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Mai 2004
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142 - 2004, DVD 130 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, une convention pour mettre en oeuvre le contrat particulier entre le Département de Paris et la Région Ile-de-France, et de solliciter les cofinancements régionaux pour le programme 2004 d'opérations d'aménagements de sécurité des carrefours

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2004


Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DVD 130 autorisant M. le Maire de Paris à signer avec M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, une convention pour mettre en ?uvre le contrat particulier entre le Département de Paris et la Région Ile-de-France et de solliciter les cofinancements régionaux pour le programme 2004 d'opérations d'aménagements de sécurité des carrefours.
M. ALAYRAC a la parole.
M. Gilles ALAYRAC. - Madame la Maire, mes chers collègues, en France et à Paris l'insécurité routière, nous le savons, demeure un fléau. Malgré la diminution régulière du nombre d'accidents corporels de la circulation enregistrée pratiquement chaque année depuis vingt ans (nous avons eu 24,6 % d'accidents corporels de moins à Paris l'an dernier) l'accidentologie demeure encore trop forte. 54 de nos concitoyens sont morts en 2003 dans les rues parisiennes. 4 jeunes gens ont trouvé la mort dans ces mêmes rues en l'espace de 24 heures lors du dernier week-end du 1er mai... Lorsque je parle de morts dans les rues de Paris, j'aimerais que l'on écoute...
La plupart des accidents ont pour origine la transgression d'une règle du Code de la route. Aussi nous ne pouvons qu'approuver toutes les actions qui sont développées afin d'organiser aussi bien la sensibilisation du grand public sur les dangers de la route que la répression des comportements inciviques et dangereux.
Il est donc nécessaire de poursuivre l'organisation des Semaines nationales de sécurité sur la route à Paris avec les villages-ateliers organisés par la Préfecture de police, la Mairie de Paris en partenariat avec de nombreuses associations, mais je crois aussi qu'il ne faut pas relâcher l'effort en matière de contrôle routier renforcé et ciblé. Le franchissement des feux rouges, les excès de vitesse, l'alcoolémie au volant ne peuvent trouver aucune justification.
Dans cet esprit, il faut se réjouir de l'annonce d'un programme d'aménagement de sécurité de 19 carrefours parisiens dans le cadre d'un cofinancement entre le Département de Paris et la Région Ile-de-France. Ce programme, d'un montant de 1.400.000 d'euros, vise à aménager des carrefours accidentogènes où les piétons sont particulièrement menacés. Ces travaux permettront d'améliorer la lisibilité des carrefours, la visibilité mutuelle par ces différents usagers en empêchant les stationnements gênants, en élargissant les trottoirs, en créant des oreilles, en raccourcissant les traversées piétonnes reconnues dangereuses. Je rappelle que parmi les victimes des accidents de la route à Paris, on compte 24 % de piétons.
Je souhaite enfin dire un mot plus particulièrement sur la dangerosité du carrefour boulevard Garibaldi - rue Lecourbe - boulevard Pasteur dans le 15e arrondissement compris dans ce programme d'aménagement. Je voudrais signaler à M. le Préfet de police que les automobilistes traversent très fréquemment ce carrefour au feu rouge mettant en danger des piétons souvent engagés sur un passage clouté long à traverser, le carrefour étant large à cet endroit. C'est aussi à cet endroit qu'une piste cyclable va traverser d'ici quelques semaines ce carrefour. Les travaux ont commencé hier, vous le savez bien, en dépit d'ailleurs d'une immense mobilisation populaire, mes chers collègues, encouragée par la mairie du 15e arrondissement puisque si j'en crois la lecture du Parisien "Une poignée de manifestants" dont quelques-uns venus d'autres arrondissements, dans un arrondissement qui compte presque 250.000 habitants, a tenté d'empêcher hier les travaux. Nous avons donc pu juger du succès de cette manifestation.
