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Novembre 2001
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14 - 2001, ASES 48 G - Subvention à l'association "Drogue et jeunesse - Centre Didro" (14e) pour son action de prévention de la toxicomanie auprès des jeunes. - Montant : 310.000 F. - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer une nouvelle convention avec ladite association

Débat/ Conseil général/ Novembre 2001


M. Christian SAUTTER, président. - Nous examinons à présent le dossier ASES 48 G attribuant une subvention à l'association "Drogue et jeunesse - Centre Didro" dans le 14e pour son action de prévention de la toxicomanie auprès des jeunes.
Le montant de la subvention qui vous est proposée est de 310.000 F. Il s'agit également d'autoriser M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer une nouvelle convention avec cette association.
C'est M. GOUJON qui intervient puis Mme CATALA, et M. LHOSTIS leur répondra.
M. Philippe GOUJON. - Monsieur le Président, alors que la réputation du centre Didro n'est plus à faire, qu'il s'agisse du plan parisien, du plan national et même du plan international, dans le domaine de la prévention du Sida et surtout des toxicomanies, et que l'Etat et la Région le subventionnent, le Département, tout en maintenant la subvention 2001 dans ce projet de délibération fragilise son statut en n'engageant le renouvellement de la convention que pour l'année en cours, qui s'achève.
Je m'étonne donc d'autant plus que lors de la dernière séance de notre Conseil, un texte a été voté pérennisant cette convention et après ce vote, voilà quelques semaines, nous avons reçu parmi les projets à examiner à cette séance de notre Conseil un texte absolument identique à celui que nous avions déjà voté. Première anomalie.
Et puis voilà quelques jours un correctif nous est présenté qui limite cette convention à la seule année 2001.
Cette procédure, dont vous reconnaîtrez qu'elle est brouillonne et confuse, est-elle le fruit d'une cascade d'erreurs administratives ou d'une main invisible dans le 14e, ou alors se cachent derrière tout cela ce qui pourrait apparaître comme des manipulations !
Certes, on découvre au détour d'un nouveau paragraphe, et après l'intervention qui me semble suspicieuse d'un élu de notre Assemblée, peut-être en mal d'investiture, lors de notre dernière séance, une demande d'inspection de l'I.G.A.S. après un audit qui a duré moins de 3 heures, de la M.I.L.T.D. dont la présidente semble dans cette affaire régler quelques comptes.
Alors les inspections sont nombreuses, c'est normal et habituel, dans les associations que nous subventionnons. Même la M.I.L.T.D. l'est...
D'autre part, cette façon de jeter le doute sur une association, dans un document public n'est pas très convenable alors même que l'inspection n'a pas commencé, et que d'ailleurs l'association elle-même demande cette inspection !
Des demandes de subvention nous sont parfois présentées uniquement en raison des difficultés internes rencontrées par les associations.
Dans ce cas, c'est l'inverse, et on invoque les difficultés internes d'ailleurs, qu'on ne connaît pas, pour limiter la convention à 2001.
Les conventions sont habituellement reconduites par tacite reconduction. Il suffisait donc en cas de conclusion défavorable de l'I.G.A.S. de ne pas la reconduire, mais qui veut tuer son chien...
On a effectivement la désagréable impression en lisant le nouveau projet qui nous est présenté qu'on veut salir cette association pour mieux lui couper les vivres.
La preuve : on a retiré du nouveau texte plusieurs passages qui montrent l'association sous un jour favorable, qui évoquent la qualité de son action dans le précédent mémoire.
On supprime le versement d'un acompte correspondant à la moitié de l'aide attribuée dès le début de l'exercice financier ou encore, on annule les formations gratuites qui sont prévues en faveur des personnels de la Ville, dans le cadre d'un partenariat étroit jusqu'à présent.
Ce qui gêne visiblement, c'est la prévention de la toxicomanie surtout dans le domaine scolaire chez les élèves de C.M.2.
Toute référence à cette action disparaît de la nouvelle convention, alors que cette action ne cesse de progresser dans l'intérêt des élèves, notamment la distribution de plaquettes rédigées par la ville et par l'association "Cannabis Danger", et "Ectasy Danger".
N'est-ce pas le vrai tort de cette association qui a pour vocation de dissuader les jeunes de consommer du cannabis et de l'ectasy ? Consommation de drogues que beaucoup, dans cette Assemblée veulent dépénaliser et même légaliser.
