d'une heure. Soyons réaliste !
Je voudrais simplement dire que je suis très heureux que M. DARGENT s'intéresse autant à moi. Il aurait mieux fait de s'intéresser d'avantage aux arbres du 15e. Mais je veux dire que je ne peux pas accepter les procès d'intention qu'il essaie de me faire parce que je ne vois pas ce qui peut lui permettre de dire que je serais moins soucieux de la protection des arbres et de l'environnement que lui, dont la fibre environnementale ne me paraît pas supérieure à la mienne. J'attends des éléments précis pour qu'il me prouve l'inverse ; nous aurons l'occasion sûrement de débattre à nouveau sur ces bancs.
En tout cas, aujourd'hui c'est nous qui protestons contre l'abattage des arbres et c'est lui qui le défend.
Si je comprends bien d'ailleurs, M. DARGENT se réfère aux coupes d'arbres du passé pour justifier les siennes. Je pensais que cette Municipalité avait justement l'intention, au cours de cette mandature, d'être bien différente des mandatures passées. Mais je vois que quand ça arrange on n'hésite pas à se référer aux exemples du passé, pas plus, ce qui m'étonne encore davantage, à M. JUPPÉ.
C'est un fait à souligner parce qu'il est assez rare que le parti socialiste prenne comme référence Alain JUPPÉ, qui est d'ailleurs maire de Bordeaux. Moi, pour ma part, je m'occupe de Paris, je n'ai donc pas à protester ou à approuver les décisions prises par le maire de Bordeaux et j'encourage vivement M. DARGENT (ce n'est pas une leçon de politique que je veux lui donner mais quand même) à s'intéresser plus aux habitants du 15e qu'à ceux de Bordeaux pour son avenir politique dans le 15e...
Je vous remercie.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Monsieur BAUPIN, vous avez la parole.
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Ce projet de délibération porte sur les aménagements paysagers du tramway des Maréchaux, mais j'ai l'impression que le débat porte sur autre chose, je vais en dire quelques mots.
Bien évidemment la Municipalité parisienne n'a pas décidé de gaieté de c?ur de devoir abattre quelques dizaines d'arbres pour le projet du tramway. De fait, c'était incontournable.
J'ai lu parfois dans la presse que certains disaient que l'on aurait pu faire autrement, notamment M. TIBERI annonçant que, oui, on pouvait éventuellement faire passer le tramway sans abattre d'arbres. Donc j'attends avec impatience, comme je l'ai déjà dit à un précédent Conseil, les plans sur lesquels M. TIBERI s'est fondé pour prendre en compte l'ensemble des contraintes de l'aménagement du tramway sans abattre aucun arbre ; cela m'aurait beaucoup intéressé comme cela aurait beaucoup intéressé les habitants du 15e s'il nous avait fait part de ses lumières préalablement, sachant qu'il y a quand même eu beaucoup de concertations et une enquête d'utilité publique qui a clairement abordé ce sujet. Il aurait donc eu l'occasion de le faire savoir.
Je crois qu'en la matière les exploitations politiciennes ne desservent que ceux qui les entretiennent. Et, Monsieur GOUJON, puisque vous voulez le prendre sur le ton de la polémique, je crois qu'il ne suffit pas de faire une conversion environnementale, il va falloir que vous passiez à l'écologie ! L'écologie consiste à prendre en compte l'ensemble d'un projet. Il y a une singulière différence entre les projets précédents de M. TIBERI, puisque vous y faites référence, en ce qui concerne les abattages d'arbres qui concernaient les autoroutes urbaines, et les projets de tramway. C'est pour cela que je me retrouve complètement dans l'argumentation de M. DARGENT en ce qui concerne les projets de tramway de M. JUPPÉ.
On peut avoir des désaccords avec M. JUPPÉ, mais lorsque le président en exercice - en tout cas pour l'instant - de l'U.M.P. fait un tramway à Bordeaux, lorsque le Secrétaire général de l'U.M.P. veut faire des tramways à Toulouse, lorsque le Vice-président de l'U.M.P. veut faire des tramways à Marseille, je dis que c'est très bien.
Souvenez-vous qu'il y a quelques semaines s'est achevée une campagne des élections régionales où l'U.M.P. a eu pour principe de taper sur le tramway des Maréchaux de Paris. Je constate que vous êtes droit dans les bottes de M. COPÉ, que vous voulez continuer à prendre les Parisiens pour des imbéciles ; eux, ils ont bien compris que s'ils veulent un tramway en 2006, eh bien, il y a quelques désagréments avec des travaux, quelques abattages d'arbres. Mais je vous rassure, Monsieur GOUJON, nous allons planter plus d'arbres que nous n'en aurons abattus puisque 1.000 arbres seront plantés pour 300 abattus et que, bien évidemment, nous ferons le tramway des Maréchaux qui pourra être mis en service à la fin de l'année 2006.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 59.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DVD 59).