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Mai 2004
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47 - 2004, DDEE 73 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention avec l'Office de tourisme et des congrès de Paris prévoyant une subvention de fonctionnement. - Montant : 7.171.225 euros

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2004


M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Nous passons, mes chers collègues, à l'examen du projet de délibération DDEE 73 autorisant M. le Maire de Paris à signer une convention avec l'Office de tourisme et des congrès de Paris, prévoyant une subvention de fonctionnement d'un montant de 7.171.225 euros.
J'ai deux inscrits : d'abord Mme Véronique BALDINI qui remplace M. LEBAN, du groupe U.M.P., et ce sera ensuite à Mme Brigitte KUSTER du groupe U.M.P.
Je donne d'abord la parole à Mme BALDINI.
Mme Véronique BALDINI. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je m'exprime au nom de M. LEBAN.
Vous connaissez mon attachement à l'Office du tourisme et des congrès de Paris, dont je suis membre du Conseil d'administration depuis fort longtemps.
J'avoue que depuis votre arrivée à la Mairie de Paris, vous avez imaginé de grands projets pour cette instance ; des projets qui devaient, à vous entendre, voir exploser l'activité touristique dans la Capitale.
Je dois admettre que mes doutes quant à votre politique trop frileuse pour convenir à une métropole comme la nôtre se sont révélés fondés. Paris est un objet de fantasmes qui peuple l'imaginaire de toute personne française ou étrangère n'ayant pas encore eu l'occasion de la découvrir et il faut bien admettre que vos priorités au tourisme social, quoi que très louables, ne font pas vraiment rêver.
Certes, vous mettrez vos mauvais résultats sur le compte de la conjoncture économique et vous n'avez pas totalement tort. Les événements internationaux ont rendu frileux les clients américains ou japonais à fort pouvoir d'achat.
Mais depuis votre arrivée, vous n'avez eu de cesse que de dénigrer ce type de clientèle pour diriger vos actions en faveur de touristes plus jeunes et moins fortunés... Si l'on réfléchit bien et que l'on suit votre raisonnement jusqu'au bout, la conjoncture économique n'aurait donc eu que peu de raisons d'influer sur les résultats du tourisme parisien...
Vous vous félicitez de ce que la taxe de séjour rapporte 23 millions d'euros de recettes au budget municipal... Avez-vous bien mesuré les difficultés que vous avez créées auprès des professionnels du tourisme en augmentant considérablement cette taxe ? J'avais déjà eu l'occasion lors du Conseil de Paris du mois de juillet 2003 de dénoncer la manière peu consensuelle dont vous avez augmenté cet impôt ainsi que le manque de soutien que vous avez manifesté à cette profession durant cette crise incontestable. Nos voisins européens, eux, ont eu l'intelligence d'aider leurs professionnels du tourisme de manière à en atténuer les incidences.
Par extension, on peut également déplorer le nombre d'adhérents de l'Office du tourisme qui est insignifiant par rapport au nombre de professionnels parisiens. On aurait pu espérer que la politique menée par l'Office depuis 3 ans ait permis à tous les acteurs économiques du tourisme parisien de se fédérer. C'est d'ailleurs un des buts premier de cet organisme. Il n'en est rien et l'on ne peut que dresser un constat d'échec. L'Office a échoué alors que la mauvaise conjoncture économique aurait pu être atténuée par un effort commun soutenu par la Ville de Paris.
Plus prosaïquement, je regrette que vous ne relayiez pas l'information dans les points stratégiques. Depuis plusieurs années, nous réclamons une signalisation suffisamment visible dans les gares et les aéroports, en français et en langue étrangère, pour annoncer les grands événements se déroulant à Paris comme cela se fait dans les grandes capitales étrangères. Vos kiosques sont insuffisamment visibles et trop petits.
Par ailleurs, le déménagement de l'Office du tourisme sur un site excentré pour la majorité des touristes est une erreur très dommageable. Le public pourra-t-il y venir dès cette année ? Les dates d'ouverture de la rue des Pyramides reculent chaque jour, ce qui est de très mauvais augure avant la saison touristique qui commence.
De plus, l'Office du tourisme et des congrès de Paris devrait pouvoir appuyer de tout son poids pour augmenter la pratique de la langue française dans les réunions qui se déroulent dans notre pays. En effet, l'essentiel des congrès ou des colloques se déroule maintenant en anglais. Je sais parfaitement que l'anglais a vocation à devenir la langue internationale mais la pratique de la langue française fait, elle aussi, partie de la tradition touristique de notre pays, à défaut d'être restée la langue diplomatique, ce que je regrette.
