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Juin 2004
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145 - 2004, PJEV 52 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer d'une part, un marché de maîtrise d'œuvre avec le groupement François GRETHER, architecte urbaniste mandataire, Jacqueline OSTY, paysagiste, Omnium Général d'Ingénierie, Bureau d'études techniques et, d'autre part, de signer des marchés sur appel d'offres pour la passation de prestations intellectuelles, (mission de contrôle technique, d'organisation pilotage et de coordination des études et des travaux, de coordination en matière de sécurité et de protection de la santé, d'assistance économique, administrative et juridique au maître d'ouvrage) en vue de la création d'un parc paysager sur le secteur "Clichy-Batignolles" (17e)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2004


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération PJEV 52 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer d'une part, un marché de maîtrise d'?uvre avec le groupement François GRETHER, architecte urbaniste, et un certain nombre de bureaux d'étude en vue de la création d'un parc usager sur le secteur Clichy-Batignolles.
Madame de PANAFIEU, vous avez la parole.
Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Merci.
C'est une première satisfaction, mes chers amis, que de voir enfin l'opération d'aménagement des 40 hectares de "Batignolles-Clichy-Cardinet" commencer à se concrétiser à travers ce projet de délibération, un marché de maîtrise d'?uvre avec le groupement François GRETHER, architecte urbaniste, et Jaqueline OSTY, paysagiste. Ce parc paysager de 4 hectares sur une parcelle de 5,5 hectares représente la première phase d'un aménagement qui fera sortir de terre un quartier nouveau à Paris. Nous vous rappelons qu'il s'agit là de l'opération parisienne la plus importante de ces prochaines années, avec plus de 40 hectares d'un seul tenant.
(M. François DAGNAUD, adjoint, remplace M. Christophe CARESCHE, adjoint, au fauteuil de la présidence).
Cela représente, pour moi déjà, pour mon équipe bien sûr, de longs mois de mobilisation pour débloquer une situation longtemps figée. Bien avant que l'on parle de Jeux olympiques et de village olympique aux Batignolles, je m'étais mobilisée pour que l'on s'occupe enfin de cette parcelle en reprenant contact avec la S.N.C.F., avec R.F.F. et Géodis, les propriétaires des lieux, et en demandant à M. DUPORT notamment, qui était alors Préfet de Région de s'investir sur ce dossier, ce qu'il avait fait avec beaucoup de courage.
Les choses ont commencé à s'enclencher, mais il est clair que la candidature de Paris aux Jeux olympiques a considérablement accéléré ce mouvement. Il était évident que, pour renforcer la candidature de Paris, le village olympique devait trouver sa place sur les Batignolles. C'est une position qui était déjà défendue quand Paris s'était portée candidate pour les J.O. de 2008 et, à l'époque, pour des questions d'aménagement de territoire, ce choix n'avait pas été retenu, portant d'ailleurs préjudice au dossier de candidature de Paris.
Aujourd'hui, le dossier tel qu'il se présente, avec le village olympique à moins de 6 kilomètres des 2 principaux pôles où se dérouleront les épreuves, l'un à l'Est autour du Stade de France et l'autre à l'Ouest autour du Parc-des-Princes et de Roland-Garros, est prometteur de succès.
Maintenant, l'objectif est clair. Il faut mobiliser nos concitoyens sur cette formidable aventure et valoriser toutes les retombées positives pour Paris et pour la France de cette candidature.
Dans le 17e, il va falloir s'employer à rassurer les riverains du futur site du village. La première réunion de concertation s'est tenue à la mairie du 17e arrondissement le jeudi 3 juin dernier en présence d'au moins 400 personnes. M. CAFFET était là ainsi que M. GRETHER pour répondre aux invités de cette séance de concertation. Tous les habitants présents ont prouvé que les attentes et les exigences des riverains étaient très fortes. D'ailleurs, de nombreux habitants d'autres arrondissements, du 8e, du 13e, du 20e et même des communes de Petite Couronne s'étaient déplacés.
Les besoins en équipements de proximité du quartier sont énormes. C'est l'opportunité à ne pas manquer pour y répondre. Les habitants du 17e, ceux d'aujourd'hui et ceux qui viendront s'installer après les Jeux, comptent sur nous.
Je veux donc insister sur les priorités que nous émettons en tant que mairie du 17e. Paris a besoin d'attirer des entreprises et de créer de l'emploi, mais Paris connaît parallèlement une crise sans précédent en matière de logements. Il faudra donc concilier ces deux exigences dans l'élaboration du programme.
Par ailleurs, nous connaissons un déficit important en matière d'équipement de Petite enfance dans un quartier qui se rajeunit quotidiennement: 40 % de la population qui est, comme dit l'INSEE, "en âge de procréer", c'est-à-dire 20-40 ans. On peut déjà chiffrer le besoin en équipement scolaire à 60 classes. Il faudra donc au moins une école polyvalente, école maternelle et école primaire, et un collège sur ce site des Batignolles.
Un tel projet ne peut se concevoir sans une dimension culturelle. Un seul équipement dénommé pour l'instant "centre d'animation", c'est maigrichon, est prévu, ce qui est notoirement insuffisant. Vous savez combien j'ai souhaité voir l'installation d'un nouvel auditorium, et j'avais convaincu d'ailleurs, je crois, MM. AUBERGER et BELAVAL qui étaient chargés du rapport en ce sens. Et puis, il semblerait qu'une décision ait été prise pour le site de la Villette, mais je ne perds pas espoir.