Mais pour revenir à la sécurité et plus particulièrement de ce carrefour, je voudrais signaler que la proximité du métro Sèvres-Lecourbe et de très nombreux établissements scolaires parmi lesquels le lycée et le collège Buffon, le lycée Fresnel, le collège Georges Duhamel, le collège Staël, l'Ecole normale catholique et les écoles maternelles et élémentaires Blomet rendent cet endroit très fréquenté, ce qui me conduit, Monsieur le Préfet, à vous demander de sensibiliser le commissariat afin que des contrôles fréquents soient réalisés pour enrayer les infractions au Code de la route.
Je vous en remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, président. - Merci.
La parole est à Mme Dominique BAUD.
Mme Dominique BAUD. - Madame le Maire, chers collègues, ce projet de délibération prévoit un cofinancement entre le Département de Paris et la Région Ile-de-France afin de renforcer leurs actions en vue de l'amélioration de la sécurité routière et dans ce cadre, des aménagements de sécurité à certains carrefours. Il ne peut donc rencontrer que notre soutien. Ce d'autant plus que je note que le carrefour boulevard Garibaldi, rue Lecourbe, boulevard Pasteur, est concerné par ce projet et qu'il est proposé d'investir 50.000 euros pour son aménagement. En effet, à l'occasion du Conseil de Paris de novembre 2002, et notamment après avoir été saisie de cette demande par nombre de parents d'élèves des environs, j'ai sollicité M. le Maire de Paris et M. le Préfet de police afin que le carrefour Garibaldi, rue de Sèvres soit réaménagé. En effet, à cette intersection, le passage du carrefour est extrêmement dangereux pour les piétons, les voitures débouchant de deux rues différentes, de la rue de Sèvres et de l'avenue de Breteuil, rejoignant ainsi le boulevard Garibaldi.
A cet endroit se trouve un passage piéton très fréquenté au niveau 65 du boulevard Garibaldi, notamment par de nombreux jeunes élèves pas toujours très attentifs à la sortie des classes, qui n'est protégé par aucun feu tricolore fixe ni signal clignotant de priorité piétons.
Une des solutions proposées par M. le Préfet de police serait de remplacer le panneau existant, situé à l'angle du boulevard Garibaldi et de l'avenue de Breteuil, et de renforcer la sécurité par des panneaux lumineux "passage pour piétons" des deux côtés de la voie. J'espère donc que l'installation de ces deux panneaux lumineux préconisée par les autorités de police, celles donc chargées de la sécurité routière, sera retenue tant par le Département de Paris que par la Région comme une priorité dans l'aménagement de ce carrefour.
De même, et même s'il ne s'agit pas d'un carrefour, dans la mesure où il s'agit de sécurité routière à un endroit particulièrement dangereux et sensible, où nombre d'accidents sont signalés et encore davantage évités de justesse, je voudrais connaître avec précision la teneur des travaux effectués avenue Félix-Faure dans le 15e arrondissement.
A cet endroit un feu avait été demandé, approuvé par la Préfecture de police, demandé par le Conseil d'arrondissement en décembre à l'occasion des propositions de budgets, et refusé par la Ville.
Des travaux importants sont réalisés sur les trottoirs actuellement, nous sommes curieux d'en connaître l'ampleur exacte et les commerçants seraient heureux d'en connaître les conséquences pour leurs vitrines. A ce titre, un ralentisseur, des feux clignotants ou toute autre mesure destinée à améliorer la sécurité des piétons, et notamment des nombreux enfants qui traversent, sont-ils en même temps envisagés à l'occasion de ce chantier qui, doit-on le signaler, a commencé le jour de la rentrée scolaire des vacances de printemps, soit le 26 avril dernier, alors que le quartier était vide les quinze jours précédents ?
Au titre de la sécurité routière, on ne peut que regretter un tel manque de coordination.
Je vous remercie.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Merci.
Monsieur COUMET, s'il vous plaît.
M. Jérôme COUMET. - J'ai bien écouté les précédents intervenants, et je ne vais pas redire ce qu'a dit mon excellent collègue, Gilles ALAYRAC. Cependant, j'aimerais bien que sur des questions telles que celles-ci, on adopte un ton un peu moins polémique, d'autant que l'on est confronté à un classement de Paris qui n'est pas extrêmement glorieux. Nous sommes placés, en 2002, au 88e rang des 100 premières villes françaises sur la question de la sécurité routière.
