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Juillet 2005
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Vœu déposé par Mme Violette BARANDA et les membres du groupe “Les Verts” concernant la menace d’expulsion de plus de 100 artistes installés au 10-14, rue du Général-Lasalle (19e) à Belleville. Amendement n° 56 bis de l’Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2005


Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Nous allons examiner le v?u référencé n° 56 dans le fascicule, déposé par le groupe ?Les Verts? et l?amendement n° 56 bis déposé par l?Exécutif à ce v?u, relatifs à la menace d?expulsion de plus de 100 artistes installés au 10-14, rue Général-Lasalle à Belleville, Paris 19e.

Pour défendre ce v?u, je donne la parole à Mme Violette BARANDA.

Mme Violette BARANDA. - Merci, Madame la Maire.

?La générale? est un collectif d?une centaine d?artistes situé dans le 19e arrondissement et nous pouvons les saluer, ils sont en tribune pour une partie.

Depuis cinq mois, ce collectif occupe un bâtiment appartenant à l?Education nationale au 10 et 14, rue du Général-Lasalle. Cet immeuble de plus de 6.000 mètres carrés est désaffecté depuis une dizaine d?années, ce qui constitue en soi un scandale alors que Paris connaît une grave crise foncière.

Dans ce lieu, le collectif a su créer un outil au service de la création artistique et de la vie sociale du quartier. Il a fondé un espace qui place les artistes au c?ur de la ville alors que les locaux manquent tant. Ce travail important pour l?activité culturelle et la cohésion du quartier rejoint les efforts de la Mairie de Paris et du 19e qui, depuis 2001, ont mis en ?uvre une politique de soutien aux artistes et favorisent le lien social. Cette orientation politique doit notamment se concrétiser dès 2007 par le lancement des travaux sur le site des anciennes Pompes Funèbres au 104, rue d?Aubervilliers. Dans la continuité de ces choix, une solution doit être trouvée pour que les activités du collectif puissent se poursuivre jusqu?à l?affectation définitive des locaux.

Or ce collectif est menacé d?expulsion suite à une action en référé du Ministère de l?Education nationale. Cette procédure abusive - il n?y a aucun péril, le bâtiment est sain - permet d?éviter au propriétaire toute négociation et toute explication sur la négligence de l?Etat dans cette affaire immobilière.

D?autre part, je souhaite ajouter que le collectif, d?une grande qualité, a reçu de nombreux soutiens via une pétition qui circule dans Paris, des acteurs tels que Pascal GREGORY, Michel PICCOLI, Sami BOUAGILA, Liv TYLER, Jean-Pierre DARROUSSIN, des cinéastes tels que Salvek ANSPAR, Claude MOURERA, Jean-Louis CANOTTI, des écrivains, Jean-Bernard POUY ; des journalistes, des directeurs de théâtre, des hommes et des femmes politiques, Jacques RALITE, Yves COCHET, Dominique VOYNET, mais également des syndicats, Sud Santé?

(Mouvements divers dans l?hémicycle).

Ce n?est pas mal? Et le soutien, surtout, de nombreux habitants, ce qui n?est pas rien.

C?est pourquoi je vous demande d?émettre le v?u que le Maire de Paris intervienne pour assurer une médiation entre les parties concernées. Dans cette perspective, je tiens à préciser que le projet d?installation de structures de soins mentaux de l?hôpital Maison Blanche sur ce site n?est absolument pas remis en cause. Selon les informations des représentants du personnel, le projet de relocalisation de ces services d?hospitalisation à temps complet ne doit voir le jour qu?en 2009. On verra !

Une centaine de lits est prévue sur cette surface estimée à 3.000 mètres carrés environ, soit la moitié de la surface actuelle. Compte tenu des contraintes administratives inhérentes à ce type d?opérations, cela laisserait un délai de vacance d?au moins vingt à vingt-quatre mois. On verra cela aussi !