Vous avez choisi pour 2004 des orientations conformes à celles que vous nous avez annoncées depuis votre arrivée et qui n'ont pas été suivies d'effet. Vous souhaitez néanmoins rapprocher les touristes des Parisiens en augmentant le tourisme participatif. Pouvez-vous nous expliquer ce que vous entendez par tourisme participatif ? Ne faudrait-il pas commencer par encourager les cours de langue anglaise dès l'école maternelle afin que les Parisiens puissent tout simplement communiquer avec les touristes étrangers ?
Il me semble bien plus efficace de frapper fort et de concentrer les actions d'un tel organisme plutôt que d'éparpiller ses actions dans des quartiers peu touristiques qui seront, de toute manière, ignorés des touristes qui ne passent que quelques jours dans la Capitale et qui ne peuvent et ne veulent pas manquer les splendeurs de Paris.
Enfin, je souhaiterais vivement obtenir des éclaircissements "sur la volonté municipale de promouvoir un tourisme moins traditionnel, plus qualitatif et associant les Parisiens eux-mêmes dans une perspective de développement durable". S'agirait-il de mieux faire connaître leur ville à tous les Parisiens ? Ou n'est-ce qu'un fumeux concept sorti tout droit de l'imagination d'un théoricien socialiste ?
Bref, je trouve, comme d'habitude, que votre projet de promotion de la Capitale tant pour le tourisme traditionnel que pour le tourisme d'affaires manque d'ambition et je le déplore. Vous n'avez pas la volonté d'afficher votre Ville comme une très grande métropole dynamique et accueillante. Il en est du tourisme comme du reste de votre politique, vous avez l'image d'un Paris musée dans lequel on se promène à bicyclette en slalomant entre les crottes de chien !
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme KUSTER, pour le groupe U.M.P.
Mme Brigitte KUSTER. - Monsieur le Maire, ce projet de délibération nous rappelle le poids économique du tourisme à Paris avec 25 millions de touristes reçus par an, dont 15 millions d'étrangers faisant de Paris, la première destination touristique mondiale et ce, depuis plusieurs années avec, soulignons-le, un chiffre d'affaires de 14 milliards d'euros.
Mais le moins que l'on puisse dire, c'est que la Ville est loin d'être à la hauteur de cet enjeu.
En effet, une succession d'événements illustre ce constat : augmentation des charges pour les hôteliers avec une taxe de séjour de + 20 %. Augmentation que j'ai d'ailleurs déjà dénoncée lors d'un précédent Conseil et que vous qualifiez de minime, ce qui est loin d'être l'avis des professionnels.
Vous m'aviez répondu qu'en compensation vous alliez dégager une somme de 100.000 euros pour participer à une campagne de communication. Vous conviendrez que cela ne réduira pas les charges des professionnels du tourisme qui connaissent par ailleurs une nette baisse d'activité. La réponse est donc décalée par rapport au problème.
Au-delà de cette contradiction, pouvons-nous avoir des précisions sur cette campagne ? Pouvons-nous aussi avoir des précisions également sur la rallonge budgétaire d'un million d'euros évoquée par le président de l'Office du tourisme dans la presse et qui concerne la vitrine du futur Office du tourisme ?
Office du tourisme qui, il faut le rappeler, après avoir déménagé voit malheureusement son ouverture retardée en octobre, soit après la saison touristique. Cherchez l'erreur !
Toujours concernant l'Office du tourisme, peut-on savoir où nous en sommes de la subvention de la Ville de Paris, à savoir les 200.000 euros manquants inscrits au budget prévisionnel, dont nous retrouvons d'ailleurs trace dans ce projet de délibération même s'il faut une loupe pour lire le tableau budgétaire et qui prouve là encore le recul de la Ville par rapport à ses engagements ?
Que dire aussi du report des états généraux du tourisme, report que nous apprenons d'ailleurs dans la presse, alors que nous en parlions encore, Monsieur BROS, il y a quelques jours en Conseil d'administration de l'Office du tourisme.
Qu'importe me direz-vous ! Eh bien, non ! Tout cela reflète une gestion à la petite semaine avec une absence flagrante de volonté politique et ce, au plus haut niveau de l'Exécutif. Absence, donc, pour tout mettre en ?uvre, pour favoriser le tourisme à Paris. Vous le savez, ce secteur concerne 140.000 emplois directs, 11 % des emplois salariés parisiens, ainsi que près de 150.000 emplois indirects et induits dans la Capitale. A nouveau cherchez l'erreur !
