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Juillet 2005
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2005, DGIC 14 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer 17 conventions de partenariat pour l’opération “Paris Plage”.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2005


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - A présent, nous allons examiner le projet de délibération DGIC 14 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer 17 conventions de partenariat pour l?opération ?Paris plage?.

Madame Charlotte NENNER, vous avez la parole.

Melle Charlotte NENNER. - Merci, Madame la Maire.

Les vacances arrivent bientôt. Cependant, pour beaucoup de Parisiens et de Franciliens, ces vacances ne riment pas forcément avec voyage.

Depuis 2001, la Ville de Paris ne les oublie pas et organise ?Paris-plage?. Succès populaire cette opération désormais emblématique de Paris l?été est une très belle illustration des bienfaits d?une réappropriation des voies sur berges de la Seine. Ces berges qui sont abandonnées le reste de l?année au tout automobile sauf les dimanches et jours fériés.

Nous nous réjouissons du lancement de ?Paris-plage? 2005 qui nous n?en doutons pas, aura le même succès que les précédentes éditions.

D?ailleurs nous regrettons que ?Paris-plage? ne dure qu?un mois alors que nous devrions l?étendre dans le temps pour qu?à terme cela puisse coïncider avec les vacances scolaires, c?est-à-dire, sur tout juillet et tout août.

On ne peut se satisfaire de ce statut quo, espérons que pour l?été 2006 nous aurons une opération d?une plus grande ampleur dans le temps mais aussi dans l?espace.

Mais revenons aux conventions de partenariats dont il est question dans ce projet de délibération. Comme l?année dernière, nous nous inquiétons de la place grandissante des partenaires sponsors dans le financement de ?Paris-plage?. Il nous paraît dommage de monter cette opération municipale avec une très grande majorité de fonds privés, alors que cette magnifique fête pourrait être financée par les deniers publics.

Ainsi les conventions passées avec 17 entreprises montrent bien que le recours aux sponsors n?est pas devenu ?du beurre dans les épinards?, mais bien les épinards eux-mêmes, l?apport des partenaires s?élevant à plus de 1,6 million d?euros, soit encore plus que l?année dernière.

Certains pourront bien évidemment se réjouir de voir l?argent du contribuable, ainsi sauvegardé, mais je rappelle que la publicité n?est pas de l?argent facile qui tombe du ciel.

Ce sont les consommateurs qui la payent, in fine, et l?importante participation de entreprises au financement d?opérations municipales ne va pas sans risque, ni sans contrepartie, surtout avec une telle proportion argent public/argent privé.

Les risques nous les connaissons. Atteinte à l?indépen-dance, envahissement publicitaire et fourvoiement du Service public en opération commerciale. Heureusement les logos sur ?Paris-plage? ne sont pas trop ostentatoires, mais le risque est toujours là de transformer cette belle fête en foire commerciale.

C?est aussi une forme de privatisation de l?espace public qui pose problème.

La Ville de Paris doit elle continuer à s?engager dans cette voie au risque de faire perdre leur âme aux dites manifestations en les livrant même partiellement à la loi du marketing et du marché ?

Par ailleurs, il est dommage qu?aucune place ne soit faite aux acteurs de l?économie sociale et solidaire alors que ?Parisplage? peut être aussi une vitrine et une activité intéressante pour eux dans le cadre, par exemple, d?un village associatif.

Certes cette année les entreprises ont été choisie suivant des critères spécifiques. Je cite : convivialité, détente, préoccupations environnementales, renommée touristique, image de la Ville, qualité de l?accueil.

Mais nous sommes encore loin d?une charte qui permettrait de fixer des règles en matière de partenariats d?opération municipale. Règles de choix des sponsors bien sûr, mais également engagement demandé aux entreprises partenaires.

Ainsi des engagements éthiques, environnementaux et sociaux pourraient être demandés aux partenaires qui souhaitent être associés à des événements populaires. Ainsi il convient d?interroger les pratiques des entreprises sponsors : délocalisation, travail des enfants, pratiques sociales, travail précaire, production de déchets, contribution à l?effet de serre.

Pour l?instant rien n?est demandé à Décathlon, à Eurest, à Lafarge, à la FNAC, à ?Paru/Vendu? ou à ?Moneo? alors que tous pourront s?associer à l?image très positive de ?Paris-plage?.

Nous pensons qu?il est plus que jamais d?actualité de lancer une réflexion d?ensemble sur le mécénat et non sur le recours systématique au sponsoring par la Ville pour l?organisation d?événements municipaux et sur la place des partenaires au sein des dites manifestations.

Je vous suggère donc d?organiser prochainement un débat au Conseil de Paris qui définira les orientations de la Ville en la matière.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - La parole est à Pascal CHERKI pour répondre à Mme NENNER.

M. Pascal CHERKI, adjoint, au nom de la 7e Commission.

- Je récupère de nombreux projets de délibération qui concernent le sport !

Sur le débat au Conseil de Paris sur la question du mécénat, je ne suis pas qualifié, pour vous faire une réponse, mais j?enregistre la demande j?en parlerai lors d?une prochaine réunion de l?Executif.

Sur la question de faire un village associatif sur ?Parisplage?, même réponse, je ne suis pas qualifié pour y répondre.

En revanche vous avez posé la question des partenariats.

