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Septembre 1999
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7 - 1999, ASES 104 G - Fixation de la participation financière du Département de Paris, au titre de 1999, pour les dépenses de fonctionnement de l'association "Médecins du monde" pour le centre d'accueil, de soins et d'orientation situé 62 bis, avenue Parmentier (11e). - Montant : 200.000 F

Débat/ Conseil général/ Septembre 1999


M. Philippe LAFAY, président. - Nous passons au projet de délibération ASES 104 G concernant la fixation de la participation financière du Département de Paris au titre de 1999, pour les dépenses de fonctionnement de l'association "Médecins du monde" pour le centre d'accueil, de soins et d'orientation situé 62 bis, avenue Parmentier (11e) - Montant : 200.000 F.
Je donne la parole à Mme SCHERER.
Melle Sylvie SCHERER. - Monsieur le Président, chers collègues, la délibération qui nous est soumise vise à subventionner à hauteur de 200.000 F le centre d'accueil de "Médecins du monde" situé au 62 bis, avenue Parmentier dans le 11e.
Or, cette association qui avait bénéficié l'année précédente d'une subvention de 200.000 F, sollicite cette année une aide de 500.000 F. Cette augmentation viserait essentiellement à participer aux frais qu'occasionne le recrutement d'une coordonnatrice et d'un médecin.
Nous sommes donc au regret de constater, encore une fois, le peu d'effort fourni par la collectivité parisienne à l'égard d'associations qui font, sur le terrain, un immense travail pour aider quotidiennement les exclus, les précaires, les plus démunis...
(Exclamations sur les bancs du groupe "Rassemblement pour Paris")
... Vous commencez à être particulièrement pénibles et vous pourriez avoir le respect de la parole des autres au lieu de répéter et d'ânonner "grossesse secours", débat qui a déjà eu lieu dans cette enceinte, qui n'est pas l'objet actuellement de ma prise de parole. Je demanderai à M. le Président de dire à Monsieur de cesser ces interruptions fort pénibles !
Cette antenne d'accueil de "Médecins du monde" permet de soigner gratuitement chaque année plus de 8.000 personnes. 16.000 consultations sont données chaque année. Pour effectuer cet immense travail, il y a environ 200 bénévoles et seulement 3 salariés dont un mi-temps.
Quel public bénéficie de ces soins ?
Le docteur DJELALI, responsable du centre, indique que le public concerné qui vient dans ce centre, est en très grande précarité et la plupart ne bénéficie même pas du R.M.I. La quasi totalité n'a pas de Sécurité sociale même si certains y ont droit.
La population que l'on accueille consulte tardivement un médecin par manque d'argent et parce que bien souvent leurs premières préoccupations sont de manger et de savoir où dormir.
Ce centre vise notamment à orienter dans ses démarches ce public sous informé de ses droits par le biais de questionnaires : les bénévoles de l'association cherchent à savoir si le malade peut rentrer dans le droit commun et si oui comment. Il bénéficie ensuite d'une consultation médicale et si les soins nécessitent un traitement, les médicaments sont fournis gratuitement.
Je ne m'étendrai pas plus longtemps pour signaler que le travail de cette association vise un public en grande difficulté, combien "Médecins du monde" pallie à bien des défaillances de notre système d'aide sociale. Pourtant les moyens avec lesquels il fonctionne laissent à désirer, les locaux sont vétustes, trop petits, le nombre de salariés est totalement dérisoire. Pendant ce temps d'autres associations dont l'intérêt social reste parfois à démontrer, sont largement subventionnées par la collectivité parisienne. Comme nous pensons que les fonds publics doivent bénéficier prioritairement aux plus nécessiteux d'entre nous, nous souhaiterions vivement que la somme versée à ce centre d'accueil de "Médecin du monde" soit portée à 500.000 F.
Je vous remercie.
M. Philippe LAFAY, président, au nom de la 5e Commission. - Je vais vous répondre, Madame. La participation versée pour le soutien du fonctionnement du centre d'accueil de soins d'orientation géré par "Médecin du monde", avenue Parmentier, ne représente qu'une part des aides apportées par le Département à cette association. On l'a dit en Commission et les membres de la 5e Commission sont là pour le confirmer.
Je tiens à rappeler à ce propos que la collectivité parisienne concourt aux actions de "Médecins du monde" à plusieurs titres, en contribuant au financement d'un dispositif d'appareils, d'échanges, de récupération et de distribution de seringues, à hauteur de 117.782 F, en participant aux frais de fonctionnement d'un centre de soins spécialisés pour toxicomanes, l'espace Parmentier pour 240.000 F ; en accordant une subvention de 200.000 F au centre d'accueil de soins, objet de cette convention.
En second lieu, il me paraît important de souligner par ailleurs que ces aides, et notamment le soutien accordé au centre d'accueil de soins de "Médecins du monde" revêtent en regard des obligations qui incombent à la Ville de Paris un caractère entièrement facultatif. Cette action traduit seulement un effort de cohérence, de cohésion dans la réalisation d'une politique en faveur des plus démunis et le développement des réseaux de santé de proximité, auxquels "Médecins du monde" est associé par son établissement de l'avenue Parmentier.
Troisièmement, en ce qui concerne la subvention accordée à cet établissement, il n'a pas paru justifié de l'augmenter compte tenu de la bonne situation financière de l'association. En effet, celle-ci dispose en fin d'exercice 1998 de fonds propres de plus de 83 millions de francs, et d'une trésorerie abondante qui ne cesse de croître depuis trois ans pour atteindre 40 millions de francs.
Les résultats comptables sont également en amélioration constante depuis 1996 et l'exercice 1998 se solde par un excédent global de 12,8 millions de francs.
Il convient en outre de rappeler que cette subvention de 200.000 F ne représente qu'une partie de l'aide accordée par la Ville au centre d'accueil de "Médecins du monde".
En fait, celle-ci bénéficie d'une part de la mise à disposition gratuite d'un agent du Département de Paris pour l'établissement de la carte "Paris-Santé" et d'autre part de l'exécution d'actes médicaux tels que radiographie, échographie, analyses biologiques médicales qui sont réalisés dans les centres médico-sociaux et les laboratoires de la Ville pour un montant d'environ 400.000 F.
En conclusion, tout cela ajouté, je tiens à souligner qu'en additionnant les différentes aides accordées par le Département de Paris à l'association "Médecins du monde" on constate que celle-ci reçoit un soutien global de l'ordre d'1 million de francs.
Il apparaît donc que la Municipalité non seulement ne manque pas à ses obligations, mais les dépasse largement, en vertu d'une volonté politique qui prend en compte la réalité des enjeux sociaux.
Voilà, Madame, ce que je voulais vous dire.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 104 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, ASES 104 G).