On peut estimer, en tout cas c'est ma vision, que la sécurité routière est évidemment une coproduction entre les différents intervenants : la Ville qui fait des aménagements, la Préfecture de police qui fait respecter le Code de la route. On pourrait donc, entre nous, adopter un ton un peu plus sobre sur ces questions très importantes.
Il convient de se réjouir (d'ailleurs ce n'est pas le premier programme auquel on assiste qui est cofinancé par la Région mais qui est évidemment payé aussi à 50 % par la Ville) de ce type d'aménagements, qui sont parfois des aménagements modestes, celui du 13e arrondissement est modeste mais n'en sont pas moins extrêmement importants. Avec quelques élargissements, quelques oreilles, quelques carrefours un peu mieux visibles, plus dégagés, je pense que l'on aboutira à améliorer sensiblement la situation à Paris.
Pour ce qui concerne mon arrondissement, c'est d'autant plus important que c'est une demande qui vient des conseils de quartier, qui est tout à fait justifiée, sur un carrefour accidentogène qui nous a été signalé. Je me réjouis donc que ce programme le prenne en compte.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Merci.
Monsieur BAUPIN, vous avez la parole.
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Je voudrais remercier mes collègues pour leurs interventions, leur dire que certes l'accidentologie baisse dans Paris et nous nous en félicitons tous. Je pense que cela est dû à l'action conjointe de la Préfecture de police et à la répression qui s'est accentuée face aux chauffards. Cela est dû en même temps aux aménagements faits par la Ville de Paris qui réduisent la vitesse, qu'il s'agisse des quartiers verts, des couloirs de bus, d'aménagements cyclables qui contribuent à diminuer l'espace de la circulation automobile et donc la vitesse en conséquence. Mais il nous reste encore beaucoup à faire pour que nous puissions être réellement satisfaits par rapport à ce fléau, notamment en ce qui concerne des aménagements, voire la régulation de la vitesse sur les grands axes, notamment la nuit par la gestion des feux de signalisation.
Je remercie aussi M. ALAYRAC d'avoir tenu les propos qu'il a tenus par rapport au chantier de la piste cyclable, qui se trouve avoir été bloqué hier par des élus. Je suis d'ailleurs assez surpris que des élus républicains refusent la mise en ?uvre de projets qui ont été longuement débattus puis décidés par les instances légitimes, et aujourd'hui cherchent à les bloquer avec en plus, comme d'habitude, des argumentaires mensongers tels qu'on peut les retrouver dans les journaux ce matin.
Je précise donc, pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, que cette piste cyclable...
Vous n'avez pas encore entendu mes arguments, donc écoutez-les avant d'insulter les gens, Monsieur GOUJON. Soyez un minimum respectueux des informations que nous vous donnons.
Contrairement à ce que vous affirmez, il n'y aura pas la moindre suppression de places de stationnement sur ces boulevards puisque le choix que nous avons fait est de réduire l'espace de circulation. Quelques élus veulent soutenir la coordination d'associations pour la voiture qui s'est mise en place pour essayer d'empêcher que nous réduisions la circulation automobile dans Paris. Que ces élus lisent les études médicales qui ont été rendues publiques la semaine passée, qui sont venues confirmer de nombreuses études médicales et qui montrent à quel point ce combat est d'arrière-garde par rapport à la santé publique ! Il se trouve que ce projet de délibération justement porte sur la santé publique.
En réponse à Mme BAUD, je voudrais simplement lui dire qu'en ce qui concerne l'avenue Félix-Faure nous ne manquerons pas de lui faire passer les éléments qui ont été adressés aux mairies d'arrondissement sur les travaux qui sont en cours.
Les mairies d'arrondissement sont évidemment consultées sur l'ensemble des travaux et informées tous les trimestres des travaux qui auront lieu. J'ai bien noté sa proposition de mettre en place des ralentisseurs sur cette avenue ; je ne suis pas sûr que ce soit conforme au Code de la route vu le trafic qu'il y a, mais nous allons l'examiner avec beaucoup d'intérêt puisqu'il s'agit d'une proposition de la mairie d'arrondissement pour diminuer la circulation automobile.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Merci.
Nous passons au vote.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 130.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DVD 130).