Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2004
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

154 - Vœu déposé par M. Jacques DAGUENET, Mme Liliane CAPELLE, M. Patrick BLOCHE et Mme Khédija BOURCART concernant le C.A.C. de la Roquette.Vœu déposé par Mmes Michèle BLUMENTHAL, Pénélope KOMITÈS et les élus de la majorité municipale du 12e arrondissement concernant la fusion des Centres d'accueil et de crise psychiatrique des 11e et 12e arrondissements

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2004


M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Nous passons à l'examen des v?ux référencés nos 57 et 58 dans le fascicule, qui ont trait à la fusion des Centres d'accueil et de crise psychiatrique des 11e et 12e arrondissements.
Je donne la parole à M. DAGUENET.
M. Jacques DAGUENET. - Sur le v?u n° 57 ? D'accord.
Merci, Monsieur le Maire. Patrick BLOCHE interviendra. Nous allons nous partager le temps de parole pour présenter ce v?u. Ce v?u qui a été adopté à l'unanimité par le Conseil du 11e arrondissement, fait suite à la décision de fusionner les 2 Centres d'accueil et de crise du 11e et du 12e arrondissements.
Il faut rappeler que cette décision a été prise - et c'est cela qui est scandaleux - sans concertation, et pourtant je rappelle que, grâce à l'action de tous, l'Agence régionale d'Hospitalisation avait pris l'engagement d'un moratoire et reporté la décision à septembre pour permettre d'ouvrir précisément une concertation. Si cette décision se confirmait, elle serait très grave et se ferait au mépris des besoins des malades et contre l'avis de tous.
Le Centre de la Roquette serait dans l'incapacité d'accueillir le double de population avec le même nombre de lits et de personnels, et les patients pourraient être dirigés, à partir de là, vers les urgences de Saint-Antoine. Sauf que les médecins urgentistes de Saint-Antoine, et Patrick PELOUS en tête, viennent de réaffirmer leur incapacité d'accueillir de nouveaux patients. C'est pourquoi, je crois, nous nous devons de réaffirmer notre refus de fusion des deux centres et apporter notre soutien aux personnels, médecins et aux patients des deux centres d'accueil.
Nous allons assister, une nouvelle fois, à une diminution de l'offre et de la qualité des soins, alors que Paris souffre déjà d'un manque criant de structures de proximité. C'est donc un mauvais coup de plus porté aux hommes et aux femmes en souffrance psychique, alors qu'installés au c?ur de Paris, les C.A.C.P. répondent à un vrai besoin de santé spécifique. Et je rappelle qu'un véritable réseau s'est construit entre les usagers, les médecins, les personnels, les assistantes sociales et les associations de quartier. C'est véritablement la remise en cause de centres de proximité alors qu'ils font un travail remarquable. Ces choix sont étroitement liés à la politique de santé du Gouvernement qui vise à remettre en cause gravement le droit à la santé pour tous.
Après l'annonce de cette fusion, l'émotion est grande ; on peut parler même de colère, parmi les médecins, les personnels et les usagers. Les personnels n'acceptent pas cette décision. Des initiatives ont eu lieu, notamment le mercredi 4 rassemblant de nombreuses personnes. Je crois qu'il est urgent de trouver, avec toutes les parties concernées, des solutions afin de refuser cette fusion, et d'étudier les solutions qui permettent de maintenir ces 2 C.A.C.P., l'offre de soins de ces établissements. C'est le sens du v?u que nous présentons, demandant au Maire de Paris d'interpeller le Ministre de la Santé pour lui faire part de son refus de la fusion qui est prévue la semaine prochaine, lundi 14, et demander dans le même temps l'ouverture d'une concertation avec les médecins, les personnels, leurs représentants et les associations. Cette concertation doit permettre d'étudier les solutions afin de maintenir ces deux Centres de santé, d'accueil et de psychiatrie dans les deux arrondissements.
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Je donne la parole, pour s'exprimer sur ce v?u, à M. Patrick BLOCHE.
