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Juillet 2009
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Conseil Général
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2009, DASES 30 G - Subvention à l'association "Aide Fédération" (12e) pour son activité de distribution alimentaire. - Montant : 5.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Juillet 2009


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous arrivons à l'examen du projet de délibération DASES 30 G portant attribution d'une subvention à l'association "Aide Fédération", sur lequel M. Gauthier CARON-THIBAULT est inscrit.

Vous avez la parole, Monsieur.

M. Gauthier CARON-THIBAULT. - Madame la Présidente, mes chers collègues.

Ce Conseil est l'occasion de relayer un cri d'alerte porté par les associations de soutien aux plus exclus dans le cadre de l'aide alimentaire.

Comme vous le savez, cette action relève de la compétence de l'Etat mais le Département de Paris y contribue fortement pour ne pas dire majoritairement, en particulier dans la situation de crise économique que nous vivons aujourd'hui : 5,5 millions d?euros pour Paris, 2,5 millions d?euros pour l'Etat.

L'association que nous finançons aujourd'hui, "Agence internationale pour le développement" a noté une augmentation de 20 % de 2006 à 2007 de ces bénéficiaires de colis alimentaires avec une augmentation très importante et remarquable du nombre de "R.M.istes".

Pour le 3e arrondissement dont je suis l'élu, et qui n'est pas connu pour être l'arrondissement le plus socialement lourd, c'est aujourd'hui plus de 50 % des aides exceptionnelles du C.A.S.-V.P. qui sont versées au titre de la subsistance alimentaire. Permettez-moi de considérer ce chiffre comme significatif de l'impact social de la crise.

Dans un cadre plus large, c'est la Banque alimentaire qui a recensé pour 2008 une augmentation de 10 % des bénéficiaires via toutes les associations qui ont recours à ces prestations. Parallèlement, la Banque alimentaire, et du coup les services sociaux de la Ville, s'inquiètent également de l'évolution des modes de distribution des surplus alimentaires européens, qui servent à constituer les colis remis aux plus précaires : 25 % de ces produits manquent et personne ne semble savoir où ils sont et pourquoi ils tardent à arriver.

Tout cela contribue donc à la tension de la situation sociale sur la Ville de Paris, et s'il faut se féliciter du fait que Paris dépasse de manière assumée ses obligations en matière de solidarité, autant il faut regretter et dénoncer un désengagement de plus en plus prononcé de l'Etat, alors même que les effets sociaux de la crise économique actuelle devraient l?inciter à intensifier son action.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à Mme TROSTIANSKY.

Mme Olga TROSTIANSKY, vice-présidente, au nom de la 6e Commission. - Madame la Présidente, l'association "Aide Fédération" fait partie de ces très nombreuses associations, petites ou grandes, qui distribuent chaque jour plusieurs milliers de repas ou de colis alimentaires sur Paris.

Je profite de cette intervention pour remercier les nombreux bénévoles qui assurent cette distribution en donnant beaucoup d'eux-mêmes.

Je rencontre régulièrement les associations et toutes me font part de leurs inquiétudes face aux difficultés auxquelles elles sont confrontées. D'une part, familles, personnes âgées, jeunes exilés, travailleurs pauvres, étudiants sont venus grossir les rangs des personnes à la rue.

D?autre part, non seulement l?Etat n?augmente pas son financement, mais, de plus, la Banque alimentaire s'inquiète à très juste titre que les denrées alimentaires provenant du programme européen aux plus démunis, qui représente un tiers des ressources des associations, ne soient pas encore livrées, bien que Bruxelles ait débloqué les fonds.

Plusieurs sites ferment pendant la période estivale. Nous avons distribué à tous les acteurs associatifs et institutionnels un tableau récapitulant les sites ouverts et fermés pendant l'été, afin qu'ils puissent diriger efficacement les usagers. Ce tableau et ces informations sont disponibles également sur "paris.fr".

Nous avons décidé de compenser la fermeture en juillet du restaurant social géré par les Restaurants du C?ur, porte de la Villette, en finançant pour environ 90.000 euros une autre association qui assurera 450 repas par jour.

Les premiers résultats de l'étude sur l'aide alimentaire montrent, en effet, que c'est en juillet que l'offre est la plus faible. L'Etat, pour l'instant, sollicité, n'a accepté aucun financement complémentaire.

La collectivité parisienne, comme l?a rappelé M. Gauthier CARON-THIBAULT, consacre chaque année 5,5 millions d?euros à l'aide alimentaire, alors que l'Etat, dont c'est la compétence, n'y consacre que 2,5 millions d?euros ; la collectivité parisienne va encore une fois au-delà de ses obligations légales.

Aider les personnes à se nourrir, c'est aussi lutter contre les nouvelles pratiques que nous voyons apparaître : supermarchés vendant des produits à date de péremption limite ou encore revente de produits périmés par des particuliers dans la rue.

Je vous demande donc de bien vouloir voter ce projet de délibération.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 30 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DASES 30 G).