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Mai 2004
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Conseil Municipal
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152 - Vœu déposé par le groupe U.M.P. relatif à l'abattage d'une centaine d'arbres sur le site du chantier du T.M.S., dans le 15e arrondissement

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2004


Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Nous examinons à présent le v?u référencé n° 27 dans le fascicule déposé par les élus du groupe U.M.P., relatif à l'abattage d'une centaine d'arbres sur le site du chantier du T.M.S., dans le 15e arrondissement.
Je donne la parole à M. GOUJON.
M. Philippe GOUJON. - Merci, Madame la Maire, de me donner la parole.
Il est vrai qu'au petit matin d'un dimanche, d'un lundi et d'un samedi d'avril, en pleines vacances de Pâques, à quelques jours d'ailleurs de la Journée de l'Arbre - quel symbole ! -, les riverains des boulevards Lefèvre et Victor dans le 15e ont été réveillés, sidérés par le fracas des platanes abattus par une armée de bûcherons de la Ville organisés en véritable commando.
Vous riez, mais les habitants du 15e rigolaient moins ! Nombreux d'ailleurs furent-ils à exprimer à la fois leur mécontentement et leur surprise. Ce qui prouve à l'évidence qu'ils n'ont pas compris et qu'ils n'étaient pas informés. La fameuse lettre aux riverains n'est certainement pas parvenue complètement à destination.
D'ailleurs, une seule phrase y évoque - je cite - : "des interventions dans le 15e arrondissement durant la deuxième quinzaine du mois d'avril". Voilà la précision apportée par les services de la Ville. Alors qu'habituellement, chacun le sait ici, les moindres travaux de voirie sont précédés d'une lettre personnalisée des services à tous les habitants concernés.
Quant au numéro de "téléphone vert", mal nommé sans doute, pour s'informer sur le T.M.S., il répondait vendredi à la question posée de bien vouloir rappeler lundi. Très bien, mais les arbres furent coupés le samedi, Monsieur CONTASSOT. Quelle duplicité !
Alors, "il y a eu certainement le souci de ne pas voir de gens qui s'enchaînent aux arbres" avouait naïvement M. GRUMBACH, l'architecte chargé de l'opération sur Europe 1. Il est vrai qu'il fut une époque où "Les Verts" pratiquaient cette forme d'action alors, qu'aujourd'hui, ce sont eux qui donnent les instructions pour abattre les arbres. Qu'ont donc dû en penser "Les Verts" de Rhône-Alpes qui, eux, ont manifesté contre la municipalité socialiste de Grenoble avec les éco-citoyens, protecteurs de la forêt de Ferney-Voltaire ?
C'est pour la même raison, sans doute, que lors des deux réunions des conseils de quartier concernés par le T.M.S. fin mars, à quelques jours de l'abattage et en présence de la mission tramway invitée par la mairie du 15e, cette information a été totalement occultée.
La méthode qui consiste à attendre que les élections régionales soient passées, à ne pas prévenir du jour et de l'heure les habitants, les associations, les élus, pas même le maire de l'arrondissement, est-elle compatible, Monsieur le Maire, Madame la Maire, avec les discours qui sont tenus à cette tribune sur la concertation, la transparence, l'écoute et la proximité, et avec les promesses réitérées pourtant aux habitants, aux associations, de les associer à toutes les décisions dans le cadre d'une démocratie participative exemplaire ?
Ne pouvait-on pas, sur le fond - mais nous sommes réalistes et nous savons bien qu'il faut consentir des sacrifices -, mais ne pouvait-on pas transplanter certains arbres comme cela a été fait autrefois dans certains cas, en épargner d'autres, étudier un tracé qui ne nécessitait pas l'abattage de 310 arbres sur le site, sans compter les 160 (moins hauts et moins beaux, c'est vrai) abattus en catimini sur le site des ateliers-garages du T.M.S. ?
C'est de cela, Madame le Maire, que les habitants auraient souhaité débattre. Ils auraient voulu être traités simplement en citoyens responsables, capables d'ailleurs de comprendre les enjeux d'une opération d'intérêt public et d'en accepter les sacrifices et non, comme ce fut le cas, comme des citoyens de seconde zone.
Le groupe U.M.P. demande en conséquence au Maire de Paris, afin qu'il mette simplement ses actes en adéquation avec ses discours, d'instaurer une véritable concertation sur le chantier du T.M.S. avec les associations, les élus et les riverains.
Quant à vous, Monsieur CONTASSOT, qui pilotiez sur place l'abattage funeste de ces arbres, ces associations, ces élus et ces riverains nous ont demandé d'être leur relais auprès de vous en vous offrant ce qu'il reste de leurs platanes centenaires hauts de 40 mètres, ces quelques souches qui vont vous être offertes par les élus du 15e et qui pourront en triste souvenir de ce bel arrondissement orner votre bureau.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Monsieur CONTASSOT, vous avez la parole.
