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Janvier 2001
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Conseil Général
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5 - 2001, ASES 9 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec l'association "Elele-migrations et cultures de Turquie" (11e) une convention. - Subventions à des associations pour leur action d'alphabétisation et notamment en faveur d'allocataires parisiens du R.M.I., dans les sites éligibles à la "politique de la ville". - Montant total : 270.000 F

Débat/ Conseil général/ Janvier 2001


M. Philippe LAFAY, président. - Nous passons au projet de délibération référencé ASES 9 G, autorisant M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, à signer avec l'association "Elele-migrations et cultures de Turquie" (11e) une convention. Subventions à des associations pour leur action d'alphabétisation et notamment en faveur d'allocataires parisiens du R.M.I., dans les sites éligibles à la "politique de la ville". Montant total : 270.000 F.
Je donne la parole à M. REVEAU.
M. Jean-Pierre REVEAU. - Monsieur le Président, la politique de la ville, entre guillemets dans le rapport, viserait à "favoriser l'insertion professionnelle, sociale et culturelle des populations habitant dans des quartiers d'habitat dégradé".
Cette politique est menée depuis 25 ans et, selon le rapport Guichard "Habitat et vie sociale", elle a coûté des centaines de milliards. Elle n'est pas très efficace et malheureusement insertion rime avec évaporation !
La question de l'immigration quant à elle est éludée, ce que n'ignorent pas celles et ceux de nos compatriotes qui vivent au quotidien dans ces quartiers et ne bénéficient pas de beaucoup de sollicitude ; leurs efforts et leur respect des lois n'en sont que plus méritoires !
En réalité, la "politique de la ville" cherche à cacher les effets d'un choix qui a consisté délibérément, dans les années soixante, à laisser venir sur notre territoire un nombre de plus en plus important d'immigrés, et ce au détriment des travailleurs français et de la modernisation de notre appareil industriel, cette main d'?uvre que l'on a ensuite installée sur place par le biais du regroupement familial, grâce au décret pris en 1976.
Une politique d'insertion est poursuivie. Mais est-on sûr que les intéressés eux-mêmes, dans leur majorité, le veulent réellement ? Pour cela, il faudrait qu'ils respectent notre pays. Ils savent depuis longtemps qu'il n'y a que des guichets et qu'il suffit "de mettre un peu de pression" pour que soit distribué de l'argent. M. BOUTIH le Président de "SOS Racisme" ne dit pas autre chose !
La meilleure preuve en est que le calme ne revient jamais dans les quartiers dits sensibles. Toutes ces violences...
M. Pierre MANSAT. - Depuis ce matin, c'est comme ça ! Vous prenez le Conseil pour une tribune électorale ?
M. Jean-Pierre REVEAU. - C'est votre sens de la démocratie, on n'est plus à Moscou, du temps de Staline !
(Vive protestation sur les bancs du groupe communiste).
M. Jean-Pierre REVEAU. - Pas de leçon de la part des assassins communistes !
M. Pierre MANSAT. - C'est incroyable !
M. Jean-Pierre REVEAU. - Toutes les violences n'existeraient pas...
M. Pierre MANSAT. - Quel rapport avec la délibération ?
M. Philippe LAFAY, président. - La parole est à M. REVEAU.
M. Jean-Pierre REVEAU. - Toutes les violences n'existeraient pas si les gouvernements successifs avaient respecté et su faire respecter nos usages et nos lois sur notre propre sol. Naguère, ces quartiers étaient tranquilles, on pouvait y vivre, circuler et travailler...
Mme Liliane CAPELLE. - Ca va, franchement !
M. Jean-Pierre REVEAU. - ... parce qu'ils étaient peuplés d'hommes et de femmes de conditions certes différentes, mais respectant les mêmes lois, partageant souvent les mêmes références spirituelles et morales.
La dissolution de la société française s'accélère, il y a des responsables et des coupables, l'Histoire mettra à leur débit la catastrophe qui ne manquera pas, hélas, d'en résulter.
Merci, Monsieur le Président.
Mme Liliane CAPELLE. - C'est insensé !
M. Philippe LAFAY, président, au nom de la 5e Commission. - Monsieur REVEAU, je vais répondre à votre intervention.
Vous remettez en cause le financement d'actions telles que celles menées dans le cadre de la politique de la ville par l'association "Elele-migrations et cultures de Turquie".
Je souhaite attirer votre attention sur les points suivants.
Comme j'ai déjà eu l'occasion de l'exposer lors de précédentes interventions au Conseil de Paris, notre politique, loin de s'inscrire dans une logique communautaire de développement séparé, consiste au contraire à favoriser résolument les efforts d'intégration des minorités dans la société française.
La collectivité parisienne peut se réjouir de voir ce souci relié dans des quartiers sensibles, comme celui de la Fontaine-au-Roi, par des associations à même de servir de trait d'union entre les cultures. A ce titre, ces associations méritent notre soutien.
L'action de cette association, bien implantée dans la communauté turque, s'inscrit parfaitement dans cette logique d'intégration.
Son efficacité tient justement à la capacité à prendre en compte les spécificités culturelles de la communauté à laquelle elle s'adresse pour rendre pertinentes les actions d'intégration menées.
C'est pour cette raison que cette association reçoit un financement de la collectivité de Paris depuis de nombreuses années. Les actions entreprises par cette association facilitent l'insertion des femmes et des enfants, les citoyens de demain, dans la société qui les accueille.
Les enfants peuvent bénéficier d'un accompagnement scolaire. Ils pratiquent aussi des activités d'éveil et notamment participent à des sorties dans les musées, au théâtre, à la cinémathèque où ils accèdent à notre patrimoine culturel.
Les femmes reçoivent des cours d'alphabétisation et de français, des sorties culturelles leur sont proposées. Cette association porte un souci particulier au développement de leur autonomie. C'est parce que nous disposons de tels relais associatifs, que nous pouvons espérer intégrer à la société française ceux qui sont devenus des Parisiens d'adoption. Le soutien à ces associations doit donc être poursuivi.
Je vous remercie.
Mme Liliane CAPELLE. - D'autant plus que cette association est remarquable !
M. Philippe LAFAY, président. - Je sais, Madame. Mais il faut d'abord que ces gens apprennent à parler leur langue nationale, c'est le problème, pour qu'ils puissent après apprendre notre langue. Il faut le comprendre.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 9 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, ASES 9 G).