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Juillet 2005
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2005, DPVI 37 - Subventions à des associations menant des actions, au titre de la Politique de la ville, sur le quartier Périchaux (15e). - Montant total : 9.712 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2005


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous examinons à présent le projet de délibération DPVI 37 relatif à l?attribution de subventions à des associations menant des actions au titre de la politique de la ville sur le quartier Périchaux, dans le 15e arrondissement.

Je donne la parole à Alexandre GALDIN.

M. Alexandre GALDIN. - Madame la Maire, nous nous félicitons à l?U.M.P., en particulier du 15e arrondissement, que le micro-quartier Périchaux soit l?un des quartiers ?politique de la ville? retenu dans le Contrat de Ville 2000-2006.

Cependant, cela ne doit pas nous faire oublier une certaine rigueur dans la distribution des subventions aux associations. Or que voyons-nous dans cette délibération ? Une association qui s?appelle ?Laboratoire d?expression artistique à but thérapeutique? obtient une subvention de 9.000 euros pour la création d?un cerf-volant monumental à titre de prévention de la délinquance.

Nous sommes très surpris par la motivation de ce dossier, où d?ailleurs nous n?avons aucune information sur cette association et son bilan financier, ce qui est contraire à toutes nos règles de délivrance des subventions. L?argumentaire de cette demande de subvention est en outre assez étrange. Je vous le lis :

?Il s?agit de favoriser la prise de conscience des jeunes sur la nécessaire évolution du cadre urbain remanié au regard d?une visée d?intérêt général et de solliciter leur implication dans l?affectation et l?avancée de la ville, de les encourager à s?investir pour s?approprier à nouveau l?espace dans une dynamique participative.?

On ne voit pas très bien le rapport avec la création d?un cerf-volant, en plus à 9.000 euros. Je suppose qu?il est plaqué or à ce prix-là ! Il faudrait avoir un peu plus de sérieux dans la délivrance des subventions à de telles associations.

Cette subvention est d?autant plus choquante qu?une demande de subvention qui, elle, est beaucoup plus motivée, de l?association ?MJC Brancion?, au profit des jeunes du 15e de ce même quartier, qu?il s?agit d?initier à l?informatique, à la bureautique et à Internet, n?a pas été satisfaite. Ils demandaient 4.500 euros sur les mêmes crédits de l?ADPVI et, eux, ils n?ont pas eu satisfaction, alors que je suppose - et je pense que vous en conviendrez - qu?aider les jeunes à la bureautique et à Internet est davantage en mesure de les aider à s?insérer professionnellement et à s?intégrer dans la société française.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je donne la parole à M. ALAYRAC.

M. Gilles ALAYRAC. - Merci, Madame la Maire.

Le micro quartier des Périchaux qui est situé au sud du 15e arrondissement, le long du boulevard Lefebvre, fait l?objet de la part de notre Municipalité d?un suivi particulièrement attentif qui tranche, il faut bien le dire, avec le laisser-aller et même l?indifférence que lui témoignait la précédente équipe.

C?est un vaste chantier qui s?est ouvert à nous et qui devra faire l?objet d?une action de longue haleine qu?il faudra mener sur la durée. Ce travail, j?insiste, doit très mené en concertation avec les amicales de locataires qui s?y sont déjà largement impliquées.

Le projet de délibération que vous nous proposez de voter ce soir illustre une des facettes de cette nouvelle politique dans le cadre des actions au titre de la politique de la ville.

En effet, à partir d?un diagnostic social urbain qui a été réalisé sur ce secteur, nous savons maintenant qu?il faut faire émerger ou seconder des projets associatifs destinés à créer du lien social, dans une cité qui connaît encore des difficultés liées au chômage, à l?inactivité des jeunes et à l?insécurité.

En attribuant tout d?abord une subvention à l?association ?Afrique Partenaire Service?, nous encourageons une animation pour les plus de 60 ans qui représentent 28 % de la population du quartier et qui cohabitent, parfois, avec difficulté avec les personnes d?origine étrangère.

Il faut justement faire reculer les peurs qui sont souvent dues à l?ignorance et aux présupposés vis-à-vis de ce qui est différent. Avec la subvention attribuée au Laboratoire d?expression artistique à but thérapeutique, il sera possible de faire participer les jeunes de la cité à une ?uvre artistique, en partenariat avec une association de prévention de la délinquance qui travaille déjà sur le secteur. L?artiste en question réside à la Ruche, nous la connaissons, et il n?y a pas lieu de douter de sa capacité à initier un projet artistique avec des jeunes.