Au terme de cette période, le collectif soucieux de ne pas contrarier un projet d?intérêt général s?est engagé, par écrit, auprès de la direction de Maison Blanche à quitter les lieux dès le début des travaux. Je tiens à le préciser.

Dans l?intervalle, le collectif s?est engagé à ne retarder en aucune manière sa réalisation, notamment en garantissant le libre accès aux bâtiments.

Tout cela pourra être formalisé dans un document contractuel, dès lors que les négociations seront ouvertes entre les parties concernées. C?est le souhait que je vous propose d?adopter, en ajoutant qu?il serait parfaitement incompréhensible que la force publique vienne mettre fin au dialogue ainsi entamé.

(Applaudissements sur les bancs des groupes ?Les Verts?, socialiste et radical de gauche, communiste et du Mouvement républicain et citoyen).

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Merci, Madame BARANDA.

Mme Violette BARANDA. - Le collectif m?a donné une lettre adressée à tout le monde et j?aimerais pouvoir la lire. Me permettez-vous de le faire.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Vous avez déjà utilisé l?essentiel de votre temps.

Mme Violette BARANDA. - Trois petites minutes.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Une minute, Madame BARANDA.

Mme Violette BARANDA. - ?Je tiens tout d?abord à vous remercier de nous donner l?occasion de présenter notre association et nos demandes.

Qui sommes-nous ? ?La Générale? est un collectif d?une centaine d?artistes venus de tous horizons et constitués en association. Il y a parmi nous des danseurs, des acteurs, des sculpteurs, des stylistes, des musiciens, des écrivains mais aussi des explorateurs de l?art culinaire, de la vidéo et de la performance et de la pensée.

Nous sommes situés rue du Général-Lasalle, dans un bâtiment qui appartient au Ministère de l?Education nationale. Oui, nous y sommes, selon la formule juridiquement consacrée, des ?occupants sans droit ni titres?. Mais n?est-il pas quelque part légitime, au regard de l?intérêt général de la collectivité, de faire vivre cet espace laissé vide depuis de trop nombreuses années par son propriétaire légal ? Le scandale n?est-il pas plutôt de laisser inexploités, au c?ur d?un quartier populaire comme Belleville, et dans le contexte de crise foncière que connaît Paris, plus de 6.000 mètres carrés de locaux ?

Notre investissement dans cet espace laissé vide n?a que cinq mois, 150 jours seulement, mais que de chemin parcouru ! En 150 jours, nous avons rénové les locaux, mis en place de nombreux outils de travail mutualisés (un labo-photo couleur, un atelier bois, des salles de répétition et de tournage) ; en 150 jours, nous avons déjà organisé plusieurs expositions. Nous avons permis à de nombreuses compagnies de théâtre ou de danse de répéter et de présenter leurs créations, nous avons entrepris de tisser des relations avec les habitants et les associations du quartier, dont nous sommes maintenant les voisins.

C?est en particulier le sens de la démarche de l?association ?Tribudom?, installée à ?La Générale? qui a réalisé un film écrit et joué par des enfants des écoles en Z.E.P. du quartier. Ce film, en partie financé par la Ville de Paris, a été récemment projeté au Forum des lmages.

Mais en 150 jours, nous avons aussi réussi à ouvrir ?La Générale? au-delà de nos frontières. Sont ainsi venus nous rejoindre pour présenter leur travail : un groupe de San Francisco, un dessinateur letton, un dramaturge malgache, une photographe hongroise, une danseuse argentine, une cuisinière japonaise et beaucoup d?autres?

Cet investissement est tout sauf autarcique : il vient en complément du travail réalisé par les institutions publiques avec lesquelles nous sommes amenés à travailler et dont certaines nous soutiennent déjà. Ces institutions reconnaissent la qualité de notre travail et apprécient de nous voir contribuer à combler le vide qui régnait entre les différentes pratiques artistiques, entre l?exposition d?une ?uvre et sa phase de création, entre la fabrication commune et le risque assumé par l?individu, entre l?art en train de se faire et nos vies à toutes et à tous. Nous avons mis sur pieds, en seulement 150 jours, un laboratoire artistique qui ne demande qu?à vivre et à prendre de l?ampleur pour le bénéfice de toutes les Parisiennes et de tous les Parisiens.

