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Novembre 2001
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Conseil Général
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12 - 2001, ASES 182 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec les associations privées gestionnaires de services d'aide ménagère des conventions. - Subvention de 1,70 F par heure effectuée par lesdites associations

Débat/ Conseil général/ Novembre 2001


M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 182 G autorisant M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, à signer avec les associations privées gestionnaires de services d'aides ménagères des conventions. Subvention de 1,70 F par heure effectuée par lesdites associations.
C'est Mme GÉGOUT qui veut intervenir sur ce dossier et Mme HOFFMAN-RISPAL qui répondra ensuite.
La parole est à Mme GÉGOUT.
Mme Catherine GÉGOUT. - Merci, Monsieur le Président.
C'est un peu un prétexte parce qu'évidemment nous sommes tout à fait pour que les 1,70 F par heure nécessaires au bouclage de ce budget soient attribués, mais cela donne l'occasion de parler des aides ménagères, parce que les délibérations dont nous venons de parler justement montrent bien l'importance d'un travail en réseau autour des personnes âgées et finalement les aides ménagères en sont un des pivots et plusieurs délibérations d'ailleurs concernent le maintien à domicile de malades atteints de pathologies graves ou de personnes âgées.
Le maintien à domicile permet d'éviter des placements dans des institutions spécialisées qui sont mal vécus par les personnes et coûtent beaucoup plus cher. Le secteur de l'aide à domicile est fortement créateur d'emploi. Son rôle social est important. La loi contre les exclusions a posé, au travers des schémas régionaux et du Schéma national des formations du travail social, des objectifs de développement de la qualification et de la professionnalisation. Cependant le domaine de l'aide à domicile se caractérise par le faible niveau de qualification du personnel, par la précarité et la flexibilité de l'emploi.
L'aide à domicile consiste à envoyer quelqu'un au domicile de la personne aidée, que ce soit une personne âgée, handicapée ou malade, ou une famille, pour l'aider dans les tâches matérielles mais elles sont en réalité de plus en plus engagées dans des taches interpersonnelles.
Ce personnel salarié est principalement constitué de femmes, travaillant majoritairement à temps partiel, peu qualifiées, avec des rémunérations souvent en dessous du S.M.I.C. Parmi elles beaucoup de jeunes femmes en situation précaire ou reprenant un emploi après avoir élevé des enfants.
Leur salaire est déterminé par l'application d'une échelle de points, mais les niveaux d'échelle et la valeur du point sont tels qu'une aide à domicile n'arrive à dépasser le S.M.I.C. qu'au bout de 8 ans de travail. Ce travail n'est pas reconnu à sa juste valeur. Pourtant ces salariés font un travail qui va souvent bien au-delà des simples tâches matérielles. Elles font preuve d'un grand dévouement à l'égard des usagers, de sens des responsabilités et du relationnel, tissent souvent des liens affectifs.
Elles ont à assumer des situations dans lesquelles elles sont confrontées à la détresse, à la maladie, à la sénescence. Elles doivent faire preuve d'autonomie dans leur travail puisqu'elles sont seules chez les bénéficiaires, de vigilance puisqu'elles sont confrontées à des situations à risque et dangereuses.
Or la flexibilité est de mise dans ce type de travail. Cette flexibilité conduit souvent à quitter ce travail et les personnes avec lesquelles des relations affectives s'étaient installées. Cela est préjudiciable pour des personnes âgées ou malades, souvent seules, qui doivent recommencer d'autres relations, investir affectivement sur d'autres personnes.
Cette activité est amenée à se développer de façon importante dans les années à venir, avec l'allongement de la durée de vie, la conscience que le maintien à domicile est à rechercher chaque fois que cela est possible. Alors pourquoi ne pas envisager les choses autrement et reconnaître, valoriser ces emplois, en faire un vrai métier ?
Cela demanderait bien entendu de revaloriser le niveau salarial des aides ménagères et de leur assurer des formations, même de courte durée, qui porteraient non seulement sur des notions pratiques de base et d'hygiène, mais surtout sur la connaissance de la personne âgée ou malade, sur ses conditions de vie physiques et psychologiques. Bien entendu, cela aurait un coût moins précaire, reconnu et qui ferait que les aides ménagères auraient une autre vision d'elles-mêmes et des personnes auprès desquelles elles interviennent, et par-là même d'assurer un service de meilleure qualité à l'égard de ces personnes en difficulté.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame GÉGOUT.
La parole est à Mme HOFFMAN-RISPAL.
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Président.
Vous avez souligné, Madame GÉGOUT, à juste titre, l'importance croissante du maintien à domicile, je préfère pour ma part parler de soutien à domicile, pour aider les personnes âgées à rester chez elles dans de bonnes conditions. C'est peut-être un petit désaccord avec vous.
Nous avons fait de la liberté de choix - j'insiste sur cette notion de liberté de choix - de la personne de rester chez elle ou d'entrer en établissement, une priorité de l'action de la Municipalité.
Cela implique de transformer nos résidences pour qu'elles soient plus humaines, plus adaptées aux besoins des personnes mais surtout plus accueillantes.
Nous avons, vous le savez, lancé à ce titre un plan de modernisation et d'humanisation des résidences santé du Centre d'action sociale de la Ville de Paris sur l'ensemble de la mandature. Mais cela implique également de mener des actions fortes et innovantes pour favoriser le soutien à domicile.
Vous rappelez, à juste titre, la difficulté du travail quotidien des aides à domicile qui sont bien souvent des femmes travaillant à temps partiel, peu qualifiées et avec de très faibles rémunérations.
Nous considérons comme essentiel d'aider ce secteur pour transformer ces emplois souvent sous-qualifiés et professionnaliser le service rendu aux personnes.
Le paradoxe de cette profession est que bien souvent ce sont des personnes fragilisées socialement qui rendent un service à d'autres personnes elles-mêmes fragilisées. Les conditions de rémunération poussent les aides à domicile à aller travailler ailleurs, en maison de retraite par exemple, dès lors qu'elles obtiennent un diplôme.
Le Gouvernement est particulièrement sensible à cette situation et a prévu d'une part de rénover le diplôme de la profession (12 % seulement des aides ménagères ont le C.A.F.A.D. aujourd'hui) pour l'adapter aux nouvelles exigences et d'autre part le Gouvernement négocie avec les partenaires sociaux une nouvelle convention collective qui devrait permettre d'améliorer les rémunérations.
Nous entendons mener une action extrêmement volontariste. J'aurai l'occasion dans quelques semaines, je l'espère, de vous parler de la convention d'objectifs que nous négocions avec les associations, toutes les associations de soutien à domicile et l'Etat qui devrait notamment aboutir à la mise en place d'un accompagnement psychologique et de groupes de parole pour les aides à domicile et d'un plan de formation extrêmement important sur 3 ans.
Vous avez raison, Madame GÉGOUT, de signaler l'importance de ces questions. Je souhaite pouvoir vous annoncer très bientôt que Paris sera le premier Département à mettre en place un dispositif innovant pour y répondre.
Je vous remercie.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame HOFFMAN-RISPAL pour cette quasi annonce.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 182 G.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, ASES 182 G).