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Juin 2004
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89 - QOC 2004-376 Question de Mme Brigitte KUSTER et des membres du groupe U.M.P. à M. le Maire de Paris relative à l'accueil des passagers dans les gares parisiennes

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2004


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons à la question de Mme Brigitte KUSTER à M. le Maire de Paris relative à l'accueil des passagers dans les gares parisiennes.
Madame KUSTER, vous avez la parole, M. SAUTTER vous répondra.
Mme Brigitte KUSTER. - Merci, Monsieur le Maire.
Le site Internet de la Ville de Paris et "Le Nouvel Observateur Paris" de la semaine du 13 mai nous ont appris que la Ville de Paris et la S.N.C.F. travaillaient de concert pour l'amélioration de l'accueil des passagers qui utilisent ces gares quotidiennement ou de manière épisodique.
S'agissant de l'accueil, nous nous interrogeons sur certaines réalisations récentes telle que la gare de Bercy. En effet, chaque jour, dans cette gare, semble-t-il rénovée, de nombreux passagers viennent ou reviennent de Florence, Venise, Rome. Or, l'accueil y est limité à sa plus simple expression. Ici, pas de marchands de journaux ou de magazines, de boutiques diverses et, quand elles existent, elles ne sont pas ouvertes à toutes les heures de départ et d'arrivée des trains. La S.N.C.F. nous dit que l'activité commerciale permet d'apporter une meilleure qualité d'accueil et de sécurité. Certes, mais plutôt que de commencer là où cette activité existe déjà, pourquoi ne pas s'intéresser aux gares déshéritées. En réalité, l'opération consiste, et c'est relativement naturel, à valoriser et à rapporter plus de redevances qu'aujourd'hui.
Ne pensez-vous pas que votre rôle dans cette affaire consiste, en tout premier lieu, à favoriser l'amélioration de l'accueil des visiteurs, notamment des touristes étrangers ? Ne pensez-vous pas aussi par ailleurs que le développement anarchique de ces pôles commerciaux dans certaines gares est potentiellement concurrentiel avec les commerces actuellement installés à leur périphérie ?
S'agissant de la desserte des gares, votre programme consiste, dites-vous, à favoriser l'accès des transports en commun, des taxis et des circulations douces. Or, cette facilitation a commencé depuis longtemps pour la circulation douce, notamment les vélos. Il faudrait d'ailleurs commencer par réaliser votre programme dans l'ensemble de Paris. En réalité, votre objectif est à nouveau de réduire la circulation automobile aux abords des gares, voire de la supprimer. Si certains de nos responsables prenaient plus souvent le train, ils se rendraient compte que bon nombre d'automobilistes qui se rendent à la gare le font le plus souvent pour accompagner leur famille au train. Il s'agit souvent de mères accompagnées d'enfants et chargées de valises, ou de personnes âgées. Avez-vous déjà porté une valise dans les marches de métro, en poussant votre enfant dans la poussette ? Nous aimerions avoir des précisions sur votre projet en la matière.
M. Christian SAUTTER, adjoint. - A question précise, réponse précise. Vous vous intéressez, Madame KUSTER, à l'accueil, dans un premier temps, des touristes venant d'Italie et vous traitez de la gare de Bercy. Je voudrais d'abord vous dire, Madame, que la Ville comme la S.N.C.F. restent vraiment maîtresses de leurs propres domaines. Donc si ces touristes sont accueillis en gare de Bercy, c'est du fait de la S.N.C.F. et c'est dû à une certaine saturation de la gare de Lyon.
Ceci dit, nous faisons un effort de renforcement du dispositif d'accueil des touristes dans les points d'entrée de la Ville, dans les gares, mais peut-être faut-il faire plus à la gare de Bercy, et dans les aéroports de Roissy et d'Orly, ceci grâce à l'Office du Tourisme et des Congrès de Paris. Ceci est fait à la demande de la Ville. Et il y a de telles antennes dans les enceintes de la gare de Lyon et de la gare du Nord qui ont été récemment aménagées, mais il faut amplifier ce dispositif.
Deuxièmement, Madame KUSTER, vous vous interrogez sur la concurrence potentielle entre l'existence de commerces dans les gares avec les commerces environnants, après avoir dit d'ailleurs qu'à Bercy il n'y avait pas suffisamment de commerces. Ce que je veux vous dire au nom de mon collègue Denis BAUPIN, c'est que la Ville veille à ce que tout renforcement de l'offre commerciale dans les gares, proposé par la S.N.C.F., pour répondre à la demande des voyageurs, s'intègre bien dans le tissu économique et commercial du quartier concerné. Chaque situation est particulière et il faut donc regarder chaque gare de façon particulière.
Dernière question dans votre vaste question : l'accès aux gares par l'automobile. Nous avons la volonté de réduire la circulation de transit qui, non seulement induit des nuisances pour les habitants et les activités voisines, mais aussi contrarie ceux qui ont vraiment à faire dans ces gares. Donc, nous faisons un effort en la matière pour faciliter la desserte des gares par les taxis notamment et par les transports en commun. Nous faisons un effort aussi pour améliorer l'accessibilité des personnes à mobilité réduite. Il ne s'agit pas de décourager la voiture particulière, mais il s'agit de rationaliser les conditions de la dépose minute et d'éviter qu'il y ait des encombrements dûs à des personnes qui n'ont rien à faire dans ces gares.
Merci, Monsieur le Maire.
Mme Brigitte KUSTER. - Je ne sais pas ce que vous appelez des gens qui n'ont rien à faire dans les gares, mais en général quand on dépose des personnes c'est qu'on a à faire. Je trouve que la formulation est maladroite pour toutes les personnes qui viennent et qui, en général, ne restent pas pour stationner dans les gares, mais viennent plutôt y déposer des amis ou de la famille.
Concernant l'offre d'accueil dans les différentes gares, étant membre du Conseil d'administration de l'Office du tourisme, il a été arrêté quelques points d'accueil dans les gares. Ma question justement était de relever le fait que cette gare est complètement abandonnée par la Ville et par la S.N.C.F., non seulement au niveau de l'accueil, mais au niveau commercial. Et quand je relevais le problème du commerce, je parlais de l'offre commerciale et du déséquilibre qu'il y a parfois dans certaines gares, peut-être gare de Lyon ou gare Saint-Lazare où l'offre est abondante. Or, gare de Bercy, il n'y a rien. Ma question était de montrer le côté disproportionné de la Ville et de la S.N.C.F. sur quelques points d'accueil. Mais, comment peut-on imaginer être une capitale et accueillir les touristes tel que nous les recevons à Bercy. Y avez-vous déjà mis les pieds ? Une sorte de no man's land qui est sinistre, et on accueille les touristes d'une manière qui, sincèrement, n'est pas digne. Ma question est de prendre en compte l'accueil des touristes.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La Ville n'a rien à voir là-dedans.
Mme Brigitte KUSTER. - Oui, Monsieur CARESCHE, la Ville a à voir ou alors vous n'êtes pas au courant de ce que vous faites avec la subvention à l'Office du Tourisme de Paris. Il y a à prendre en compte l'accueil touristique et la réponse de M. SAUTTER n'est pas convaincante.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - J'avais compris que la S.N.C.F. gérait les gares, je me suis trompé.