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Novembre 2001
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Conseil Général
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11 - 2001, ASES 141 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer des conventions avec le Centre d'action sociale de la Ville de Paris, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, l'association "Comité de pilotage du Point Paris Emeraude du 13e arrondissement" et l'association "Union-Retraite-Action" pour les 9 "Points Paris Emeraude"

Débat/ Conseil général/ Novembre 2001


M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération ASES 141 G, page 4 de l'ordre du jour, autorisant le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, à signer des conventions avec le Centre d'action sociale de la Ville de Paris, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, l'association "Comité de pilotage du Point Paris Emeraude du 13e arrondissement" et enfin l'association "Union-Retraite-Action" pour les 9 "Points Paris Emeraude".
Je donne la parole à M. PAGÈS qui veut intervenir, et c'est Mme HOFFMAN-RISPAL qui lui répondra.
M. Olivier PAGÈS. - Merci, Monsieur le Président.
L'amélioration de l'information du public dans le domaine gérontologique grâce au développement d'une coordination plus efficace entre les acteurs du secteur est une bonne chose. L'activité des points Emeraude est en cela essentielle. C'est pourquoi, je recommande, au nom du groupe "Les Verts", l'approbation de ce projet de délibération.
Nous ne devons pas perdre de vue l'objectif principal à atteindre : venir en aide aux plus âgés, à ceux qui en ont besoin.
Dans les 9 nouveaux points Emeraude ici concernés par un renouvellement de leur convention, et qui n'ont semble-t-il pas encore atteint un rythme d'accueil satisfaisant, il s'agit donc d'accroître le nombre de personnes accueillies et conseillées.
2.071 personnes sont venues dans ces neuf structures durant les 6 premiers mois de fonctionnement, ce n'est pas encore suffisant.
Je me réjouis donc d'apprendre qu'une campagne d'information est d'ores et déjà prévue avant la fin de l'année 2001.
Nous devons aussi nous soucier de la formation et de l'information des employés des mairies d'arrondissement. Ils doivent être en capacité d'aiguiller nos concitoyens, et ce n'est pas toujours le cas aujourd'hui. Je voulais attirer l'attention là-dessus.
J'ajoute que les moyens mis en place dans le cadre des points Emeraude gagneraient à être efficacement articulés avec les services d'accueil pour les personnes âgées du centre d'action sociale. Il faut améliorer la complémentarité de ces différents services.
Je souhaite aussi enjoindre une nouvelle fois notre Municipalité et les services du Centre d'action sociale à avoir une vision plus globale sur le rôle et la place des personnes âgées et des retraités dans notre Ville. Nous ne devons pas agir seulement en prenant en charge les plus âgés en perte d'autonomie, ce qui est certes important, mais aussi en proposant des actions qui leur permettent de rester impliqués dans la vie sociale.
Ne nous contentons pas des repas entre anciens offerts par les mairies qui souvent fonctionnent sous des formes de clientélisme, mais proposons des lieux d'échange ouverts sur la cité. C'est ce que nous mettons en place d'ailleurs dans le 11e avec notamment la création de deux clubs "génération fraternité" avec deux lycées implantés dans l'arrondissement.
La perte d'autonomie ne se limite pas à une inéluctable dégradation biologique mais est très souvent aussi le fruit d'une décomposition progressive de l'être social et par suite d'une dégradation du corps et de l'esprit.
Cela étant dit - et partagé je l'espère - pour conclure, si en prenant de l'âge on devient plus lent, plus fragile, en permanence l'humain doit être au centre de nos politiques envers les anciens. Nous sommes citoyens jusqu'à la fin de notre vie.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs de la majorité).
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur PAGÈS, pour ce plaidoyer en faveur de nos aînés.
C'est Mme HOFFMAN-RISPAL qui va vous répondre.
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Président, mes chers collègues. Vous nous rappelez à quel point l'"humain" doit être au centre de nos politiques avec les anciens et, Monsieur PAGÈS, vous avez bien sûr parfaitement raison.