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - M. GOUJON qui n'hésite jamais à travestir la vérité, franchement, quand je vous entends, Monsieur GOUJON, vous avez tenté de mobiliser, hélas sans succès, la population ce samedi matin : vous étiez 5 élus avec votre écharpe tout seuls. Les nombreux manifestants, je les cherche encore !
M. Philippe GOUJON. - Vous aviez une centaine de bûcherons plus la police, c'est vrai que ce n'était pas beaucoup !
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Les mensonges de M. GOUJON ! Il y avait deux agents chargés de faire la circulation et M. GOUJON parle d'escouades de C.R.S. qui protégeaient les abattages ! C'est le mensonge de M. GOUJON, mais on est habitué avec lui.
Monsieur GOUJON, on le sait, derrière tout cela, vous tentez de remettre en cause ce projet, car, au fond, les arbres, vous vous en moquez ! Mais bien sûr que vous vous en moquez ! Et pour une raison très simple, c'est que selon votre projet, celui que vous aviez voté, tel qu'il était conçu sous l'ancienne mandature, c'était plus du double des arbres qu'il fallait abattre. Et vous le savez très bien ! Et pour ça vous n'aviez pas le moindre état d'âme, vous n'aviez aucun scrupule, vous vous en moquiez. Mais comme aujourd'hui ce projet avance, vous ne souhaitez pas qu'il puisse se dérouler normalement et vous cherchez à créer des incidents. Rien d'autre !
Monsieur GOUJON, soyez calme et simplement respectueux de ceux qui peuvent s'exprimer. Cela vous arrive-t-il de temps en temps ? Vous avez du mal, je le sais, ce n'est pas votre tempérament. La tolérance n'est pas la plus grande de vos vertus.
Cela étant, vous cherchez à créer des incidents et vous ne vous en cachez pas. Vous regrettez amèrement qu'il n'y ait pas des gens qui tendent de gêner les bûcherons, que vous mettez en accusation d'ailleurs de manière un peu curieuse. Ce sont des fonctionnaires de la Ville et vous n'avez pas à porter de jugement sur la manière dont ils travaillent. Ils prennent d'ailleurs des risques - faut-il le rappeler ? - quand certains élus s'approchent un peu trop près des arbres au moment des opérations. Vous faites prendre des risques à des fonctionnaires, ce n'est pas très responsable.
Quand j'entends parler, mais là encore on voit bien la mauvaise foi, de transplanter des arbres qui ont 80 ans, franchement, savez-vous de quoi vous parlez lorsque vous dites cela ? Ce n'est pas très sérieux. On ne transplante pas des arbres de 80 ans, ce n'est pas vrai.
Vous aviez prévu plus de 600 abattages, nous allons hélas - et je dis hélas ! - être obligés d'en faire 300. Ce sont 300 de trop mais c'est nécessaire et c'est effectivement beaucoup moins que ce que vous aviez envisagé.
Vous en avez abattu beaucoup, comme tout le monde à chaque fois que c'est nécessaire pour faire des travaux...
Mais non ! Vous ne les avez pas transplantés. Ne racontez pas n'importe quoi !
Je regrette que nous soyons obligés d'abattre des arbres. Je constate simplement que c'est au service d'un projet environnemental. Ce n'est effectivement pas ce qui se passe à Ferney-Voltaire où vos amis préfèrent que les avions puissent être encore plus nombreux, ce qui est totalement néfaste pour l'environnement. Vous essayez abusivement, comme d'habitude, de mélanger des projets qui n'ont rien à voir les uns avec les autres. Développer le transport aérien à Ferney-Voltaire et mettre un tramway sur le boulevard des Maréchaux est effectivement très différent.
Donc votre demande ne me semble absolument pas fondée. Je suis tout prêt à recevoir toutes les associations. C'est bizarre, elles ne me demandent pas de venir, il n'y a que vous qui le demandiez. C'est curieux car j'ai beaucoup de relations avec ces associations et elles ne sont pas spécialement choquées, vous avez l'air de l'être à leur place et, comme tout à l'heure, de parler à la place des autres. Je le regrette.
Au fond, et c'est ce que vous dites d'ailleurs, vous auriez souhaité qu'il n'y ait pas de tramway à cet endroit-là et que cela se passe mal. Je suis désolé pour vous, cela ne se passe pas si mal que cela.
J'appelle donc à voter contre votre v?u.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 27 assorti d'un avis défavorable de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le v?u est repoussé.