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Mars 2010
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Conseil Général
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2010, DASES 104 G - Signature d'une convention avec l'association APTE (Autisme et Piano Thérapie Educative) (15e), pour l'attribution d'une participation pour le "Pôle Répit". - Montant : 35.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Mars 2010


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération DASES 104 G. Il s'agit d'une convention avec l'association "Apte" (Autisme et Piano Thérapie Educative) domiciliée dans le 15e arrondissement, pour une participation pour le "Pôle Répit". Le montant est de 35.000 euros.

M. Gilles ALAYRAC interroge Mme DUBARRY.

Monsieur ALAYRAC, vous avez la parole.

M. Gilles ALAYRAC. - Merci, Monsieur le Président.

Je me suis rendu dans les locaux de l'association "APTE" que préside Mme Françoise DOROCQ et j?ai pu rencontrer les enfants et jeunes adultes autistes.

Je peux vous dire qu?ils semblaient métamorphosés en prenant des cours de piano qui leur apportaient du plaisir et de la sérénité. Je n'oublie pas ce que m'ont dit leurs parents, qui voient avec cette pratique leurs enfants apaisés, mais aussi le soulagement que cela leur apporte après parfois des années de recherche de soins appropriés et pour tout dire de solitude face à ce problème.

Je ne suis pas prêt non plus d'oublier cette soirée où l?association "APTE" est parvenue à faire monter, sur la scène du théâtre du Palais-Royal, ces élèves autistes qui ont surmonté leur angoisse, devant un public nombreux et ému.

Je ne suis pas un spécialiste de ces questions, mais je souhaite simplement dire que ce que j?ai vu, cette méthode qui vise à apprendre le piano à des personnes autistes développe leurs facultés de communication, leur procure du plaisir et, finalement, elle rouvre les portes de la culture.

Cette méthode est très peu développée en France mais je crois qu'elle donne aux malades - il y en a 430.000 dans notre pays - l'envie de communiquer, d'aller vers les autres et leur fournit un éveil bénéfique.

Installée depuis 2007 dans le 15e arrondissement, dans un local où l'on y enseigne le piano, "APTE" a depuis travaillé à tisser un maillage avec toutes les composantes ?uvrant autour de la question de l'autisme sur l'ensemble du territoire francilien. Elle effectue un travail quotidien, en lien avec les cabinets de psychologie, les centres médicaux, les associations et les collectivités locales.

Le développement d'"APTE" se poursuit aujourd'hui par l'ouverture d'une nouvelle structure "Pôle Répit" permettant d'aider ponctuellement les familles de personnes autistes dont il faut aussi se préoccuper, par de l?assistance, de l?aide aux démarches administratives ou de l?accompagnement physique.

Au-delà du travail effectué par cette association, il reste à réaliser un vrai effort d'information et de pédagogie autour de la question de l'autisme. La Journée mondiale de sensibilisation à l?autisme aura lieu cette semaine et différentes campagnes se mettent en place pour encourager les familles à faire dépister dès le plus jeune âge leurs enfants. Mais les choses, hélas, avancent trop lentement dans notre pays : accueil scolaire médiocre, détection et prise en charge précoces insuffisantes, établissements spécialisés réservés aux patients les moins atteints.

Je suis donc, mes chers collègues, très satisfait que notre Département contribue à ce combat contre l?autisme en apportant son soutien à "APTE" qui, à travers sa méthode, permet aux malades d'exprimer leur richesse intérieure et je suis très favorable à ce que Paris apporte avec ce projet de délibération une contribution intéressante à la lutte contre la discrimination dont sont victimes les personnes autistes.

Merci.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur ALAYRAC.

Mme DUBARRY répond à vos propos si enthousiastes.

Mme Véronique DUBARRY, au nom de la 6e Commission. - Merci beaucoup, Monsieur le Président.