Vous en conviendrez, Monsieur le Maire, tous ces éléments ne sont encourageants ni pour les touristes ni pour les professionnels et, par conséquent, ne sont pas encourageants pour les Parisiens. A quand une vraie volonté de prendre en considération les attentes et les besoins maintes fois évoqués et qui, depuis 3 ans, restent lettre morte ? Il nous appartient d'être fédérateur et initiateur, l'enjeu est de taille. Malheureusement, il semble que vous ne soyez pas à la hauteur. Une fois de plus, cherchez l'erreur !
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Pour vous répondre, je donne la parole à votre collègue, Jean-Bernard BROS, adjoint au Tourisme.
M. Jean Bernard BROS, adjoint, au nom de la 2e Commission. - C'est le théoricien fumeux que je ne suis pas qui va vous répondre.
Effectivement un article de presse est paru, il y a 2 jours, truffé d'erreurs. D'ailleurs il est tellement truffé d'erreurs que "Le Parisien" lui-même a accordé au président de l'O.T.C.P. et à son Directeur général un droit de réponse qui sera publié demain. L'Office du tourisme basé sur les Champs-Elysées n'ayant plus de bail, sauf à accepter qu'il faille payer quatre fois son loyer, il fallait le déménager.
Mme KUSTER et M. LEBAN, par la voix de Mme BALDINI, je dois vous dire deux choses. Lorsque nous sommes arrivés en mars 2001, on m'a expliqué qu'il fallait rendre les clefs de l'Office du tourisme et partir en s'excusant d'être restés aussi longtemps. Je n'ai pas accepté cette théorie. Je suis allé voir les A.G.F. et j'ai obtenu 2,3 millions d'euros de soulte pour quitter les Champs-Elysées.
Ces 2,3 millions d'euros nous ont permis aujourd'hui de nous installer effectivement rue des Pyramides, de faire des travaux, d'installer dans un immeuble entier l'Office du tourisme dans des conditions tout à fait modernes et dignes de l'Office du tourisme de Paris. Et cela n'aura pas coûté un seul euro aux Parisiens et aux contribuables.
Donc le journaliste qui a parlé d'une rallonge budgétaire de un million d'euros s'est trompé, il l'a reconnu, et demain, dans la presse, dans notre quotidien préféré, vous pourrez lire ce rectificatif. Rassurez-vous, il a confondu coût total, budget et rallonge, c'était pour la précision.
Le journaliste qui a signé cet article truffé d'erreurs a toute mon estime, mais je crois qu'il a eu de mauvaises informations ou peut-être s'est-il laissé emporter par une volonté partisane.
Nous avons une politique du tourisme. Depuis 3 ans nous essayons effectivement d'avoir une politique volontariste dans le tourisme social, dans le tourisme des personnes handicapées, dans le tourisme des jeunes. Ce sont des pistes que vous n'avez jamais cherchées, vous, à développer. Votre seule politique était simplement de faire plus de business, plus de visiteurs et plus de chiffre d'affaires. Ce n'est pas dommageable, ce n'est pas regrettable. Bien sûr que les entreprises doivent faire plus de chiffre d'affaires et gagner plus d'argent parce qu'elles créent des emplois. Mais pour autant, il faut aussi concilier le tourisme et la vie des Parisiens. C'est ce que nous essayons de faire.
Pour vous répondre encore sur les états généraux, contraints par les A.B.F. de revoir trois fois notre permis de construire, nous avons pris du retard et nous ne pourrons pas ouvrir le 1er juin. Cela nous coûtera un surcoût mais ne coûtera rien à personne.
Nous avons donc choisi de reporter en même temps les états généraux puisque nous voulions faire une seule journée du tourisme, à la fois inaugurer l'Office du tourisme et en même temps faire les Etats généraux. Nous ferons tout cela au mois d'octobre mais, d'ici là, nous aurons ouvert un certain nombre de points provisoires au nombre de 11. Pour la première fois, il y aura des ambassadeurs qui accueilleront les touristes dans les aéroports et dans les gares cette année, ce que personne n'avait fait jusqu'à maintenant. Cela a mis 3 ans, mais nous avons changé 3 fois de président d'Aéroports de Paris depuis que nous sommes arrivés, ce qui a compliqué les négociations.
Je voulais vous rassurer. Et pour ne pas faire trop long, je pourrai vous communiquer par écrit un certain nombre d'autres réponses. Je pense que les touristes cet été seront bien accueillis.
D'autre part, dans cet article de presse on annonce une saison difficile. Tous les indicateurs que nous avons, nous, sont à la hausse : 2004 s'annonce comme une très belle saison.
Je vous remercie.
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Merci pour cette conclusion encourageante.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEE 73.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DDEE 73).