Votre question porte plus généralement sur la nécessité de coordonner nos efforts pour apporter l'écoute et les conseils nécessaires aux personnes en situation de perte d'autonomie et à leur famille. Nous savons en effet que c'est souvent en situation de crise que s'expriment les besoins d'être soutenu. C'est d'ailleurs - et vous le savez - dans l'urgence, au moment où les problèmes affectifs et financiers se mêlent, que les familles expriment une demande afin de pouvoir répondre à l'évolution de vie de leur parent.
Les "Points-Paris-Emeraude" ont vocation à être un lieu d'écoute accessible, d'information, de soutien des familles, d'aide à la décision. Ils constituent le pivot du dispositif de coordination gérontologique à Paris et élaborent une évaluation complète, faisant intervenir divers professionnels, afin de réaliser un bilan, un projet d'aide adapté et assurer son suivi.
Vous avez raison, Monsieur PAGÈS, nous allons amplifier l'information sur ces P.P.E. très prochainement. Nous y travaillons.
En constante évolution pour s'adapter aux demandes complexes des intéressés et de leur famille, mais aussi des professionnels de santé, ces "Points-Paris-Emeraude" visent à assurer un accueil personnalisé et gratuit, quelle que soit l'origine de la demande (personne âgée, famille, services sociaux, médecins et pharmaciens) - j'insiste - ce sont souvent les premiers concernés par ces situations de crise.
J'attache une attention particulière au développement d'un volet spécifique d'aide aux aidants naturels. Il nous faut à ce titre reconstituer un véritable appui aux familles pour prévenir les situations d'enfermement, d'isolement et souvent parfois d'épuisement. Il faut donc simplifier, vous avez raison de le souligner, au maximum les modes d'information et d'intervention des acteurs des "Points-Paris-Emeraude". Nous savons tous que les personnes âgées et les familles redoutent la complexité des circuits de prise en charge.
J'ajoute - même si vous ne l'avez pas évoqué - que nous devons apporter également des réponses au vieillissement des personnes immigrées.
Je vous disais que les "Points-Paris-Emeraude" sont en constante évolution. Ils sont récents à Paris, ils ont une expérience courte. Ils vont participer, accompagner encore davantage les mutations en cours.
Au 1er janvier 2002, la mise en place de l'allocation personnalisée d'autonomie constitue un engagement sans précédent pour relever les défis des prises en charge des personnes les moins autonomes. Les P.P.E., par leur proximité, y ont une place essentielle.
Par ailleurs, ils devront évoluer progressivement pour devenir des Centres locaux d'information et de coordination gérontologique plus ouverts sur l'extérieur et à même d'offrir des réponses coordonnées orientées sur la personne.
Nous veillons à ce que les services de la Ville, D.A.S.E.S., Centre d'action sociale de la Ville de Paris, travaillent en bonne complémentarité.
Nous étudions les solutions pour associer les personnes âgées qui sont tout de même les premiers usagers des P.P.E., à leur fonctionnement. C'était notamment le thème de la conférence de mardi dernier à Chaligny que j'ai souhaité organiser sur "la place des retraités dans le fonctionnement des "Points-Paris-Emeraude"".
Pour finir, je veux saluer l'expérience des clubs "génération fraternité" : elle conduit nos enfants à s'enrichir très tôt d'un dialogue et d'un échange avec les seniors. Elle contribue au vivre ensemble plus solidaire dans notre Ville auquel nous aspirons.
Vous le savez, ces actions me tiennent à c?ur, soyez assuré que j'entends continuer à les développer.
(Applaudissements sur les bancs de la majorité).
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame HOFFMAN-RISPAL, vous avez brossé une grande fresque pour répondre à M. PAGÈS.
Nous allons donc mettre aux voix, à main levée, ce projet de délibération.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, ASES 141 G).