M. Patrick BLOCHE. - S'exprimer sur le v?u n° 57 ou n° 58 revient un peu au même puisque ce sont les deux mêmes v?ux, sauf que les signataires changent, mais cela traduit la mobilisation des élus du 11e comme du 12e arrondissement à l'égard de ce dossier sensible. Jacques DAGUENET vient de rappeler la situation dans laquelle se trouvent ces Centres d'accueil et de crise psychiatrique, qui s'occupent des questions d'urgence psychiatrique. Nous avons évoqué d'ailleurs ces questions dans le cadre du débat que nous avons eu hier matin sur le handicap. Tout le problème, c'est le fait que la Ville s'efforce d'augmenter, de valoriser une offre de soins psychiatriques, notamment dans les cas d'urgence, et que, parallèlement, on constate un retrait de l'intervention de l'Etat car, là, nous sommes dans une logique purement comptable qui vise à la fusion de deux Centres d'accueil et de crise. C'est extrêmement grave car, en l'occurrence, pour s'occuper d'urgences psychiatriques, pour être en capacité d'accueillir des usagers, et le Centre de la Roquette en a accueilli 10.000 en 10 ans (c'est vous dire le besoin que cela couvre d'un point de vue de santé publique), il y a, pour ces personnes très fragilisées, une question essentielle d'habitude, de sécurisation du fait de pouvoir aller régulièrement dans ces lieux ouverts et qui les accueillent dans la journée. Cela va être un grand traumatisme pour elles de se retrouver dans une situation qui va les isoler et les précariser.
Ce qui est surtout scandaleux, c'est qu'on nous avait indiqué (à tous ceux qui se sont mobilisés sur ce dossier : les personnels, les médecins, les usagers, les syndicats, les associations et bien sûr les élus des 11e et 12e arrondissements) qu'il y aurait un moratoire, et qu'on verrait à la rentrée où nous en serons. Or là, brutalement, cette parole n'a pas été tenue puisqu'à la mi-juin il y aura fermeture. La décision de fusion va s'appliquer brutalement. C'est inacceptable. C'est d'autant plus inacceptable qu'on entre dans une période qui est la période estivale et, nous l'avons vu l'année dernière, elle conduit à ce que l'isolement d'un certain nombre de nos concitoyens soit, pour des raisons évidentes, accru. En l'occurrence, c'est vraiment scandaleux, j'ose même dire criminel, de fermer ces centres d'accueil à la mi-juin, avant l'été. Je pensais qu'un certain nombre de responsables publics avaient tiré les leçons de ce que nous avions vécu l'été dernier. Visiblement les décisions technocratiques s'imposent. Les décisions comptables s'imposent, sans prendre en compte les impératifs de santé publique, sans prendre en compte la dimension humaine particulièrement sensible de ce dossier. C'est la raison pour laquelle nous avons présenté ces v?ux.
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - La parole est à M. LHOSTIS.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Après ces deux interventions, je n'ai rien à ajouter aux arguments qui ont été développés, si ce n'est que je regrette d'autant plus cette attitude que j'avais organisé une rencontre entre les différents intéressés et le Préfet RITTER, qui est le Directeur de l'Agence régionale d'hospitalisation de l'Ile-de-France. Nos arguments avaient semblé franchir les barrages technocratiques puisqu'il avait été décidé de surseoir et de se concerter. Cependant, la décision brutale est tombée et, comme cela vient d'être dit par l'un et par l'autre, la technocratie a encore de beaux restes et l'écoute des populations en souffrance est rejetée une nouvelle fois. Bien évidemment, je vous appelle à voter sans réserves et fermement ces v?ux qui manifestent notre opposition à cette démarche.
(M. Eric FERRAND, adjoint, remplace M. Pascal CHERKI, adjoint, au fauteuil de la présidence).
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Monsieur LHOSTIS.
La parole est à Mme RENSON.
Mme Cécile RENSON. - Je pense que l'Agence régionale d'hospitalisation n'est pas du tout déloyale, contrairement à ce qu'on peut laisser penser. Mais que l'on s'est trouvé devant un problème tout à fait prégnant, qui est que nous avons ici deux centres qui, en fin de compte, sont des locaux, mais il manque du personnel. Il ne sert à rien d'avoir des locaux sans personnels pour les faire fonctionner.
(Mouvements divers dans l'hémicycle).
Des centres qui devraient fonctionner 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 ne peuvent être ouverts que 5 jours sur 7 et que 12 heures par jour. On a donc intérêt à mutualiser les moyens. Voilà pourquoi nous voterons contre ce v?u. Mais, nous sommes tout à fait sensibles à la population psychiatrique en souffrance.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Mon père qui était un ouvrier payé à la semaine, disait que deux mauvaises semaines faisaient une médiocre quinzaine.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Le débat est terminé.
Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u les élus de la majorité, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition de v?u est adoptée. (2004, V. 139).
Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par les élus de la majorité du 12e arrondissement, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition de v?u est adoptée. (2004, V. 140).