L?ouverture prochaine d?une maison des associations à proximité immédiate de cette cité des Périchaux est un signe fort pour la population du quartier. C?est à la Ville que l?on doit cette initiative et on peut se réjouir qu?elle ait été favorablement accueillie par la mairie d?arrondissement.

Il reste beaucoup à faire pour valoriser ce quartier et permettre à ses habitants de s?y sentir mieux. Un travail sur les espaces verts et les espaces de jeu s?avère à mon sens indispensable dans des délais proches.

Ainsi, il n?est pas envisageable de continuer à empêcher les jeunes de jouer au ballon aux Périchaux. La Délégation à la politique de la ville et à l?intégration a permis la concrétisation de deux projets qui témoignent aux habitants que le temps de l?indifférence est fini. Le repas de quartier qui s?est tenu, il y a quelques jours, sur les pelouses, animé par la compagnie Catherine HUBEAU qui a interprété un cabaret feuilleton et ceci avec le soutien de la Ville, fut un grand succès.

Je pense qu?il en sera de même lors de la projection de cinéma en plein air qui aura lieu à ce même endroit, dans le cadre du festival ?Paris quartiers d?été?, le 15 juillet.

Vous pouvez, Madame la Maire, compter sur nous pour vous appuyer dans le cadre des actions que vous mènerez, au titre de la politique de la ville sur ce quartier. Il avait besoin d?actions innovantes et d?animations. Les choses se précisent et c?est tant mieux.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci, Monsieur ALAYRAC.

J?étais inscrite sur ce projet de délibération et donc je vais intervenir d?ici.

Il est clair que ce quartier vit mieux, que les habitants vont mieux, se parlent, se rencontrent. Il y a un travail intergénérationnel ; il y a un travail qui aujourd?hui montre combien il fallait miser sur cette politique de la ville mise en ?uvre par Martine DURLACH. Je la remercie pour le travail qu?elle a accompli avec l?ensemble de ses équipes.

J?ai été quelque peu surprise des propos de M. GALDIN, mais si je m?étais inscrite, c?était pour relater devant cette Assemblée ce à quoi nous avons assisté, lors du dernier Conseil du 15e arrondissement où ces différentes subventions ont été examinées.

Il se trouve que, hormis l?Association d?expression artistique qui vise à faire ce cerf-volant géant - au passage, Monsieur GALDIN, voyez avec votre collègue du 15e arrondissement chargée de la culture qui, plus au courant que vous visiblement, demandait une subvention supérieure à 9.000 euros -, il y avait d?autres subventions dont vous n?avez pas parlé dont ?Afrique Partenaire Service?, ?Connaissance des Comores?.

Mes chers collègues, nous avons assisté à un Conseil d?arrondissement où des propos particulièrement malheureux et violents ont été tenus par le chargé de mission, je parle d?un conseiller d?arrondissement, M. SALETTE. Il a débuté son propos sur la politique de la ville en nous disant qu?il y avait une différence fondamentale entre la gauche et la droite dans la conception de la politique de la ville. Pour la gauche, il s?agit de montrer aux quartiers quelles sont les différentes cultures étrangères. Pour la droite, il s?agit de montrer combien la culture française doit s?imposer aux autres cultures.

Ces propos ont conduit à un débat assez vif dans le Conseil d?arrondissement, vous pouvez l?imaginer, tant ils nous ont choqués et tant, effectivement, si c?est ainsi, il y a une différence fondamentale entre la politique de la ville vue par une équipe comme celle qui anime aujourd?hui la Mairie de Paris et comme celle qui anime la mairie du 15e arrondissement.

Oui, nous sommes convaincus qu?il y a des associations qui font un travail utile, un travail en direction d?un certain nombre de communautés, mais ce travail tient à un fil conducteur qui est la volonté farouche que nous avons, avec Martine DURLACH et toute l?équipe qui l?entoure, de faire en sorte que ces communautés vivent sur les valeurs communes de la République, afin qu?elles ne se sentent pas en dehors, qu?elles se sentent véritablement à l?intérieur de tout ce que nous voulons construire ensemble, pour mieux faire vivre les quartiers.