Effectivement, il est agréable d'entendre que ce travail mené par la collectivité parisienne aux côtés de différentes associations - fort heureusement, il y en a plusieurs - est ainsi salué.

Monsieur ALAYRAC, puisque vous avez apprécié ce moment que vous avez passé avec l'association, je vous invite à nouveau à voir ces artistes exprimer tout leur talent le 13 avril à l'Hôtel de Ville. Je trouve que ce sont des moments importants, vous l'avez dit, dans la vie de l'association, bien évidemment, mais aussi dans la vie des personnes autistes, le fait de pouvoir donner à voir, justement, leur talent et le travail réalisé par l'association.

D'autres associations, je le disais, travaillent dans la même logique : "les Turbulents" parmi peut-être les plus connus, le chapiteau Turbulence, installé dans le 17e arrondissement, travaille aussi sur les aspects artistiques qui sont favorables à une autonomisation des personnes autistes.

D'une façon générale, le travail mené par un certain nombre d'associations soutenues par la collectivité parisienne est très axé sur l'accès aux loisirs, l'accès à la culture et l'accès aux pratiques artistiques. J'insiste énormément auprès des associations - d'ailleurs, je n'ai pas beaucoup à le faire parce qu'elles sont extrêmement enthousiastes elles aussi - sur le fait que les personnes en situation de handicap, autistes et tous handicaps confondus - cela va de soi -, doivent pouvoir entrer dans les lieux de culture, dans les lieux de loisirs mais aussi être actrices dans ces mêmes lieux. C'est un travail de longue haleine mais qui reçoit un écho favorable, y compris de la part d'associations? ordinaires, on va dire.

Vous avez rappelé que, pour cette subvention-ci, il s'agissait de la création d'un "Pôle Répit" et, là encore, c'est quelque chose que nous souhaitons développer et démultiplier, tant pour les parents d'enfants en situation de handicap que pour les fratries, le fait de pouvoir à un moment donné se reposer sur d'autres, sur un entourage, sur une association pour pouvoir souffler - et "Pôle Répit", cela veut bien dire ce que cela veut dire ! -, pour pouvoir se retrouver soit en couple, soit avec les autres membres de la fratrie. Ce sont des moments extrêmement importants.

Nous avons un autre projet avec une autre association, pour le coup, dans le 3e arrondissement, autour de l?I.M.E. de la Cour de Venise : le développement de structures en semi-internat fait partie de ces moments de répit nécessaires aux familles. Il ne faut pas se voiler la face : pour l'instant, les efforts faits en matière des personnes en situation de handicap, et singulièrement des enfants en situation de handicap, sont très insuffisants.

Nous avons de grandes craintes, d'ailleurs, sur le devenir d'un certain nombre de projets, puisque jusqu'à présent, c'étaient les D.D.A.S.S. qui portaient les projets. Le passage aux A.R.S., avec des appels à projets, va remettre en cause un certain nombre de choses. Je ne veux pas être Cassandre, mais les associations et la Municipalité parisienne s'inquiètent de la façon dont les choses vont évoluer et de quelle façon ces projets nécessaires seront accompagnés.

Un dernier mot, Monsieur le Président, sur le Plan autisme qui avait été annoncé avec pertes et fracas, avec beaucoup d'argent, en tout cas sur le papier, et dont on a pu voir que, malheureusement, cela ne suivait pas, qu'il y avait eu, certes, un effort mais je crois qu'il faut tous et toutes être bien conscients du fait que nous sommes encore très en deçà de ce qui est fait dans d'autres pays européens et que les efforts que les collectivités et les pouvoirs publics auront à faire en matière d'accueil et de création de structures pour les enfants autistes - mais je le redis, c?est beaucoup plus large que cela - sont extrêmement importants et nous sommes loin, loin du compte.

Merci beaucoup.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame DUBARRY.

Je mets aux voix, à main levée, le projet DASES 104 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Ne prend pas part au vote ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2010, DASES 104 G).