Nous ne voulons pas abuser de votre temps : aussi pour mieux nous connaître, nous vous invitons à ?La générale?, vous y serez toujours les bienvenus et vous y serez toujours bien accueillis.

Cette invitation, nous l?adressons en particulier au Maire et nous avons une demande forte à lui adresser aujourd?hui.

Monsieur le Maire, nous sollicitons votre médiation dans les négociations que nous avons demandé à ouvrir avec le propriétaire, le Ministère de l?Education nationale. Cette négociation est l?occasion de trouver une solution qui viendra tout à la fois soutenir le projet d?hôpital psychiatrique qui semble se dessiner pour ces bâtiments et formaliser notre investissement par exemple par une convention temporaire d?occupation. Etant entendu que notre investissement ne s?oppose en aucune façon ni ne retarde le projet envisagé par l?hôpital de Maison-Blanche. Le libre accès à toutes les études techniques et pour toutes les visites est garanti, le dialogue avec les élus en charge de ce projet a d?ailleurs été engagé dès que nous avons été informés de son existence.

Mesdames et Messieurs les Conseillers, nous vous demandons aujourd?hui d?appuyer notre demande de dialogue et notre besoin d?une médiation de qualité. Nous vous demandons de donner une chance au dialogue afin que de telles initiatives et de tels efforts puissent avoir droit de cité à Paris.

Merci pour votre attention et à très bientôt? à ?La Générale?.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame BARANDA.

Pour vous répondre, je donne la parole à M. LHOSTIS et, ensuite, à M. GIRARD.

M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Je crois qu?il s?agit d?une question sérieuse et l?Exécutif a souhaité que nous ayons une réponse commune, Christophe GIRARD et moi-même.

Je voudrais vous rappeler une phrase de Blaise Pascal qui dit que ?les hommes sont si nécessairement fous que ce serait fou par un autre tour de folie que de n?être pas fou?.

La question de la psychiatrie concerne tout le monde. La psychiatrie publique souffre de son histoire asilaire, qui est encore présente dans la Capitale.

Afin d?humaniser la prise en charge des patients, le choix de rapprocher les lieux de soins des lieux de vie est un bon choix. La Ville de Paris qui préside d?ailleurs les Conseils d?administration des différents hôpitaux psychiatriques, est favorable à cette approche nouvelle, moderne, en rupture avec le passé.

Cette politique concerne tous les hôpitaux de secteur psychiatrique dont l?implantation est hors de nos murs. Tous ces programmes répondent aux préconisations du Schéma régional d?organisation sanitaire.

L?hôpital Maison-Blanche poursuit son implantation dans la Capitale et rencontre beaucoup de difficultés dans sa recherche de locaux, parfois pour des raisons pécuniaires, mais aussi pour des raisons de refus de voisinage, de refus de certaines catégories de la population d?accepter à côté d?eux, une implantation.

Pour répondre aux besoins en santé mentale de la population du Nord-est parisien, l?immeuble du 14, rue du Général-Lasalle offre une opportunité de grande qualité pour une relocalisation des services hospitaliers à temps complet qui sont actuellement localisés à Neuilly-sur-Marne.

Pour ceux qui ont des proches hospitalisés là-bas, je vous conseille de faire, le week-end, le voyage jusqu?à Neuilly-sur-Marne. Cela pendant des années, voire des dizaines d?années.

Ce sont 100 lits et les locaux techniques afférents qui seront installés dans des conditions modernes, avec des chambres à un lit, toutes équipées de sanitaires individuels et d?un confort moderne. Il s?agit d?offrir aux patients des conditions de vie et de prise en charge dignes de notre temps.

