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Mai 2004
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Conseil Municipal
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144 - 2004, DVD 206 - Opération ponctuelle en faveur des autobus : mise en site propre de couloirs bus sur le boulevard Ornano (18e). - Approbation du programme d'aménagement. - Autorisation à M. le Maire de Paris de solliciter les subventions correspondantes

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2004


Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Nous examinons à présent le projet de délibération DVD 206 relatif à une opération ponctuelle en faveur des autobus : mise en site propre de couloirs bus sur le boulevard Ornano. - Approbation du programme d'aménagement. - Autorisation à M. le Maire de Paris de solliciter les subventions correspondantes.
Je donne la parole à Mme Laurence DOUVIN.
Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Madame la Maire.
Vous nous proposez un aménagement du boulevard d'Ornano dans le 18e, qui va faire passer la circulation automobile sur cette voie de deux files de circulation dans chaque sens aujourd'hui à deux files dans le sens sortant, mais une seule file dans le sens entrant. Nous sommes là sur un grand axe de circulation et de pénétration dans la Capitale. J'ai donc été amenée, en 3e Commission, à poser deux questions.
Savoir ce qui avait été prévu pour les reports de circulation ?
M'enquérir si la Ville de Saint-Ouen avait été consultée ?
J'ai d'abord obtenu en réponse un silence assourdissant, comme si personne ne s'était posé ces questions avant moi.
Sur le second point, vous m'avez ensuite répondu que la consultation avec la commune de Saint-Ouen avait eu lieu sur la porte de Clignancourt. Mais, est-ce suffisant ?
Quant à la deuxième question, la manière de traiter les reports, rien.
Alors, Monsieur le Maire, je me pose et je vous pose les deux questions suivantes :
Les habitants riverains du boulevard d'Ornano ont certainement intérêt à ces aménagements, qui vont leur apporter une plus grande qualité de vie. Mais qu'en est-il de ceux qui viennent travailler et consommer à Paris et qui, pour une partie d'entre eux, sont dépendants de la voiture et ne peuvent se reporter sur les transports publics ? Est-ce que nous allons continuer à opposer éternellement Paris et la banlieue ?
Deuxième question : vous multipliez les aménagements, les espaces civilisés, les quartiers verts, les aménagements liés aux programmes Mobilien, mais jamais vous ne nous présentez de plan d'ensemble. Tout se passe comme si Paris n'avait plus de plan de circulation, mais était découpé en petits morceaux, chacun vivant replié sur lui-même et ses avantages propres, sans souci du voisin ni de la globalité de la Ville et de ses impératifs. C'est une situation qui nous paraît être au coup par coup.
Cela fait plus de 2 ans maintenant que nous avons demandé à discuter d'un plan de circulation, nous n'avons rien vu venir, allons-nous continuer ainsi ?
Merci de votre réponse.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - M. BAUPIN a la parole.
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - En ce qui concerne le boulevard Ornano et non pas d'Ornano, je le précise, de façon qu'il n'y ait pas d'ambiguïté sur ce boulevard dont le nom n'est pas forcément lié à ce que vous croyez.
En ce qui concerne les questions que vous avez posées en 3e Commission, je vous confirme tout d'abord que ce projet est en discussion avec la commune de Saint-Ouen, de la même façon que l'aménagement de la porte de Clignancourt.
A la prochaine réunion du comité de suivi du protocole Paris-Saint-Ouen, ce sujet est inscrit à l'ordre du jour et fera donc l'objet de la concertation que vous appelez de vos v?ux.
En ce qui concerne les reports de circulation, des études ont été effectuées.
Je dois vous avouer qu'il est extrêmement difficile, avec l'ensemble des outils dont nous disposons aujourd'hui, de pouvoir calculer des reports de circulation sur des aménagements qui couvrent des secteurs tels que le boulevard périphérique, le boulevard des Maréchaux et un certain nombre d'aménagements autoroutiers.
Nous n'avons donc que des masses globales, mais qui montrent, un peu comme nous avons pu le constater sur la rue de Rivoli et le boulevard de Sébastopol, que chaque fois que nous avons fait de gros aménagements comme ceux-là, il y a un report important vers d'autres moyens de déplacement que l'automobile et une diffusion assez large vers un certain nombre d'axes, sans qu'il y ait de report massif sur telle ou telle rue.
Ensuite, vous avez abordé, plus globalement, la question des gens qui viennent travailler en voiture et dont vous dites qu'ils sont obligés d'agir ainsi. Ce sont ces personnes que pour ma part j'appelle les otages de la voiture, ces personnes que, dans un schéma directeur stupide, on a incitées à aller habiter loin de Paris pour venir travailler dans la Capitale, sans que l'on se soit soucié, au moment de construire les logements, de mettre en place les réseaux de transport collectif et d'avoir une cohérence.
Cette situation vécue par un certain nombre de nos concitoyens est dommageable et nous devons faire en sorte d'accompagner les travaux que nous faisons dans Paris d'un développement des transports collectifs, et des parkings-relais à proximité de ces gares de transport collectif.
Toutefois, la Ville de Paris ne peut tout faire au sein de la Région Ile-de-France et ne peut remplacer à elle toute seule l'ensemble de l'action que doit mener le S.T.I.F.
Je vous invite donc, si vous souhaitez comme nous, ne pas opposer Paris à la banlieue - et je note une très nette différence avec le discours que nous avons pu entendre du chef de file de l'U.M.P. lors de la campagne des régionales qui, lui, voulait absolument opposer Paris à la banlieue - à faire pression sur le S.T.I.F. afin que la politique menée à Paris, en conformité avec le Plan de déplacements urbains d'Ile-de-France, ne soit pas mise en ?uvre à Paris seulement.
En ce qui concerne le Plan de déplacements de Paris, j'ai déjà répondu tout à l'heure à M. VUILLERMOZ, mais peut-être n'avez-vous pas entendu ma réponse, je vous la confirme donc.
Nous sommes en train de travailler au Plan de déplacements de Paris et si vous veniez aux réunions de la Commission extra-municipale des déplacements à laquelle vous êtes conviée, comme l'ensemble des membres de la 3e Commission, vous en auriez des éléments régulièrement.
Nous attendons maintenant que la loi de décentralisation soit votée, de façon à donner un statut juridique au Plan de déplacements de Paris afin que le calendrier puisse être complètement calé et que le travail qui a été effectué puisse réellement passer à sa phase opérationnelle et notamment à la phase de concertation et d'enquête d'utilité publique qui suivra son élaboration.
Je vous invite à voter ce projet de délibération important qui concerne le boulevard Ornano, projet qui est en rapport avec les aménagements que nous avons faits à la porte de Clignancourt et que nous allons faire sur les boulevards Barbès et Magenta.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Nous passons au vote.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 206.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DVD 206).