Je tenais à en faire le rapport devant ce Conseil de Paris parce qu?il me semble que, parfois, des propos méritent d?être médiatisés bien au-delà des cercles restreints que sont les Conseils d?arrondissement.

En tous cas, je voudrais vous dire combien nous soutenons le travail engagé par Martine DURLACH et combien nous soutenons ces associations, qu?il s?agisse d??Afrique Partenaire Service?, de ?Connaissances des Comores? ou de ?Laboratoires d?expression artistique?. Ces associations effectuent un travail utile à la vie de ce quartier.

Je vous remercie.

Je donne la parole à Mme DURLACH.

Mme Martine DURLACH, adjointe, au nom de la 5e Commission. - Je vous remercie, Madame la Maire, d?avoir rendu compte de ce Conseil d?arrondissement. Je remercie M. ALAYRAC qui a donné beaucoup d?éléments sur ce qui se passe aux Périchaux, mais je suis franchement choquée par ce que j?entends. Notre conception de la politique de la ville est vraiment fondée sur le vivre ensemble, sur le lien social, et elle a été niée par des propos extrêmement choquants quand on parle d?une cité comme les Périchaux.

Je voudrais signaler au 15e arrondissement et aux 15 personnes qui ont voté contre ces subventions, sur 24, que c?est une décision du Maire de Paris et de moi-même de faire entrer les Périchaux en politique de la ville. Personne ne s?occupait de cet endroit. Il n?a pas été question que la politique de la ville ne concerne que les quartiers dirigés par la gauche. Sans aucun esprit partisan, nous avons décidé de faire de la politique de la ville, aux Périchaux comme dans le 17e arrondissement.

C?est la première fois que je vois des gens refuser une subvention pour une cité en difficulté. Il faut le faire ! Les Périchaux sont entrés en politique de la ville en 2002, parce que l?on pensait que c?était un endroit en difficulté sociale qui générait des tensions et des incompréhensions entre les habitants.

Nous avons nommé un chef de projet qui, depuis, a travaillé avec les habitants, avec des associations, et a permis l?émergence de projets destinés à renforcer le lien social dans cette cité. Deux axes prioritaires d?action ont été dégagés, mais par la discussion et lors du seul groupe de pilotage local que j?ai pu avoir avec le Maire, nous nous sommes mis d?accord sur l?amélioration du lien social en développant des projets communs intergénérationnels et interculturels, la valorisation des espaces publics en intervenant sur les espaces verts, les espaces de jeux et de proximité. Il me semble que c?est dans ce sens que les délibérations allaient.

Des interventions ont lieu sur le terrain de basket, car des pétitions demandent que ce terrain de basket reste, mais on veut l?opinion de tous les habitants, si bien qu?une enquête est diligentée, dont on aura les résultats en septembre, pour trouver la solution. Une maison des associations, un PIMS, c?est-à-dire un accueil des services publics et un point d?accès au droit vont être implantés dans l?ancienne antenne de l?O.P.A.C. jouxtant la cité. Une végétalisation d?un espace très minéral de la cité est à l?étude, et cela fait plusieurs semaines qu?on demande en vain à la mairie du 15e de tenir un groupe de pilotage local pour faire les choses dans toutes les règles de la démocratie. Quoi qu?il en soit, il aura lieu en septembre avec toutes les bonnes volontés.

Pour soutenir ces projets, nous avons proposé une délibération. La majorité du Conseil du 15e a repoussé le projet pour les raisons qui ont été dites, avec des propos à la limite, visant particulièrement la population d?origine immigrée. Nous considérons que notre action doit se poursuivre, qu?elle a porté ses fruits. Cette fête avec le cabaret qui a rassemblé 200 personnes a fait très plaisir. J?ai eu des coups de téléphone et des témoignages presque émouvants de gens qui disaient : c?est la première fois qu?il se passe quelque chose de convivial au Périchaux. Alors on va continuer en votant la subvention à ?Afrique - Partenaire - Service? et au ?Laboratoire d?Expression Artistique?, et nous maintenons la délibération. Je vous demande, chers collègues, de la voter, et nous souhaitons tous bonne chance au Périchaux.

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci beaucoup, Martine DURLACH.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPVI 37.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2005, DPVI 37).