Le montage de l?opération est en cours de finition, avec le concours de la Caisse des Dépôts et Consignations. Je vous informe que j?ai aidé à la constitution de ce projet.

L?ensemble de la communauté hospitalière de Maison-Blanche, malades, familles, professionnels, attend impatiemment la réalisation de ce projet et, contrairement à ce qui a été dit par Violette BARANDA et affirmé, selon elle, par les organisations syndicales, l?étude de faisabilité est en cours. L?architecte est retenu. Le Conseil d?administration de l?hôpital décidera définitivement à la rentrée et les travaux débuteront avant la fin de l?année.

Je rappelle que s?agissant d?un opérateur comme la Caisse des Dépôts et Consignations, la procédure d?appel d?offres n?est pas nécessaire, et c?est pour cela qu?elle a été choisie, pour aller plus vite. Ce projet doit être conduit à son terme dans les meilleurs délais. Evidemment, je remercie les occupants actuels de la rue du Général-Lasalle d?avoir affirmé avec autant de clarté qu?ils n?avaient pas l?intention de retarder ce projet. Je crois qu?ils sont aussi sensibles que moi et que vous à cet aspect.

Je tiens à rappeler par ailleurs, sur ces questions de squats d?artistes - mais peut-être laisserai-je la parole à Christophe GIRARD sur cette question -, que tout en m?occupant des questions de santé mentale, j?ai le souvenir du couvent des Récollets. Certains se souviennent peut-être de cette histoire. Pendant plus de vingt ans, le couvent a été occupé à plusieurs reprises par des squats d?artistes et notamment par les Anges des Récollets. Pour ceux qui connaissent leur histoire - et Christophe GIRARD peut en témoigner - j?étais avec eux pendant ces vingt ans et j?étais avec eux au moment où il a fallu trouver des issues, comme celles que nous avons trouvées aujourd?hui, devant justement, une nouvelle fois, les carences de l?Etat.

Soyez assurés qu?en ce qui me concerne, pour des raisons de santé publique et parce que je respecte énormément le travail des artistes et que je respecte également très fortement le travail qui est fait par ?La Générale?, bien évidemment, vous pouvez être assurés que l?on travaillera en pleine coopération avec Christophe GIRARD et les autres élus de la majorité sur ce plan.

Compte tenu de votre v?u, je voudrais vous proposer que nous modifiions par le v?u n° 56 bis les propositions pour, au fond, sortir d?une situation de blocage, car nous considérons que c?est acquis et que les forces de police n?interviendront pas. Nous considérons qu?il vaut mieux travailler à l?avenir.

Donc deux propositions : d?une part, que la Ville organise la concertation entre les différentes parties avec l?objectif que les délais de mise en place du projet médical soient respectés, et d?autre part que la Ville aide l?association d?artistes ?La Générale?, à trouver une nouvelle localisation.

Je dois vous dire également que j?ai re-contacté la direction de l?hôpital Maison-Blanche, celle-ci est d?accord? Ce n?est pas dans le v?u car cela n?engage qu?elle. Mais je vous demande de prendre en compte cette information.

La direction de l?hôpital Maison-Blanche est d?accord sur le principe d?une convention précaire d?occupation jusqu?à la date de début des travaux qui permettrait de régler les problèmes d?interfaces entre les deux et permettrait l?accès aux professionnels.

Il conviendra de préciser cette convention avec l?hôpital, mais aussi avec le propriétaire actuel, l?Etat, c?est-à-dire l?Éducation nationale. Voilà, je crois, de mon point de vue une bonne issue, mais évidemment, Christophe GIRARD va expliquer les raisons culturelles qui font que nous allons dans ce sens.

Merci.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente.- Merci, Monsieur LHOSTIS.

Je donne la parole à Christophe GIRARD.

