Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2004
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

116 - 2004, SGRI 26 - Subvention de fonctionnement à l'association "Max Havelaar" (Seine-Saint-Denis) dans le cadre de son projet établi sur 3 axes : la 4e quinzaine du commerce équitable, l'accessibilité des produits et le développement de l'information sur le commerce équitable. - Montant : 10.000 euros

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2004


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération SGRI 26 relatif à l'attribution d'une subvention de fonctionnement à l'association "Max Havelaar".
Melle NENNER a la parole.
Melle Charlotte NENNER. - Merci, Monsieur le Maire.
L'association "Max Havelaar" France contribue, depuis sa création en 1992, au développement des producteurs défavorisés des pays du sud à travers le commerce équitable et elle assure également la promotion et la gestion du label de commerce équitable "Max Havelaar".
Pour nous, le commerce équitable, qui est insuffisamment développé en France, est un outil particulièrement important de la coopération nord-sud et de la consommation éthique et responsable.
C'est pourquoi nous nous réjouissons que la Ville de Paris aide la campagne et les manifestations organisées par l'association "Max Havelaar" en 2004.
Néanmoins, nous souhaitons mettre un bémol à ce projet de délibération. En effet, il est question de plusieurs actions de sensibilisation sur le commerce équitable dont une qui est un grand jeu concours national à destination des collégiens français, organisé en partenariat avec le ministère de l'Education nationale, les éditions PEMF et le magazine "Géo Ado".
Puis-je avoir un peu de silence ?
Je parlais d'un grand jeu concours organisé à destination des collégiens.
Même pour l'association "Max Havelaar", je juge particulièrement contestable que la Ville encourage une intrusion supplémentaire de la publicité dans l'école. Et en l'occurrence, dans les collèges.
Comme l'a montré un récent colloque organisé par "Attac Education" la publicité s'est toujours incrustée dans l'école via une bonne cause (stages de sécurité routière organisée par un grand constructeur automobile ; éducation à l'hygiène féminine pour les adolescentes par une grande marque de protections hygiéniques ; idem pour bien se brosser les dents avec le dentifrice "tartempion" ; les yaourts "machin" pour bien manger, etc.).
Ce jeu concours est pour "Géo Ado", qui appartient à un des plus gros magnats de la presse européenne, non seulement une publicité à peu de frais, mais aussi, pour eux, une vraie caution apportée et par l'Education nationale et par l'association "Max Havelaar".
Nous vous encourageons, Monsieur le Maire, à faire part à l'association "Max Havelaar" de ces réserves.
Néanmoins, ces réserves ne nous empêcherons pas d'approuver cette subvention qui est une bonne chose pour cette association qui ?uvre pour le commerce équitable.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
La parole est à M. SCHAPIRA.
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Monsieur le Maire, Madame la Conseillère, je ne parlerai pas tout de suite du dentifrice, mais j'y viendrai.
Convaincue de la nécessité d'?uvrer avec ses moyens en faveur d'un commerce international plus équitable, qui tient compte de la situation économique et sociale des pays en développement, et fidèle à son engagement en faveur du commerce équitable, la Mairie de Paris a tenu une nouvelle fois à s'engager aux côtés de l'association "Max Havelaar" dans une opération de sensibilisation auprès des Parisiennes et des Parisiens.
Elle s'est également engagée à tirer parti, chaque fois que cela sera possible, des possibilités offertes par la loi afin de promouvoir les produits issus du commerce équitable. Ainsi, une partie du thé et du café qui sont consommés à l'Hôtel-de-Ville est issue de ces filières.
Nous souhaitons aller plus loin en matière de promotion du commerce équitable. J'ajoute que lors du Congrès fondateur de Cités et Gouvernements locaux unis qui s'est tenu début mai 2004, toutes les "pauses café" étaient réalisées avec du café labellisé "Max Havelaar".
C'est la première fois.
(Protestations de M. GAREL).
Non, je ne plaisante pas, Monsieur GAREL. Je ne plaisante pas.
Cette année, la Quinzaine du commerce équitable s'est décomposée en trois parties :
- tournée dans huit villes de France, parrainée par des personnalités : Paris, Lille, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Strasbourg, Lyon et Nantes ;
- campagne nationale d'éducation au commerce équitable grâce à des guides pédagogiques et à des jeux concours à destination des collèges sous le patronage du Ministère ;
- 2.000 manifestations de proximité avec des acteurs locaux, les associations et les collectivités.
L'an dernier, j'avais participé avec ma collègue Lyne COHEN-SOLAL au lancement de la tournée des producteurs organisée par Max Havelaar, toujours dans le cadre de la Quinzaine du commerce équitable. A cette occasion, une présentation de l'opération à la presse avait été faite sur le parvis de l'Hôtel-de-Ville par Victor FERRERA, le Président de "Max Havelaar".
La tournée des producteurs consistait, en 2003, à faire circuler deux bus pédagogiques dans toute la France, dont l'un à Paris et en Ile-de-France, avec à leurs bords les producteurs venus spécialement d'Amérique latine, d'Afrique, d'Asie, expliquant les enjeux du commerce équitable.
Le passage du bus dans de nombreux arrondissements parisiens avait permis l'organisation d'animations à chacune de ces étapes.
La Mairie avait financé à hauteur de 15.000 euros, et avait également adhéré à la campagne "500 villes s'engagent pour le commerce équitable". C'est également l'opération "Ça va faire un cabas" en novembre 2001, opération sur le marché de Paris en 2002 dans le cadre de la "Semaine de la solidarité internationale".
Ces questions fondamentales de développement rejoignent la politique mise en ?uvre par la Municipalité et ont permis d'instaurer ainsi un véritable partenariat avec "Max Havelaar".
J'ajoute, mais j'aurais aimé que vous le constatiez parce que c'est simplement un constat, que sur la consommation équitable qui est une partie de la consommation responsable, la Ville de Paris préside, au niveau européen dans le cadre d'Eurocités, la Commission sur le commerce de la consommation responsable. Et je crois que c'est tout à notre honneur que d'y participer. Et je ne plaisante pas en disant cela !
(Mouvements divers dans l'hémicycle).
Très bien, j'y viens. On parlera du dentifrice.
Je vous répète que c'est tout à l'honneur de la Ville de Paris que de participer et de présider la Commission "Consommation responsable" concernant toutes les grandes villes d'Europe.
Concernant votre question sur les problèmes de la publicité à l'école, ce n'est pas de notre ressort. Posez la question à "Max Havelaar".
Je vais vous dire une chose, et je vais vous parler en professionnel : très honnêtement, si dans les kits il y a des tubes de dentifrices... je me "fous" complètement du nom qui est sur le tube dentifrice. Par contre, ce que je souhaite, et je vous le dit depuis 30 ans que j'exerce, c'est que les "mômes" et les adultes puissent se brosser les dents matin et soir, et pour votre information, une minute par mâchoire, ça fera du bien à tout le monde !
(Rires dans l'hémicycle).
Je vous dis simplement cela. Hé oui, si vous ne le faites pas, vous êtes en danger, Madame NENNER.
(Manifestations bruyantes dans l'hémicycle).
Ecoutez, sur cette question de la publicité, nous avons eu des débats nombreux, mais je pense très honnêtement que c'est mineur. Et si vous avez des récriminations à faire, il ne faut pas les faire à la Ville de Paris, mais à "Max Havelaar".
En tout cas, nous, nous soutiendrons complètement l'action de Max Havelaar dans cette opération-là.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SGRI 26.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, SGRI 26).
(M. Christian SAUTTER, adjoint, remplace M. Christophe CARESCHE, adjoint, au fauteuil de la présidence).