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Novembre 2001
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13 - 2001, ASES 245 G - Subvention à l'association pour le développement des soins palliatifs - Fondatrice dite "ASP Fondatrice" (9e). - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec ladite association une convention. - Montant : 200.000 F

Débat/ Conseil général/ Novembre 2001


M. Christian SAUTTER, président. - Nous examinons maintenant le dossier ASES 245 G relatif à une subvention de 200.000 F à l'association pour le développement des soins palliatifs - association fondatrice dite "ASP Fondatrice" (9e). - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, de signer avec cette association une convention.
C'est Mme CAPELLE qui intervient.
Mme Liliane CAPELLE. - Merci, Monsieur le Président.
Cette association a pour but bien évidemment de promouvoir les soins palliatifs en France. Elle a à ce titre participé au développement de ce type de prise en charge via la création d'unités de soins palliatifs ou encore la création d'équipes d'accompagnants bénévoles.
Il est vrai que c'est un domaine où beaucoup reste à faire. Alors que notre système de soins est l'un des plus performants au monde, que des centaines de milliers de professionnels de santé libéraux et pas loin d'un million d'agents hospitaliers consacrent leur compétence et leur dévouement à traiter dans les meilleures conditions les patients qu'ils accueillent, les malades souffrant d'une affection dont le pronostic peut être létal ne reçoivent pas toujours l'aide et l'accompagnement dont ils auraient besoin.
Nous devinons tous la différence entre une fin paisible, accompagnée et une fin agitée, isolée, angoissée. Ce ne sont pas les mêmes morts. Dans nos villes où la mort est moins que jamais un événement communautaire et familial, il nous semble plus important qu'ailleurs d'?uvrer afin de développer de façon importante le recours aux soins palliatifs en milieu hospitalier mais aussi à domicile.
La loi de 1999 sur le droit d'accès pour tous aux soins palliatifs, à l'élaboration de laquelle les députés du Mouvement des citoyens ont largement contribué, à aidé à développer l'offre de ce type de prise en charge.
J'ajoute que, comme vous le précisez vous-même, la Municipalité a volontiers soutenu par le passé le développement de la pratique des soins palliatifs et son accompagnement social. Elle a soutenu les associations de bénévoles, les aidant à offrir à ces derniers une formation spécifique et une coordination adaptée. Elle a encouragé les réseaux de ville, favorisant ainsi les derniers instants vécus à domicile. Elle a soutenu certaines structures. Je pense notamment au centre Montsouris.
C'est pourquoi je veux croire que les instances municipales ne seront pas restées insensibles au sort de ce service de soins de cet institut mutualiste (Institut mutualiste de Montsouris situé dans le 14e arrondissement) dont il a été largement question cette semaine dans la presse.
En effet, ce centre sera bientôt totalement transféré à l'hôpital des Diaconesses du 12e arrondissement.
Cette décision a été prise dans le cadre d'une restructuration des établissements privés à but non lucratif dans le sud de Paris. Elle semble avoir été motivée essentiellement par des questions de rentabilité.
La célèbre psychologue clinicienne Marie de HENNEZEL s'en est émue, la semaine dernière, dans un grand quotidien du soir. Elle s'est dit, je cite : "profondément choquée par cette décision reçue comme une non-reconnaissance du travail accompli", s'est étonnée de l'absence de concertation avec l'équipe multidisciplinaire qui, depuis 1987, avait organisé ce service pionnier, exemple d'humanisme dont personne ne contestait le rayonnement. "Comment a-t-on pu" - je cite encore - "démanteler une équipe soudée, dans un mépris total du travail et du temps qu'il a fallu pour créer un esprit de solidarité et de complicité si rare dans le monde hospitalier".
On a fait prévaloir les questions de rentabilité financière pour "liquider" le tout premier centre ayant proposé ce type de prise en charge en Europe continentale.
Le développement des soins palliatifs ne saurait pourtant se mesurer en nombre de lits.
Aussi, j'aimerais savoir si vous comptez user de toute votre influence pour obtenir la conservation du centre Montsouris.
