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Mars 2010
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Conseil Général
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2010, DASES 51 G - Signature d'un avenant n° 1 à la convention passée avec l'association Centre Corot Entraide d'Auteuil (16e) pour l'attribution d'une subvention. Montant : 130.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Mars 2010


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons au projet de délibération DASES 51 G. Il s'agit d'un avenant n° 1 à la convention passée avec l'association Centre Corot Entraide d'Auteuil, domiciliée dans le 16e, pour une subvention d'un montant de 130.000 euros.

C'est Mme BRUNO qui interroge Mme Myriam El KHOMRI.

Madame BRUNO, vous avez la parole.

Mme Catherine BRUNO. - Merci, Monsieur le Président.

La remarquable action de l'association Centre Corot et l'engagement constant de ses membres en faveur de la prévention de la marginalisation et de l?insertion des jeunes de 18 à 25 ans ont conduit à la création en 2008 du centre d'hébergement et de réinsertion sociale Gutenberg dans le 15e. Ce centre, qui compte 31 places dont 1 destinée à l'accueil d'une personne à mobilité réduite, a accueilli 52 jeunes sur la seule année 2009 et a accompagné avec succès 10 jeunes dans leur quête d?un logement pérenne et d?un travail début 2010.

Aussi, notre inquiétude est grande, Monsieur le Président, au regard de ces jeunes désireux de sortir de l'assistanat mais qui achoppent sur les obstacles administratifs qui se dressent sur leur éprouvant et difficile chemin vers l'emploi.

Ainsi, l'attestation de couverture maladie universelle complémentaire est un préalable nécessaire à toute acquisition d'un travail ainsi qu?à l?obtention de la carte "Paris Solidarité Transport" qui permet une mobilité que sous-tend l'activité professionnelle.

Or, cette attestation doit être renouvelée chaque année après un examen lent de plusieurs mois et la fourniture de contraignants justificatifs tels les bulletins de salaire des 12 derniers mois. Cette procédure fastidieuse, peu pertinente et complexifiée à l'extrême, ralentit considérablement l'obtention d'un travail et, partant, obère l'objectif d'insertion sociale.

Ne serait-il pas envisageable, Monsieur le Président, de simplifier la procédure d'obtention d'un travail et de la carte "Paris Solidarité Transport" en les soumettant à la présentation d'une simple attestation de dépôt de dossier de C.M.U.C. et non plus à la détention effective de la couverture maladie universelle complémentaire ?

Il semble également primordial de coordonner l'action des différents acteurs de l?insertion, que ce soient la sécurité sociale, les transports, les services des bourses ou encore "Pôle emploi" pour ces jeunes, public prioritaire, de 18 à 24 ans.

La création d'un guichet unique et d?un dossier de suivi global permettrait d'encourager les démarches des jeunes, avides de sortir de l'assistanat et de s'insérer sur le marché du travail.

L'éparpillement des structures d'accueil et les différences de conditions requises selon le dispositif visé, notamment les conditions d'âge et de ressources, ne contribuent pas à la bonne visibilité des aides disponibles.

Il est impératif d'instaurer une continuité entre le premier accueil d'urgence et les bailleurs sociaux afin de privilégier une vision d'ensemble globale et ne pas perdre les jeunes dans le maquis et la diversité des logements accessibles.

Un suivi prolongé de ces jeunes par le Centre Corot constituerait un message rassurant vis-à-vis des bailleurs sociaux, à l'instar des actions menées par l?association "Aurore". La stratification et les imbrications des réseaux de logement, notamment les foyers de jeunes travailleurs, dont les places sont contingentées à la fois par la Mairie de Paris, la Préfecture, mais aussi la D.D.A.S.S., posent des problèmes en termes de coordination.

Une unique convention pourrait être instaurée afin de clarifier les voies d'accès à ces logements et de mettre en relation les différents partenaires sociaux et la collectivité publique.

Ce travail sur mesure, patient et consciencieux constitue à n'en pas douter une vocation pour les personnels encadrants. Néanmoins, avec une seule conseillère pour 19 jeunes au passif marquant, voire aux problèmes psychiques notables, la mission du Centre Gutenberg relève du véritable sacerdoce. La création d?un second poste de référent ne serait pas superflue et permettrait de renforcer l?encadrement de ces jeunes et d'être davantage à l'écoute de leurs attentes.