On les entend d'ailleurs... Ils sont assez tumultueux sur ces bancs d'extrême-gauche ; plongeant ainsi les jeunes, comme le disait Jean Cocteau "dans un monde de deuil et d'amertume" !
Je vous remercie.
M. Christian SAUTTER, président. - La parole est à Mme CATALA.
Mme Nicole CATALA. - Merci, Monsieur le Président.
Mon collègue Philippe GOUJON ayant dit l'essentiel, je me bornerai à ajouter quelques observations complémentaires à ce qu'il vient d'établir, et qui est grave.
Nous sommes ici en présence d'une association qui a une ancienneté d'environ 28 ans, qui est reconnue d'utilité publique depuis plus de 20 ans. Chacun sait ici que les associations reconnues d'utilité publique sont soumises à un régime de contrôle particulier. Cette association, au-delà de cette qualité singulière, est connue en France et à l'étranger pour son sérieux et pour son efficacité. Ce n'est pas une association dont les dirigeants cherchent à frimer ou à "faire semblant", c'est une association qui s'occupe de prévention, d'information, d'accueil des toxicomanes, y compris dans la période ultime de leur maladie puisqu'elle a créé un centre d'accueil pour les sidéens dans la phase terminale que j'ai moi-même visité.
Cette association est parfaitement bien gérée, elle a une trésorerie positive. Si l'un de ses secteurs d'activité, celui de la documentation et de l'information est déficitaire, ce déficit est comblé par l'excédent de ses fonds propres. Il n'y a pas de déficit net. Pourtant, comme mon collègue GOUJON, j'observe qu'on s'acharne à son encontre avec une succession de délibérations qui vont l'installer dans la précarité. On a l'impression qu'on ne la fait survivre quelque temps que pour mieux la conduire à une fin prochaine.
Nous ne l'acceptons pas, Monsieur le Président. Nous soutiendrons envers et contre tout le centre Didro parce qu'il faut bien qu'il y ait des unités d'information et de prévention sérieuses contre la toxicomanie, des unités d'accompagnement de jeunes toxicomanes et pas seulement la perspective d'une dépénalisation que nous rejetons.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame.
Je donne la parole à M. LHOSTIS.
M. Alain LHOSTIS, au nom de la 6e Commission. - La façon dont les deux intervenants viennent de tracer la situation de Didro aurait pu faire naître chez moi de la suspicion à l'égard de l'activité de cette association.
Mme Nicole CATALA. - Allez visiter le centre d'accueil...
M. Alain LHOSTIS, rapporteur. - Vous en faites une affaire politique là où nous en faisons une affaire d'examen sérieux d'une situation. C'est sur ce point que je vous demande de vous prononcer. Nous ne nous prononcerons pas pour un arrêt de l'activité, mais nous nous prononcerons pour verser la subvention. Ce n'est pas tout à fait pareil !
Vous avez déjà décidé ce qui allait ou ce qui n'allait pas. Le centre se trouve dans une situation si délicate que le Président du Conseil d'administration a démissionné. Le nouveau Président, qui a été le fondateur de Didro, a signalé à la MILTD que vous accusez de tous les mots, que le Conseil d'administration étudiait les possibilités d'une cessation partielle ou totale des activités. Ce n'est quand même pas nous qui avons créé ces problèmes !
Face à une telle question et vu la renommée de ces activités, qu'est-ce que la Direction générale de la santé a décidé ? De mener une inspection par l'Inspection générale de l'action sociale. Elle rendra son rapport au début de l'année 2002. En attendant, il fallait régulariser la situation pour pouvoir verser la subvention 2001. C'est ce que nous faisons. Il n'y a aucune fragilisation ni aucune idée préconçue, mais la volonté de rechercher la situation exacte de l'association.
Le moment venu, avec les éléments dont nous disposerons et en toute clarté, nous verrons comment nous continuons notre collaboration avec le centre Didro.
Vous pouvez en faire une affaire politique mais là, vous gênez l'activité de l'association. Pour notre part, nous voyons la lutte contre la toxicomanie comme un enjeu qui doit aller au-delà des enjeux politiciens. Chacun prend ses responsabilités.
M. Philippe GOUJON. - Alors maintenez la convention !
M. Christian SAUTTER, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 48 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Mme Nicole CATALA. - Nous nous abstiendrons, Monsieur le Président, pour des raisons évidentes.
M. Christian SAUTTER, président. - Très bien.
Le projet de délibération est adopté. (2001, ASES 48 G).