M. Christophe GIRARD, adjoint. - Je citerai Pascal qui disait : ?Le propre de la puissance est de protéger?.

Donc l?Etat serait bien inspiré dans ce cas de figure, puisqu?il est propriétaire de ce lieu, de protéger ces artistes qui sont jeunes, talentueux et qui n?ont qu?un défaut c?est de chercher un endroit pour travailler, et qui sont victimes comme beaucoup d?artistes à Paris, mais en Europe en général, de la spéculation immobilière.

Nous écrirons au Ministre de la Culture pour demander en effet que le cas de ce collectif d?artistes soit étudié. Il y a eu la signature de nombreuses personnalités, mais même sans cela, nous savons que leur travail est de grande qualité. Je leur rendrai visite au mois d?août ou début septembre afin qu?ensemble on regarde un avenir meilleur.

Le v?u dit :

?Le Maire de Paris organise une concertation entre toutes les parties concernées afin que : d?une part, le projet médical de ?Maison-Blanche? ne soit pas retardé, en demandant que le collectif d?artistes ?La Générale? libère les lieux dès le début des travaux. D?autre part, la Ville de Paris aide les artistes à trouver les conditions d?une poursuite de leurs travaux artistiques?.

En début de mandature, en mars 2001 - nous étions là depuis une semaine - c?est nous, et moi en particulier, avec le soutien du maire du 9e arrondissement, qui avions empêché l?expulsion d?un collectif d?artistes rue Blanche, car il s?agissait d?un lieu municipal.

De ce fait la situation était plus simple, si ce n?est, qu?elle avait été compliquée car le lieu n?était pas aux normes de sécurité.

Nous avons vis-à-vis des artistes, et vis-à-vis des collectifs, une grande attention et une grande affection. Mais on ne peut pas opposer un projet artistique à un projet médical et vice-versa. Tout le monde sera capable de s?y retrouver et en tout cas, nous nous y emploierons et je leur demande de nous faire confiance.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur GIRARD.

M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Comme il s?agit de voter la partie délibération du v?u, il y a un paragraphe dans l?exposé des motifs qu?il conviendrait de retirer : ?Considérant que le Tribunal de Grande Instance, en violation des droits de la défense??. Je crois que ce paragraphe ne peut être conservé. Il s?agit d?une critique vis-à-vis d?une décision judiciaire. Nonobstant, on garde tout l?exposé des motifs et évidemment, ce que vient de lire Christophe GIRARD, si vous en êtes d?ac-cord, Madame BARANDA.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Mon cher collègue, nous allons revenir sur l?avenir de ces v?ux pour l?instant, il y a des demandes d?explication de vote qui ont été déposées.

Monsieur VUILLERMOZ, vous avez la parole.

M. Jean VUILLERMOZ. - Sans langue de bois, dans cette affaire j?ai deux soucis.

Le premier c?est que je suis le président du Conseil d?administration de l?hôpital Maison-Blanche et à ce titre je me bats pour mettre en ?uvre un projet d?établissement qui me semble très bon.

Avec l?ancien directeur de l?hôpital nous avons contribué à le mettre en ?uvre. Ce projet consiste à faire revenir sur Paris l?ensemble des malades qui se trouvent à l?heure actuelle à Neuilly-sur-Marne.

Nous avons ouvert pour ce faire déjà une clinique dans le XXe arrondissement rue d?Avron avec les secteurs d?hospitalisa-tion, les trois secteurs psychiatriques.

Nous sommes en train d?ouvrir une clinique rue d?Hauteville avec les deux secteurs du 9e et du 10e et nous allons ouvrir en début d?année prochaine à Bichat pour les trois secteurs du 18e arrondissement, ce qui signifie un gros effort d?investissement, accompagné par l?accord des personnels et des médecins pour revenir sur Paris, ce qui n?est pas une mince affaire.

Il restait un secteur du 19e arrondissement qui n?était pas rentré sur Paris car il y a déjà une clinique dans le 19e sur la butte Bergère, mais il y a 60 lits alors qu?il y a besoin de 120 lits dans le 19e. Il y a donc encore 60 lits à Neuilly-sur-Marne.