Moi je partage un certain nombre des considérations que vous avez évoquées et je pense qu?il s?agit d?une préoccupation qui est la nôtre depuis le début de cette mandature, celle de veiller à ce qu?à partir du moment où l?objectif est de réapproprier l?espace public en faveur des Parisiens pour des activités de loisir, de détente, d?intérêt général, de ?service public du plaisir?, pour reprendre les mots du Maire, il est bien évident qu?il faut que nous soyons attentifs à ce qu?à l?arrivée le concours des partenariats privés ne nous amène pas au contraire de l?objectif recherché initialement.

Ceci dit en tant qu?adjoint au sport, en lisant ce projet de délibération, je me suis intéressé à l?ensemble des partenariats qui allaient au-delà de la pratique sportive et vous regarderez pour la plupart d?entre eux, ce qu?est leur valorisation, je pense que là que cela pourrait répondre à une partie de vos questions.

?Voix navigables de France? est associée pour 22000 euros au fonctionnement de l?activité d?initiation l?aviron. Cela ne me semble pas être un partenaire décalé que de lui demander de s?impliquer là-dessus.

De même pour ?Port Autonome de Paris?, valorisation du partenariat à hauteur de 80 000 euros pour l?exploitation de deux lignes de transport fluvial.

?Eau de Paris? pour 80.000 euros, partenaire de rang deux, mise à disposition de l?exploitation des points d?eau.

On a après le S.I.A.A.P., établissement intercommunal pour 30.000 euros : contribution au guide découverte de la Seine, 100.000 exemplaires, ne me paraît être une initiative farfelue.

?Lafarge?, fourniture de sable et mise à disposition d?un ponton pour la durée de la manifestation, donc je veux bien vérifier si le sable est éthique ou pas.

?GMF? prise en charge de trois postes de secours et organisation de deux concours l?un destiné aux usagers de ?Parisplage?, l?autre à l?attention des personnels de la Ville. Cela ne me semble pas être quelque chose de particulièrement problématique.

?Paru/Vendu? : édition d?un guide de loisirs à Paris pendant l?été, je ne suis pas un spécialiste sur ces aspects.

?La Poste? installation d?un bureau de poste avec vente d?un ?prêt à poster? Paris-plage?, comme les timbres que l?on émet au moment des sessions du Congrès et animation d?un atelier de ?Mail-Art? par le musée de La Poste. Ce n?est pas scandaleux le musée de la Poste.

?R.A.T.P.? : Mise à disposition d?un réseau d?affichage.

?FNAC? : Organisation d?une série de concerts, je ne suis pas l?adjoint à la Culture donc je ne peux pas répondre.

La société chargée de l?éclairage scénographiques est celle qui éclaire la Tour Eiffel.

On pourrait multiplier les partenariats. Il n?y a rien, si vous voulez, il n?y a pas de Mac Donald sur ?Paris-plage?.

Je ne mange pas de sable.

C?est que dans les partenariats qui sont proposés, - et vous avez raison à chaque fois il faut être vigilant et c?est important d?être vigilant -, mais on ne transforme pas, à ma connaissance, l?espace en foire commerciale en salon ou autre. Ce n?est pas l?objectif. Ceci dit vous avez raison d?être vigilants il faut être vigilant.

Mais encore une fois le débat sur l?organisation des partenariats dépasse le cadre de ce projet de délibération. Je l?enregistre et le transmettrait à qui de droit.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci, Pascal CHERKI d?avoir rappelé l?ensemble des partenariats parce qu?on peut en dénoncer quelques uns parce qu?ils seraient privés et ne pas énoncer l?ensemble des partenariats publics.

Moi je crois que la meilleure réponse à vos questions, certes légitimes, c?est déjà ce qui s?est passé lors des précédentes éditions. Ce n?est pas un hasard, et vous l?avez relevé dans votre intervention si, effectivement, la publicité n?est pas ostentatoire sur ?Paris-plage?, puisque cela fait partie justement de la contrainte imposée par la collectivité, par le Maire de Paris pour que ces partenariats puissent se nouer et puissent permettre à des Parisiens et des Franciliens de profiter d?un espace de détente.

Et puis pardonnez moi mais quand même, diabolisons les entreprises privées lorsqu?elles sont dans du mécénat ou l?accompagnement d?actions utiles pour la vie collective et nous verrons ou nous aboutirons.

Le monde idéal que vous décrivez, Madame NENNER, je suis désolée il n?existe pas. C?est à nous de faire en sorte que le monde dans lequel nous sommes ne soit pas soumis aux règles exclusives de l?économie, mais de là considérer que toute économie serait nuisible à la vie collective je ne m?empresserait pas de franchir ce pas.

Je pense que, dans la façon dont les contraintes sont posées, la collectivité sait faire valoir ses exigences dans les contrats négociés avec les partenaires privés qui viennent sur ?Paris-plage?.

Et comme vous l?avez rappelé, les éditions précédentes ne montraient pas une publicité ostentatoire, celle-ci non plus, même si, je m?en réjouis, les partenaires privés sont plus nombreux encore à s?associer à la collectivité pour faire que les Parisiens, les Franciliens et tous les touristes qui viendront sur ?Paris-plage? vivent bien notre Ville.

Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DGIC 14.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2005, DGIC 14).