Enfin, des parkings en sous-sol devront être réalisés dès la première phase, car chacun sait que nous évoluons dans un quartier déjà totalement saturé et, à ma demande, une étude est en cours sur ce sujet auprès des services de la Ville de Paris.
En termes de transport, quatre améliorations fondamentales doivent être réalisées pour accompagner le projet urbain et réussir le désenclavement de ce nouveau quartier : le fonctionnement de la ligne n° 13 totalement saturée, le désenclavement du quartier de la porte d'Asnières avec la création d'un accès direct à une nouvelle ligne R.E.R. situé à proximité de la gare Cardinet, la mise en place de lignes de bus supplémentaires sur le boulevard des Maréchaux entre la porte d'Asnières et la porte de Saint-Ouen circulant aussi le week-end et, enfin, la création d'un accès au périphérique Ouest à partir de la porte de Clichy permettant d'éviter une partie du trafic qui se cristallise autour de la porte d'Asnières. Vous savez tous très bien que cette demande est non seulement une demande des habitants et de la municipalité du 17e arrondissement, mais également une demande de la commune limitrophe de Clichy, M. CATOIRE en ayant fait également un de ses chevaux de bataille.
Ce projet doit se concevoir dans son environnement immédiat. Qui peut nier la nécessité de la requalification urbaine de l'avenue et de la place de Clichy avec l'amélioration du bâti, la reconquête de la voirie, la végétalisation, la revitalisation économique ? Impossible pour les futurs visiteurs du village olympique de descendre de la place Clichy par l'avenue de Clichy et gagner le village olympique en l'état actuel des choses !
Il faudra également la revalorisation de la rue Cardinet, la couverture de la rue de Rome, dont les crédits d'études prévus dans le Contrat de plan actuel à hauteur de 50 millions de francs n'ont toujours pas été pris en compte et, enfin, l'achèvement de la couverture du boulevard Pereire jusqu'à la rue de Saussure.
Pour finir, une préoccupation partagée par le plus grand nombre, élus comme habitants, est la reconversion du site. C'est la qualité de la reconversion des installations qui marquera ou non à long terme le succès ou l'échec de l'opération d'aménagement. C'est pourquoi, à mes yeux, la conception urbanistique et la conception architecturale du projet doivent plus que jamais prendre en compte la notion de développement durable. Cela passe par une densification raisonnable du projet en matière d'immeuble pour éviter trop de hauteur et parer l'exigence également du label H.Q.E. (Haute Qualité Environnementale) pour toutes les constructions, quelle que soit leur destination.
Voilà donc, Mesdames et Messieurs et mes chers collègues, je voulais rappeler quelles étaient les principales préoccupations de la municipalité du 17e qui, d'ailleurs, je le sais, rejoignent complètement les préoccupations de la Municipalité parisienne et de M. CAFFET qui m'a associée très régulièrement à toutes les études concernant ce site.
Je vous remercie.
M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Il n'y a plus qu'à signer, Monsieur CONTASSOT ! Vous avez compris, tout est prévu. Je vous donne la parole.
M. Yves CONTASSOT, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Vous l'avez dit, Madame de PANAFIEU, c'est effectivement une opération importante, sur 40 hectares d'un seul tenant. On ne va pas cacher les difficultés que nous avons à récupérer ces 40 hectares. Vous le savez aussi bien que moi, ils n'appartiennent pas à la Ville et nous n'avons pas, en la matière, des propriétaires qui font preuve d'une coopération aussi souhaitable que possible.
D'ailleurs, vous l'avez dit vous-même, vous vous étiez mobilisée pendant des années et des mois pour débloquer une situation figée. Je considère que l'équipe municipale actuelle fait avancer le dossier, pas aussi rapidement sans doute que vous comme moi le souhaitons, mais néanmoins on voit que ce dossier est aujourd'hui débloqué.
Vous avez surtout évoqué, au-delà du projet de délibération en tant que tel, qui vise le parc et exclusivement le parc, l'aménagement complet de la zone. Vous le savez, des projets sont conditionnés par le fait que Paris aura ou n'aura pas les J.O. en 2012. Mais il y a aussi d'autres questions qui sont pendantes. Vous dites que vous regrettez que le nouvel auditorium ne soit pas prévu à cet endroit, mais c'est le Gouvernement actuel qui a décidé de le mettre ailleurs, ce n'est pas nous, cela ne dépend pas de la Ville ! C'est lui qui a décidé de le mettre à la Villette, ce n'est pas nous !
De la même manière, et je me félicite de vous entendre parler de reconquête de la voirie place et avenue de Clichy. J'espère que nous ne trouverons pas vos collègues en travers des travaux pour empêcher la reconquête de la voirie au profit d'une circulation plus douce. J'espère que nous serons ensemble pour défendre ces projets et qu'il y aura un peu moins de 4x4 et autres véhicules pour polluer le quartier.
Dernier point, et là un désaccord: quand vous dites qu'il faut densifier de manière raisonnable pour diminuer la hauteur, vous me direz comment on peut faire sans diminuer, en parallèle, les espaces verts. Si on construit de manière plus dense, c'est nécessairement au détriment des espaces verts. Il faut trouver un bon compromis. Il y a une difficulté liée aux besoins du village olympique. S'il n'y avait pas ces besoins pour le village olympique, les hauteurs seraient moins importantes.
M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Je vous remercie. Ce sont encore des discussions à avoir, mais tout cela a l'air d'être assez consensuel.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération PJEV 52.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, PJEV 52).