Alors notre volonté est de fermer l?hôpital psychiatrique, du type enfermement, afin de changer de conception pour le soin et le traitement des malades et aller plus dans le sens des relations entre soignants et soignés. C?est dans ce sens-là que la psychiatrie se dirige, c?est une très bonne chose et il faut l?aider.

Nous avons trouvé dans le 19e arrondissement un site, nous nous sommes battus depuis très longtemps pour essayer d?obtenir le financement pour ce local. C?est vrai qu?Alain LHOSTIS nous a beaucoup aidé en nous mettant en relation avec la Caisse des Dépôts et Consignations. Alors que le financement était réalisé et que le montage de l?opération allait se faire nous avons appris évidemment que des artistes occupaient ce lieu.

Franchement dans un premier temps, j?étais assez déçu. Nous savons qu?il y a de grosses difficultés sur Paris pour accueillir des ateliers d?artistes dans de bonnes conditions et notre souhait n?est évidemment pas de les expulser sans leur donner la possibilité d?obtenir d?autres lieux pour leur permettre d?exercer leur art et leur création.

Ceci dit, vous comprendrez bien que pour moi c?est un problème car un hôpital psychiatrique dans le 19e arrondissement pour accueillir des malades dans de très bonnes conditions, c?est aussi très important et très urgent.

Donc j?ai rencontré les artistes, je suis allé sur place avec Joël HOUZET, qui est un ami personnel et politique, maire adjoint à la culture dans le 19e arrondissement pour essayer de trouver des modalités qui nous permettraient à tous de se sortir de cette situation dans de bonnes conditions.

A l?époque on a parlé de faire un bail précaire pour essayer, tant que les travaux n?étaient pas entrepris, de trouver les solutions pour le maintien des artistes et éventuellement leur sortie dans de bonnes conditions afin de ne pas retarder la réalisation des travaux pour créer l?hôpital Maison-Blanche.

Nous nous sommes trouvé face à une situation assez difficile parce que nous ne pouvons pas, en tant que Conseil d?administration de l?hôpital, faire de bail précaire étant donné que le terrain et le bâtiment ne nous appartiennent pas.

Donc il faut continuer de trouver les solutions qui nous permettraient de sortir de cette situation.

Quand j?ai vu le v?u initial des ?Verts?, je n?étais pas très satisfait car cela ne permettait pas de trouver, à mon avis, les solutions adéquates pour que tout le monde s?en sorte de bonne façon. Depuis ce matin, et Violette BARANDA nous a beaucoup aidé, nous avons là un v?u de l?Exécutif, en accord avec les deux maires adjoints concernés, qui me semble très bon et qui me semble être en capacité de pouvoir être admis par les deux parties, c?est-à-dire, par les artistes d?un côté et par la direction de Maison-Blanche de l?autre.

Comme nous avons l?assurance que la direction de Maison-Blanche est d?accord je pense que les artistes seront évidemment d?accord et nous pourrions donc, à travers le vote de ce v?u, sortir d?une situation compliquée et arriver dans de bonnes conditions, à ce que les travaux commencent dans l?hô-pital. Je dois dire que je ne sais pas exactement dans quel temps les choses vont se faire ; c?est très difficile à savoir. Tout dépend maintenant de la vente des terrains de la part du Ministère de l?Education nationale.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. Monsieur VUILLERMOZ, vous concluez, s?il vous plaît !

M. Jean VUILLERMOZ. - Je vais finir. Je souhaite que cela aille très vite. Je m?excuse auprès des artistes de ce point de vue, mais je souhaite évidemment que cela aille très vite pour que l?hôpital ouvre le plus rapidement possible. Mais tant que les travaux ne commenceront pas, il est possible que les artistes puissent y rester. J?espère que j?aurai leur engagement pour qu?ils puissent partir, là aussi, dans de bonnes conditions et que nous ne soyons pas amenés à prendre des méthodes qui ne nous conviennent pas, ni aux uns ni aux autres.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur VUILLERMOZ.

