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Novembre 2001
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20 - 2001, ASES 24 G - Politique de la ville. - Programme départemental d'insertion. - Subvention à l'association "Culture du coeur" pour son action d'insertion sociale des allocataires parisiens du R.M.I. par l'accès à la culture, dans des sites éligibles à la "politique de la ville". - Montant : 80.000 F

Débat/ Conseil général/ Novembre 2001


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons au projet de délibération ASES 24 G, figurant en page 8 de l'ordre du jour : politique de la ville - subvention à l'association "Culture du c?ur" pour son action d'insertion sociale des allocataires parisiens du R.M.I. par l'accès à la culture, dans des sites éligibles à la "politique de la ville". Montant : 80.000 F.
Je donne la parole à Mme MEYNAUD.
Mme Sophie MEYNAUD. - Merci, Madame la Présidente.
Chers collègues, j'interviendrai brièvement sur ce projet de délibération qui nous demande de voter, pour la première fois, l'attribution d'une subvention de 80.000 F à l'association "Culture du c?ur".
Je souhaite par là, avant tout, attirer l'attention de notre Assemblée sur les activités menées en France et notamment à Paris par le réseau "Culture du c?ur" et dire l'importance de telles activités.
Cette association existe depuis trois ans. Elle exerce des actions inscrites dans le cadre de la politique de la ville et a pour objectif de favoriser l'insertion sociale par l'accès des personnes démunies à la culture en proposant une offre de spectacles culturels et sportifs gratuite dans le cadre d'une action de médiation culturelle.
Les publics visés comprennent toutes les familles et toutes les personnes qui justifient de ressources économiques faibles ou très faibles, identifiées sur la base d'aides sociales perçues et sur la base d'éléments connus des travailleurs sociaux et des personnes relais compétentes.
Il s'agit d'enfants scolarisés en Z.E.P., de familles en difficulté, de jeunes isolés, d'adultes en situation de précarité, de personnes en situation d'exclusion.
L'association "Culture du c?ur" monte également des actions dans les quartiers politique de la ville qui bénéficient plus particulièrement à des allocataires parisiens du R.M.I. et à leurs ayants droit.
A ce titre, certaines de ces actions s'inscrivent également dans le cadre du Programme départemental d'insertion et peuvent donc être financées par le Département de Paris sur les crédits d'insertion.
Chaque année, plusieurs centaines de millions de places de spectacles restent inoccupées. L'objet de l'action de cette association est d'abord de tenter d'organiser la redistribution gratuite de ces places aux familles et aux personnes les plus démunies, mais aussi et surtout de favoriser l'échange, l'ouverture et la convivialité par des actions de sensibilisation ouvertes sur l'action culturelle dans tous ses aspects et sa diversité.
Appréhender l'accès à la culture comme un des axes fondamentaux de l'insertion sociale est un moyen essentiel pour lutter contre les inégalités sociales.
Pour cela, je me réjouis que la Ville de Paris contribue au développement de ces activités et continue de soutenir des actions comme celles-ci, tant dans le cadre de la politique de la ville que dans le cadre du P.D.I. lorsque cela est possible.
S'appuyant sur la richesse culturelle de la Capitale, les efforts engagés dans ce domaine par les associations et les acteurs de la vie locale doivent être encouragés par la Municipalité.
A cette occasion, l'annonce officielle de la création d'un poste de chargé de mission au développement culturel au sein de la délégation politique de la ville est une excellente nouvelle.
Je ne peux m'empêcher d'évoquer ici le souvenir de Geneviève ANTHONIOZ-DE-GAULLE qui, présidente d'A.T.D. Quart-Monde, a soutenu le développement culturel comme un axe essentiel de la lutte contre les exclusions.
A l'origine de nombreuses initiatives de lutte contre toutes les formes d'exclusion, Mme ANTHONIOZ-DE-GAULLE a su rendre à la connaissance et à la pratique culturelle un de ses rôles premiers : celui d'être une condition du développement et de l'épanouissement de l'individu et un facteur d'intégration et de cohésion sociales.
Concernant l'activité proprement dite de "Culture du c?ur", les places inutilisées que l'association est en mesure de récupérer sont redistribuées gratuitement par des structures-relais qui accomplissent dans le même temps des actions de médiation culturelle. Ces relais peuvent être des associations de quartier qui luttent contre l'exclusion, des établissements scolaires, des foyers d'hébergement, des missions locales, des centres sociaux... Plus de 200 relais existent aujourd'hui en France dont une grande partie à Paris.
Ces équipes constituent un maillage fin, au plus près des gens, de manière à répondre aux besoins et, dans des quartiers souvent très populaires, elles ouvrent des perspectives inédites à des Parisiennes et des Parisiens qui se trouvent de fait éloignés de la vie culturelle. Elles permettent ainsi à différentes personnes, à des enfants, à leur famille, d'aller au cirque, au théâtre, d'aller voir une exposition, parfois pour la première fois de leur vie.
En travaillant, avec des professionnels divers, à donner les moyens et l'habitude "d'aller au spectacle" aux personnes qui ne les ont pas ou plus, ces structures variées nous forcent à la transversalité des actions et des soutiens.
Aussi c'est parce que je suis convaincue de l'utilité et de l'efficacité de telles actions et parce que l'aspect marchand de la culture est mis de côté au profit de sa vocation sociale, que j'ai souhaité simplement souligner cette initiative devant vous aujourd'hui.
Madame la Présidente, cela me semblait important.
Je vous remercie.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci, Madame MEYNAUD.
Je donne la parole à Mme STAMBOULI.
Mme Mylène STAMBOULI, vice-présidente, au nom de la 6e Commission. - Merci, Madame la Présidente.
Dès le début de la mandature, nous avons indiqué notre volonté de lutter contre l'exclusion sous tous ses aspects : le logement, l'emploi, la santé bien sûr, mais aussi dans le domaine du sport ou de la culture. Ce projet de délibération va donc dans ce sens.
En effet, un des effets de l'exclusion est souvent le repli sur soi, l'isolement social, la perte de lien avec le reste de la société. Lorsqu'on est dans la survie quotidienne, on a bien évidemment du mal à se préoccuper d'autre chose que de régler des problèmes immédiats.
Il nous paraît pourtant important de proposer l'accès à diverses activités aux personnes victimes d'exclusions afin justement de leur permettre de participer à la vie de la cité au même titre que l'ensemble des Parisiens ; l'association "Culture du c?ur" nous propose un projet qui ne consiste pas seulement à distribuer des places gratuites, ce qui se résumerait à une vision consumériste de la culture, mais cherche à en faire un véritable support de réinsertion des personnes à qui s'adresse l'offre de spectacle.
C'est pourquoi cette action, qui se déroule déjà dans 3 centres d'hébergement et de réinsertion sociale du C.A.S.-V.P. a été proposée à 20 associations conventionnées par le Département de Paris pour la prise en charge globale d'allocataires du R.M.I. et 5 ont accepté.
Il s'agit donc d'un premier pas que nous espérons pouvoir étendre dans les prochaines années afin d'avancer vers un vrai projet de médiation culturelle en direction des exclus.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci bien !
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 24 G.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, ASES 24 G).