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Novembre 2003
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Conseil Municipal
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Déliberation

Voeu sur les modalités d'une réflexion sur la question des hauteurs à Paris et de ses liens avec l'architecture contemporaine.

Déliberation/ Conseil municipal/ Novembre 2003 [2003 V. 187]



Délibération affichée à l'Hôtel-de-Ville
et transmise au représentant de l'Etat le 2 décembre 2003.
Reçue par le représentant de l'Etat le 2 décembre 2003.

Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal,
Considérant qu'un débat a été lancé sur la possibilité d'ériger à moyen terme, à Paris, des bâtiments dépassant le plafond actuel de 37 m de hauteur, et que s'est déjà exprimée une pluralité de points de vue quant à cette perspective ;
Considérant que le zoning des années 60-70 a conduit à une destruction du parcellaire et à une remise en cause de la rue, facteur de lien social ;
Considérant que le surcoût d'entretien des tours de logements, à la charge des copropriétaires et locataires, doit être pris en compte dans la réflexion ;
Considérant cependant que la préparation du PLU doit être l'occasion d'une réflexion ouverte sur le devenir de notre ville et sur les moyens de répondre aux demandes multiples qu'expriment aujourd'hui les habitants de Paris, en termes de logements, d'emplois, d'équipements collectifs et d'espaces verts ;
Considérant que cette réflexion doit aussi permettre à Paris d'être non seulement une ville riche de son patrimoine ancien, mais aussi une capitale active, qui doit faire preuve de créativité et doit cultiver sa spécificité architecturale, en résistant au conformisme contemporain, qui souvent aboutit à la réalisation des mêmes tours, par les mêmes architectes, dans les grandes métropoles du monde ;
Considérant que les ?uvres architecturales contemporaines les plus marquantes en Europe, ne sont pas nécessairement des immeubles de grande hauteur (musée Guggenheim de Bilbao, grand magasin Selfridges de Birmingham, Millénium de Londres,...), et que les plus appréciés à Paris sont généralement des constructions adaptées à la morphologie de la capitale (Cité de la Musique, Institut du Monde arabe, Fondation Cartier, folies de B. Tschumi à la Villette,...) ;
Considérant par ailleurs que les réalisations architecturales les plus importantes des 20 dernières années à Paris ont été controversées, de même que l'ont été les tours des années 60-70, que la réflexion sur la hauteur et l'architecture des constructions doit tenir compte des échecs des décennies passées, et qu'aujourd'hui encore cette question divise les Parisiens ;
Considérant que Paris n'est pas une entité autonome par rapport aux communes limitrophes et que les relations Paris-Banlieue ne peuvent s'apparenter à une compétition, mais qu'elles doivent tendre vers une coopération en vue d'un projet commun d'urbanisme durable et harmonieux ;
Considérant que Paris est une des villes les plus denses du monde, qu'il ne s'agit pas dans cette démarche de surdensifier Paris, et qu'il faut donc trouver les surfaces nécessaires pour les espaces verts et les équipements ;
Considérant qu'en toute hypothèse, doit être écarté le développement de quartiers de tours qui seraient l'antithèse d'un urbanisme à dimension humaine, respectueux d'un tissu urbain continu, vecteur de lien social ;
Considérant que, pour certains, la construction de tours ne se justifie ni sur le plan architectural, ni sur le plan économique, ni sur le plan de l'aménagement métropolitain et qu'il convient de ne pas occulter les véritables enjeux de la révision du PLU : la densification de Paris et l'impérieuse nécessité d'une architecture de qualité ;
Considérant que pour d'autres, en tout état de cause, une augmentation éventuelle de la hauteur de construction ne saurait être envisagée que de manière ponctuelle et circonscrite, sur des projets concrets essentiellement localisés sur les territoires de la couronne de Paris, pour constituer des supports de la dynamique de développement de territoires à l'articulation de Paris et de communes voisines ;
Considérant que Paris mérite donc un débat sur ce sujet qui implique la concertation la plus large, en prenant le temps nécessaire, et qu'en la matière le règlement ne peut pas précéder l'établissement des projets ;
Sur la proposition de Mmes Dominique BERTINOTTI, Geneviève BELLENGER et M. Pierre GATIGNON au nom du groupe socialiste et radical de gauche, de Mme Marinette BACHE au nom du groupe "Mouvement Républicain et Citoyen", de MM. Jean-François BLET, François FLORES et René DUTREY au nom du groupe "les Verts" et de M. Jacques DAGUENET au nom du groupe communiste,

Emet le v?u :

- que la question des hauteurs, et de ses liens avec l'architecture contemporaine, soit l'occasion, sur la base des éléments qui viennent d'être rappelés, d'un véritable débat démocratique associant les élus, les habitants, les associations, les milieux économiques et les communes riveraines concernées ;
- que le prochain Plan local d'urbanisme respecte la servitude existante de limitation du plafond parisien à 37 mètres, dans l'attente des conclusions ultérieures de ce débat.