D?autres explications de vote demandées ?

La parole est à M. François DAGNAUD.

M. François DAGNAUD, adjoint. - J?interviens en l?absence et à la demande de M. MADEC, maire du 19e arrondissement, et dans mes fonctions de premier adjoint au maire du 19e arrondissement, pour dire tout notre soutien au projet de v?u présenté à l?instant par nos collègues Alain LHOSTIS et Christophe GIRARD, que je remercie de leur intervention utile dans ce débat, pour dire l?attachement qui est le nôtre au bon aboutissement d?un projet de service public, d?un projet d?intérêt général, qui consiste à relocaliser dans Paris des structures de soins psychiatriques qui ont - cela a été rappelé très justement par Alain LHOSTIS et Jean VUILLERMOZ - longtemps été exilées aux confins de la ville.

Je crois que c?est un enjeu qui dépasse très largement l?arrondissement ou le bâtiment lui-même. C?est un vrai projet de service public de santé psychiatrique et je crois que chacun aura à c?ur de contribuer et de ne pas faire obstacle à ce projet.

Je voulais aussi saluer la qualité, la vitalité artistique et culturelle qui a trouvé, dans ce lieu abandonné, une place? provisoire ; les choses doivent être dites clairement, même si je trouve un peu dommage, chère Violette, qu?on puisse être tenté de réduire la qualité du travail qui est fait à la qualité d?un comité de parrainage, certes, prestigieux? En tout cas, voilà, la qualité de ce qui est fait ne se réduit pas à la qualité et au prestige des gens qui ont signé telle ou telle pétition.

Au-delà, cette situation doit nous alerter sur deux choses qui nous paraissent importantes.

La première, c?est l?incohérence, trop souvent en tout cas, de la gestion patrimoniale de l?Etat, et des différentes puissances publiques. Il est tout à fait scandaleux, en effet, qu?un bâtiment comme celui de la rue du général Lasalle ait pu rester inoccupé pendant si longtemps. De ce point de vue-là, personne ne pourra jeter la pierre à un collectif d?artistes d?avoir souhaité rendre utile ce lieu et d?en faire quelque chose d?utile à la collectivité.

L?autre point sur lequel je voulais insister d?un mot, c?est la précarité de beaucoup de collectifs d?artistes à Paris et la nécessité dans laquelle nous sommes, avec des solutions qui ne peuvent pas toutes mobiliser les moyens publics, mais la nécessité dans laquelle nous sommes, effectivement, d?accompagner et d?aider ces collectifs d?artistes à trouver des lieux pour déployer leur activité. Cette activité contribue à la richesse de la ville, elle enrichit notre collectivité, notre communauté. De ce point de vue-là, quels que soient les statuts d?occupation et combien même sont-ils parfois en marge de la légalité, nous devons être attentifs à la nécessité de trouver des espaces pour que se déploie un travail d?artistes dont une ville comme Paris a le plus grand besoin.

En tout cas, Christophe GIRARD avait raison de rappeler qu?il ne faut pas opposer les projets artistiques et les projets de santé publique. De ce point de vue-là, le protocole qui s?esquisse et auquel nous donnons tout notre soutien, permet de dépasser cette opposition.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur DAGNAUD.

L?Exécutif a déposé l?amendement n° 56 bis.

Madame BARANDA, maintenez-vous le v?u n° 56 ?

Mme Violette BARANDA. - Il n?a plus objet d?être puisqu?il est amendé. Merci.

M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Avec la remarque que j?ai faite.

Mme Violette BARANDA. - J?ai enlevé le considérant.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - L?amendement n° 56 bis amende le v?u n° 56. On vote le v?u n° 56 amendé par l?amendement n° 56 bis, ainsi qu?il a été dit par MM. LHOSTIS, GIRARD et Mme BARANDA.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u amendée, déposée par le groupe ?Les Verts?.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2005, V. 298).