Nos concitoyens cherchent aujourd'hui une médecine plus humaine, demandent à ce que l'on réhabilite la dignité de la fin de la vie, à ce que l'on regarde davantage la mort en face et qu'on ne l'évacue plus derrière des paravents techniques.
Je dois avouer avoir du mal à comprendre que la gestion de l'offre parisienne de soins palliatifs puisse faire l'objet de décisions à ce point comptables et bureaucratiques.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame CAPELLE.
La parole est à Mme HOFFMAN-RISPAL.
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Président.
Madame CAPELLE, vous soulignez dans votre question l'importance de développer le recours aux soins palliatifs.
Vous le savez, et c'est ma conviction, accompagner dignement des hommes et des femmes (et parfois, malheureusement, des enfants) jusqu'au bout de leur vie doit se faire dans le respect du libre choix d'un suivi à domicile ou en institution.
Chacun doit choisir de terminer ce chemin, comme il le désire, soigné et soulagé, aussi bien à l'hôpital qu'entouré de ceux qu'il aime et qui peuvent lui apporter amour et réconfort.
Je partage, Madame CAPELLE, d'autant plus vos propos, que vous le savez, j'ai moi-même été confrontée très jeune à cette question.
J'y suis, à titre personnel, plus que sensible.
Dans une vie, la mort a une place. Une personne en fin de vie a droit à la tendresse, en présence de ses proches, à l'épanouissement et à l'adoucissement.
Il est vrai, vous l'avez dit, notre société et nous-mêmes avons trop eu tendance à évacuer la mort derrière les paravents de la technique médicale et à en retirer l'humanité.
Chacun, aujourd'hui, souhaite être davantage écouté, entendu, accompagné et considéré, comme je le disais, dans sa dignité de personne et pas seulement dans sa spécificité de malade.
A ce titre, et je viens de l'évoquer dans la réponse que j'apportais à Mme GÉGOUT, dans cette convention d'objectifs, dont je parlais, nous insistons sur le développement de formations là aussi tant auprès des familles que des intervenants (aides ménagères et autres) à l'accompagnement en fin de vie.
De plus, au-delà de la délibération proposée aujourd'hui, qui est l'attribution d'une subvention de 200.000 F à l'Association pour le développement des soins palliatifs dite "A.S.P. Fondatrice", nous comptons aider au développement des équipes mobiles de soins palliatifs qui effectuent un travail remarquable et qui peuvent intervenir soit à domicile, soit en institution, soit en appartement-relais, soit en accueil temporaire. Elles ont un réseau de bénévoles absolument extraordinaires.
Par ailleurs, et plus précisément, pour répondre à votre question, la décision de restructuration des établissements privés à but non lucratifs s'intègre dans un dispositif global de rééquilibrage entre le sud et le nord de Paris.
Cette décision a été prise et est définie par l'Agence régionale d'hospitalisation.
Il s'agit, concernant l'Institut mutualiste Montsouris, d'une opération de redéploiement et non de suppression.
Le service de chirurgie-vasculaire de l'hôpital Saint-Michel devrait intégrer les locaux du service de soins palliatifs ainsi redéployés. Il ne s'agit donc pas d'une perte d'activité.
Par ailleurs, les services de soins palliatifs ne sont pas des services dits structurants.
Ils fonctionnent en réseaux géographiques et ne sont pas rattachés à un lieu donné.
Ainsi le lieu d'implantation n'est pas une condition nécessaire à l'exercice de leur mission.
De plus, et pour être plus précis, vous avez au sud de Paris le centre Jeanne-Garnier, modernisé récemment, et le centre Cognacq-Jay attaché à l'hôpital Broussais, qui exercent, conformément à nos préoccupations, leurs missions de soins palliatifs de façon déterminée et reconnue.
Je plaide et j'ai toujours plaidé, comme vous, pour que l'offre de soins palliatifs soit toujours au c?ur de notre politique d'offres médicales.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame HOFFMAN-RISPAL sur ce sujet très émouvant. Vous avez apporté des précisions et des convictions très émouvantes aussi.
Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 245 G.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, ASES 245 G).