Préoccupés de longue date par ce problème majeur et cet enjeu capital, nous avions déposé l'année dernière un v?u qui avait été adopté, demandant que soit réalisée une étude quantitative et qualitative des jeunes sans domicile fixe parisiens et la création d'une structure supplémentaire d'hébergement d'urgence spécifiquement dédiée aux jeunes. Cette promesse faite aux jeunes, vous devez la tenir ; vous vous êtes engagés à mettre en ?uvre les préconisations de ce v?u. Les jeunes attendent donc aujourd?hui que vous respectiez la parole donnée ; ils attendent que nous leur apportions des réponses appropriées sur mesure, adaptées à leurs problématiques et besoins spécifiques. Nous devons adapter notre accueil, notre travail de réinsertion et permettre de redonner une forme d'intégration sociale.

Cela passe par une formation professionnelle qui permet le processus et la consolidation du projet d'insertion. Nous vous demandons une vraie réactivité face à ce problème et un geste fort vis-à-vis du Centre Corot, montrant ainsi la considération que la collectivité lui porte pour le service public qu'il remplit.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame BRUNO.

Je donne la parole à Mme EL KHOMRI pour vous répondre, sachant qu?il est midi et que nous pourrions peut-être terminer le Conseil général avant le déjeuner si le déjeuner n?est pas trop tardif.

Mme Myriam EL KHOMRI, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Président.

Ce projet de délibération est pour nous important et je remercie Mme BRUNO de son intervention. Avec Mme Olga TROSTIANSKY, nous avons toujours eu à coeur de créer ce type de structures en direction des jeunes S.D.F.

Quand nous sommes allés visiter cette structure avec Mmes Olga TROSTIANSKY, Anne HIDALGO et M. Bertrand DELANOË l'an dernier, les jeunes nous ont expliqué qu'avant de se retrouver dans cet établissement et dans ces studios, ils se posaient la question de savoir ce qu'ils allaient manger le soir et où ils allaient dormir. Ils peuvent aujourd?hui s'engager dans une voie d'insertion. C'est pour cela que nous sommes contents de présenter ce projet de délibération.

Comme Mme BRUNO, nous souhaitons, avec Mme TROSTIANSKY, améliorer l'ensemble du suivi global en direction des jeunes. Je crois que ce que nous avons voté ce matin dans le P.D.I. et lors de la dernière séance du Conseil de Paris, dans le cadre du schéma de protection de l'enfance où nous avons pointé la question de la rupture des parcours en direction des jeunes et notre volonté de faire des conventions entre les foyers de jeunes travailleurs et les structures d'aide sociale à l'enfance ou les C.H.R.S., l'ensemble de ces mesures vise à ne pas forcer les jeunes à rentrer dans des boîtes mais justement à essayer de proposer une palette de réponses coordonnées et individualisées.

Pour ce qui est relatif à l'attestation de C.M.U., je n'étais pas informée de cette problématique mais j'en prends note et nous allons essayer d'y répondre, notamment à travers une étude actuelle sur la territorialisation des services sociaux, qui pourra nous donner des réponses, mais également parce que nous avons mis en place des comités de prévention et de protection enfance famille dans tous les arrondissements. Nous en avons créé un supplémentaire à Paris, justement pour les jeunes sans domicile fixe.

Je crois que le fait de mettre autour de la table toutes les structures comme "Aux captifs la Libération", l?A.N.R.S., le Centre Corot, la P.S.A. Belleville et les services sociaux polyvalents nous permettra d'apporter de meilleures réponses, plus coordonnées, et de ne pas envoyer les uns et les autres vers des démarches administratives beaucoup trop lourdes.

Nous avons donc cette volonté de suivi global et je vous invite à voter ce projet de délibération qui est très important pour nous sachant que nous prendrons en compte l'ensemble des remarques que vous avez évoquées, Madame BRUNO.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 51 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2010, DASES 51 G).